Histoire
Le nom de cette commune apparaît pour la première fois en 1050 sous la forme Brisiacum, venant du gallo-romain Braetiacus ou domaine de Braetius. Selon certains cependant, ce toponyme pourrait venir du gaulois bri-ceton signifiant le bois de la hauteur.
La région fut occupée à l’époque préhistorique, comme le montrent le dolmen de Grosbois (voir ci-après) ainsi que le mégalithe disparu, qui se trouvait à 200 m. au nord-est de la Guénée, dont il ne reste que le toponyme la Pierre levée. Deux haches polies en dolérite, ont été aussi trouvée sur la commune, dont une à Crèze.
Elle fut également largement peuplée à l’époque gallo-romaine, comme l’indiquent les toponymes suivants : Aubigny, de Albiniacus ou domaine du Blanc (voir ci-après), Chenillé, de Caniliacus ou domaine de Canilius, Cléré, de Clariacus ou domaine de l’Illustre (voir ci-après), Creuilly, de Crolliacus ou domaine de Crollus, Goury, de Gaugericus ou domaine de Gaugerus (patronyme germanique), les Jaunaies, de Gallinacus ou domaine du Gaulois et Pamplie, de Pompilia ou domaine de Pompilius.
On peut aussi ajouter Grésigny, de Grisiniacus ou domaine du Grec, lieu-dit qui se trouve sur la commune de Léméré mais qui est juste derrière Croisne (commune de Brizay), où l’on a découvert une nécropole, avec une dizaine de sarcophages du 7ème siècle, ayant réutilisé les ruines d’une vaste villa gallo-romaine ; le plus beau de ces sarcophages peut être vu dans la vieille église de Cravant (voir cette commune).
Le premier seigneur connu de Brizay, selon Carré de Busserolles, fut Arnauld de Brizay, cité en 1050, seigneur de Brizay et de Chourses (dans le Maine) : le fief resta dans cette famille jusqu’à Pierre de Brizay, décédé sans postérité en 1608 ; parmi les membres de cette famille, on peut citer Alonnet de Brizay, à qui Louis I d’Anjou pardonna, en 1360, d’avoir fait du commerce avec les ennemis pour payer sa rançon puis Jean de Brizay (1396-1470), qui fut autorisé par Charles VII à fortifier son château de Brizay ainsi que son fils Jacques 1er de Brizay, époux de Françoise de Beauvau, fille de Pierre de Beauvau (voir Crissay généalogie).
À voir
En venant de L’Île-Bouchard par l’ancienne route qui part à gauche du cimetière de cette commune, on peut voir le Château de la Commanderie, qui occupe l’emplacement de l’ancienne Maison du Temple de L’Île-Bouchard (voir cette commune) ; le bâtiment actuel est du 19ème siècle ; en 1972, le propriétaire : Monsieur Foucault y découvrit un ensemble de salles souterraines. On peut y louer actuellement des chambres d’hôte (voir Renseignements pratiques). Voir aussi Tourainissime.
Si, par contre, on vient de L’Île-Bouchard par la D757, on trouve, à droite, une petite route qui conduit à Bois-Légat : c’était un ancien fief, dont le premier seigneur connu fut Charles de Branlus, qui, en 1555, rend aveu de son fief à Claude Turpin, seigneur de Crissay (voir cette commune) ; au 17ème siècle, il appartenait à Pierre de la Jaille[1], également seigneur de Doucé à Rilly (voir cette commune). La propriété avait un revenu annuel de 50 livres en 1639 (voir note 15, page 10). En 1839, la propriété fut acquise par Louis Isaïe Tiffeneau, propriétaire à Sainte-Maure de Touraine, dont la fille Anne-Aurélie avait épousé Mathurin Martin, notaire à Sainte-Maure[2]. De l’ancien manoir, édifié au 15ème siècle et modifié au 18ème siècle, il reste une lucarne à gâble aigu ; on peut aussi remarquer le portail d’entrée à double porte charretière et piétonne[3] ; il reste aussi une tour cylindrique de 8 m. de diamètre, qui est un ancien colombier.
En reprenant la D757, on arrive ensuite à un carrefour ; la voie de droite (D113) conduit vers le Château du Haut-Brizay et la voie de gauche (D757) vers l’église et le manoir de la Brèche.
Si donc on prend la D113, on peut voir, sur la droite :
Le Château du Haut-Brizay : c’était le château des seigneurs de Brizay mais il ne reste rien du château médiéval ; selon la tradition la façade sud serait du 17ème siècle. La propriété fut achetée en 1825 par le général comte de Sparre, qui exploita les terres (200 hectares) d’après la méthode de Mathieu de Dombasle. En 1865, la propriété fut affermée à l’ingénieur agriculteur Goussard de Mayolle, Président des Comices de Chinon, qui en fit une exploitation expérimentale. Le château actuel fut aménagé en 1895.
Puis, toujours sur la droite, un chemin mène au dolmen de Grosbois : situé à côté de la ferme de Grosbois, ce petit dolmen en grès, dont la table mesure 2,60 m. sur 2,20 m. est aussi appelé le Palet de Gargantua car, selon la légende, le géant popularisé par Rabelais se servait de la table de ce dolmen pour jouer au palet.
On trouve, en continuant sur la D113, à droite une route conduisant à Croisne et à Grésigny (voir histoire) puis à gauche une route conduisant au Grand Cléré. Le toponyme Cléré vient de Clariacus ou domaine de Clarus (le Clair ou l’Illustre) ; « la metairie de Clairé » est citée en 1643, comme appartenant au doyen du chapitre des Roches-Tranchelion (voir Avon-les-Roches). Le grand Cléré est une vaste ferme à cour fermée qui comprenait initialement une double porte ; on peut remarquer une pierre d’évier à gauche de l’entrée ; au fond de la cour, le logis le plus ancien peut dater du 15ème ou du 16ème siècle. On peut y louer un gite (voir Renseignements pratiques).
Si par contre on prend la D757 on arrive dans le centre du village avec :
Un peu avant l’église une route à gauche qui conduit à La Guénée, toponyme vient de Wano : patronyme germanique signifiant « espérance ». Grand bâtiment en hauteur avec un pigeonnier carré ; puis une route à droite menant au Manoir de la Brèche : ancien fief dont le premier seigneur connu fut Jacques de Rémollard, écuyer, cité en 1555 ; le corps de logis a conservé des vestiges du 16ème siècle (baies à meneaux et croisillons, cheminée) ; à l’origine, ce manoir était desservi par une tour d’escalier polygonale, dont subsiste un pan sur l’un des pignons. Le fief avait un revenu de 10 livres en 1639.
L’Église Saint-Pierre : du bâtiment construit au 12ème siècle, il reste les trois travées de la nef ; le portail ouest, le chœur et le clocher sont du 15ème siècle ; le porche devant l’entrée est du 19ème siècle ; en 1855, l’abbé Bourrassé signala l’existence d’une pierre tombale sur laquelle était sculpté un chevalier mais celle-ci n’est plus visible actuellement (voir Bibliographie).
On arrive ensuite à un carrefour : la voie de gauche mène à un lavoir aménagé en 1887-1888 à côté de la Fontaine de la Portière, réserve d’eau remplie de poissons puis à Mocrate : lieu-dit apparaît sous la forme Mocrat sur la carte de Cassini, où subsistent les vieux bâtiments délabrés d’une ancienne ferme.
La voie de droite arrive à un nouveau carrefour ; si l’on prend à droite on arrive à la Déteurbe et juste après aux Bournais du Plessis, lieu ne figurant pas sur la carte IGN, où il y a une ferme du 18ème siècle, comportant une maison composée de deux logis accolés, une grange avec hangar et un four à pain. On trouve ensuite Crèze : ce toponyme, qui est une variante de Croix, est indiqué sur la carte de Cassini ; ce hameau de 41 habitants comporte plusieurs maisons des 15ème ou 16ème siècles, dont, au n° 6, une maison qui possède des éléments de décor flamboyant et dont la porte est surmontée d’un linteau en accolade.
Après Crèze, en prenant à gauche, on peut aller à Aubigny : ce toponyme apparaît pour la première fois en 971 sous la forme in villa Albiniaco ; le logis et la grange, qui possède une ouverture en pignon, en plein cintre, datent du 17ème siècle.
Si, au carrefour précédent on prend à gauche, on passe aux Jaulnaies puis à la Belle Cave (gite rural) et on arrive aux Basses Charpentières, ancien fief ayant un revenu annuel de 26 livres en 1639, où il reste un pigeonnier carré, puis, en reprenant brièvement la D757, on peut voir, à droite les Hautes Charpentières, occupées aujourd’hui par un viticulteur ; le bâtiment actuel est du 17ème siècle.
Renseignements pratiques
Mairie : 2 place du 14 juillet. 02 47 58 50 85 ; courriel : mairie.brizay@wanadoo.fr ; ouverte les lundis et vendredis de 9h à 12h30 et de 14h à 17h30, les mercredis de 9h à 12h.
Hébergement et Restauration :
- Chambres d’hôtes : château de la Commanderie. 02 47 58 63 13
- Gite la Belle Cave : 02 47 58 35 30
- Gite le Grand Cléré : 02 47 97 06 13
Salle des Fêtes : 120 places, cuisine équipée (s’adresser à la mairie).
Viticulteurs :
- Vignoble de la Guénée, 2 rue de la Guénée. 02 47 95 21 87 ou 06 89 43 72 57
- Vignoble des Hautes Charpentières. 02 47 58 30 34
Autres ressources
- Carrelage : Frédéric Lefief, les Desforges. 06 08 85 17 53
- Entreprise agricole : Redureau Frères, 3 rue de la Guénée. 02 47 95 25 86
- Informatique : Fabrice Bondon, 1 le Grand Cléré. 02 47 97 06 13
- Maison Médicale : 9 rue de la Commanderie. 02 47 58 50 77
- Paysagiste : Espace +, 4 la Petit Cléré. 02 47 58 55 88
- Peinture, revêtement : Alain Lebled, 2 rue des sonneries. 02 47 95 24 74
- Production d’apéritifs : Les Amers de Crèze, 4 rue du château d’eau. 06 88 79 15 94
- Serrurerie : Jean-Charles Doucet, 7 route de L’Île-Bouchard. 02 47 95 24 45
Bibliographie
- Bourassé (abbé) : excursion à L’Île-Bouchard et à Brizay. Mémoires de la Société Archéologique de Touraine (1855 Tome 5).
- Montoux André : Bois-Légat à Brizay : BAVC IX-4 (1990) et Vieux Logis de Touraine : Tome 8 (1990).
[1] Ce Pierre de la Jaille était probablement un descendant des de la Jaille qui furent seigneurs de Draché et de Marcilly-sur-Vienne (voir Crissay).
[2] De cette union, naquit Mathurin Martin-Tiffeneau, qui fut maire de Sainte-Maure de 1847 à 1859.
[3] Ce genre de portail, comportant une grande porte voutée pour les charrettes ou pour les chevaux et une petite porte (en général à droite de la grande, dont elle est une réduction) est caractéristique des manoirs de la région.
































































































