‘vsB4 : Poitiers-Tours (via Loudun)’

Cette voie venait de Poitiers et passait par Saint-Jean-de-Sauves (voir voie B5b) puis par La Chaussée où elle est encore bien visible. Cette région a fourni beaucoup d’émigrants au Canada et on peut visiter, dans ce dernier village, la Maison de l’Acadie.

La voie se dirigeait ensuite vers Sammarçolles, où elle croisait la voie qui allait de Nouâtre à Loudun (voir voie B5a) et il est probable qu’elle entrât sur le territoire des Turons au lieu-dit Touraine (commune de Marçay) : toponyme caractéristique d’une frontière, qui, à l’époque n’était pas exactement la même que celle entre la Vienne et l’Indre-et-Loire aujourd’hui.
La voie passait ensuite à Ligré où se trouve le dolmen du Carroir-Bon-Air puis aux Roches-Saint-Paul (locus Rupibus Sancti Pauli au 12ème s.) où plusieurs objets, dont un poignard en silex, furent découverts dans un tumulus néolithique.

Cette voie croisait la voie B2 à Rivière puis, après avoir traversé la Vienne au gué de la Motte (voir voie B1), elle rencontrait la voie qui allait de Chinon à Loches (voir voie A6/B6) puis continuait vers la forêt de Cravant, qui n’est en fait qu’un prolongement de la forêt de Chinon (voir voie A6/B6).

Cette région, particulièrement riche en sites gaulois et gallo-romains, a été étudiée d’une façon approfondie par Jean-Marie Couderc (voir la partie Bibliographie et la carte ci-dessus) mais elle a aussi été grandement défigurée par le déboisement et par l’aménagement de larges voies coupe-feu de sorte qu’il est souvent difficile de retrouver les sites.

 

 

L’ancienne voie, dite via turonensis (le chemin de Tours) passait entre les domaines de Turpenay (commune de Chinon) et de Givré (commune de Cravant), puis à côté des lieudits l’étang (commune de Saint-Benoît-la-forêt), où il y avait une villa gallo-romaine,  la Maison brûlée où des fragments de céramiques des 1er et 2ème siècles ont été trouvés et le Carroi de la Branche-Torse avant d’arriver à la ferme Saint-Hubert (commune de Panzoult) où elle était rejointe par une voie venant de Chinon, dite via vetuta (ancien chemin).

 
Cette via vetuta sortait de Chinon par l’actuelle rue du Collège comme la voie qui allait vers Huismes (voir voie B3) ; elle passait ensuite à Grammont puis dans la forêt, où Jean-Marie Couderc a vu, semble-t-il, une « ruette (petite rue) pavée » un peu avant le Carroi de la Jarrie mais malgré plusieurs explorations de cette partie de la forêt nous n’avons pas encore réussi à la trouver.
Peu après le site de la fosse sèche (commune de Saint-Benoît-la-Forêt), occupé de 50 à 200 après J.C., a livré des monnaies ainsi que fragments de céramiques et de verreries ; à côté, le site 2 (voir carte ci-dessus) a fourni des pesons de métier à tisser  et des fragments de céramiques de Mougon (Crouzilles).
Près de la ferme Saint-Hubert (commune de Panzoult), Jean-Marie Couderc a fouillé un site où il a trouvé un dupondius de Trajan et un sesterce d’Antonin-le-Pieux.
Après Saint-Hubert, la voie passait sans doute au Carroi des larrons et à La Ballière (commune de Cheillé) mais il n’y en a plus de trace.
 

Par contre, la voie est encore bien visible du côté de Javesnon  et de la Fosse-Laslin (commune de Cheillé) puis peu après au carrefour avec la D57 qui va vers Villaines-les-Rochers, où l’activité vannière, encore fort active, existe depuis le 7ème siècle.
Cette région de Cheillé et d’Azay-le-Rideau est particulièrement riche en vestiges ; on a notamment découvert, près de la ferme des Frogeais (à 1,5 km à l’est d’Azay-le-Rideau, sur la rive gauche de l’Indre) une cachette de l’âge du bronze, dite cachette de la Grande Borne, dans laquelle on a trouvé près de 700 fragments d’objets : armes (haches, épées, poignards, pointes de lance et de flèche), scies, marteaux, burins, moules, etc. ; il y avait également, dans l’actuelle commune de Cheillé, une enceinte gauloise formant un rectangle de 90×75 m. à l’entrée de la forêt de Chinon, au lieu-dit le Maupas
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Plusieurs villas gallo-romaines existaient dans cette région, comme l’indique le nom de ces deux communes, notamment à Mazère (à 2 km environ à l’est d’Azay-le-Rideau, toujours sur la rive gauche de l’Indre) et à la Rémonière (commune de Cheillé).
Il y a là maintenant un château du 15ème siècle, en face du célèbre château d’Azay-le-Rideau, dont la base est constituée de murs gallo-romains en petit appareil (ci-contre).
Nous avons été reçus plusieurs fois par la très aimable propriétaire de ce château, qui est, en fait, la continuation d’un site très important, méritant sans doute des fouilles approfondies ; on peut y voir en effet les traces de ce qui semble bien être un petit théâtre ainsi que les vestiges d’un temple, près duquel il y avait la tombe d’une certaine Secunda épouse de Caius Néro, contenant de nombreux objets dont un sceau et une sculpture en ambre.

Après le carrefour avec la D57, la voie continuait vers l’Ajonc et le Gué-Droit (commune de Saché).
Après le Gué-Droit, la voie se dirigeait vers Saché, dont le château Renaissance a remplacé une place-forte du 12ème s. Il fut remanié au 19ème siècle par Jean de Margonne, parrain de Balzac ; ce dernier, lors  des nombreux séjours qu’il y fit entre 1825 et 1848, y écrivit notamment Le lys dans la vallée (voir VP2).

Ce château appartint ensuite à la famille d’Élisabeth Lecoy, épouse de René Benjamin, puis à Paul Métadier, qui y installa en 1951 un très intéressant et très riche musée consacré à Balzac, dont il fut le conservateur jusqu’en 2002.

À la sortie de Saché, la voie est encore visible aussi bien au chemin des Aunays qu’après, alors qu’elle se dirige vers Pont-de-Ruan, où elle rejoignait la voie VP2 à la Croix-Billette.

vsB4 : Poitiers-Tours (via Loudun)

Dimanche 25 mars 2012