Histoire

 

Le nom de cette commune apparaît pour la première fois vers 1030 dans le cartulaire de l’abbaye de Marmoutier sous la forme capella Anscherii, signifiant « chapelle d’Anscherius » puis en 1050 sous la forme alodum de Anchia, c’est-à-dire : « alleu[1] d’Anchia », puis vers 1103, dans la charte 313 du cartulaire[2] de l’abbaye de Noyers sous la forme parochia ecclesiae Anchioe, prope fluvium Vosdoe, c’est-à-dire « paroisse de l’église d’Anché, près de la Veude ».

Anché vu du manoir des Hautes Brétignolles (mars 2013)

Cette commune est en effet située au confluent de la Veude et de la Vienne, près de Rivière ; son territoire fut occupé dès la préhistoire et une scie en silex taillé a été découverte en 1991 au Bois-Brûlé. La région fut ensuite occupée à l’époque gallo-romaine et l’on peut en effet penser que le toponyme de cette commune vient du gallo-romain Anciacus, signifiant « domaine d’Anscherus » (patronyme d’origine germanique). En effet, après l’occupation de la région par la tribu celte des Turons, puis après la conquête romaine, de très nombreux domaines agricoles (villae rusticae) exploitèrent les riches terres agricoles de la Touraine et on a pu en dénombrer plus de 750. (voir ici)

Sur le territoire de la commune, un atelier de forgeron du 2ème siècle après JC a été découvert. Un domaine agricole se trouvait probablement à Torcé, qui vient du gallo-romain Turciacus ou domaine de Turcius (voir ci-après). Sur la commune voisine de Rivière, près du chemin des Plantes, qui va d’Anché à Rivière et qui reprend probablement l’ancienne voie gallo-romaine conduisant à Candes, une villa et un temple, avec deux sarcophages du 4ème siècle après JC, ont été trouvés et fouillés.

Selon la tradition, un ancien moine de l’abbaye de Cormery se serait retiré comme ermite près de la chapelle d’Anscherius, avant de s’installer à Vontes, dans la paroisse d’Esvres, où il serait mort en odeur de sainteté en 1099.

Les premiers seigneurs connus, selon Carré de Busserolle, sont les seigneurs de L’Île-Bouchard (voir cette commune) : Geoffroy Fuel, cité en 1050 et Bouchard V de L’Île, cité en 1219. Au 15ème siècle la seigneurie passa à Étienne Bernard, dit Moreau, qui fut trésorier de Louis II d’Anjou puis de Marie d’Anjou, épouse du roi Charles VII. Le frère d’Étienne Bernard : Jean Bernard (1386-1466), pour sa part, fut archevêque de Tours ainsi que conseiller du Roi René puis de Charles VII. L’héritier d’Étienne Bernard fut un autre Jean Bernard, gouverneur de Loches de 1447 à 1450, juge au grenier à sel de Chinon, époux de Jeanne de Ballan, fille de Guillaume de Ballan, seigneur de Maulévier à Lerné, Le frère de ce second Jean Bernard : Guy Bernard (mort en 1481) fut évêque et duc de Langres.

Armes de Jean Bernard dans la chapelle des Brétignolles (photo comte de Bernard)

Les seigneurs suivants furent Antoine Bernard, fils du second Jean Bernard et archiprêtre de Loches, cité en 1507 puis Étienne Bernard, frère d’Antoine Bernard, maître d’hôtel du roi Louis XII, cité en 1513. Le fief resta en possession de cette famille jusqu’en 1640, date à laquelle Louis Bernard vendit ses fiefs à Guillaume de Bordeaux, receveur général des finances à Tours (mort en 1652). Par la suite Françoise de Bordeaux, fille du précédent, et son époux Pierre Martineau (mort en 1689) acquirent également le fief de la Garde (voir ci-après) et devinrent ainsi les propriétaires d’un immense domaine comprenant la totalité des fiefs de la paroisse d’Anché.

Au 18ème siècle, Madeleine Françoise Martineau (1698-1764), descendante de Pierre Martineau, épousa  Michel Étienne Turgot, marquis de Sousmons, (1690-1751) conseiller d’État, prévôt des marchands de Paris de 1729 à 1740, instigateur du plan de Paris, dit « Plan Turgot » et leurs biens passèrent à leur fils, Étienne François Turgot, marquis de Sousmons, (1721-1789), brigadier des armées du roi, frère aîné d’Anne Robert Jacques Turgot, le ministre bien connu de Louis XVI.

N’ayant pas émigré, les Turgot gardèrent leurs biens et en 1811 Marie-Victoire Turgot les vendit à Pierre Madelon Jean René de Pierres de Fougeray (1758-1828) ; son héritier fut son petit-fils : Étienne Stéphane, baron de Pierres (1818-1876), fils de sa fille Eugénie Pierres (1785-1839) qui avait épousé son lointain cousin : Gabriel Théodore de Pierres (1785- 1837). Étienne Stéphane fut député de la Mayenne de 1863 à 1870 ainsi que chambellan de Napoléon III ; son épouse, la baronne de Pierres, née Jane Mary Thorn (1822-1873), fut dame d’honneur de l’impératrice Eugénie de Montijo et figure, à gauche, sur le tableau de Winterhalter, intitulé Portrait de l’impératrice Eugénie, entourée de ses dames d’honneur (1855), qui se trouve actuellement au château de Compiègne. Ils sont tous les deux enterrés dans la chapelle du château des Brétignolles (voir ci-après; page 4 et page 12).

Un plan du 18ème siècle indique qu’il y avait quatre moulins hydrauliques sur la Veude : le moulin de l’Arche (ou d’Argenson), le moulin de la Planche (voir ci-après), le moulin de Beauvais et le moulin Régnier, qui est cité dans les chartes 391 et 402 (de 1113 et 1114) du cartulaire de Noyers. Il existait aussi un gué sur la Vienne, permettant de rejoindre Briançon (voir Cravant).

Le registre de la paroisse indique, sous la signature de Martineau, curé d’Anché « le douze juillet mil sept cent quatre vingt douze la rivière de la Vienne a débordé à une hauteur que de mémoire d’homme on ne l’avoit vue en sorte qu’elle est entrée dans l’église à la hauteur de quatre pieds (1,28 m.) ». On trouve aussi, sur la porte du cimetière, une marque de la crue de 1923.

En 1911 Adrien Bourrée créa la laiterie d’Anché, qui fonctionna jusqu’en 1970 ; en période prospère elle transformait en beurre, en camemberts et en fromages de chèvre, 6 000 litres de lait de vache et 550 litres de lait de chèvre (source Patrimoine des communes d’Indre-et-Loire).

Laissez un commentaire

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong> 
requis