Histoire

Le nom de cette commune apparaît pour la première fois au 11ème siècle dans les chartes 168, 312 et 323 du cartulaire de l’abbaye de Noyers  sous la forme Avo, venant soit du gaulois abo, signifiant rivière, soit du patronyme germanique Abbo ; cette commune s’est ensuite appelée Avon-en-Touraine au 14ème siècle et le nom actuel a été fixé par un décret de 1936.

Avon vu de Jautrou (avril 2013)

Le territoire de cette commune, située sur la rive droite de la Manse, fut occupé au néolithique comme l’indiquent une hache d’importation en jade et le toponyme le gros chillou dans les landes du Ruchard.

À l’époque gallo-romaine plusieurs domaines exploitaient les terres de la région ainsi que le montrent les toponymes de Naie et d’Oignié (voir ci-après) ainsi peut-être que le toponyme Maumay, pouvant signifier la mauvaise maison, ou Mournay pouvant venir de Maurinacus ou domaine de Maurinus (le Maure) ; il y avait là un moulin, cité dès la première moitié du 17ème siècle. Un petit tour de potier gallo-romain et de la céramique commune ont été trouvés à l’est de la collégiale des Roches-Tranchelion. La voie gallo-romaine allant de Sainte-Catherine-de-Fierbois à Chinon passait sur le territoire de cette commune, sans doute non loin de la D21, qui suit le cours de la Manse et il se peut que le lieu-dit la Maison Rouge[1] ait été une étape sur cette voie.

La Maison Rouge (avril 2013)
La Maison Rouge (avril 2013)

La charte 168 du cartulaire de Noyers, de 1088, indique que Hugues Dindeau, après avoir tué Oggisius, de Crissay, donna aux moines de Noyers « tout le juniorat[2] de l’église qu’on appelle Avon ». Cette famille étant décidément belliqueuse, la charte 312 de 1102 nous informe que Savarin Dindeau, après le meurtre d’un soldat nommé Hermann, donna à l’abbaye de Noyers, le droit de sépulture dans l’église d’Avon. Quant à la charte 323 de 1104, elle parle de Guillaume d’Avon, fils de Gomer d’Avon.

Au 12ème siècle l’église appartenait à l’abbaye de Beaumont-les-Tours et le fief, appelé la Cour d’Avon, dépendait de la châtellenie de L’Île-Bouchard (voir cette commune). Les seigneurs en furent alors Mathieu d’Avon (cité en 1140) puis Ribotel d’Avon (cité en 1144). Il appartint ensuite à la famille de la Barre, avec Jean de la Barre, bailli du Lude (cité en 1380), Jean II de la Barre (cité en 1400) et Adam de la Barre (cité en 1420).

La Salle (avril 2013)
La Salle (avril 2013)

En 1484, le fief fut divisé en deux parties : la Cour d’Avon et la Salle d’Avon ; la première appartenant à Maxime de Pingault et la seconde à Tristan de Sazilly (voir cette commune). En 1504, Gillette de Pingault vendit sa part à Lancelot de la Touche, seigneur des Roches-Tranchelion (voir ci-après).

Les seigneurs furent ensuite Philippe de Sazilly, cité en 1575, (voir cette commune), N. le Bascle (cité en 1600), Aimé le Bascle (cité en 1616), Guy-Alphonse de Durfort[3] (cité en 1642), Léonor le Basle et François de la Barre (cités en 1689). Ces le Bascle étaient probablement de la même famille que celle qui possédait le Puy-Bascle à Crouzilles.

Les Roches-Tranchelion, vues d’Oignié

Un autre fief important était celui des Roches-Tranchelion (ou Roches d’Archidiacre). Le nom des Roches-Tranchelion apparaît pour la première fois en 1254 sous la forme Esterlas de Tranchelyon ; ce toponyme est expliqué par plusieurs légendes, dont aucune n’est sûre. Le premier seigneur connu est Guillaume Ouvoie, cité en 1420, dont la fille épousa Guillaume, seigneur de Palluau (dans l’Indre), qui reçut ce fief en dot et qui avait ou prit le nom de Guillaume de Tranchelion ; ce dernier fonda une chapelle à côté du château en 1440 et obtint l’année suivante, du roi Charles VII, dont il était le chambellan, l’autorisation d’achever la fortification du lieu. On ne sait comment, la seigneurie passa en 1448 à Hardouin de la Touche, qui reçut plusieurs fois le roi Charles VII, comme l’indique la note suivante : « Le derrenier jour de juillet, l’an de grace CCCC XLIX (1449), le roi (Charles VII) estant au Rochestrenchelyon, fist assembler en sa présence les gens de son conseil »   

Hardouin de la Touche, panetier (officier du service de bouche) du roi Louis XI et conseiller du roi René d’Anjou, est cité comme seigneur des Roches-Tranchelion en 1448 et de Villaines-les-Rochers en 1480, eut comme enfants Lancelot de la Touche, cité comme seigneur des Roches-Tranchelion en 1508, père de François Lancelot de la Touche. et Antoinette de la Touche,  qui épousa en 1474 Philippe de Menou, chambellan du roi Louis XI, fils de Jean IV de Menou, chambellan du roi Charles VII.

François Lancelot de la Touche, seigneur des Roches-Tranchelion, épousa Charlotte de Maillé (née en 1511), sœur de Simon de Maillé, archevêque de Tours, et ils eurent pour fille Isabeau Élisabeth de la Touche (1530-1593). Après la mort de François Lancelot, Charlotte de Maillé épousa, en 1550, Jacques de Montgomery (1485-1560), qui avait épousé en premières noces, en 1521, Claude de la Boessière, avec qui il avait eu un fils : Gabriel I de Montgomery (1530-1574).

Isabeau Élisabeth de la Touche, dame des Roches-Tranchelion, épousa, en 1550, le fils du second mari de sa mère : Gabriel de Montgomery, capitaine de la garde écossaise, qui devint seigneur des Roches-Tranchelion.  

Gabriel de Montgomery
Gabriel de Montgomery

Ce dernier eut le malheur de blesser mortellement le roi Henri II au cours d’un tournoi : il émigra ensuite en Angleterre, puis se fit protestant et se mit du côté des huguenots pendant les guerres de religion ; il prit notamment et mit à sac la ville de Bourges en 1562, avant d’être fait prisonnier et exécuté en 1574. Il a laissé un graffiti dans la tour d’escalier de la collégiale.

Isabeau Élisabeth de la Touche et Gabriel de Montgomery eurent un fils : Jacques de Montgomery (1554-1609), seigneur des Roches-Tranchelion, qui épousa, en 1571, Perronelle de Champagne, avec qui il eut une fille : Marguerite de Montgomery (morte en 1606), qui épousa, en 1603, Jacques de Durfort (mort en 1626), marquis de Duras, qui devint seigneur des Roches-Tranchelion. Marguerite de Montgomery et Jacques de Durfort eurent un fils Guy Aldonce de Durfort (1605-1665),  seigneur des Roches-Tranchelion et d’Oigné (voir ci-après), qui épousa, en 1619, Élisabeth de la Tour d’Auvergne (1606-1685).

Par la suite, le fief passa à un allié de la famille : Gabriel Henri de Beauvau (1665-1738), marquis de Montgauger (Saint-Épain), seigneur de Crissay-sur-Manse, des Roches-Tranchelion et de Courcoué.

Plusieurs souterrains-refuges datant peut-être du Moyen-Âge mais utilisés avec certitude aux 16ème et 17ème siècles, existent sur le territoire d’Avon ; l’un d’eux, dans le bourg, au nord de l’église, comprend un puits et trois salles, dont une servit de pressoir.

En 1825, le village du Soulier, qui faisait partie de la commune de Saint-Maurice de L’Île-Bouchard, fut alors rattaché à Avon. Une tuilerie fut construite en 1857 au Petit Bois par Louis Potard-Huault, alors tuilier à Panzoult et elle fonctionna jusqu’en 1935. L’école de garçon, le presbytère et la salle de mairie furent construits en 1862 par l’architecte diocésain Gustave Guerin[5] ; l’école de filles, à l’entrée sud du bourg, date de 1884.

En 1871 l’armée loua à la commune les landes du Ruchard, dont la plus grande partie, après plusieurs procès avaient été attribuées à Avon, et y installa un camp militaire du Ruchard ; pendant la 1ère guerre mondiale, ce fut d’abord un camp d’internement pour les prisonniers allemands puis un centre de convalescence pour les soldats belges, dont 63 sont inhumés dans le cimetière communal, où se trouve un monument commémoratif ; pendant la seconde guerre mondiale, après avoir été un camp d’internement pour les prisonniers français de droit commun et pour les étrangers, il fut occupé par l’armée allemande ; En mai 1942, 5 jeunes communistes tourangeaux et 3 autres otages y furent fusillés ; en 1982, on installa une stèle (sur la route d’Azay-le-Rideau), qui garde le souvenir de ces premiers fusillés de Touraine (voir ci-dessous) ; par la suite de fausses isbas russes y furent aménagées pour des films de propagande ; agrandi après la guerre, le camp est toujours en activité.

En 1966, on découvrit près des Roches-Tranchelion, un trésor monétaire comprenant 214 pièces d’or françaises et espagnoles, dont la plus récente était de 1619 ; on ignore l’origine de ce trésor.

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