Les ami-e-s de Mallarmé

Augusta Holmès (1847-1903)

Ses parents, irlandais, s’étaient installés en France, au 6 rue d’Artois (Paris, 8ème), où habitait également Alfred de Vigny, qui fut son parrain et qui passe souvent pour son père naturel.

Augusta Holmès par Henri Regnault

Dès 1864, Henri Cazalis écrit à Mallarmé : « J’ai passé la journée d’hier (…) à Versailles. Nous avons été chez la charmante Miss Augusta Holmès, cette musicienne merveilleuse dont je t’ai parlé, et qui m’a enivré de Beethoven. L’étrange femme, un sphinx en vérité (…) la musique la plus passionnée, elle la joue avec un visage impassible et dont les lignes ont le sourire marmoréen, le sourire mystérieux du sphinx. » Et dans un autre courrier d’avril 1866, Henri Cazalis parle de « ses beaux yeux de déesse-chatte ».


Élève de César Franck et fervente admiratrice de Richard Wagner, Augusta Holmès fut en effet une grande pianiste et une musicienne célèbre, dont de nombreux poètes parnassiens furent amoureux. Elle inspira aussi le peintre Henri Regnault, qui obtint le prix de Rome en 1866 avec le tableau Thétis donnant ses armes à Achille, sur lequel elle figure la poitrine nue.

Augusta Holmès jouant Beethoven

Elle vécut avec Catulle Mendès pendant 17 ans (de 1869 à 1886) et lui donna deux fils et trois filles, dont Hélyonne (née le 1er septembre 1879) qui épousa Henri Barbusse.

Augusta Holmès (âgée)

Elle se lia d’amitié avec Méry Laurent et entretint avec elle une correspondance suivie. Mallarmé écrivit sur son éventail le quatrain suivant :

Fleur, signe et, sur le lac, cygne,

Au son d’Augusta Holmès

Le battement suit la ligne

Du nonchaloir de Mendès.

Reynaldo Hahn (qui fut, aussi, l’exécuteur testamentaire de Méry Laurent) lui prédit « l’immortalité, l’immortalité véritable, celle qui survit au nom même qu’elle a illustré » mais je crains qu’il ne se soit trompé. Mallarmé écrivit pour lui ce quatrain :

Le pleur qui chante au langage

Du poète, Reynaldo

Hahn tendrement le dégage

Comme en l’allée un jet d’eau.

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Un commentaire pour “Les ami-e-s de Mallarmé”

  1. MERY LAURENT dit :

    Pouvez-vous donner une explication HISTORIQUE (datée) du fait que Anne Rose Suzanne Louviot, née ‘en 1849, soit la « fille naturelle » de F.C. de Canrobert qui, de 1835 à 1849 sert en Algérie ?
    Il est rappelé à Paris (1850-1851 / coup d’état / aide de camp du prince président) ; il participe à la guerre de Crimée et est rappelé par l’empereur à Paris (1856)
    Ce n’est qu’en 1859 qu’il devient gouverneur militaire de Nancy où il demeure jusqu’en 1862 (attesté par « L’Almanach de la Meurthe » pour ces années.
    C’est Méry elle-même qui raconte « pris par elle à quinze ans » (sic) ; « mariée par lui à un paysan »… etc

    « Les mauvaises langues » sont souvent de « mauvaises sources » d’information, surtout lorsqu’on ne vérifie rien.

    Heureusement, il y de sérieuses publications sur tous ces sujets, et qui ne manquent pas de citer leurs références.

    Ce qui manque regrettablement à vos travaux, par ailleurs amusants.

    Cordiales salutations.

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