‘vsB3 : Chinon-Le Mans’

La voie secondaire B3 partait de Chinon par l’actuelle rue du Collège, à côté de l’église Saint-Étienne, puis sortait de la ville par ce qui sera ensuite la porte de la Barre ; là une bifurcation permettait d’aller, soit vers Tours, à l’est (voir voie B4) soit vers Le Mans, au nord.

Cette voie passait par Huismes, où résidèrent le poète américain Vielé-Griffin, qui fut un ami de Mallarmé, ainsi que Max Ernst, qui habitait la villa du Pin Perdu.

Le Véron commence dans cette région dont les riches terres étaient, dans l’antiquité, exploitées par plusieurs propriétaires de domaines agricoles dont l’un était sans doute un Armoricain, comme l’indique l’étymologie de cette commune. (Voir aussi les voies vs1b et vsB1)


À l’emplacement du « grand domaine » (villa majoris), qui appartint ensuite à l’évêché de Tours, s’éleva au 15ème siècle le château de la Villaumaire. Des domaines existaient également aux lieudits suivants : Azay, Benais, Cuzé, le Laré, Mouzilly et Rassay. On a signalé aussi en 1983 une villa gallo-romaine découverte à l’Étui par M. P. Acier.

La voie arrivait ensuite au lieu-dit la Perrée puis le Neman, sur la commune d’Avoine, pratiquement en face de l’actuelle Allée d’Ingrandes ; il s’agit bien sûr d’Ingrandes-de-Touraine (voir VP1) sur la rive droite de la Loire et ce nom indique qu’il y avait là un bac qui a sans doute remplacé un gué qui traversait d’abord l’Indre puis la Loire, le confluent entre ces deux cours d’eau se trouvant un peu en aval.

   

Ce gué aboutissait vers la Croix Rouge (commune de la Chapelle-sur-Loire) puis la voie continuait vers la Croix morte (commune de Restigné) où elle croisait l’importante voie Tours-Angers (voir voie VP1) ; toute cette région faisait partie du territoire des Andécaves, dans l’antiquité, puis de l’Anjou, au moyen-âge ; sur la commune de Restigné des domaines agricoles se trouvaient aux lieudits suivants : l’Azé, Lassis, le Marnay, Lossay, Louy et Santenay.

La voie passait sans doute à Marcé (commune de Bourgueil) puis rejoignait la vallée du Changeon à Touvois (commune de Bourgueil). À partir de là le tracé est hypothétique car nous n’en avons pas trouvé de traces sur le terrain.

Selon nous, la voie continuait vers Continvoir où on trouve le Jaunay qui était « le domaine du gaulois » ainsi que les Maisons Rouges ; un lieu-dit du même nom est rencontré près de cette même voie un peu plus loin, sur la commune de Gizeux. Puis elle passait entre le dolmen de la Cardinière (à l’ouest de Gizeux) et, à l’est, les ruines du dolmen de Continvoir, détruit par saint Martin selon la tradition.

On peut encore voir à Gizeux le grand château du 12ème siècle qui fut la propriété de la famille de Joachim du Bellay de 1315 à 1660.

Il est probable que la voie passât ensuite sur la commune de Parçay-les-Pins où l’on rencontre les Quarts, lieu-dit que l’on retrouve sur la commune de Noyant, où il y avait, à l’époque mérovingienne, une villa royale, qui était sans doute la suite d’une villa gallo-romaine.

  

À Noyant arrivait aussi une voie qui venait de Saumur, devenue un chemin de Saint-Jacques. Après Noyant la D 767 rectiligne, reprend peut-être l’ancien tracé de la voie qui se dirigeait vers Le Lude en passant par la Boissière (commune de Dénézé-sous-Le Lude) où se trouve une ancienne abbaye du 12ème siècle puis à Laurière (commune de Dissé-sous-Le Lude), où plusieurs dolmens (en mauvais état) ainsi qu’un menhir jalonnent peut-être la frontière entre les Andécaves et les Cénomans ; on entre en effet, après Laurière dans la Sarthe, bien que toute la région fasse partie de l’Anjou sous l’ancien régime.

Selon la légende ces mégalithes se réunissaient tous les 33 ans.

Au Lude, où existe un lieu-dit la Chaussée, le château de la Renaissance a remplacé une forteresse du 10ème siècle ; la voie principale continuait vers Le Mans tandis qu’une voie partait à l’est vers Vaas (voir VP2)

Cette voie, que nous avons numérotée B3b, passait par Cherré (commune d’Aubigné-Racan), où l’on peut visiter (gratuitement) les imposantes ruines d’un sanctuaire gallo-romain située près d’un oppidum gaulois aménagé au 4ème siècle avant notre ère : l’éperon fortifié du Camp de Vaux.

Situé à proximité de trois peuples gaulois : les Turons, les Cénomans et les Andécaves, ce sanctuaire était un grand lieu de rassemblement saisonnier et une sorte de marché aux bestiaux car de nombreux ossements d’animaux ont été retrouvés sous le forum.

  

Outre le forum, les constructions, édifiées aux 1er et 2ème s. de notre ère, comprenaient notamment un théâtre pouvant accueillir 3 000 personnes, plusieurs temples et des thermes alimentés par un aqueduc ; sous le théâtre, une nécropole du 5ème siècle av. J.C. a été découverte, avec cinq blocs mégalithiques et huit tumuli recouvrant des tombes à incinération, protégeant des urnes funéraires.

vsB3 : Chinon-Le Mans

Samedi 24 mars 2012