2-    Le Moyen-Âge

 

Le nom de Navacelle apparaît au début du 11ème siècle dans plusieurs chartes du cartulaire de l’abbaye de Gellone, à Saint-Guilhem-le-désert, sous les formes « Villa Novacella » et  » Ecclesia Sancta Maria de Novacella« . Ces toponymes indiquent qu’il y avait un domaine agricole exploité par des moines constituant une « nouvelle annexe » avec une église, dédiée à Sainte-Marie, dont il ne reste qu’une partie de l’abside, dans le cimetière actuel. 

Abside de l'église primitive (nov. 2015)
Abside de l’église primitive (nov. 2015)

Ce domaine, composé « d’eaux, de moulins, de vignes, de terres cultivables ou incultes », était en partie loué à des individus, dont différentes chartes nous donnent les noms : Benames, père d’Aramfred et de Guifred, Troitmamnus, père de Richard, Arnaud et Guillaume, Hugo (en 1060), Airad, époux de Guilda et père de Pons (en 1070), Rogerius et Arnaud (en 1140), Rainaud de la Follatière (grotte au-dessus du Mas del Pont) et Hugo du Pont (en 1162) ; ces derniers devaient payer à l’abbaye des redevances en truites, qui étaient pêchées dans la Vis et dont les moines étaient de grands consommateurs !

 

 

 

 

 

La Vis (nov. 2014)
La Vis (nov. 2014)

En 1243,un certain « Bernard de Novacelle » est cité dans un acte de 1243, intitulé « Reconnaissances des reverands pères de Saint-Guilhem » et en 1286, Béranger, évêque de Lodève constitua en paroisse la chapelle « Beata Maria de Nova-Cella », ce qui laisse supposer que les habitants devaient être relativement nombreux.

Toutes ces citations montrent que le village aurait dû s’appeler « Novacelle » et on ne sait pas pourquoi il fut d’abord nommé « Navacelle » puis « Navacelles » à partir du 19ème siècle. Depuis les origines, une grande partie des richesses des habitants provenait de la Vis, rivière dont le nom apparaît en 1060 sous la forme flumen Virs (< de l’indo-européen vir signifiant eau), et qui permettait de faire fonctionner des moulins ou d’arroser les cultures, magnifique rivière abondante, jusque dans les années 1950, en truites et écrevisses, pour le plus grand plaisir des religieux ou des seigneurs, avant, beaucoup plus tard, d’alimenter les restaurants de la région.

La Foux (août 2009)
La Foux (août 2009)

Cette rivière, prend sa source dans le Parc National des Cévennes, se perd à Alzon puis resurgit, beaucoup plus forte, à la Foux (de l’ancien occitan Fos = grosse source) avant de se jeter dans l’Hérault un peu avant Ganges. Elle a creusé, entre Vissec et Madières, des gorges impressionnantes, souvent comparées aux gorges du Tarn, ainsi que des cirques, dont le plus célèbre est le cirque de Navacelles.

Gorges sèches de la Vis (photo Carto-Net)
Gorges sèches de la Vis (photo Carto-Net)

Entre Vissec et la Foux, ces gorges sont maintenant à sec, sauf en cas de gros orages et peuvent être parcourues à pied, par les personnes courageuses. La Foux n’est accessible qu’à pied, par le Gard ou par l’Hérault, et c’est un endroit particulièrement pittoresque, où une exposition intéressante, retraçant l’histoire du lieu, a été installée dans un des anciens moulins, qui fonctionnèrent jusqu’en 1907.

Moulin de la Foux (carte postale)
Moulin de la Foux (carte postale)

Selon l’abbé Saint-Léger, curé de Navacelles au 18ème siècle, la Foux tarit totalement pendant 8 jours, en avril 1779. D’autres tarissements, dus évidemment à des éboulements dans la partie souterraine du cours, eurent lieu en 1890 (24 heures), en 1922 (2 heures), en 1927 (8 heures) et en 1961, le 8 août (6 heures). Selon la légende, il existerait dans le lit de la résurgence un bloc portant l’inscription : « Quora me vieras, ploraras » (quand tu me verras tu pleureras). Sur ce sujet, voir l’article très complet de Félix Mazauric dans Spelunca n°60 (juillet 1910).

In article de Mazauric
In article de Mazauric

Installé d’abord au plus près de la rivière et du méandre asséché, le village se déplaça, probablement au 12ème siècle,  sur un endroit plus haut et plus ensoleillé, appelé le mas de Guilhou, où un château et une chapelle, dédiée à Notre-Dame, furent édifiés. Cette chapelle est maintenant une crêperie et une partie du château est occupée par des chambres d’hôtes (voir les ressources, page 5).

Le château (nov. 2015)
Le château (nov. 2015)

Selon la tradition locale, un autre château : « le castel vieil », dont il ne reste rien, existait dans le bas du village, au bout du serre de la Clède (voir la carte page 5), dans un endroit dont le nom actuel : le Pigeonnier garde peut-être le souvenir du « droit de colombier », privilège des nobles.

Le Pigeonnier (oct. 2015)
Le Pigeonnier (oct. 2015)

Un four banal : le four du château, permettait aux habitants du Mas de Guilhou de faire cuire leur pain et il était situé dans la tour se trouvant à gauche du chemin montant en haut du village.

La tour du four du château (nov. 2015)
La tour du four du château (nov. 2015)

Il existait aussi, dans le bas du village, un autre four, occupé maintenant par un magasin de minéraux et de fossiles. C’était « le four de la gleize » ou  « four de l’église », c’est-à-dire un four situé sur des biens ecclésiastiques, connu ensuite sous le nom de four de Frédou.

Le four de Frédou (juillet 2011)
Le four de Frédou (juillet 2011)

4 ont commenté “Navacelles au fil du temps

  • Fuzier a écrit le :

    La photo de décembre 2012 ne représente pas le Rocher du Midi mais « Rocalte »
    j.Fuzier et M.Louise Jourdan

    Répondre
  • christophe gagneux a écrit le :

    Bonjour,
    bravo pour ces pages si riches !

    J’ai un « bernard de novacelle » dans un récapitulatif de 1731 concernant des actes de 1243 « Reconnaissance des reverands pères de saint Guilhem »

    Le domaine de Navacelle passa de la famille de Sarret ( les habitants seront en conflit avec Pierre de Sarret, conseiller du roi en 1660) à celle de Banastier et Avesque (bourgeois) via une vente.La famille de la Prunarede la vend le 18 janvier 1834 à Mr Anthouard, président du tribunal civil de Vigan.

    J’ai quelques documents que je pourrais vous scanner.

    Cordialement,
    Christophe à Toulon

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