‘ÉCRITS SUR LA TOURAINE’

Histoire

Le nom de cette commune apparaît pour la première fois en 1050 sous la forme Brisiacum, venant du gallo-romain Braetiacus ou domaine de Braetius. Selon certains cependant, ce toponyme pourrait venir du gaulois bri-ceton signifiant le bois de la hauteur.

La région fut occupée à l’époque préhistorique, comme le montrent le dolmen de Grosbois (voir ci-après) ainsi que le mégalithe disparu, qui se trouvait à 200 m. au nord-est de la Guénée, dont il ne reste que le toponyme la Pierre levée. Deux haches polies en dolérite, ont été aussi trouvée sur la commune, dont une à Crèze.

Elle fut également largement peuplée à l’époque gallo-romaine, comme l’indiquent les toponymes suivants : Aubigny, de Albiniacus ou domaine du Blanc (voir ci-après), Chenillé, de Caniliacus ou domaine de Canilius, Cléré, de Clariacus ou domaine de l’Illustre (voir ci-après), Creuilly, de Crolliacus ou domaine de Crollus, Goury, de Gaugericus ou domaine de Gaugerus (patronyme germanique), les Jaunaies, de Gallinacus ou domaine du Gaulois et Pamplie, de Pompilia ou domaine de Pompilius.

Grésigny (avril 2013)

On peut aussi ajouter Grésigny, de Grisiniacus ou domaine du Grec, lieu-dit qui se trouve sur la commune de Léméré mais qui est juste derrière Croisne (commune de Brizay), où l’on a découvert une nécropole, avec une dizaine de sarcophages du 7ème siècle, ayant réutilisé les ruines d’une vaste villa gallo-romaine ; le plus beau de ces sarcophages peut être vu dans la vieille église de Cravant (voir cette commune).

Le premier seigneur connu de Brizay, selon Carré de Busserolles, fut Arnauld de Brizay, cité en 1050, seigneur de Brizay et de Chourses (dans le Maine) : le fief resta dans cette famille jusqu’à Pierre de Brizay, décédé sans postérité en 1608 ; parmi les membres de cette famille, on peut citer Alonnet de Brizay, à qui Louis I d’Anjou pardonna, en 1360, d’avoir fait du commerce avec les ennemis pour payer sa rançon puis Jean de Brizay (1396-1470), qui fut autorisé par Charles VII  à fortifier son château de Brizay ainsi que son fils Jacques 1er de Brizay, époux de Françoise de Beauvau, fille de Pierre de Beauvau (voir Crissay généalogie).

À voir

En venant de L’Île-Bouchard par l’ancienne route qui part à gauche du cimetière de cette commune, on peut voir le Château de la Commanderie, qui occupe l’emplacement de l’ancienne Maison du Temple de L’Île-Bouchard (voir cette commune) ; le bâtiment actuel est du 19ème siècle ; en 1972, le propriétaire : Monsieur Foucault y découvrit un ensemble de salles souterraines. On peut y louer actuellement des chambres d’hôte (voir Renseignements pratiques). Voir aussi Tourainissime.

Bois-Légat (photo tourainissime)

Si, par contre, on vient de L’Île-Bouchard par la D757, on trouve, à droite, une petite route qui conduit à Bois-Légat : c’était un ancien fief, dont le premier seigneur connu fut Charles de Branlus, qui, en 1555, rend aveu de son fief à Claude Turpin, seigneur de Crissay (voir cette commune) ; au 17ème siècle, il appartenait à Pierre de la Jaille[1], également seigneur de Doucé à Rilly (voir cette commune). La propriété avait un revenu annuel de 50 livres en 1639 (voir note 15, page 10).  En 1839, la propriété fut acquise par Louis Isaïe Tiffeneau, propriétaire à Sainte-Maure de Touraine, dont la fille Anne-Aurélie avait épousé Mathurin Martin, notaire à Sainte-Maure[2]. De l’ancien manoir, édifié  au 15ème  siècle et modifié au 18ème siècle, il reste une lucarne à gâble aigu ; on peut aussi remarquer le portail d’entrée à double porte charretière et piétonne[3] ; il reste aussi une tour cylindrique de 8 m. de diamètre, qui est un ancien colombier.

En reprenant la D757, on arrive ensuite à un carrefour ; la voie de droite (D113) conduit vers le Château du Haut-Brizay et la voie de gauche (D757) vers l’église et le manoir de la Brèche.

Si donc on prend la D113, on peut voir, sur la droite :

Le Château du Haut-Brizay : c’était le château des seigneurs de Brizay mais il ne reste rien du château médiéval ; selon la tradition la façade sud serait du 17ème siècle. La propriété fut achetée en 1825 par le général comte de Sparre, qui exploita les terres (200 hectares) d’après la méthode de Mathieu de Dombasle. En 1865, la propriété fut affermée à l’ingénieur agriculteur Goussard de Mayolle, Président des Comices de Chinon, qui en fit une exploitation expérimentale. Le château actuel fut aménagé en 1895.

Château du Haut-Brizay (avril 2013)

Puis, toujours sur la droite, un chemin mène au dolmen de Grosbois : situé à côté de la ferme de Grosbois, ce petit dolmen en grès, dont la table mesure 2,60 m. sur 2,20 m. est aussi appelé le Palet de Gargantua car, selon la légende, le géant popularisé par Rabelais se servait de la table de ce dolmen pour jouer au palet.

Dolmen de Grosbois (avril 2013)

On trouve, en continuant sur la D113, à droite une route conduisant à Croisne et à Grésigny (voir histoire) puis à gauche une route conduisant au Grand Cléré. Le toponyme Cléré vient de Clariacus ou domaine de Clarus (le Clair ou l’Illustre) ; « la metairie de Clairé » est citée en 1643, comme appartenant au doyen du chapitre des Roches-Tranchelion (voir Avon-les-Roches). Le grand Cléré est une vaste ferme à cour fermée qui comprenait initialement une double porte ; on peut remarquer une pierre d’évier à gauche de l’entrée ; au fond de la cour, le logis le plus ancien peut dater du 15ème ou du 16ème siècle. On peut y louer un gite (voir Renseignements pratiques).

Si par contre on prend la D757 on arrive dans le centre du village avec :

Un peu avant l’église une route à gauche qui conduit à La Guénée, toponyme vient de Wano : patronyme germanique signifiant « espérance ». Grand bâtiment en hauteur avec un pigeonnier carré ; puis une route à droite menant au Manoir de la Brèche : ancien fief dont le premier seigneur connu fut Jacques de Rémollard, écuyer, cité en 1555 ; le corps de logis a conservé des vestiges du 16ème siècle (baies à meneaux et croisillons, cheminée) ; à l’origine, ce manoir était desservi par une tour d’escalier polygonale, dont subsiste un pan sur l’un des pignons. Le fief avait un revenu de 10 livres en 1639.

L’Église Saint-Pierre : du bâtiment construit au 12ème siècle, il reste les trois travées de la nef ; le portail ouest, le chœur et le clocher sont du 15ème siècle ; le porche devant l’entrée est du 19ème siècle ; en 1855, l’abbé Bourrassé signala l’existence d’une pierre tombale sur laquelle était sculpté un chevalier mais celle-ci n’est plus visible actuellement (voir Bibliographie).

Église de Brizay (avril 2013)

On arrive ensuite à un carrefour : la voie de gauche mène à un lavoir aménagé en 1887-1888 à côté de la Fontaine de la Portière, réserve d’eau remplie de poissons puis à Mocrate : lieu-dit apparaît sous la forme Mocrat sur la carte de Cassini, où subsistent les vieux bâtiments délabrés d’une ancienne ferme.

La voie de droite arrive à un nouveau carrefour ; si l’on prend à droite on arrive à la Déteurbe et juste après aux Bournais du Plessis, lieu ne figurant pas sur la carte IGN, où il y a une ferme du 18ème siècle, comportant une maison composée de deux logis accolés, une grange avec hangar et un four à pain. On trouve ensuite Crèze : ce toponyme, qui est une variante de Croix, est indiqué sur la carte de Cassini ; ce hameau de 41 habitants comporte plusieurs maisons des 15ème ou 16ème siècles, dont, au n° 6,  une maison qui possède des éléments de décor flamboyant et dont la porte est surmontée d’un linteau en accolade.

Après Crèze, en prenant à gauche, on peut aller à Aubigny : ce toponyme apparaît pour la première fois en 971 sous la forme in villa Albiniaco ; le logis et la grange, qui possède une ouverture en pignon, en plein cintre, datent du 17ème siècle.

Les Basses-Charpentières (avril 2013)

Si, au carrefour précédent on prend à gauche, on passe aux Jaulnaies puis à la Belle Cave (gite rural) et on arrive aux Basses Charpentières, ancien fief ayant un revenu annuel de 26 livres en 1639, où il reste un pigeonnier carré, puis, en reprenant brièvement la D757, on peut voir, à droite les Hautes Charpentières, occupées aujourd’hui par un viticulteur ; le bâtiment actuel est du 17ème siècle.

Les Hautes-Charpentières (avril 2013)

Renseignements pratiques

Mairie : 2 place du 14 juillet. 02 47 58 50 85 ; courriel : mairie.brizay@wanadoo.fr ; ouverte les lundis et vendredis de 9h à 12h30 et de 14h à 17h30, les mercredis de 9h à 12h.

Hébergement et Restauration :

  • Chambres d’hôtes : château de la Commanderie. 02 47 58 63 13
  • Gite la Belle Cave : 02 47 58 35 30
  • Gite le Grand Cléré : 02 47 97 06 13

Salle des Fêtes : 120 places, cuisine équipée (s’adresser à la mairie).

Viticulteurs :

  • Vignoble de la Guénée, 2 rue de la Guénée. 02 47 95 21 87 ou 06 89 43 72 57
  • Vignoble des Hautes Charpentières. 02 47 58 30 34

La Guénée (avril 2013)

Autres ressources

  • Carrelage : Frédéric Lefief, les Desforges. 06 08 85 17 53
  • Entreprise agricole : Redureau Frères, 3 rue de la Guénée. 02 47 95 25 86
  • Informatique : Fabrice Bondon, 1 le Grand Cléré. 02 47 97 06 13
  • Maison Médicale : 9 rue de la Commanderie. 02 47 58 50 77
  • Paysagiste : Espace +, 4 la Petit Cléré. 02 47 58 55 88
  • Peinture, revêtement : Alain Lebled, 2 rue des sonneries. 02 47 95 24 74
  • Production d’apéritifs : Les Amers de Crèze, 4 rue du château d’eau. 06 88 79 15 94
  • Serrurerie : Jean-Charles Doucet, 7 route de L’Île-Bouchard. 02 47 95 24 45

Bois-Légat (photo André Montoux)

Bibliographie

  • Bourassé (abbé) : excursion à L’Île-Bouchard et à Brizay. Mémoires de la Société Archéologique de Touraine (1855 Tome 5).
  • Montoux André : Bois-Légat à Brizay : BAVC IX-4 (1990) et Vieux Logis de Touraine : Tome 8 (1990).

[1] Ce Pierre de la Jaille était probablement un descendant des de la Jaille qui furent seigneurs de Draché et de Marcilly-sur-Vienne (voir Crissay).

[2] De cette union, naquit Mathurin Martin-Tiffeneau, qui fut maire de Sainte-Maure de 1847 à 1859.

[3] Ce genre de portail, comportant une grande porte voutée pour les charrettes ou pour les chevaux et une petite porte (en général à droite de la grande, dont elle est une réduction) est caractéristique des manoirs de la région.

 

Brizay

Jeudi 2 mai 2013

Histoire

Le nom de cette commune apparaît pour la première fois au 11ème siècle dans les chartes 168, 312 et 323 du cartulaire de l’abbaye de Noyers  sous la forme Avo, venant soit du gaulois abo, signifiant rivière, soit du patronyme germanique Abbo ; cette commune s’est ensuite appelée Avon-en-Touraine au 14ème siècle et le nom actuel a été fixé par un décret de 1936.

Avon vu de Jautrou (avril 2013)

Le territoire de cette commune, située sur la rive droite de la Manse, fut occupé au néolithique comme l’indiquent une hache d’importation en jade et le toponyme le gros chillou dans les landes du Ruchard.

À l’époque gallo-romaine plusieurs domaines exploitaient les terres de la région ainsi que le montrent les toponymes de Naie et d’Oignié (voir ci-après) ainsi peut-être le toponyme Maumay, pouvant signifier la mauvaise maison, ou Mournay pouvant venir de Maurinacus ou domaine de Maurinus (le Maure) ; il y avait là un moulin, cité dès la première moitié du 17ème siècle. Un petit tour de potier gallo-romain et de la céramique commune ont été trouvés à l’est de la collégiale des Roches-Tranchelion. La voie gallo-romaine allant de Sainte-Catherine-de-Fierbois à Chinon passait sur le territoire de cette commune, sans doute non loin de la D21, qui suit le cours de la Manse et il se peut que le lieu-dit la Maison Rouge[1] ait été une étape sur cette voie.

La charte 168 du cartulaire de Noyers, de 1088, indique que Hugues Dindeau, après avoir tué Oggisius, de Crissay, donna aux moines de Noyers « tout le juniorat[2] de l’église qu’on appelle Avon ». Cette famille étant décidemment belliqueuse, la charte 312 de 1102 nous informe que Savarin Dindeau, après le meurtre d’un soldat nommé Hermann, donna à l’abbaye de Noyers, le droit de sépulture dans l’église d’Avon. Quant à la charte 323 de 1104, elle parle de Guillaume d’Avon, fils de Gomer d’Avon.

Au 12ème siècle l’église appartenait à l’abbaye de Beaumont-les-Tours et le fief, appelé la Cour d’Avon, dépendait de la châtellenie de L’Île-Bouchard (voir cette commune). Les seigneurs en furent alors Mathieu d’Avon (cité en 1140) puis Ribotel d’Avon (cité en 1144). Il appartint ensuite à la famille de la Barre, avec Jean de la Barre, bailli du Lude (cité en 1380), Jean II de la Barre (cité en 1400) et Adam de la Barre (cité en 1420).

En 1484, le fief fut divisé en deux parties : la Cour d’Avon et la Salle d’Avon ; la première appartenant à Maxime de Pingault et la seconde à Tristan de Sazilly (voir cette commune). En 1504, Gillette de Pingault vendit sa part à Lancelot de la Touche, seigneur des Roches-Tranchelion (voir ci-après).

Les seigneurs furent ensuite Philippe de Sazilly, cité en 1575, (voir cette commune), N. le Bascle (cité en 1600), Aimé le Bascle (cité en 1616), Guy-Alphonse de Durfort[3] (cité en 1642), Léonor le Basle et François de la Barre (cités en 1689). Ces le Bascle étaient probablement de la même famille que celle qui possédait le Puy-Bascle à Crouzilles (voir cette commune).

Les Roches-Tranchelion, vues d'Oignié

Un autre fief important était celui des Roches-Tranchelion (ou Roches d’Archidiacre). Le nom des Roches-Tranchelion apparaît pour la première fois en 1254 sous la forme Esterlas de Tranchelyon ; ce toponyme est expliqué par plusieurs légendes, dont aucune n’est sûre. Le premier seigneur connu est Guillaume Ouvoie, cité en 1420, dont la fille épousa Guillaume, seigneur de Palluau (dans l’Indre), qui reçut ce fief en dot et qui avait ou prit le nom de Guillaume de Tranchelion ; ce dernier fonda une chapelle à côté du château en 1440 et obtint l’année suivante, du roi Charles VII, dont il était le chambellan, l’autorisation d’achever la fortification du lieu. On ne sait comment, la seigneurie passa en 1448 à Hardouin de la Touche (voir généalogie)

« Le derrenier jour de juillet, l’an de grace CCCC XLIX (1449), le roi (Charles VII) estant au Rochestrenchelyon, fist assembler en sa présence les gens de son conseil » ; Charles VII y vint également en 1458 et en 1459. Hardouin de la Touche devint ensuite panetier de Louis XI, qui séjourna aux Roches-Tranchelion en 1472. En 1508, Lancelot de la Touche, fils d’Hardouin de la Touche, fit construire, à la place de la chapelle, un prieuré, qui fut modifié et transformé en collégiale en 1524 (voir ci-après).

Le fils de Lancelot, François de la Touche épousa Charlotte de Maillé, fille de Guy de Maillé (voir Chezelles, généalogie) et sœur de Simon de Maillé, archevêque de Tours ; ils eurent une fille : Isabeau de la Touche qui devint dame des Roches-Tranchelion et qui épousa un fils du second mari de sa mère : Gabriel de Montgommery, qui, eut le malheur de blesser mortellement le roi Henri II au cours d’un tournoi : il émigra ensuite en Angleterre, puis se fit protestant et se mit du côté des huguenots pendant les guerres de religion ; il prit notamment et mit à sac la ville de Bourges en 1562, avant d’être fait prisonnier et exécuté en 1574. Il a laissé un graffiti dans la tour d’escalier de la collégiale (voir ci-après).  

Ce fief avait un revenu annuel de 80 livres en 1639 ; le seigneur était alors Gueldome ou Gueldemne de Durfort, marquis de Duras, également seigneur des fiefs de la Fontaine-Besnon, de Lallay[4] et d’Oigné (voir ci-après), descendant de Jacques de Durfort. Par la suite la seigneurie passa à un allié de la famille des de Durfort : Gabriel Henri de Beauvau (voir Crissay).

Plusieurs souterrains-refuges datant peut-être du Moyen-Âge mais utilisés avec certitude aux 16ème et 17ème siècles, existent sur le territoire d’Avon ; l’un d’eux, dans le bourg, au nord de l’église, comprend un puits et trois salles, dont une servit de pressoir.

En 1825, le village du Soulier, qui faisait partie de la commune de Saint-Maurice de L’Île-Bouchard, fut alors rattaché à Avon. Une tuilerie fut construite en 1857 au Petit Bois par Louis Potard-Huault, alors tuilier à Panzoult et elle fonctionna jusqu’en 1935. L’école de garçon, le presbytère et la salle de mairie furent construits en 1862 par l’architecte diocésain Gustave Guerin[5] ; l’école de filles, à l’entrée sud du bourg, date de 1884.

En 1871 l’armée loua à la commune les landes du Ruchard, dont la plus grande partie, après plusieurs procès avaient été attribuées à Avon, et y installa un camp militaire du Ruchard ; pendant la 1ère guerre mondiale, ce fut d’abord un camp d’internement pour les prisonniers allemands puis un centre de convalescence pour les soldats belges, dont 63 sont inhumés dans le cimetière communal, où se trouve un monument commémoratif ; pendant la seconde guerre mondiale, après avoir été un camp d’internement pour les prisonniers français de droit commun et pour les étrangers, il fut occupé par l’armée allemande ; En mai 1942, 5 jeunes communistes tourangeaux et 3 autres otages y furent fusillés ; en 1982, on installa une stèle (sur la route d’Azay-le-Rideau), qui garde le souvenir de ces premiers fusillés de Touraine (voir ci-dessous) ; par la suite de fausses isbas russes y furent aménagées pour des films de propagande ; agrandi après la guerre, le camp est toujours en activité.

En 1966, on découvrit près des Roches-Tranchelion, un trésor monétaire comprenant 214 pièces d’or françaises et espagnoles, dont la plus récente était de 1619 ; on ignore l’origine de ce trésor.

À voir

Dans le centre de la commune :

Église Notre-Dame : de la construction primitive (12ème siècle), il reste notamment le portail sud et le porche, sous lequel on peut lire une inscription en lettres gothiques indiquant « l’an MYL IIIC LXXVI (1476) devant Nan[cy] dedans Lorrene fut tué le duc de Bourgoigne la vigille de la thyphoine (la veille de l’épiphanie)[6] ». Ä l’intérieur (demander les clés à la mairie) on peut voir un bénitier du 12ème orné de quatre têtes d’hommes et d’animaux fabuleux ainsi qu’une cuve baptismale avec son couvercle, de la même époque avec quatre têtes d’hommes barbus, ces éléments ayant été retrouvés en 1855 dans le jardin du presbytère par l’abbé Bourrassé.

Église d'Avon (avril 2013)

Le cimetière : on peut y voir une croix du 15ème siècle, dont l’écusson représente la crucifixion avec deux léopards, ainsi que le monument aux morts des soldats belges.

Cimetière d'Avon (avril 2013)

La Boulinère : fief cité en 1475 ;  le bâtiment, très délabré, est du 17ème siècle.

Le lavoir de la Poste, sur le ruisseau du Puy-Chauveau, existait déjà en 1831. Il existe neuf lavoirs sur la commune d’Avon ; la plupart ont été restaurés et décorés avec les instruments des lavandières (voir la marche des lavoirs, dans la partie Renseignements pratiques).

La Salle : le fief de la Salle d’Avon date de 1484 (voir histoire) ; le logis seigneurial est du 15ème siècle mais garde des vestiges du 14ème ; il fut modifié au 17ème siècle (cheminée du logis et dépendances) ; un procès-verbal de 1693 indique que le portail et une partie du mur d’enceinte sont ruinés.

Lavoir de Jautrou (avril 2013)

Jautrou : une maison du 15ème siècle subsiste au n° 18, rue de la Fouquerie, qui conduit au hameau de Jautrou, où se trouve, au n° 1, une maison du 16ème siècle ainsi qu’une autre maison ancienne avec un passage couvert et, à la sortie du hameau, un beau lavoir. En continuant la route, on a une belle vue sur le centre d’Avon.

 À l’est de la commune :

Oignié : ce toponyme, venant du gallo-romain Oniacus ou domaine d’Onius indique qu’il y avait là un domaine agricole ; ce fief avait un revenu annuel de 100 livres en 1639  (voir note 15, âge 10) et appartenait alors à Gueldemne de Durfort, marquis de Duras (voir Histoire). On peut y voir un pigeonnier circulaire contenant 1 000 boulins[7]. De ce lieu on a une très belle vue sur les Roches-Tranchelion.

Les Roches Tranchelion :

Collégiale des Roches-Tranchelion (avril 2013)

Le château : de la forteresse édifiée au 15ème siècle par Guillaume de Tranchelion (voir Histoire) et qui était déjà détruite à la Révolution, il reste des vestiges de la porte d’entrée fortifiée, du mur nord avec une tour carrée et de la muraille sud ainsi que des casemates creusées dans le rocher.

La collégiale : l’église actuelle a été construite au 16ème siècle par Lancelot de la Touche (voir histoire) ; la façade avec ses niches à colonnettes, et son pinacle représentant le Père Éternel coiffé de la tiare et entourés d’anges munis d’une double paire d’ailes, la main gauche appuyée sur la Terre et la main droite bénissant les visiteurs, est des rares témoignages du gothique flamboyant en Touraine. On peut voir à l’intérieur une jolie niche avec un dais richement sculpté (dans le bras du transept) ainsi que, dans le chœur, l’entrée d’une crypte funéraire creusée dans le rocher et destinée à recueillir les seigneurs du lieu. Les murs de la tour d’escalier montant au clocher sont couverts de graffiti ; la plupart ont été écrits par des soldats, sans doute en poste au camp du Ruchard mais on peut aussi distinguer dans l’embrasure d’une fenêtre un graffiti daté « mil cinq cens soixante et ung »  et attribué à Gabriel de Montgommery. Selon J. Maurice (voir Bibliographie), il existe aussi deux autres graffiti anciens, l’un indiquant  «  Vigne Tounner, couvreulx, demorant à Crissé, mil cinq cens XXIII », et l’autre « la cloche paise 95 livres, la petite 61. Elles sont faites aux frais de Pierre-Candide Perraud ». Ce dernier fut le doyen des cinq chanoines de 1768 à 1790. En effet Lancelot de la Touche avait institué un collège de cinq chanoines (d’où le nom de l’église) chargés d’assurer la célébration du culte, qui perdura jusqu’à la Révolution ; les vestiges de la maison des chanoines subsistent au bas d’un escalier descendant de la butte.

Pinacle de la collégiale (avril 2013)

Dans le chemin qui passe sous la Collégiale, qui, m’a-t-on dit, s’appelait la rue chaude, on peut voir des habitations troglodytiques ; la première est ouverte et contient une belle cheminée.

Le long de la Manse :

Naie (avril 2013)

Naie : le nom de ce fief apparaît pour la première fois au 11ème siècle sous le nom de Terra de Anais (charte 168 du cartulaire de Noyers) mais il y avait bien avant une villa gallo-romaine (Nasia villa) comme le montrent les nombreux fragments de tuiles retrouvés au Petit Naie ; le fief appartenait en 1480 à Louis de la Trémoille (voir L’Île-Bouchard) et en 1754 à Paul Jean Baptiste Barjot de Roncé (voir Crouzilles). L’ancien château, édifié au 15ème siècle, fut vendu en 1794, comme bien national, pour 30 100 livres au citoyen Savatier de Trogues (dont la chapelle funéraire est dans le cimetière) ; il fut ensuite largement modifié en 1870 ; la ferme voisine comprend un pigeonnier cylindrique aménagé dans une ancienne tour de défense. Il y avait aussi un moulin sur la Manse, qui figure sur un plan du 18ème siècle et qui a fonctionné jusqu’en 1950.

Naie (photo André Montoux)

Renseignements pratiques

Mairie : place de la mairie. 02 47 58 54 07 avon.mairie@wanadoo.fr ; ouverte les lundis, mardis, jeudis et vendredis de 9h à 12h et de 14h à 17h, le mercredi de 9h à 12h.

Hébergement et Restauration :

Bar-Restaurant : La Roche Avonaise (à côté de la Mairie). 02 47 58 25 85 (avec dépôt de pain du mardi au dimanche).

Camping à la ferme : Rémi Desbourdes : la Salle. 02 47 95 24 30

Gites :

  • La Jolivière : Claudine Lagoutte. 02 47 97 02 06 ou 06 83 63 33 85
  • La Maison de Couture : Hélène et Alain Appolonus. 02 47 41 94 04 ou 06 19 22 66 20
  • Gites et chambres d’hôtes : Le Petit village : Véronique et Paul Marsollier. 02 47 45 35 19

Salle des Fêtes : avec cuisine équipée ; 300 places assises. S’adresser à la mairie.

Viticulteurs :

  • Dominique Boisleve : les Hautes Sévaudières. 02 47 58 58 14
  • Jean-Pierre Bondon : la Maison Neuve. 02 47 58 56 49
  • Alain et Sylvain Champigny : Lalay. 02 47 58 65 07
  • Annie Courtel : Couture. 02 47 58 51 17
  • Rémi Desbourdes : la Salle. 02 47 95 24 30
  • Michel Page : le Soulier. 02 47 58 56 35

Porche de l'église d'Avon (avril 2013)

Autres ressources

  • Architecte : Pierre Lafeuille : la Maison Blance. 02 47 45 39 51
  • Clôtures : Touraine Nature : les Petites Divisions. 02 47 58 59 77
  • Désamiantage : Amiante37 : la Fleurette. 06 74 01 23 23
  • Électricité générale : Sylvain Bouard : le Soulier. 06 76 60 66 69
  • Illustrateur : Matthieu Bouvet : 28 Jautrou. 06 22 86 95 70
  • Infographie : Jeanne-Marie Ingelaere : 3 le Puy Chauveau. 02 47 97 04 71
  • Menuiserie : Alain Barbe : la Croisette
  • Peinture et décors : Un autre Regard : la Chevrie, 7 rue du 8 mai. 02 47 58 06 89

Fêtes (en 2013)

  • 9 février : veillée aux noix
  • 17 mars : randonnée printanière
  • 6 avril : dîner dansant du Printemps
  • 23 juin : rallye cyclo
  • 21 juillet : Fête du village (brocante et vide-grenier)
  • 5 octobre : cérémonie à la stèle du Ruchard
  • 13 octobre : marche des lavoirs[8]
  • 1 décembre : randonnée du Téléthon

Lavoir des Roches-Tranchelion (avril 2013)

Bibliographie

  • Bourderioux (Abbé) : Les Roches-Tranchelion et ses seigneurs (BAVC VII. 3. 1969)
  • Dumas Françoise : Le trésor monétaire d’Avon-les-Roches (BAVC VII. 3. 1969)
  • Maurice J. : Souvenirs sur les Roches-Tranchelion et le comte de Montgomery (BAVC VII. 3. 1969)
  • Meneau Michel : Tranches de vie et d’histoires aux Roches Tranchelion
  • Montoux André : Naie dans Vieux logis de Touraine (Tome 8. 1990)
  • Rabusseau Jean-Louis : Le Camp du Ruchard



[1] Ce toponyme est très fréquent en Europe ; on le trouve plus de 60 fois dans le seul département de l’Indre-et-Loire et il est expliqué de différentes façons mais il est possible, surtout quand il est employé au singulier, qu’il désigne une ancienne étape près d’une voie gallo-romaine, construite en briques et couvertes de tuiles.

[2] Droit de nommer le vicaire et de percevoir son bénéfice.

[3] Guy-Alphonse de Durfort était le fils de Jacques de Durfort (1547-1626), qui avait épousé Marie Marguerite de Montgommery, (1585-1606) petite fille de Gabriel de Montgommery (voir ci-après).

[4] Lallay, variante de Alleu avait un revenu annuel de 30 livres en 1639 (voir note 15, page 10).

[5] Gustave Guérin (1814-1881) fut l’architecte de la ville de Tours et du département ; avec son fils Charles Guérin, également architecte, il reconstruisit ou restaura une quarantaine d’églises en Indre-et-Loire.

[6] Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, fut tué le 5 janvier 1477 lors du siège de Nancy ; l’inscription porte la date de 1476 car la nouvelle année commençant au 1er mars, on était encore en 1476 au mois de janvier ; la « thyphoine » ou typhaine ou théophanie est l’ancien nom de l’épiphanie.

[7] Cavité à l’intérieur d’un pigeonnier ; chaque cavité abritait un couple et correspondait à la possession d’une acre de terre, c’est-à-dire de 5 000 m² environ ; un pigeonnier comportant 1 000 boulins indiquait donc la possession de 500 hectares.

[8] Organisée par Avon Patrimoine : Josiane Bastard. 02 47 45 49 15 avon.patrimoine@laposte.net

Avon-les-Roches

Jeudi 2 mai 2013

Histoire

 

Le nom de cette commune apparaît pour la première fois vers 1030 dans le cartulaire de l’abbaye de Marmoutier sous la forme capella Anscherii, signifiant « chapelle d’Anscherius » puis en 1050 sous la forme alodum de Anchia, c’est-à-dire : « alleu[1] d’Anchia », puis vers 1103, dans la charte 313 du cartulaire[2] de l’abbaye de Noyers sous la forme parochia ecclesiae Anchioe, prope fluvium Vosdoe, c’est-à-dire « paroisse de l’église d’Anché, près de la Veude ».

Anché vu du manoir des Hautes Brétignolles (mars 2013)

Cette commune est en effet située au confluent de la Veude et de la Vienne, près de Rivière ; son territoire fut occupé dès la préhistoire et une scie en silex taillé a été découverte en 1991 au Bois-Brûlé. La région fut ensuite occupée à l’époque gallo-romaine et l’on peut en effet penser que le toponyme de cette commune vient du gallo-romain Anciacum, signifiant « domaine d’Anscherus » (patronyme d’origine germanique). En effet, après l’occupation de la région par la tribu celte des Turons, puis après la conquête romaine, de très nombreux domaines agricoles (villae rusticae) exploitèrent les riches terres agricoles de la Touraine et on a pu en dénombrer plus de 750. (voir ici)

Sur le territoire de la commune, un atelier de forgeron du 2ème siècle après JC a été découvert. Un domaine agricole se trouvait probablement à Torcé, qui vient du gallo-romain Turciacus ou domaine de Turcius (voir ci-après). Sur la commune voisine de Rivière, près du chemin des Plantes, qui va d’Anché à Rivière et qui reprend probablement l’ancienne voie gallo-romaine conduisant à Candes, une villa et un temple, avec deux sarcophages du 4ème siècle après JC, ont été trouvés et fouillés.

Selon la tradition, un ancien moine de l’abbaye de Cormery se serait retiré comme ermite près de la chapelle d’Anscherius, avant de s’installer à Vontes, dans la paroisse d’Esvres, où il serait mort en odeur de sainteté en 1099.

Les premiers seigneurs connus, selon Carré de Busserolle, sont les seigneurs de L’Île-Bouchard (voir cette commune) : Geoffroy Fuel, cité en 1050 et Bouchard V de L’Île, cité en 1219. Au 15ème siècle la seigneurie passa à Étienne Bernard, dit Moreau, qui fut trésorier de Louis II d’Anjou puis de Marie d’Anjou, épouse du roi Charles VII. Le frère d’Étienne Bernard : Jean Bernard (1386-1466), pour sa part, fut archevêque de Tours ainsi que conseiller du Roi René puis de Charles VII. L’héritier d’Étienne Bernard fut un autre Jean Bernard, gouverneur de Loches de 1447 à 1450, juge au grenier à sel de Chinon, époux de Jeanne de Ballan, fille de Guillaume de Ballan, seigneur de Maulévier à Lerné, Le frère de ce second Jean Bernard : Guy Bernard (mort en 1481) fut évêque et duc de Langres.

Armes de Jean Bernard dans la chapelle des Brétignolles (photo comte de Bernard)

 

Les seigneurs suivants furent Antoine Bernard, fils du second Jean Bernard et archiprêtre de Loches, cité en 1507 puis Étienne Bernard, frère d’Antoine Bernard, maître d’hôtel du roi Louis XII, cité en 1513. Le fief resta en possession de cette famille jusqu’en 1640, date à laquelle Louis Bernard vendit ses fiefs à Guillaume de Bordeaux, receveur général des finances à Tours (mort en 1652). Par la suite Françoise de Bordeaux, fille du précédent, et son époux Pierre Martineau (mort en 1689) acquirent également le fief de la Garde (voir ci-après) et devinrent ainsi les propriétaires d’un immense domaine comprenant la totalité des fiefs de la paroisse d’Anché.

Au 18ème siècle, Madeleine Françoise Martineau (1698-1764), descendante de Pierre Martineau, épousa  Michel Étienne Turgot, marquis de Sousmons, (1690-1751) conseiller d’État, prévôt des marchands de Paris de 1729 à 1740, instigateur du plan de Paris, dit « Plan Turgot » et leur fils, Étienne François Turgot, marquis de Sousmons, (1721-1789), brigadier des armées du roi fut le frère aîné d’Anne Robert Jacques Turgot, le ministre bien connu de Louis XVI.

N’ayant pas émigré, les Turgot gardèrent leurs biens et en 1811 Marie-Victoire Turgot les vendit à Pierre Jean René de Pierres de Fougeray ; son héritier fut Étienne Stéphane, baron de Pierres (1818-1876), qui fut député de la Mayenne de 1863 à 1870 ainsi que chambellan de Napoléon III ; son épouse, la baronne de Pierres, née Marie-Jane Thorn, fut dame d’honneur de l’impératrice Eugénie de Montijo et figure, à gauche, sur le tableau de Winterhalter, intitulé Portrait de l’impératrice Eugénie, entourée de ses dames d’honneur (1855), qui se trouve actuellement au château de Compiègne. Ils sont tous les deux enterrés dans la chapelle du château des Brétignolles (voir ci-après).

Un plan du 18ème siècle indique qu’il y avait quatre moulins hydrauliques sur la Veude : le moulin de l’Arche (ou d’Argenson), le moulin de la Planche (voir ci-après), le moulin de Beauvais et le moulin Régnier, qui est cité dans les chartes 391 et 402 (de 1113 et 1114) du cartulaire de Noyers. Il existait aussi un gué sur la Vienne, permettant de rejoindre Briançon (voir Cravant).

Le registre de la paroisse indique, sous la signature de Martineau, curé d’Anché « le douze juillet mil sept cent quatre vingt douze la rivière de la Vienne a débordé à une hauteur que de mémoire d’homme on ne l’avoit vue en sorte qu’elle est entrée dans l’église à la hauteur de quatre pieds (1,28 m.) ». On trouve aussi, sur la porte du cimetière, une marque de la crue de 1923.

En 1911 Adrien Bourrée créa la laiterie d’Anché, qui fonctionna jusqu’en 1970 ; en période prospère elle transformait en beurre, en camemberts et en fromages de chèvre, 6 000 litres de lait de vache et 550 litres de lait de chèvre (source Patrimoine des communes, voir Bibliographie Générale, page 1).

À voir

Venant de L’Île-Bouchard en direction de Chinon par la D760, on passe, à l’entrée d’Anché devant Les Brétignolles, qui sont citées dès le 9ème siècle, sous la forme Britanniolae, soit « petite colonie de Bretons », dans un diplôme de Charles-le-Chauve ; le fief appartenait alors à l’abbaye Saint-Martin de Tours, puis, au 11ème siècle à l’abbaye de Marmoutier ;mais il faut, en fait, distinguer le château des Brétignolles, le manoir des Basses Brétignolles et le manoir des Hautes Brétignolles.

le château des Brétignolles (photo comte de Bernard)

 Le château des Brétignolles : Le château actuel : « l’une des plus belles demeures de Touraine » selon André Montoux (voir bibliographie), fut construit au 15ème siècle par Jean Bernard et son beau-père Guillaume de Ballan (voir la partie histoire) ; dans le parc, une tour cylindrique, transformée en pigeonnier, est sans doute un reste des fortifications d’un château primitif, du 14ème siècle. Les clefs de voûte de la chapelle, fondée en 1507, ont été sculptées aux armes des Bernard. Des communs furent ajoutés au 18ème siècle. La propriété est close, le long de la D760, par un mur de pierres, sur lequel se dresse, à l’angle nord-est, une tourelle du 16ème siècle ; une éolienne Bollée a été installée dans le parc au 19ème siècle. En 1932, les héritiers de la famille de Pierres vendirent le château à Marcel de Bernard de la Fosse (né en 1883), descendant des premiers propriétaires, qui a restauré le château et qui a écrit, pour la société des Amis du Vieux Chinon, une notice manuscrite sur sa propriété (voir Bibliographie). 

le château des Brétignolles (mars 2013)

Le manoir des Basses Brétignolles (4 rue du Peu : première rue à gauche, après le château) : le fief appartenait en 1640 à Louis Bernard (voir la partie Histoire), qui le vendit à Guillaume de Bordeaux : il avait alors, selon le rôle des fiefs de Touraine[3], un revenu annuel, peu important, de 3 livres, 14 sols et 8 deniers et il devint une ferme du château des Brétignolles ; le logis actuel porte, à deux endroits, la date de 1624.

les Basses Brétignolles (mars 2013)

 Le manoir des Hautes Brétignolles : (1 rue des Hautes Brétignolles) : le fief appartenait vers 1451 à Raoul de Sassay, seigneur de Sazilly (voir Sazilly et Trogues), qui le vendit à Pierre de Beauvau, seigneur du Rivau (à Léméré)[4]. Il fut acquis en 1640 par Guillaume de Bordeaux (voir la partie Histoire).  Le bâtiment actuel date du 16ème siècle.

les Hautes Brétignolles (mars 2013)

Quand on prend la rue du Peu, on tombe à droite, sur la rue du village, où l’on peut voir, au n°2 une maison vraisemblablement construite dans la première moitié du 16ème siècle mais modifiée au 20ème siècle.

La rue du village donne, à gauche, sur la rue des Hautes Brétignolles, et à droite sur la rue du Vau, qui conduit à La Gautraye : fief cité au 17ème siècle sous le nom de La Gautraye ou les Paradisières ; il y a dans ce hameau, au n° 3 de la rue de la Gautraye, une ferme, avec, à gauche, un logis constitué d’une pièce unique avec une cheminée du 15ème ou du 16ème siècle ; au centre, la porte du second logis porte la date 1790 et la cheminée de ce logis, du 18ème siècle, a été installée sur une ancienne cheminée du 15ème siècle.

la Gautraie (mars 2013)

Cette rue de la Gautraye conduit, de l’autre côté de la D760, dans le centre de la commune, où se dresse la belle Église Saint-Symphorien : cette église, située à 36 mètres au-dessus du niveau de la mer et donc assez souvent inondée lors des crues de la Vienne, a la particularité d’être encore entourée par son cimetière, par lequel on y accède ; elle a sans doute été construite au 12ème siècle, date à laquelle une bulle du pape Alexandre III indique qu’elle appartenait à l’abbaye de Cormery, mais elle a été largement modifiée aux 15ème et 16ème siècles. Le portail occidental, par lequel on entre dans l’église, est du 12ème siècle : c’est un portail en tiers-point, qui est précédé d’un porche, que la plupart des documents indiquent comme étant du 16ème siècle. Sur la façade sud, s’ouvrait également une porte latérale qui a été condamnée. Le linteau d’une petite porte murée, qui ouvrait dans la chapelle seigneuriale, au nord, porte la date de 1574 ; à côté se trouve la tombe de Philippe de Foucaud (1923-2006), qui fut le propriétaire du manoir du Bois de Veude (voir ci-après). Un cadran solaire daté de 1776 est gravé sur la face sud du clocher.

Église d'Anché (mars 2013)

À l’intérieur (demander les clés à la mairie), on peut voir, à gauche de l’entrée, une statue de Saint Nicolas du 16ème siècle, qui avait à ses pieds, avant que celui-ci ne fut volé, un groupe de trois enfants surgissant d’un saloir, ainsi qu’une statue de la Vierge, du 16ème ou du 17ème siècle, qui fut découverte au cours de travaux effectués à la base de l’escalier du clocher ; on peut aussi remarquer, à droite, dans une niche du mur méridional, le bas-relief d’un évêque, dont la tête a été refaite ainsi que, au fond du chœur, un tableau du 18ème siècle, représentant saint Symphorien.

Saint Nicolas

Devant le cimetière, l’ancien presbytère (18ème s.) fut acquis pas la commune en 1812 et fut agrandi en 1857 par Noël Daviau, architecte à Chinon. Il est maintenant transformé en logements sociaux.

Saint Symphorien

Revenant sur la D760, on trouve peu après, à gauche, une rue qui conduit à La Garde : ce fief est cité dans les archives en 1538 sous le nom de La Garde ou le Pont, puis en 1639 sous le nom du Pont de la Garde ; l’une des cheminées porte un blason aux armes des de Pierres ; il appartenait en 1538 à Gabriel Mirault ou Rivault, docteur en médecine ; le fief fut acquis en 1684 par Pierre Martineau, époux de Françoise de Bordeaux et partagea dès lors le sort des autres biens de cette famille. Un premier logis fut construit au 15ème ou au 16ème siècle et fut agrandi par la suite.

la Garde (mars 2013)

De La Garde, une rue, après avoir traversé la D749 qui va vers Champigny-sur-Veude, conduit, à gauche vers Torcé et, à droite, vers le Moulin de la Planche.

Torcé : le fief de Torcé est cité en 1094 dans la charte 230 du cartulaire de l’abbaye de Noyers et en 1137 dans la charte 508 du même cartulaire. Le logis actuel date de la fin du 15ème siècle.

Torcé (mars 2013)

Moulin de la Planche : le logis actuel date de la fin du 15ème siècle ou du début du 16ème ; il fut ensuite agrandi par l’ouest au 18ème siècle. Sur la façade une ancienne fenêtre à meneaux porte l’inscription « rebâti en 1700 ». La machinerie du moulin date de la fin du 19ème siècle.

la Planche (mars 2013)

Du Moulin de la Planche, il faut revenir sur la D749 qui arrive, quand on la prend vers la gauche, à un rond-point avec la D760, d’où part une petite route conduisant au Manoir du Bois-de-Veude (15ème s.) : ce fief est cité dans les archives, sous le nom de Bois de Veyde, dès 1341 et il était la propriété de l’abbaye de Cormery ; il appartint ensuite au 16ème siècle à René du Puy[5], seigneur de Basché (comme d’Assay), de la Bellonnière et du Gâteau (voir Cravant) ainsi que du Bois de Veude ; selon Charles de Grandmaison c’est de lui dont parle Rabelais dans le Quart Livre (chapitres 12/15) mais il faut savoir que « le château du Bois de Veyde », dont le même Rabelais parle dans le chapitre 36 de Gargantua n’est pas ce manoir car cette « veyde » de Rabelais est en réalité le Négron (voir ici) . Selon le rôle des fiefs de Touraine, son revenu annuel était, en 1639, de 96 livres et 10 sols. Le fief fut acheté en 1642 par Guillaume de Bordeaux (voir la partie Histoire). Le logis actuel fut construit au 15ème siècle, sans doute à la place d’une construction fortifiée ; la partie nord a été agrandie au 20ème siècle et la façade ouest a été modifiée par la pose de deux fenêtres à meneaux provenant d’un manoir du Poitou.

le Bois de Veude (photo André Montoux)

 Renseignements pratiques

Mairie : 1 rue de la mairie. Tél. 02 47 93 44 21. Ouverte les mardis et jeudis de 10h à 12h30, le mercredi de 15h à 18h, le vendredi de 10h à 12h30 et de 15h à 17h. Courriel : mairie-anche@wanadoo.fr

Hébergement et Restauration :

  • Chambres d’hôtes : Manfred Fritsch : 4 rue de la Basse Garde. 02 47 93 47 57
  • Gites : Yannick Badiller : 5 rue de la Papinière. 02 47 93 47 57
  • Rôtisserie ambulante : Jacques Archambault, 16 rue du grand clos. 02 47 93 27 40

Fromages :

  • Régine Delisle. 02 47 97 00 20
  • Jérôme Huan, rue de la Gautraie. 02 47 98 43 33

Salle polyvalente : 150 places, cuisine et estrade : s’adresser à la mairie

Viticulteurs :

  • Yannick Badiller, 5 rue de la Papinière. 02 47 93 47 57
  • Pierre Jautrou, 12 route de Chinon.02 47 93 47 96

Volailles fermières : Daniel Desmé, 12 rue du vieux bourg. 02 47 98 31 66

Église d'Anché (mars 2013)

Autres ressources

BTP : Yannis Challuau, 8 clos des Ferrandières. 02 47 93 33 61 ou 06 08 06 29 48
Charpente, couverture : Jean-Charles Dartiailh, 5 rue de la mairie. 02 47 93 13 37
Électricité générale : SARL Dupont-Mercier, 42 rue de la Gautraie. 02 47 93 07 

Maçonnerie, carrelage :

  • Delepine SARL, 7 rue de la Gautraie. 02 47 93 32 41
  • Lecomte Denis, 4 rue de Chinon. 02 47 98 36 57 ou 06 09 73 68 93

Mécanique : Mickaël Bourreau, 8 rue des Noizillons. 02 47 98 46 16
Peinture, revêtement :

  • Déco-Design 37. 02 47 93 05 49
  • Frédéric Guilloteau, 11 route de Chinon. 02 47 98 02 40

Pension et entraînement de chevaux : Daniel Lecomte. 02 47 93 00 65
Plomberie-chauffage :

  • Guy Ribanneau, 7 rue du moulin de la Planche. 02 47 93 39 30
  • SARL Dupont-Mercier, 42 rue de la Gautraie. 02 47 93 07 22

Pompes funèbres : André Loiseau, rue de la mairie. 02 47 93 06 49
Prothésiste-dentaire : Delphine Delon, 10 la Basse Garde. 02 47 93 27 87
Secrétariat : Marie-Brigitte Gilloir : 2bis rue de la basse Garde. 09 77 73 02 70
Taxi : Françoise Duport, 8 route de Chinon. 02 47 93 98 44

Anché : le gué vu de Briançon (mars 2013)

Fêtes

26 juin 2013 : Fête des écoles, à Sazilly
14 juillet 2013 : Pique-nique, au stade d’Anché
15 décembre : Arbre de Noël, dans la salle polyvalente

 

Bibliographie

De Bernard (comte) : notice manuscrite sur le château des Brétignolles. Bibliothèque des Amis du Vieux Chinon
Guignard Victor (chanoine) : les Brétignolles : Bulletin des Amis du Vieux Chinon. III.5 (1932)
Montoux André : Vieux Logis de Touraine : Tome III (CLD 1977)

Anché : le gué en face de Briançon (mars 2013)


[1] L’alleu, à la différence du fief, était une propriété libre de droits féodaux.

[2] L’abbaye bénédictine Sainte-Marie de Noyers (aujourd’hui sur la commune de Nouâtre) fut fondée au 11ème siècle ; son cartulaire (ensemble des chartes), très intéressant, a été conservé et traduit. Voir le site http://www.noyers-nouatre.fr

[3] Au 17ème siècle, le pouvoir royal ordonna de faire un état de tous les fiefs du royaume ; celui des fiefs de Touraine, daté de 1639, est une source importante de renseignements sur les propriétaires et les revenus de ces fiefs.

[4] Pierre de Beauvau épousa en 1438 Anne de Fontenay, qui lui apporta en dot le fief du Rivau à Léméré ; premier chambellan de Charles VII, il obtint du roi l’autorisation de faire construire le château du Rivau ; il fut tué en 1453, à la bataille de Castillon (en Guyenne), qui mit fin à la guerre de Cent ans. Ne pas le confondre avec son cousin Pierre 1er de Beauvau (1380-1435), seigneur de Craon, qui fut lui aussi chambellan de Charles VII.

[5] René du Puy, seigneur de Basché (mort vers 1545), époux de Bertrande de Jau, participa en 1510/1512 à la campagne d’Italie contre le pape Jules II.

 

Anché

Mercredi 1 mai 2013

Histoire

Le nom de cette commune apparaît pour la première fois, en 1032, dans le Livre des serfs de Marmoutier, sous la forme Villa Chesellae, qui peut se traduire par : le domaine des Cabanes, du latin casellas, signifiant les cabanes.

Un acte de 1397 mentionne une forteresse établie à l’emplacement du château actuel et selon certains le seigneur de ce fief aurait été le maréchal de France Jean II le Meingre, dit Boucicaut (1324-1421), qui, par ailleurs, fit édifier l’aumônerie de Sainte-Catherine-de-Fierbois vers 1400.

Chezelles : le château (février 2013)

La chapelle aurait été fondée en 1448 par Guillaume Bellier (ou Beslier), grand veneur de France, gouverneur de Chinon en 1418 à 1429 (date de l’entrevue de Chinon entre Charles VII et Jeanne d’Arc) puis bailli de Troyes de 1429 à 1449 et par son épouse  Anne de Maillé, fille de Jean de Maillé, seigneur de Cravant.

Leur fille Blanche Bellier épousa son cousin germain Jacques de Maillé et, en 1487, leur fils : Charles de Maillé rend aveu au comte de Chinon pour « son châtelet ou forteresse de Chezelles, fortifié à double fossé, fausse-braye (seconde enceinte au bord du fossé), murailles anciennes et pont-levis, ensemble de basse-cour, ayant muraille crénelée, une fuye (pigeonnier) dans le clos de vigne, le bourg de Chézelles, dans lequel est l’église  de sa fondation, la halle, ledit bourg sciemment fortifié de barrières et de murailles avec droit de gué et de garde. »

Ce Charles de Maillé mourut sans enfant et la propriété passa à sa sœur Perrine de Maillé, qui épousa en 1480 Dimanche du Raynier, seigneur de la Tour du Raynier (actuellement sur la commune de Verneuil-le-château) ; leur fils Lancelot du Raynier devint à son tour seigneur de Chezelles et, en 1611, un de ses descendants : un autre Dimanche du Raynier, rend aveu au roi de France pour son château « garni d’arbalètes, canonnières, douves tout alentour… ».

La fille de ce dernier : Marguerite du Raynier (décédée en 1684), épousa en 1642 Louis II de Tusseau et leur fils Alexis Joseph de Tusseau est signalé comme seigneur de Chezelles en 1725.

En 1749 le château passa par alliance à Charles Jacques Darrot de la Boutrochère puis en 1779 à Benoît Armand de Ruzé d’Effiat (1748-1834) époux de Marie-Madeleine Bouin de Noiré, descendante  de Charles Jacques Darrot par sa mère Claude Madeleine Moisant (née en 1737 et décédée à Chezelles en 1831).

Le fils de ces derniers Armand de Ruzé, comte d’Effiat (1780-1870) fut maire de Chinon ainsi que conseiller général puis député d’Indre-et-Loire. Sans enfant, il adopta sa nièce Marie-Thérèe Dujon (1861-1930), mariée en 1884 avec le comte Charles Eynard de Monteynard (1858-1923) et décédée à Chezelles à l’âge de 70 ans le 31 décembre 1930.

Leur fils Pierre de Monteynard donna en 1936 la propriété à la congrégation religieuse des Montfortains, congrégation de prêtres missionnaires puis en décembre 2002 la propriété passa à la communauté de l’Emmanuel, fondée par Pierre Goursat (1914-1991), qui en est toujours propriétaire et qui est en charge de la paroisse de L’Île-Bouchard.

À voir

Quand on va de Rilly à Chezelles, on passe d’abord devant la Ganneraie  puis, juste après, devant Lassay ; ce sont là deux fiefs nobles qui en 1639 appartenaient à Charles du Rosel ou du Rozel, par ailleurs seigneur de Théneuil (voir cette commune). Le fief de la Ganneraie est déjà cité en 1453 ; c’est maintenant un établissement agricole mais on peut encore voir deux tours ainsi que le pigeonnier carré.

Chezelles : la Ganneraie (février 2013)

Quant à Lassay, il s’agit d’un ancien domaine gallo-romain puisque ce toponyme vient soit du latin Lattiacus ou domaine d’un habitant du Latium, soit du gallo-romaine Lasciacus ou domaine de Lascius (patronyme gaulois).

Église de Chezelles : Saint Henri

On arrive ensuite dans le centre de Chezelles, où se trouvent le château et l’église Saint-Pierre-ès-Liens, édifiée aux 12ème et 13ème siècles mais complètement remaniée au 19ème siècle ; elle est maintenant éclairée par des vitraux réalisés au 19ème siècle par le maître-verrier Lucien Léopold Lobin (1837-1892), installé à Tours et décorateur de très nombreuses églises.

Une petite porte, dissimulée dans le mur, en face de la porte d’entrée, est le seul accès du cimetière dans lequel se trouvent de nombreuses tombes anciennes, dont celles des propriétaires du château aux 18ème et 19ème siècles (voir ci-dessus).

En prenant la route située en face du château, on arrive à la Vrillère et à la Richardière, deux domaines faisant partie de la paroisse de Lièze. Le fief noble de la Vrillère (ou de la Vrillière) est cité en 1484 et l’on peut encore voir son pigeonnier rond ainsi que le double portail d’entrée, caractéristique de nombreux manoirs de Touraine.

La Richardière est maintenant une ferme où les bâtiments modernes avoisinent les restes d’un manoir fortifié dont il reste la porte cochère (murée) ainsi que la porte piétonne, flanquée d’une échauguette.

Chezelles : la Vrillère (février 2013)

Continuant cette route, on arrive sur la commune de La Tour-Saint-Gelin ; on prend la première route à droite et l’on passe par les Caillers et la Rancheraie, puis à côté d’Oiré (du latin Auriacus ou domaine d’Aurius).

Chezelles : la Richardière (février 2012)

Après Oiré, on peut voir sur la droite la tour carrée de la Fuchard, dernier vestige d’un manoir du 17ème siècle.

Chezelles : la Fuchard (février 2013)

On arrive ensuite sur la commune de Theneuil et il faut prendre, tout de suite à droite la D 110 pour revenir sur le territoire de la commune de Chezelles.

Au premier carrefour, la voie de droite conduit à l’ancien moulin de Ronçay, sur la Bourouse (qui est maintenant une ferme) et la voie de gauche au domaine de Chavagne, du latin capanna signifiant une hutte. La première charte du cartulaire de Noyers, datée de 1030, cite « l’alleu de Chavagne, près du Donusium » ; il existe d’autres Chavagne dans la région mais selon Carré de Busserolle, le Donusium est la Bourouse et il s’agit donc du lieu-dit de la commune de Chezelles.

Chezelles : Chavagne (février 2013)

Au carrefour suivant, la voie de droite conduit à Lièze et la voie de gauche au domaine du Vau Thibault, qui existait au 16ème siècle, qui a été remanié ensuite mais qui a encore fière allure comme on peut le voir sur la page suivante.

Lièze, dont le nom apparaît au 11ème siècle sous la forme cortis Liuzia ou domaine de Liuza : patronyme féminin d’origine germanique, est une ancienne paroisse, rattachée en 1833 à la commune de Chezelles. C’est maintenant un gros bourg aux vieilles maisons (voir ancien cadran solaire de 1775 dans la rue du cadran) et l’ancien domaine existe toujours sous le nom de la Cour, cité comme fief en 1639.

Chezelles : Église de Lièze (février 2013)

Quant à L’église Notre-Dame-et-Saint-Sauveur, de Lièze, c’est une église romane, dont la façade date du 12ème siècle, et qui a été agrandie au fil des siècles, de sorte que l’on peut remarquer, à l’extérieur comme à l’intérieur, trois parties bien distinctes.

Autres curiosités

Le pigeonnier cylindrique au Bas-Chezelles.

Le moulin à vent (un moulin-tour) de La Croix-des-Landes (19ème siècle), près de La Pâqueraie.

La croix de mission de Chezelles date de 1831. Elle possède la particularité d’avoir, à sa base, un serpent.

Le menhir du Chillou, au bois de La Touche.

Le manoir du Bois-Buret (16ème siècle).

Renseignements pratiques

Mairie : 3 place de la mairie. Tél. 02 47 58 52 02 ; Ouverte le mardi de 15h à 18h et le vendredi de 9h. à 12h.

Légumes : Jean-Claude Minier, 1 Ronçay-Bigot. Tél. 02 47 95 22 37

Mosaïstes : Picassiette, 3 les Taupins. Tél. 02 47 58 74 61 ou 06 16 41 41 92

 

Chezelles

Vendredi 22 février 2013

Histoire

Le nom de cette commune située sur la rive gauche de la Vienne apparaît pour la première fois en 975, dans le cartulaire de l’abbaye Saint-Florent de Saumur, sous la forme « in villa de Ruilliaco » puis en 1080 dans la charte 81 du cartulaire de l’abbaye de Noyers sous la forme « Rilliacus ».

Ces deux indications confirment l’origine gallo-romaine de ce toponyme puisque Rilliacus est un mot latin signifiant : le domaine agricole de Regulius et que ce patronyme est d’origine gauloise. À cette époque, deux voies suivaient les deux rives de la vallée de la Vienne, en direction de Candes-Saint-Martin pour ce qui est de la rive gauche et en direction de Chinon pour ce qui est de la rive droite et de nombreux domaines agricoles (villae rusticae) étaient principalement consacrés à la culture du blé, dont la plus grande partie était exportée vers Rome.

Rilly-sur-Vienne : vue générale (février 2013)

L’étymologie nous amène à penser qu’il y avait au moins deux autres domaines agricoles : à Doucé, qui vient du gallo-romain Dulciacus ou domaine de Dulcius (le Doux) et à Chougne, qui vient du gallo-romain Cavinia villa ou domaine de Cavinius.

Les archives indiquent qu’un château fut construit à la fin du 14ème siècle pour Guillaume Odart, seigneur de Verrières-en-Loudunois, chambellan du duc de Berry puis conseiller et chambellan du roi Réné, époux en premières noces d’Isabeau de Craon, fille de Guillaume II de Craon, seigneur de Sainte-Maure et de Nouâtre.

Église de Rilly : Armoiries des Odart

En 1840 Ulysse Charbonnier racheta la propriété, fit détruire le vieux château et construire le château actuel. Ces opérations l’ayant ruiné, Rilly fut saisi puis acquis par maître Boucq, notaire local. En 1911, la propriété revint à André Henri Paul Odart de Rilly (1812-1880), petit-fils de Claude Henri et époux de Geneviève du Pont d’Aubevoye, dame d’Oysonville. Le petit-fils de ces derniers : François Odart de Rilly d’Oysonville, né en 1891 et décédé au château de Rilly en 1966, fut un archéologue local qui fit des fouilles à Mougon et qui, sous le nom de comte de Rilly, écrivit de nombreux articles dans le Bulletin des Amis du Vieux Chinon (BAVC), dont un sur le château de Rilly (voir BAVC 1927.2.9) dans lequel il y a un dessin de James Richard représentant l’ancien château en 1837.

À voir

L’église Saint-Martin a été construite au 12ème siècle puis agrandie au 15ème et au 19ème siècle. Sur le linteau de la porte latérale droite on peut voir les armoiries de la famille Odart : d’or à la croix de gueules, chargé de cinq coquilles d’argent. Ces armoiries ont été choisies en 2012 comme blason de la commune. Sous cette porte une petite œuvre du sculpteur Michel Audiard représente « le pas de saint Martin ». Pour visiter l’église il faut s’adresser au presbytère de L’Île-Bouchard.

Rilly-sur-Vienne : la Pictonnière (février 2013)

Le manoir de la Pitonnière (ou de la Pictonnière) a été construit au 15ème siècle ; une de ses cheminées a été installée en 1962 dans le château de Loches ; la tour d’escalier est polygonale et la façade est percée de baies à meneaux ; l’élégant portail d’entrée avec sa porte charretière et sa porte piétonne est défendu par une tour de défense ronde et une partie du mur d’enceinte lui est encore accolée. Pour y accéder, prendre la rue Rabelais, en face de la mairie.

Rilly-sur-Vienne : la Pictonnière (février 2013)

La loge de vigne des Quatre-Vents : cette loge a été restaurée et est toujours utilisée par le propriétaire de la vigne. On peut la voir en continuant, après la Pitonnière, en direction de Theneuil.

Rilly-sur-Vienne : Loge de vigne des Quatre-Vents (février 2013)

Le portail d’entrée des Serruères (16ème siècle).

Rilly-sur-Vienne : les Serruères (février 2013)

Ancien four à pain de Gryère : ce toponyme indique un lieu faisant partie d’une gruerie, c’est-à-dire d’une forêt sur laquelle le roi avait le droit de percevoir une partie des recettes.

Rilly-sur-Vienne : Four à pain de Gryère

Renseignements pratiques :

Mairie : 3, place de la Mairie 37220 Rilly-sur-Vienne. Tél. 02.47.58.32.09. Ouverte le lundi, jeudi et vendredi de 14h30 à 18h. le mardi de 9h30 à 12h. Mail : mairierillyvienne@wanadoo.fr

Café-restaurant-épicerie : le Rillois : rue Principale. Tél. 02 47 58 71 28. Ouvert du mercredi au dimanche de 10h à 14h. et de 17h30 à 21h30

Gite : Claudette Raineau : la Papinière. Tél. 02 47 58 32 20

Légumes : Verte Vallée : Laurent Raineau : la Papinière. Tél. 02 47 58 76 76

Salle des fêtes (avec cuisine) : possibilité de location : s’adresser à la mairie

Volailles : Perray. Tél. 02 47 58 34 99

Rilly-sur-Vienne : impasse Courteline (février 2013)

Fêtes :

Théâtre : janvier et février

Foire aux boudins et brocante : 27 et 28 avril (en 2013)

Bal et feu d’artifice : 14 juillet

Marchés gourmands : dates variables



 

Rilly-sur-Vienne

Vendredi 22 février 2013

Cette cité a été fondée entre 10 avant J.C et  10 après J.C. par l’empereur César Auguste, en tant que capitale des Turons.

Il existait antérieurement un village turon dont on a retrouvé quelques traces dans le quartier des Halles (rues Julien le Roy et Néricault-Destouches, hôpital de Clocheville) où l’on a découvert des débris de céramiques, dont un morceau d’assiette en céramique grise portant le graffito Caranus Optatus (patronyme associant un nom celtique et un nom latin) ainsi que 14 potins à la tête diabolique, considérés généralement comme la monnaie des Turons.

Il reste assez peu de traces du Caesarodunum antique : on peut cependant noter (en allant de l’est vers l’ouest) la découverte des éléments suivants :

  • Près du croisement de la rue Nationale avec les rues Émile Zola et de la scellerie, à l’emplacement présumé du forum, un temple rond construit sur 900 pieux de chêne, près duquel on a trouvé un long fragment de corniche provenant d’un bâtiment du forum.
  • Des traces des thermes construits vers 70/80 à l’emplacement actuel du lycée Descartes et du château ; on a aussi trouvé rue Bernard Palissy  (près du lycée Descartes), un bâtiment public du 1er siècle comprenant un puits consolidé avec des planches de chêne.
  • Place de la Résistance, à côté de la rue Nationale, de la céramique de la Graufesenque, signée OFMVI (marque du potier Murranus) et de Lezoux, signée du potier Manertus.
  • Près du cloître Saint-Martin, une construction du 1er siècle après J.C. avec des enduits peints à fond rouge agrémentés de motifs végétaux verts et de motifs géométriques jaunes et noirs.
  • Rue et place de la Victoire, des constructions du 1er s. avec des murs sur pieux de chêne ; à cette époque, en effet, cet endroit était peu ferme car il était alors situé sur une berge de la Loire.
  • Rue de Clocheville, un bâtiment des 1er/2ème s. avec des murs en petit appareil de belle qualité, aux joints tirés au fer.

On pense qu’un pont permettant de traverser la Loire et de rejoindre Saint-Symphorien fut édifié vers 40/50 après J.C. et réparé vers 80/120 : ce pont fut utilisé jusqu’au 4ème s. puis restauré ou reconstruit au moyen-âge ; on peut encore voir, quand les eaux sont basses, les piliers de ce pont en amont du pont suspendu de Saint-Symphorien.

La cité atteint son apogée au 4ème siècle ; elle prend alors le nom  de civitas Turonorum et devient la métropole de la province Lyonnaise Troisième ; un castrum est alors édifié, intégrant l’amphithéâtre construit sous le règne d’Hadrien ; il reste de cette époque d’importants vestiges des remparts (rue de Ursulines).

On a aussi trouvé, dans une nécropole située près du cloître Saint-Martin, un sarcophage du 4ème ou 5ème siècle, taillé dans une borne milliaire au nom de l’empereur M. Claudius Tacitus.

C’est à cette époque que Martinus (plus connu sous le nom de saint Martin) devient le troisième évêque de Tours et fonde l’abbaye de Marmoutiers, où l’on a découvert des vestiges d’un édifice avec des murs en petit appareil recouverts d’enduits peints rouge pompéien ainsi que des fragments de céramiques et un dé à jouer en os.

Mais l’empire romain est attaqué de toutes parts et après la déposition de Romulus Augustus, le roi des WisigothsEuric, conquiert toute la partie de la Gaule au sud de la Loire ainsi que l’Espagne ; c’est en 480 qu’il s’empare de Tours, dont Clovis s’emparera ensuite en 507 après avoir tué Alaric II à la bataille de Vouillé, près de Poitiers.

Caesarodunum

Jeudi 4 août 2011
SAINTE-PATERNE-RACAN
 
Le village de Saint-Paterne-Racan se trouve au nord de Tours.
  

 église de Saint-Paterne-Racan

 

C’est sur le territoire de cette commune que le poète Racan fit reconstruire le château de la Roche-Racan, que l’on peut visiter du 6 juillet au 14 août.
  

 château de la Roche-Racan

 

Près de là se trouve une vallée avec toute une série de maisons troglodytiques.
  

 maisons troglodytiques

Saint-Paterne-Racan

Vendredi 28 janvier 2011

SAINT-CYR-SUR-LOIRE

Au premier abord, Saint-Cyr n’est guère accueillante : il n’y a pas de syndicat d’initiatives et les employées de mairie que j’ai rencontrées, fort sympathiques au demeurant, ignoraient tout de la ville.  

 

  Plan de Saint-Cyr

 

La ville, pourtant, située en face de Tours, sur la rive droite de la Loire, contient quelques beaux bâtiments ; la mairie est installée dans un ancien hôtel du 15ème s. : la Perraudière, qui appartenait, au 17ème s., à une cousine de Charles Perrault.

 Mairie de Saint-Cyr

L’église sainte-Julitte (mère de Saint Cyr) édifiée au 15ème s. conserve des élements d’une église antérieure, du 10ème s. C’était l’église des mariniers de Loire.

 

 Église sainte-Julitte

À Saint-Cyr sont attachés les souvenirs de Balzac, qui, après y avoir été mis en nourrice, séjourna en 1830 à la Grenadière avec Laure de Berny ; il en fait la résidence de lady Dudley dans Le lys dans la vallée ; il écrivit également une nouvelle intitulée La Grenadière. Béranger y séjourna de 1836 à 1839 et écrivit une chanson : Les oiseaux de la Grenadière. C’est aujourd’hui un centre de formation équestre (http://www.lagrenadiere.com).

 

 

la Grenadière

Sur la fin de sa vie, Anatole France se retira à la Béchellerie et il y mourut le 12 octobre 1924. La propriété appartint ensuite à son petit-fils : l’écrivain Lucien Psichari. Lorsqu’il était à Saint-Avertin, Georges Courteline venait souvent rendre visite à son ami Anatole France.

 

la Béchellerie

Presque en face de la Béchellerie mais beaucoup moins bien entretenue, la Gaudinière appartint à Henri Bergson.

 

 La Gaudinière

L’écrivain régionaliste Roland Engerand qui  habitait la Fabrice à Saint-Cyr est enterré au cimetière République.

Saint-Cyr-sur-Loire

Vendredi 28 janvier 2011

METTRAY

 

Petite commune au nord-ouest de Tours, Mettray est surtout connu pour son ancienne colonie pénitentiaire, qui, après avoir été un IMP (Institut-Médico-Pédagogique) est maintenant un ITEP (Institut Thérapeutique Éducatif Pédagogique).

 

 
 

Ancienne colonie pénitentiaire

 

Le jeune Jean Genet y fut interné, après une plainte de René de Buxeuil selon certains.

 

 

Il évoque ce séjour dans Miracle de la Rose et dans son Journal du voleur.

  vue aérienne de l’ancienne colonie pénitentiaire

Mettray

Vendredi 28 janvier 2011

CHOUZÉ-SUR-LOIRE

Ancien port important sur la Loire, Chouzé-sur-Loire (cité par Rabelais dans le chapitre 47 de Gargantua) est aujourd’hui un tranquille petit village auquel est rattaché Port-Boulet,  où se trouve le château des Réaux.
 
 

 

 Maison de Chouzé-sur-Loire
 
Avant d’être acheté en 1651 par Gédéon Tallemant des Réaux, ce château, construit au 15ème siècle à la place d’un château-fort entouré de douves, s’appelait le château de Plessis Rideau, . Il semblerait que ce soit aujourd’hui un hôtel de luxe mais tout était fermé le jour où j’y suis passé (le jeudi 4 mars 2010).
 

 Château des Réaux
Le château de Plessis Rideau fut construit par Jean Briçonnet (1420-1493), riche marchand de Tours, dont il fut le premier maire, familier de Louis XI et par son fils Guillaume Briçonnet (1445-1514), surintendant des finances de Charles VIII, puis cardinal et archevêque de Reims.
 
En 1651, Tallemant des Réaux l’acheta pour 115 000 livres à François de la Béraudière, qui était criblé de dettes ; après la mort de Tallemant, sa veuve le revendit en 1714, pour 120 000 livres, à Louis Taboureau, conseiller du roi. Tallemant aimait venir dans ce château et les Historiettes contiennent de nombreuses anecdotes concernant la région de Chinon.

Chouzé-sur-Loire

Vendredi 28 janvier 2011