‘C- Seuilly’

Il était logique que Rabelais fît de Seuilly, où se trouvait la Devinière, le centre du royaume de Grandgousier. Ce petit village est traversé par le Négron qui, au temps de Rabelais, s’appelait la vède de Négron (voir La Roche-Clermault). 

Seuilly vue de la Devinière Seuilly, vue de la Devinière 

Ce village est surtout connu pour son abbaye où le jeune Rabelais commença des études, très scolastiques si l’on en croit le chapitre 14 de Gargantua mais on peut voir aussi l’église Saint-Pierre, où, paraît-il, Rabelais fut baptisé. Construite au 12ème siècle, elle fut pillée et incendiée en 1532, lors des guerres de religion. 

Seuilly. église st pierre église Saint-Pierre de Seuilly

Se trouve aussi sur cette commune le château du Coudray-Montpensier, construit entre 1401 et 1422 par Pierre de Bournan ; il fut agrandi par Louis bâtard de Bourbon et par son épouse Jeanne (dite de France ou de Valois), fille naturelle de Louis XI et de Marguerite de Sassenage. Il appartint aux beaux-parents de Maurice Maeterlinck qui y séjourna; ceux-ci le cédèrent à l’avionneur Latécoère qui opéra une restauration exemplaire et créa le beau jardin. C’est aujourd’hui un Institut-Médico-Pédagogique (IMP). Le château est nettement visible de la Devinière, comme l’abbaye d’ailleurs.

Château du Coudray-Montpensier Coudray-Montpensier 

L’abbaye bénédictine de Seuilly fut d’abord un prieuré, fondé en 1095 par Guillaume de Montsoreau. En 1461 un incendie détruisit l’aile droite de l’église et Jeanne de France fit reconstruire le clocher. L’abbaye, qui n’avait plus que quatre moines en 1736, fut alors abandonnée et l’église abbatiale, dévastée par un ouragan en 1751, fut ensuite rasée. Du temps de Rabelais l’abbé commendataire était Jean de Bourbon, protonotaire du pape.

seuilly. plan de l'abbaye

Actuellement, les bâtiments existants sont du 11ème siècle pour la salle capitulaire voûtée sur croisées d’ogives de style angevin, du 15ème siècle pour la grange aux dîmes qui servait de cellier et de grenier auquel on accède par un escalier extérieur identique à celui de la Devinière. Les autres bâtiments, plus récents, datent des 17ème et 18ème siècles. On peut voir aussi le vignoble et les jardins, aménagés par le Centre Permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE) ainsi qu’un pigeonnier (fuye) cylindrique dont les murs ont plus d’un mètre d’épaisseur.  

 

Salle capitulaire

Salle capitulaire

 

La grange aux dîmes

La grange aux dîmes

L’abbaye de Seuilly abrite aujourd’hui une Maison de pays et le CPIE qui organise notamment des balades à pied et en bateau traditionnel (toue cabanée) ; on peut aussi y loger ou louer des salles.

ABBAYE DE SEUILLY. Tél : 02 47 95 93 15. info@cpie-val-de-loire.org . Visites libres gratuites toute l’année. 

Le pigeonnier le pigeonnier

On sait que dans Gargantua (voir le chapitre 27) l’abbaye de Seuilly est attaquée par les troupes de Picrochole et vaillamment défendue par Frère Jean des Entommeures, aidé par les « petits moinillons ». Plusieurs hypothèses ont été faites sur la réalité de ce moine mais aucune n’est bien convaincante !

Arrivée du chemin venant de la Devinière arrivée du chemin venant de la Devinière 

La famille de Rabelais possédait plusieurs terres sur la commune de Seuilly, entre autres le Clos- Rabelais et la pièce des Longardes. Les Noirettes (lieu planté de jeunes noyers) dont Rabelais parle à deux reprises dans Gargantua (ch. 43 et 51) se trouvaient peut-être sur la commune de Seuilly. 

 

Seuilly. buste de Rabelais 03
Seuilly : buste de Rabelais par Michel Audiard
 

Samedi 29 août 2009