Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le sort a voulu t’appeler,
Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler.
Vigny. La mort du loup
Alfred de Vigny est né à Loches le 7 germinal an 5 (27 mars 1797). Sa maison natale se trouve actuellement 10 rue des jeux. Sa statue, qui était auparavant Place de Verdun, domine aujourd’hui la Place de la Marne, à l’entrée de la ville.
Dans L’enfant à la balustrade, dont l’action se déroule à Descartes, René Boylesve remplace la statue du philosophe par celle de Vigny, sans doute parce qu’il se reconnaissait mieux dans le pessimisme actif du poète que dans le cartésianisme. (Voir Boylesve).
Vigny n’est resté que deux ans à Loches ; pourtant il est mis un peu à toutes les sauces dans cette ville assez pauvre en gloires locales. Passe encore qu’il y ait un lycée Alfred de Vigny et une école du même nom ! Ce n’est pas original mais c’est logique ! Il est un peu plus gênant de rencontrer aussi sous l’égide du poète : restaurants, cafés, cinémas et même un centre d’affaires décoré de cartouches aux maximes aussi morales que rétrogrades !
Néanmoins deux autres écrivains sont à mettre en relation avec Loches :
Pierre Bourgeade (mort à Loches le 12 mars 2009) mais je n’ai entendu personne en parler dans cette ville, la réputation sulfureuse de cet homme de lettres étant sans doute responsable de ce silence !
Gonzague Saint-Bris (né à Loches en 1948) fondateur de La Forêt des Livres, dont la 15ème édition se tiendra, comme d’habitude, à Chanceaux-près-Loches le 29 août 2010. Je trouve cependant regrettable qu’à côté de véritables écrivains comme Jean d’Ormesson, Jean-Marie Rouart ou René de Obaldia, il y ait aussi des « gloires » plus contestables comme Hervé Novelli ou Éric Zemmour !
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Occupé depuis la préhistoire, le site de Loches est cité pour la première fois au 5ème s. par Grégoire de Tours sous les formes Lucca et vicus Loccae (origine inconnue). Au début du 10ème s. Foulques Nerra fait construire sur le promontoire qui domine l’Indre un château et un donjon, considéré comme l’un des plus hauts (36 m.) et des plus anciens d’Europe.
Ce même Foulques Nerra est enterré à Beaulieu-lès-Loches, dans l’abbaye de la Sainte-Trinité qu’il avait fondée en 1007 en expiation de ses nombreux péchés.
Ce village de Beaulieu est très proche de Loches (on voit le clocher de l’abbaye du haut de la citadelle) mais il fut en rivalité constante avec sa voisine si bien qu’au 18ème s. le ministre La Vrillère ordonna que les deux villes fussent considérées comme étant à trente lieues l’une de l’autre ; ce dont on fit immédiatement le proverbe : « Il y a trente lieues de Loches à Beaulieu. »
À l’entrée de Loches, sur la gauche quand on revient de Beaulieu, un beau jardin public (où se trouve le buste de Jacques Villeret, né à Loches en 1951) offre un magnifique panorama sur la citadelle.
Fief des Plantagenêts puis des rois de France, Loches fut l’un des châteaux favoris de Charles VII et de sa favorite officielle : Agnès Sorel dont le tombeau a été replacé en 2005 dans son lieu d’origine : la collégiale Saint-Ours, fondée vers 965 par Geoffroy Grisegonelle, le père de Foulques Nerra.
On sait aussi que ce château fut la résidence de Louis XI, accompagné de ses célèbres « cages » et d’ Henri II qui avait imaginé un monogramme où le H (de Henri) était entrelacé de deux lettres pouvant se lire C (de son épouse Catherine de Médicis) ou D (de sa maîtresse Diane de Poitiers) !























