Départ de Manaus
Tandis que je descends lentement l’Amazone,
Je songe à toi ma jolie amazone !
La nuit inéluctable brusquement arriva
Mais resplendissante la lune se leva
Juste au moment où les noires eaux
Du sombre Rio Negro
Heurtèrent le Salimoens d’une clarté peu sûre :
Pénétration de l’ébénéenne beauté dans la blancheur impure.
Tout est noir maintenant,
De trois noirs différents :
L’eau aux reflets moirés,
Les ombreuses bandes des deux rives lointaines,
Le ciel qui se souvient de la beauté du jour.
Parfois, au loin, des éclairs silencieux lancent une flamme
Qui déchire la nuit s’ouvrant comme une femme.
De grands oiseaux inconnus se battent en criant,
Puis tout s’endort paisiblement.
Tandis que je descends lentement l’Amazone
Je rêve à toi et, malgré la chaleur, je frissonne.
Manaus, le 16 avril 2003











