Au nord de Chinon, entre Vienne et Loire, le très fertile Véron, qui produisait le « vin breton » (1-13), contient plusieurs lieux dont parle Rabelais. On dit que les habitants de cette région présentent des particularités physiques dues au fait qu’ils descendent, soit des Ligures relégués là par les Celtes, soit des prisonniers maures internés dans le coin après la bataille de Poitiers (qui, selon certains historiens, se serait en réalité déroulée sur le territoire de Ballan-Miré, au sud-ouest de Tours) puis intégrés à la population ; ceci sous toute réserve évidemment !

Entre la Vienne (en bas) et la Loire (en haut) le Véron
Quittant Chinon en direction de Bourgueil on arrive très vite au château de Coulaine (14ème s.), modifié au 15ème s. par Jehan de Garguesalle III, gouverneur de Chinon en 1461, dont descend la famille de Bonnaventure, propriétaire actuelle du château. Pascale de Bonnaventure, vice-présidente des Amis du Vieux Chinon, y produit, avec son mari, un excellent vin.

château de Coulaine
Ce château se trouve sur la commune de Beaumont en Véron, comme le hameau des Coudreaux où le père de Rabelais possédait peut-être la métairie de La Pomardière (1-32).

Beaumont-en-Véron
À l’ouest de Beaumont en Véron, Savigny en Véron possède sur son territoire l’écomusée du Véron.

Savigny-en-Véron
À l’est de Beaumont en Véron, la commune de Huismes présente une belle église (12ème/13ème s.). Entre 1955 et 1968, Max Ernst et son épouse Dorothea Tanning résidèrent à Huismes, où ils avaient acheté « la maison du pain » qu’ils surnommèrent « le pin perdu ».
église de Huismes
sur le territoire de la commune, le château de la Villaumaire (15ème s. remanié au 19ème), qui appartenait aux archevêques de Tours, tire son nom , dit-on, du fait que ces derniers avaient confié la justice à un magistrat ecclésiastique portant de titre de « maire » mais en réalité ce nom vient du latin villa majoris ; on trouve de nombreuses orthographes : Villeaumaire, Villaumer, Villaumère, Ville-au-maire. Dans Gargantua (3-21), Rabelais place « près de la Villaumère » la demeure de Raminagrobis, qui, selon Abel Lefranc, aurait été le poète Jean Lemaire de Belges (sans doute à cause de Lemaire) ;
la Villaumaire
Quittant Huismes vers l’est on entre dans la forêt domaniale de Chinon dans laquelle sont perdus les restes de l’abbaye bénédictine de Turpenay, fondée au 12ème s. par Foulques le Jeune, dont il reste notamment le château abbatial (16ème s.).
abbaye de Turpenay
Au nord de cette abbaye, le château d’Ussé (15ème/16ème s.) a inspiré à Charles Perrault, qui y séjourna La belle au bois dormant ; on dit aussi que Voltaire y aurait écrit une partie de La Henriade et Chateaubriand (qui ramena de Terre Sainte en 1817 les cèdres que l’on peut encore voir) une partie des Mémoires d’outre-tombe ; on ne prête qu’aux riches !
le château d’Ussé
Au bout de la forêt de Chinon, on arrive sur les bords de l’Indre que la voie romaine allant de Chinon à Tours franchissait au gué de Port-Huault ; selon Rabelais, la forêt de Chinon s’appelait au 16ème s. la grande forêt de Port-Huault (1-52).
l’Indre à Port-Huault
Au nord, vers la Loire, Bréhémont, comme Pontille, possédait de riches terres consacrées à l’élevage des vaches laitières.
la Loire à Bréhémont
La route vers l’est, le long de la Loire, très empruntée par les cyclistes, conduit au pont suspendu de Langeais (milieu du 19ème) qui permet de franchir la Loire et d’arriver au château de Langeais, édifié au 15ème s. par Louis XI.
le château de Langeais
En amont de la Loire Cinq-Mars-la-pile a la particularité de conserver une tour funéraire gallo-romaine (2ème s. après J.C.), haute de 30 mètres et composée de 104 000 briques !
la pile de Cinq-Mars
Si l’on se dirige en aval de la Loire, on arrive en Anjou avec Bourgueil (qui se trouve néanmoins en Indre et Loire) , Chouzé-sur-Loire, Varennes-sur-Loire.
Bourgueil est aujourd’hui surtout connu pour son vin mais il y a aussi une abbaye bénédictine fondée au 10ème siècle et Ronsard s’y éprit de la jeune paysanne Marie Dupin.
abbaye de Bourgueil
C’est une région que Rabelais connaissait bien car son père y possédait plusieurs propriétés ; notamment à Gravot, près du hameau de Touvois (commune de Bourgueil), où l’on peut voir, au moulin de Gravot, une maison du 15ème attribuée aux Rabelais qui appartient aujourd’hui au viticulteur Jacky Pitault.

la maison de Gravot
À Chouzé-sur-Loire est attaché le nom de Tallemant des Réaux qui y possédait un château.
Maison à Chouzé sur Loire
À Varennes-sur-Loire où se trouve la belle église Saint-Martin (16ème. S.) le père de Rabelais possédait aussi Chavigny-en-vallée : une ancienne gentilhommière (15ème/16ème s.) de laquelle il ne reste plus grand-chose de cette époque.

Varennes : église Saint-Martin Chavigny-en-vallée
De là, on rejoint Chinon soit par le Véron en franchissant la Loire à Port-Boulet, en face de la centrale nucléaire soit par Montsoreau et Candes en franchissant la Loire à Varennes-sur-Loire.











