Page 1 : VP1 : de Bourges à Angers par la rive droite du Cher et de la Loire
Si d’aventure un vaillant romain voulait se rendre dans les fabuleuses Îles Cassitérides pour rechercher de l’étain, il empruntait une route qui, d’Italie, conduisait jusqu’au port de Nantes. Après être passé par Bourges, le voyageur devait, à partir de Vierzon, suivre le Cher*, dont les rives n’étaient pas inondables car son lit était beaucoup plus bas, et il pouvait faire une halte à la mutatio de Gièvres où passait aussi la voie Limoges/Argenton-sur-Creuse*/Orléans (VSNS) puis se restaurer ou se reposer dans la mansio de Tasciaca (Thésée-la-Romaine*).
Tasciaca, était alors un site important à la frontière des Bituriges, des Turons et des Carnutes, situé à 24 lieues gallo-romaines (53 km) de Caesarodunum sur la table de Peutinger. L’ancienne localité s’étendait sur les deux rives du Cher* et sur les communes actuelles de Thésée*, Pouillé* et Monthou-sur-Cher* ; de très nombreux objets : statuettes, monnaies, bijoux, poteries, y ont été découverts et sont présentés au petit musée, installé au-dessus de la mairie de Thésée*.
Le site des Maselles (début du 2ème siècle ap. JC) est un ensemble de bâtiments, achetés en 1966 par Maurice Druon qui en fit don au Conseil Général ; il y avait sans doute des bâtiments administratifs et une auberge ; la construction la plus importante, de 40 m. de long sur 14 m. de large et 7 m. de haut, était peut-être un entrepôt de poteries ; en effet Tasciaca était, avec Mougon* (voir vsB1), l’une des deux grandes agglomérations de potiers.
De là un gué permettait de traverser le Cher* et de rejoindre Pouillé* où passait une voie parallèle, sur la rive gauche du fleuve (voir ci-après voie VP1b) et où arrivait la voie A3b qui rejoignait la voie VP2 à Dangé-Saint-Romain*.
La voie principale continuait sur la rive droite du Cher* et passait par Montrichard*, qui est aujourd’hui dans le Loir-et-Cher mais qui, auparavant, faisait partie de la province de Touraine. Montrichard* est connu pour sa forteresse construite par le comte d’Anjou Foulques Nerra, ancêtre des Plantagenêt et notamment de Richard-cœur-de-lion, roi d’Angleterre et duc de Touraine, qui donna son nom au château mais qui le perdit en 1188 au profit de Philippe-Auguste ; il est d’ailleurs étonnant de constater que, de Faverolles-sur-Cher* (voir ci-après VP1b), le point de vue sur le pont et le château ressemble beaucoup à celui de Chinon*, une autre place-forte des Plantagenêt, elle aussi conquise par Philippe-Auguste.
On ne sait pas s’il y eut un oppidum celtique sur la colline et les traces celtiques sont à l’ouest du centre, à Nanteuil* (commune de Montrichard*), où il y a une source qui fut divinisée par les celtes et christianisée par saint Martin ainsi que des vestiges d’habitat gaulois.
Près de la source se trouvent des ruines anciennes qui font songer à un établissement thermal mais nous ne savons pas de quelle époque elles datent. C’est aussi à Nanteuil* que la voie VP1 croisait une voie qui allait de Poitiers* à Blois* (voie A3a) et qui rejoignait la voie VP2 à Vouneuil-sur-Vienne*.
Après Montrichard* la voie passait par Chissay-en-Touraine*, encore dans le Loir-et-Cher malgré son nom, où deux sites préhistoriques et un site du bronze final (900 av. JC) avec des sépultures à incinération, ont été découverts, puis par Chisseaux*, où une église, fondée par saint Martin, est mentionnée dès le 5ème siècle par Grégoire de Tours et où la découverte de nombreuses monnaies laisse supposer la présence d’un atelier monétaire, puis par Chenonceaux*, où le premier château avec moulin et gué sur le Cher* date du 13ème siècle.
Peu après, à Civray-de-Touraine*, un torque gaulois en or (4ème s. av. JC) a été découvert en 1980 au lieu-dit Bondion (au nord-est), où des tuiles et des tessons indiquent sans doute l’existence d’un fanum (temple) et d’un sanctuaire de l’âge du fer ; cherchant des renseignements sur place, nous sommes tombés par hasard sur la veuve de l’homme qui avait déterré ce torque, en labourant, nous a-t-elle dit, mais elle n’a pas voulu, par contre, nous indiquer le lieu où ce collier avait été trouvé. La voie se dirigeait ensuite vers La Croix-en-Touraine*, où elle croisait une voie allant vers Amboise* (voir voie A1) en passant à côté du lieu-dit les Maisons rouges* (commune de Civray*).
Entre la Croix-en-Touraine*, Dierre* et Montlouis-sur-Loire*, la voie est encore bien marquée ; la chaussée est de 5 mètres et l’emprise totale (avec les fossés) est de 10 mètres ; elle passait à côté de la station préhistorique de la Butte des Champs Deux sur la commune de Saint-Martin-le-Beau*, où il y avait probablement une villa gallo-romaine à Cangé (voir Cangey*) puis au lieu-dit la Perrée du roi, qui signifie sans doute le chemin en pierre du ré (= gué), conduisant au bord du Cher*, au lieu-dit le Port dans la commune d’Azay-sur-Cher,* (voir ci-après voie VP1b).
La voie arrivait ensuite à Rochepinard (commune de Montlouis-sur-Loire*) où s’élève une butte près de laquelle Jacques Dubois a photographié les vestiges de deux villas gallo-romaines, puis sur la commune de Saint-Pierre-des-corps*, où un site gallo-romain, avec de nombreux débris de céramiques, a été repéré sur la rive droite du Cher*, et enfin à Tours*, la capitale des Turons, qui a remplacé l’antique Caesarodunum*.
Cette cité a été fondée entre 10 av. JC et 10 ap. JC par l’empereur César Auguste, en tant que capitale des Turons.
Il existait antérieurement un village turon dont on a retrouvé quelques traces dans le quartier des Halles (rues Julien le Roy et Néricault-Destouches, hôpital de Clocheville) où l’on a découvert des débris de céramiques, dont un morceau d’assiette en céramique grise portant le graffito Caranus Optatus (patronyme associant un nom celtique et un nom latin) ainsi que 14 potins à la tête diabolique, considérés généralement comme la monnaie des Turons.
Il reste assez peu de traces du Caesarodunum* antique : on peut cependant noter la découverte des éléments suivants :
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Près du croisement de la rue Nationale avec les rues Émile Zola et de la Scellerie, à l’emplacement présumé du forum, les vestiges un temple rond construit sur 900 pieux de chêne, près duquel on a trouvé un long fragment de corniche provenant d’un bâtiment du forum.
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Des traces des thermes construits vers 70/80 à l’emplacement actuel du lycée Descartes (Thermes sud) et du château (Thermes est) ; on a aussi trouvé rue Bernard Palissy (près du lycée Descartes), un bâtiment public du 1er siècle comprenant un puits consolidé avec des planches de chêne.
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Place de la Résistance, à côté de la rue Nationale, de la céramique de la Graufesenque signée OFMVI (marque du potier Murranus, actif au 1er ou au 2ème s. ap. JC) et de Lezoux, signée MANERTI (marque du potier Manertus, actif au 1er s. ap. JC).
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Près du cloître Saint-Martin, une construction du 1er siècle ap. JC avec des enduits peints à fond rouge agrémentés de motifs végétaux verts et de motifs géométriques jaunes et noirs.
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Rue et place de la Victoire, des constructions du 1er siècle ap. JC, avec des murs construits sur pieux de chêne ; à cette époque, en effet, cet endroit, situé sur une berge de la Loire*, n’était pas ferme.
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Rue de Clocheville, un bâtiment des 1er/2ème siècles avec des murs en petit appareil de belle qualité, aux joints tirés au fer.
On pense par ailleurs qu’un pont, permettant de traverser la Loire et de rejoindre Saint-Symphorien*, fut édifié vers 40/50 ap. JC et réparé vers 80/120 : ce pont fut utilisé jusqu’au 4ème s. puis restauré ou reconstruit au moyen-âge ; on peut encore voir, quand les eaux sont basses, les piliers de ce pont en amont du pont suspendu de Saint-Symphorien* (voir photos dans voie VP3).
La cité atteint son apogée au 4ème siècle ; elle prend alors le nom de civitas Turonorum et devient la métropole de la province Lyonnaise Troisième ; un castrum est alors édifié, intégrant l’amphithéâtre construit sous le règne d’Hadrien ; il reste de cette époque d’importants vestiges des remparts (rue de Ursulines) ; on a aussi trouvé, dans une nécropole située rue Saint-Lidoire, près du cloître Saint-Martin, un sarcophage du 4ème ou 5ème siècle, taillé dans une borne milliaire au nom de M. Claudius Tacitus. Cette nécropole mérovingienne continuait une nécropole gallo-romaine se trouvant à côté de la maison d’un sénateur, dans laquelle Lidoire avait édifié une église.
C’est à cette époque que Martinus (plus connu sous le nom de saint Martin) devient le troisième évêque de Tours* et fonde l’abbaye de Marmoutier, où l’on a découvert des vestiges d’un édifice avec des murs en petit appareil recouverts d’enduits peints rouge pompéien ainsi que des fragments de céramiques et un dé à jouer en os.
Mais l’empire romain est attaqué de toute part et après la déposition de Romulus Augustus, Euric, roi des Wisigoths de 466 à 484, conquiert toute la partie de la Gaule au sud de la Loire* ainsi que l’Espagne ; en 480, il s’empare de Tours*, que Clovis prend à son tour en 507 après avoir tué Alaric II à la bataille de Vouillé, près de Poitiers*.
Il fallait ensuite traverser la Loire* pour rejoindre, sur la rive droite, Saint-Symphorien*, où arrivait une voie en provenance de Blois* et d’Orléans (VP3), puis se diriger vers Saint-Cyr-sur-Loire*, ancien fief de Chaumont (< du latin Calvus mons = mont chauve), où saint Brice fonda une église en 418.
Les documents du moyen-âge signalent, à cheval sur Saint-Symphorien* et Saint-Cyr*, trois fiefs dont les noms indiquent qu’il s’agissait de trois domaines agricoles gallo-romains : Bezay (< Bauciacum), Limeray (< Limiriacum) et Meigné* ou Mié.
De Saint-Cyr* une voie montait sans doute vers le nord pour rejoindre la voie Poitiers*-Le Mans* (VP2) à Saint-Roch* en passant par La-Membrolle-sur-Choisille* car une rue, au nord de Saint-Cyr*, entre la Lignière et Mon repos porte le nom de voie romaine. Il existe aussi à Saint-Cyr*, dans une maison appelée les Trois tonneaux et située au 126 rue du docteur Tonnellé, rue parallèle à l’ancienne voie, des cavités creusées dans le rocher, qui, dit-on, servaient déjà à conserver le vin à l’époque gallo-romaine.
Après le Pont de la Motte, la voie arrivait à Fondettes*, au pied de l’oppidum de Montboyau*. Nettement visible sur les photographies aériennes et situé au confluent de la Choisille et de la Loire*, cet oppidum, aujourd’hui au lieu-dit les Tourelles, était sur un éperon barré formant un triangle presque équilatéral ; il était défendu par un versant abrupt du côté des cours d’eau et par un fossé de 20 m. de large, bordé par un talus de 7 m. de haut du côté du plateau, au nord-ouest ; il est traversé actuellement par la rue de Beaumanoir près de laquelle ont été découverts deux trésors monétaires gaulois : l’un composé de 53 pièces et l’autre de 904 pièces datant, pour la plupart, du 1er siècle av. JC et dont beaucoup étaient des potins à la tête diabolique.
La voie antique passait à La Guignière où elle croisait la voie Poitiers*-Le Mans* (voir voie VP2) qui franchissait la Loire à cet endroit puis au lieu-dit Le Paradis, toponyme indiquant peut-être une nécropole et situé juste avant Martigny (< Martiniacum) où se trouvait une villa carolingienne qui a sans doute pris la suite d’une villa gallo-romaine et où une rue porte le nom de voie romaine. Peu après, au lieu-dit Vallières*, il y avait, selon Pierre Audin, un port sur la Loire*.
Cette rue de la voie romaine est prolongée par la D276 qui passe près du château (15ème s.) de Chatigny (< Catiniacum) construit sur les vestiges d’une villa gallo-romaine du 3ème siècle comme le montre le soubassement.
La D276 devient ensuite la D76 puis, en arrivant sur Luynes*, la rue de Saint-Venant. Anciennement Malliacum, Luynes* est situé à l’emplacement d’un vicus gallo-romain et de nombreux lieudits gardent le souvenir d’une présence ancienne comme la Romaine où un manoir du 15ème s. a sans doute remplacé une villa gallo-romaine ; il est aussi possible que le château actuel (12ème s.), qui domine la ville, ait pris la succession d’un camp romain contrôlant les communications vers Caesarodunum * mais le site le plus important est bien évidemment le prieuré de Saint-Venant, fondé au 6ème siècle sur une importante villa gallo-romaine avec des thermes alimentés par l’aqueduc dont il reste 250 mètres environ sur les 565 mètres qui existaient à l’origine.
Dans cette villa, dite du Clos de Sainte-Roselle, ont été retrouvés des tesselles de mosaïque, des fragments d’enduits peints des 2ème et 3ème siècles, des céramiques sigillées ainsi que des pièces de monnaies, notamment un as de Faustine l’Ancienne et un sesterce de Philippe l’Arabe.
Après Luynes*, la D76 continue vers Saint-Étienne-de-Chigny* et passe aux Piliers et à la Croix de la Chappe où une voie partait vers Le Serrain (commune de Semblançay*) et la voie VP2 ; cette voie passait par Pont Clouet (commune de Saint-Étienne-de-Chigny*) où un sanctuaire de l’âge du fer a été découvert.
Après le lieu-dit Andigny*, où se trouve un manoir du 15ème siècle, la départementale se confond avec la N152 qui passe au Perré* puis au Ponceau, où l’ancienne voie est encore bien visible ; de là une voie montait vers le carroi de la Motte de Mazières*, la Perrée* et l’Arnerie, où il y avait une importante villa gallo-romaine (2ème siècle ap. JC) ; cette voie allait ensuite vers Mazières-de-Touraine*.
Après le Ponceau l’ancienne voie s’éloigne de la nationale et passe au pied de la pile de Cinq-Mars-la-Pile*. Cette pile funéraire, haute exactement de 100 pieds romains (29,40 m.), a été construite au 2ème s. ap. JC en moellons avec un parement de briques, polychromes dans la partie supérieure ; une statue a été découverte en 2005 sur la terrasse supérieure ; elle est, pour ce qu’il en reste, haute de 1,10 m. et elle représente vraisemblablement un captif oriental (Dace ou Parthe), ce qui laisse supposer que cette pile a été édifiée en l’honneur d’un important personnage gallo-romain ayant participé à une expédition militaire en Asie ; on a également trouvé au pied de la pile un as et un sesterce de Marc-Aurèle (empereur de 161 à 180) ainsi que des monnaies gauloises, au lieu-dit les Quarts* , juste au-dessus de la Pile.
Après Cinq-Mars* la voie s’éloignait de la Loire* et suivait le bord du coteau, passant par les Caves, la Roche, et la Roche Cotard, où la construction de l’autoroute A85 a permis la découverte d’un site préhistorique et d’une villa gallo-romaine du 1er siècle ap. JC qui a fourni plus de 2 000 fragments de céramiques sigillées, une gourde en pâte brune et plusieurs monnaies dont une de Faustine la jeune, l’épouse et la cousine germaine de Marc-Aurèle ; elle arrivait ensuite à Langeais*, où saint Martin fonda une église au 4ème siècle, sans doute à l’emplacement d’un temple gallo-romain comme cela était son habitude.
Il est possible qu’à partir de Planchoury (commune de Saint-Michel-sur-Loire*) il y eût alors deux tracés : l’un continuant le long de la Loire*, l’autre montant vers les Quatre-vents puis redescendant par la Rue* Millet qui arrive aux Roches (commune de Saint-Patrice*) : lieu-dit près duquel une nécropole a été découverte en 1968 par monsieur Chasle ; mais l’ancienne voie a été effacée par la construction de la voie ferrée.
Cette nécropole du 2ème s. ap. JC, située aux Perreaux, était constituée d’un enclos de 17 m² entouré de murs en tuffeau ; contenant des tombes à incinération et à inhumation, elle a fourni un important matériel : céramiques de Lezoux, urnes en verre, squelettes, etc. que M. Ch. Chasle, le fils du découvreur, a rassemblé dans un musée très intéressant, situé dans les caves troglodytiques de sa maison, (16 rue des Roches), qu’il fait visiter avec une grande obligeance et qui mériterait d’avoir plus de visiteurs.
À la sortie de Saint-Patrice*, la D35 prend le nom de rue Dorothée de Dino et juste avant Ingrandes-de-Touraine*, la construction du viaduc de la Perrée* sur l’A85 a permis la découverte, près du lieu-dit Tiron (< Tironionem = domaine de Tironius), d’une grande villa gallo-romaine avec un ensemble balnéaire, dite villa de Tiron, qui a fourni plus de 1 000 fragments de céramiques et de dolia dont l’une avec la marque VRITVBO, plusieurs monnaies dont une de Claude (41/54), deux de Domitien (81/96), une d’Antonin (138/161), une de Tetricus (empereur des Gaules de 271/274), ainsi qu’un petit couteau pliant avec un manche en cuivre représentant un gladiateur secutor.
Comme il est logique, la frontière entre le territoire des Turons et celui des Andécaves se trouvait à Ingrandes-de-Touraine* et on pense qu’elle était matérialisée par une petite rivière : la Marche, qui coule à la sortie ouest de la commune.
La D35 continue sans doute à reprendre le tracé de l’ancienne voie et arrive à la Croix morte (commune de Restigné*) puis à Marcé* (commune de Bourgueil*), près de Benais*, où se trouve le Pont de gué ; là en effet Jean-Paul Lecompte a découvert un gué empierré sur le Changeon, qui reposait sur des pieux datés de 8 av. JC.
La rue du pont de gué conduit à la croix de Marcé* ; c’est là sans doute que la voie VP1 croisait une voie venant de Chinon* et allant vers le Lude* (voir vs B3). La voie principale, quant à elle, continuait vers Bourgeuil*, Saint-Nicolas-de-Bourgueil* et Allonnes*, où des poteries gauloises ont été découvertes au nord de la commune, près de laquelle existe le lieu-dit la Chaussée* (commune de Brain-sur-Allonnes).
La carte de Peutinger indique, sur cette voie, l’étape de Robrica à 29 lieues de Caesarodunum,* soit 64 km s’il s’agit bien de lieues gallo-romaines ; cette étape n’est pas identifiée clairement ; il s’agirait, selon Pierre Audin, du vieux bourg de Vivy (49680), anciennement vetus vicus, ou, selon l’opinion courante, de l’ancien oppidum gaulois de Chênehutte (commune de Chênehutte-les-Tuffeaux) ce qui correspondrait davantage à la distance indiquée par la table de Peutinger ; cet oppidum, un peu après Vivy, est de l’autre côté de la Loire*, qu’il fallait, de toute façon, traverser pour continuer vers Angers*.
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