‘vsA4 : Nouâtre-Athée sur Cher’

 De Nouâtre à Athée-sur-Cher

 

Nouâtre (voir voie VP2), au carrefour de six voies gallo-romaines, était sans doute, dans l’antiquité, une agglomération beaucoup plus importante que maintenant.

À la sortie nord-ouest de Nouâtre, au lieu-dit Talvois, la voie A4 partait vers l’est en direction de Sainte-Maure-de-Touraine. Cette voie passait ensuite, sur la commune de Maillé,  entre les Gaudeberts et le château d’Argenson, puis à côté du manoir de Douce (commune de Pouzay), édifié au 15ème siècle.

le manoir de Douce

En continuant, la voie arrive sur la commune de Sainte-Maure-de-Touraine en passant, au lieu-dit les Raudières,  à côté de la Pierre fondue, dolmen connu aussi sous le nom de dolmen de Boumiers ou de Bommiers.  

Randonneurs sur la voie A4, près du dolmen des Bommiers

Peu après la ferme de la Petite Baillolière est un ancien fief dépendant du château d’Argenson. Il y a là plusieurs grosses pierres provenant, selon le témoignage du propriétaire, d’un lieu appelé les Trois Croix, au bord d’une petite route allant vers Maillé. Selon une tradition locale, c’est à cet endroit que se serait déroulée une dernière « bataille de Poitiers », après laquelle Charles Martel aurait  déposé son épée dans une chapelle, devenue ensuite Sainte-Catherine-de-Fierbois, où elle aurait été retrouvée, beaucoup plus tard, par Jeanne d’Arc ; quant aux corps des maures tués, ils auraient été enterrés sur les terres d’un domaine voisin : la Bommelière, où Martin-Tiffeneau (un ancien maire de Sainte-Maure) dit avoir trouvé de très nombreux ossements.

Non loin de là, à l’ouest, sur une petite butte, le manoir d’Anzay continue une villa gallo-romaine et, entre les deux domaines, on a découvert vers 1910, en refaisant la route allant à Sainte-Maure, une nécropole dans laquelle on a dégagé des poteries, notamment une cruche de Samos, une cruche locale, deux écuelles en terre rougeâtre et une carafe en verre ainsi qu’une hachette en fer.

On arrive ensuite près d’une croix tréflée, entourée d’un petit déambulatoire et située sur l’ancien chemin de Compostelle (dit via turonensis) ; de l’autre côté de la route, la voie est encore bien marquée à l’intérieur d’une propriété privée.

 

Arrivée de la voie A4 près de la croix

Nous sommes ici près du lieu-dit les Chauffeaux, où l’un des deux seuls habitats turons de la Tène ancienne (450-275 avant JC) a été repéré (l’autre étant le site des Fossés blancs à Bléré) ; la présence de fusaïoles et de pesons sur ce lieu, où un carquois en bronze et en fer du 5ème s. avant JC a également été retrouvé, indique qu’il y avait là des moutons, dont la laine était travaillée.

La voie A4 à l'entrée de Sainte-Maure, à côté du Peu Blanc

Après être passée par le Peu blanc, la voie contournait par l’ouest l’ancienne citadelle gallo-romaine, dont le nom primitif était Arciacum en empruntant l’actuelle rue du moulin, prolongée par les rues Auguste Chevallier et du docteur Patry puis par l’impasse du ha-ha.

Au lieu-dit les Poteries (à l’ouest, sur la route de Saint-Épain), se trouve l’un des oppida principaux des Turons connu sous le nom d’oppidum des deux Manses ; c’était un oppidum du type « éperon barré », protégé par la Manse et le Courtineau. (Voir aussi la photo dans l’introduction). Cet oppidum couvrait huit hectares et le rempart, qui fait 12 mètres d’épaisseur à la base, est encore bien visible par endroit ; mais c’est une propriété privée à laquelle l’accès n’est pas toujours aisé.

La voie sortait de Sainte-Maure par l’actuelle rue de Sainte-Catherine et se dirigeait vers Sainte-Catherine-de-Fierbois, où rencontrait la voie A6 à la Croix de Barres, avant d’arriver sur le territoire de la commune de Saint-Branchs.

 

À la sortie de ce village la voie A4, qui continuait en direction de Cormery en franchissant l’Échandon au Pont-Girault, croisait la voie A5 allant de Tours à Limoges via Le Blanc.

 

Ce pont, dit aussi Pont-romain ou Pont-aux-fées, date en fait du 13ème siècle ; la voie ancienne, pour sa part, traversait ce cours d’eau par un gué, situé, comme de coutume, en aval du pont et encore bien visible.

De l’autre côté de l’Échandon, la voie remonte en longeant l’ancien mur du château de Montchenain puis se dirigeait vers Cormery où elle traversait l’Indre, sans doute en face de la rue de l’abreuvoir, à l’angle de laquelle il reste une tour des anciennes fortifications.

À Cormery la voie A4 rencontrait la grande voie Clermont-Ferrand-Lutèce puis après Cormery, elle passait à Truyes, où elle croisait la voie A2a.

Truyes, dont le nom, comme celui de Trogues, vient d’un domaine appartenant à quelqu’un d’origine gauloise, conserve, en contrebas de l’église Saint-Martin (12ème s.) un petit aqueduc gallo-romain qui est encore en eau ; on y a aussi repéré, aux Vignes-Saint-Blaise (voie A2a, à l’est), un établissement rural turon.

La voie continuait vers Athée-sur-Cher, où elle retrouvait l’une des deux voies Bourges-Angers longeant la rive gauche du Cher, en passant près du manoir de Chaix (13ème/16ème s.) (commune de Truyes), qui a remplacé une grande villa gallo-romaine, puis, sans doute, entre les domaines de Quentinne et de Givry (commune d’Athée-sur-Cher).


vs A4 : Nouâtre-Athée/Cher

Dimanche 29 mai 2011