Les ami-e-s de Mallarmé

Eugène Lefébure (1839-1908)


Originaire de Prunoy, dans l’Yonne, Eugène Lefébure fut élève du lycée de Sens de 1855 à 1857 et plusieurs de ces poèmes sont recopiés sur le Cahier d’honneur de ce lycée. Après des études à Paris, il devient employé de bureau à la poste d’Auxerre.

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Eugène Lefébure

Mallarmé fit sans doute sa connaissance, en 1862, par l’intermédiaire d’un ami commun ; les deux hommes sympathisèrent vite dans une passion commune pour Poe (en effet Lefébure avait composé un petit cahier manuscrit ayant pour titre : Poésies mêlées d’Edgar Allan Poe traduites pour la première fois par Eugène Lefébure) et Courtois apporte à Mallarmé une édition anglaise des œuvres de Poe, que possédait Lefébure. Est-ce pour cela que Mallarmé écrit à Théodore Aubanel, dans une lettre du 31 décembre 1865 : « Lefébure, sous sa modeste timidité, cache des trésors. Je te lirai de ses vers et tu verras qu’il fut mon initiateur. »

En février 1865 Mallarmé envoie à Lefébure Elën de Villiers avec de grands éloges et il ajoute dans sa lettre « lui (Villiers), Mendès et vous, parmi les jeunes poètes, composez ma famille spirituelle ».

Profitant d’un héritage, Lefébure abandonne son travail et étudie l’égyptologie, dont il deviendra un spécialiste ; il loue à Cannes la villa Delamp, située sur l’ancienne route de Grasse, où Mallarmé séjourne du 29 mars au 7 avril 1866 ; c’est auprès de Lefébure, qualifié de « hégélien » par Henri Cazalis, que Mallarmé prend conscience du néant et en mai 1867 il écrit à Lefébure « la destruction fut ma Béatrice ».

Lorsque Mallarmé est muté à Besançon, Lefébure lui conseille d’aller voir le sarcophage de Sar Amon au musée de cette ville. Les deux hommes se rencontrent assez souvent et Geneviève surnomme Lefébure Bour ; lorsque Mallarmé se décide à reprendre des études, en 1869, c’est Bour qui lui donne de l’argent pour qu’il puisse s’acheter des livres de travail.

En 1871, Lefébure reprend du travail à la poste de Saint Germain en Laye mais alors qu’il entretient une liaison illégitime, il est blessé par le fait que les Mallarmé refusent de recevoir « les visites d’une certaine personne (…) dans une maison où ils sont locataires » et il rompt avec son ami. La dernière lettre de Lefébure à Mallarmé est du 21 décembre 1871.

Eugène Lefébure deviendra ensuite, en 1879, le premier titulaire de la chaire d’égyptologie de Lyon puis directeur de la mission française du Caire de 1881 à 1883.

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Un commentaire pour “Les ami-e-s de Mallarmé”

  1. MERY LAURENT dit :

    Pouvez-vous donner une explication HISTORIQUE (datée) du fait que Anne Rose Suzanne Louviot, née ‘en 1849, soit la « fille naturelle » de F.C. de Canrobert qui, de 1835 à 1849 sert en Algérie ?
    Il est rappelé à Paris (1850-1851 / coup d’état / aide de camp du prince président) ; il participe à la guerre de Crimée et est rappelé par l’empereur à Paris (1856)
    Ce n’est qu’en 1859 qu’il devient gouverneur militaire de Nancy où il demeure jusqu’en 1862 (attesté par « L’Almanach de la Meurthe » pour ces années.
    C’est Méry elle-même qui raconte « pris par elle à quinze ans » (sic) ; « mariée par lui à un paysan »… etc

    « Les mauvaises langues » sont souvent de « mauvaises sources » d’information, surtout lorsqu’on ne vérifie rien.

    Heureusement, il y de sérieuses publications sur tous ces sujets, et qui ne manquent pas de citer leurs références.

    Ce qui manque regrettablement à vos travaux, par ailleurs amusants.

    Cordiales salutations.

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