Le nom de cette commune apparaît vers 590, dans l’Histoire des Francs de Grégoire de Tours, sous la forme Briotreide, venant du gaulois briva (=pont) et treide (= pied) et pouvant signifier « le bout du pont » ou « le fort de la tête du pont », ce qui prouve, comme on le verra ci-après qu’il y avait là un pont sur le Cher, dès l’époque gauloise.

Le pont sur le Cher (février 2011)
Le pont sur le Cher (février 2011)

PATRIMOINE À VOIR

L’office de tourisme de Bléré (3 rue J.J. Rousseau, tél. 02 47 23 94 45) présente quelques outils : haches polies, perçoirs, grattoirs, couteaux, burins, du néolithique (voir note 1, page 3) découverts dans des ateliers de taille de silex se trouvant à La Folie (sud-ouest du bourg) et Fontenay (à l’ouest du bourg).

PATRIMOINE DÉCOUVERT

Du néolithique et de l’âge du bronze

Selon le site de la mairie des ateliers de taille de silex ont été découvert à La Folie et à Fontenay (voir ci-dessus).

Moule de l'âge du bronze (Gérard Cordier)
Moule de l’âge du bronze (Gérard Cordier)

Selon Gérard Cordier un moule de fondeur d’une hache de bronze a également été trouvé, mais il ne dit pas où (voir Quelques moules de l’âge du bronze in Bulletin de la Société Préhistorique Française, 59 11-12, 1962).

De l’âge du fer

La construction de l’autoroute A85 a entraîné des fouilles préventives, faites par l’INRAP, qui ont mis à jour deux sites de cette époque aux Fossés blancs et sur les pentes du Vaugerin (au sud de la commune). Voir les deux articles de Dorothée Lusson in Atlas Archéologique de Touraine, supplément à la Revue Archéologique du Centre de la France, 53, 2014.

Les Fossés blancs : trous de poteaux (D. Lusson)
Les Fossés blancs : trous de poteaux (D. Lusson)

Aux Fossés blancs, « la fouille a révélé une installation rurale du début de l’âge du Fer. Le site est occupé ensuite par une deuxième exploitation agricole, attestée par la présence d’un enclos, et datée de la fin de l’âge du Fer. Les vestiges de la première exploitation agricole de l’âge du Fer comprennent un puits à eau, une fosse de rejet de foyer, différentes zones d’épandage de déchets signalant la proximité d’une habitation, ainsi que cinq silos. Les activités domestiques sont notamment représentées par dix fragments de meules et deux fusaïoles en terre cuite. L’habitat de La Tène finale semble avoir été de courte durée, d’une à deux générations au plus. Deux phases d’occupation d’un enclos renfermant des fosses et des trous de poteau ont été identifiées. Les constructions sur poteaux plantés représentent des annexes (remises, granges ou greniers à plateforme de stockage surélevée). »

Vaugerin : fossé d'enclos (INRAP)
Vaugerin : fossé d’enclos (INRAP)

Sur les pentes du Vaugerin « le site, dont la fouille a révélé une exploitation agricole de l’âge du Fer, est implanté sur le versant de la rive gauche du ruisseau du Vaugerin. Trois périodes d’occupation ont été mises en évidence par l’étude céramique. Une première phase d’occupation aux 8e-6e s. avant notre ère est matérialisée par un bâtiment sur poteaux plantés et des fosses liées à des activités domestiques et/ou agropastorales. Il semble que le site soit abandonné ensuite pendant près de quatre siècles.

Vaugerin : carte (D. Lusson)
Vaugerin : carte (D. Lusson)

À la fin du 2e ou au début du 1er s. avant notre ère (La Tène finale), un réseau de fossés rectilignes est installé, marquant une délimitation des espaces fonctionnels. Les rejets domestiques retrouvés dans les fosses proches des bâtiments, qui présentent des plans et des superficies différentes, confirment l’usage de certains d’entre eux comme habitations. Le comblement des structures après leur abandon a livré des témoins de la vie domestique : vidanges de foyers, parois de four, restes de grains de céréales, de caméline et de noisettes. La présence d’éléments de mouture et de résidus de vannage atteste la transformation des récoltes. La consommation carnée est représentée par le bœuf, le porc et les caprinés. Le millet et l’orge sont les principales céréales cultivées, comme le montrent les études carpologiques. L’environnement proche semble être en culture. Plusieurs plantes sauvages attestent que prairies, milieux boisés et plantes se développent en milieu humide, conditions propices à l’élevage. Ecuelles, jattes et pots à cuire constituent le mobilier céramique. L’outillage est représenté par une hache à douille en fer. Trois monnaies gauloises et une attache de ceinture en fer sont issues des comblements d’une fosse. L’occupation de la fin du 1er s. avant notre ère jusqu’au début de notre ère marque le déclin du site. Le puits et la mare sont comblés. L’indigence des vestiges, qui ne correspondent qu’à des installations annexes d’un établissement agricole, ne permet pas d’apprécier la nature exacte du site, son étendue et son importance. »

Vaugerin : monnaies gauloises
Vaugerin : monnaies gauloises : potins à tête diabolique (INRAP)

De l’époque gallo-romaine

Des domaines agricoles existaient à Argy (à l’est, à la limite avec Francueil), toponyme venant de Aridiacus ou « domaine d’Aridius », à Villaine (au sud, près de l’autoroute), venant de Villanis, signifiant « (je vais) aux domaines », aux Villiers (au sud-est, près de l’autoroute), venant de Villaris ou « Domaine rural), au Pré des Renards, où une amphore du 1er s. avant JC a été découverte et la Cholterie (à l’ouest, avant Fontenay).

Ancienne voie à Fontenay (août 2011)
Ancienne voie à Fontenay (août 2011)

Deux voies gallo-romaines  se croisaient sur le territoire de Bléré : celle qui longeait la rive gauche du Cher et une voie qui reliait la vallée de la Creuse à celle de la Loire. Cette dernière voie, reprise ensuite sous le nom de Chemin d’Espagne, passait par la Folie (au sud-ouest du bourg) puis traversait le Cher, vraisemblablement sur un pont de bois, comme l’indique l’étymologie de Bléré et comme le signale l’abbé Bourassé en 1860 dans son Essai sur les voies romaines en Touraine, pour atteindre Finispont, sur la commune de La Croix en Touraine.

Ancienne voie à la Folie (février 2011)
Ancienne voie à la Folie (février 2011)

L’aqueduc de Fontenay : Selon Camille Liot (Voir Contribution à l’étude des aqueducs romains en Touraine, in Revue archéologique du Centre de la France, 3-1, 1964) cet aqueduc était alimenté par deux cours d’eau, l’un partant des Hautes Roches et se dirigeant vers le Cher en passant par la Fontaine Saint-Martin et l’autre, appelé le ruisseau de Fontenay, venant des sources de l’Herpenty et des Grandes Fontaines pour arriver à Fontenay.

 

Fontaine Saint-Martin (23 juin 2019)
Fontaine Saint-Martin (23 juin 2019)

 

Le ruisseau de Fontebay (juin 2019) NB :  le poteau indique l'emplacement de la ligne de démarcation entre 1940 et 1943.
Le ruisseau de Fontebay (juin 2019) NB : le poteau indique l’emplacement de la ligne de démarcation entre 1940 et 1943.

Selon le site de la ville, des vestiges (quatre piles et des morceaux de radier) sont visibles dans le parc du château de Fontenay. « Des fouilles faites en 1968 le long du chemin rural 9 ont dégagé un conduit rectangulaire, sommé d’une voûte, de 50 cm de large et 1 m de haut, dont les blocs calcaires sont maçonnés au mortier de chaux. »

Aqueduc de Fontenay à la Haute Roche (Touraine insolite)
Aqueduc de Fontenay à la Haute Roche (Touraine insolite)

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