‘vsB2 : Dangé-Rivière-Candes’

vsB2 : de Dangé-Saint-Romain à Candes via Rivière

Venant de Poitiers*, un voyageur pouvait à Dangé traverser la Vienne* pour arriver à Saint-Romain (maintenant Dangé-Saint-Romain*) puis suivre la rive gauche de la Vienne* jusqu’à Candes*.

À la sortie de Dangé-Saint-Romain*,  on rencontre un croisement marqué par une croix de pierre avec une voie allant vers Marigny-Marmande*, qui était alors sans doute une agglomération à la frontière entre les Pictons et les Turons et une autre qui continuait le long de la Vienne* vers Séligny (< Celiniacum), ancienne commune, connue dès le 7ème siècle où, selon certains, on aurait découvert les vestiges d’un aqueduc et d’un temple gallo-romain ; c’est maintenant un lieu-dit d’Antogny-le-Tillac* mais la mairie et la salle des fêtes se trouvent dans ce hameau.

Deux villas gallo-romaines ont été repérées sur cette commune : à la Couarde, avant Séligny, entre la D18 et la Vienne, ainsi qu’aux Chirons, à l’ouest de Séligny, où une construction de 19 m. sur 14 m. dont le sol était pavé et considérée comme un temple privé, a également été vue ; on a aussi découvert à cet endroit une pierre avec échancrure, qui pourrait provenir d’un pressoir à raisin du 2ème s. ap. JC ainsi que des morceaux de céramiques sigillées. Il existait sans doute aussi un domaine à Montigny*, autre hameau d’Antogny*.

On peut voir, dans cette commune, la belle et très ancienne église Saint Vincent ainsi que, à côté, le vieux cimetière, dévasté par les crues de la Vienne*.

Peu après, Pussigny* est aussi un lieu occupé dès la préhistoire comme le montrent l’oppidum néolithique puis gaulois du château d’Amirette, à  Sauvage, ainsi que le dolmen circulaire de Doulx (< dola villa), entouré d’une ceinture de pierres et recouvert à l’origine par un tumulus, comme c’était généralement le cas.

Juste à côté de ce dolmen, les travaux de la LGV ont mis à jour, au lieu-dit le Vigneau,  un vaste complexe où Arkemine a découvert une nécropole néolithique (- 4000), un enclos avec incinération de la fin de l’époque gauloise contenant des urnes funéraires et un grand ensemble gallo-romain avec un temple (fanum).

Il existait aussi, près de l’église de Pussigny*, des ruines importantes avec une nécropole contenant de nombreux sarcophages, dont l’un était celui de Lupicina, mais tout a complètement disparu et il ne reste qu’une belle église, près de laquelle sont exposées, chaque été des peintures grand format.

La voie passe ensuite près du Bec-des-deux eaux (commune de Ports-sur-Vienne*) : nom donné au confluent de la Vienne* et de la Creuse* ; ce lieu, qui porte aussi le nom de Grouin < du patronyme germanique Gronnium, fut occupé depuis les temps les plus anciens ; il y avait là un ou plusieurs dolmens, et on y découvrit en 1876, lors de la construction du pont sur la Vienne*, un casse-tête néolithique en granit.

C’est là aussi qu’en 1946 on trouva par hasard une fosse contenant une dizaine de squelettes datés de – 3670 à – 2910 ; on pense que c’était la sépulture d’un camp fortifié se trouvant au château d’Amirette ; l’important mobilier funéraire découvert dans cette fosse se trouve maintenant au très intéressant musée de la Préhistoire du Grand-Pressigny*.

Il y eut là, au 12ème siècle, une des places-fortes des seigneurs de Sainte-Maure comme l’indique la charte 562 du cartulaire de l’abbaye de Noyers.

Peu après le Bec-des-deux-eaux, là où bien plus tard un barrage et une usine hydro-électrique furent installés, le lieu-dit Les maisons rouges* est situé en face d’un autre lieu-dit du même nom, sur la rive droite de la Vienne* et la commune de Nouâtre*.

Après être passée près d’une falaise d’où l’on extrayait la chaux, la voie descend vers Marcilly-sur-Vienne* ; on dit généralement que le nom de cette commune vient de Marcilliacum et signifie le domaine de Marcillius mais étant donné le nombre important de communes et de lieudits qui s’appellent ainsi, il est possible, comme le pense Pierre Audin, que ce toponyme vienne plutôt de maro-siglen signifiant en gaulois le grand marais. Il existait d’ailleurs, au moins depuis le 7ème siècle, une ferme seigneuriale dépendant du château de la Motte* et appelée la ferme du marais, située rue du marais, en face de l’église.

Du centre actuel de Marcilly*, partait une voie secondaire vers Saint-Jean-de-Sauves* (voir voie B5b); puis, à la sortie de Marcilly, un gué permettait de traverser la Vienne* pour rejoindre Nouâtre* (voir voies B5) et peu après ce gué, d’un autre embranchement, partait une voie vers Loudun* (voir voie B5a).

Après Marcilly*, la voie continuait vers les Mariaux où il y avait également un gué, qui était situé juste en face de la villa gallo-romaine de Soulangé et où une épée gauloise fut découverte ;  il est possible que le tracé de l’ancienne voie soit repris par la D18 qui passe à Marnaise, sur la commune de Pouzay*, où il y avait sans doute un domaine car cet endroit s’appelait avant Vinay < Viniacum.

La voie continuait ensuite vers la commune actuelle de Parçay-sur-Vienne* en franchissait l’Arceau, petit affluent de la Vienne*, au lieu-dit le Pont. Le sud-ouest de cette commune semble avoir été particulièrement habité ; on y trouve en effet un site gallo-romain à la Vinière, le dolmen ruiné de la Brèche à la Prée  et un autre site au Bois du Colombier où l’on a découvert un haut de chenet en bronze figurant une tête de taureau.

À la sortie de Parçay*, au croisement de la Croix de Pierre, un chemin conduit à Mougon* rive gauche (commune de Parçay*) où un gué donnait accès aux ateliers de potiers de Mougon* rive droite, sur la commune de Crouzilles* (voir voie B1).

La voie allait ensuite vers la commune actuelle de L’Île-Bouchard* en passant au lieu-dit la Planche près duquel il y avait les domaines de Migny* (Parçay-sur-Vienne*) et de Marigny* (L’Île-Bouchard*).

Créée sur une île de la Vienne*, L’Île-Bouchard* est une ancienne cité avec une importante commanderie des Templiers implantée à Brizay* où l’on peut voir  le dolmen de Grobois, dit le Palet de Gargantua. Un autre dolmen, dit du Pavé-Saint-Lazare, se trouve aussi sur la rive droite de la Vienne*. Les deux photos dessous proviennent d’un excellent site créé par Christian Nicolas.

  

Contigu à L’Île-Bouchard*, Tavant qui est surtout connu pour les magnifiques peintures (12ème s.) de la crypte de l’église romane du 11ème siècle, est aussi un site ancien car on y a découvert un site néolithique, une villa gallo-romaine (à la sortie du village sur la droite) et surtout une nécropole découverte fortuitement en 1997 au 42 rue Grande par M. Rivière, qui creusait derrière sa maison pour installer un hangar.

 

Les fouilles, effectuées par le service régional de l’archéologie de la région Centre, ont permis de découvrir 103 tessons de céramiques du néolithique et de l’âge du bronze ainsi que 24 sépultures datant du 1er au 3ème siècle ap. JC. Ces sépultures contenaient des adultes inhumés dans des cercueils ou des enfants (8) mis dans des sarcophages ; elles ont livré 118 objets, dont 67 céramiques (gobelets, cruches, assiettes, etc.), 17 objets en verre (récipients, perles, etc.), 5 pièces de monnaie, parmi lesquelles un as de Claude (41/51 ap. JC) et un as de Néron (66/69 ap. JC), 4 paires de chaussures et 3 épées miniature ; l’as étant une monnaie en bronze ou en cuivre, servant d’unité de compte ; au début de l’Empire, c’était une pièce de cuivre, pesant 10,8 grammes. Tous ces objets ont été confiés à la Société Archéologique de Touraine et certains peuvent être vus actuellement (décembre 2012) à l’écomusée du Véron dans le cadre de l’exposition : Les Gallo-Romains entre Loire et Vienne.

On dit que trois gués existaient dans ce village. Aujourd’hui le gué le plus visible se trouve dans le centre du bourg, en face de l’ancien prieuré, fondé en 987, et aboutit, sur la rive droite, à un endroit nommé le Pont (commune de Panzoult).

Après Tavant*, la voie passait sur la commune actuelle de Sazilly*, où de nombreux fragments de tuiles ont été découverts près d’un gué et dont l’église, qui est isolée non loin de la Vienne*, a remplacé, dit-on, un temple gallo-romain.

On arrivait ensuite à sur la commune d’Anché* où plusieurs vestiges gallo-romains ont été retrouvés, dont un atelier de forgeron du 2ème s. ap. JC ; à la sortie de cette commune, une route part sur la gauche : la D749, qui continue sans doute une ancienne voie allant vers Lémeré*, où des vestiges gallo-romains ont été trouvés au Château de la Noblaye, et vers Champigny-sur-Veude*, où l’on peut admirer les magnifiques vitraux de la chapelle Saint-Louis.

Sur la droite, part le chemin des Plantes qui reprend probablement l’ancienne voie allant à Candes* ; on a découvert à proximité une villa gallo-romaine et un temple, avec deux sarcophages du 4ème siècle ap. JC. Ce chemin suit la rive gauche de la Vienne* et aboutit directement à l’entrée du vieux bourg de Rivière*.    

Anciennement Riparia, c’est-à-dire celle qui se trouve sur la rive, Rivière est une ancienne commune liée à la légende de saint Martin qui aurait, à cet endroit, construit une église après avoir sauvé de la noyade son disciple saint Mexme. Sous le porche de l’église actuelle de belles peintures murales du 11ème siècle évoquent la résurrection de Lazare.

C’est à Rivière, sans doute près de l’église actuelle, que la voie Dangé*/Candes* croisait la voie Loudun*/Pont-de-Ruan* (voie B4), qui, à droite allait vers le gué de la Motte* sur la commune de Cravant*.

La voie B2 continuait à longer la rive gauche de la Vienne* et arrivait dans l’actuel faubourg Saint-Jacques de Chinon* en passant par les Naîtrés (< Natteriacum) et par le Pressoir.

La voie devient ensuite le GR3 qui traverse l’ancien Pontille (commune de Chinon*), célèbre, au temps de Rabelais, pour ses vaches et pour ses oies (Gargantua : chapitre 7 et le Cinquième Livre : chapitre 15).

Ce lieu-dit se trouve en face de Coulaine* (commune de Beaumont-en-Véron*) et il y avait peut-être là un gué joignant les voies B1 et B2.

Après Pontille, le chemin passe sur le Pont de Clan, également cité par Rabelais (Gargantua : chapitre 47), qui semble plus ancien et plus gallo-romain que le bien connu « pont gallo-romain », de la Chaussée* sur la commune de Saint-Germain-sur-Vienne*, où se trouvait le domaine de Rassay (< Recciacum).

Après La Chaussée*, il se peut qu’une voie partît vers Ingrande* (commune de Couziers) tandis que la voie principale continuait vers Candes* puis vers Montsoreau et Saumur, chez les Andécaves.

 

 

Voie Dangé-Saint-Romain/Candes via Rivière (B2)

Samedi 30 avril 2011