HISTOIRE

Le site de Chaveignes a été occupé dès la préhistoire comme le montrent les silex paléolithiques découverts à la Pichardière ainsi que les outils néolithiques trouvés à Chizeray, à la Courtaudière ou au Verger.

Ferme de Chizeray (juillet 2016)
Le Colombier à Chizeray (juillet 2016)

Une grande hache à talon, de l’âge du bronze, avec un décor triangulaire, peut-être de fabrication locale, a été recueillie dans les années 1930 à la Ferrandière (au nord-est du bourg) et confiée à la Société Archéologique de Touraine.

grande hache à talon de la Ferrandière (BAVC 6.1)
grande hache à talon de la Ferrandière (BAVC 6.1)

Une petite hache plate également de l’âge du bronze, a été trouvée à la Grande Pierre (au nord-est du bourg), toponyme qui rappelle peut-être un mégalithe disparu.

n°11 hache plate de Chaveignes (Musée des AVC)
n°11 hache plate de Chaveignes (Musée des AVC)

Trois toponymes indiquent qu’à l’époque gallo-romaine, plusieurs domaines agricoles se trouvaient dans la région, comme Chaveignes même, venant Caviniacum ou domaine de Cavinius, Chizeray, venant Civiriacum ou domaine de  Civirius et Tablé (ancien fief), du gallo-romaine Tabuliacum ou domaine de Tabulius (le Caissier).

Le Colombier à Chizeray (juillet 2016)
Le Colombier à Chizeray (juillet 2016)

À Chizeray, le fait que la grosse ferme, appelée le Colombier, avec son pigeonnier-porche, soit largement située en-dessous du niveau de la route pourrait indiquer que cette dernière a été bâtie sur le site d’une villa gallo-romaine.

Vue générale de Chaveignes
Vue générale de Chaveignes

Des tuiles et des céramiques gallo-romaines ont également été découvertes à la Courtaudière lors de la sécheresse de 1976.

La Courtaudière (juillet 2016)
La Courtaudière (juillet 2016)

Le nom de Chaveignes n’apparaît qu’en 1247 mais celui de  Chizeray est cité, sous la forme Chiviriacum, dans la charte 96, de 1082, du Cartulaire de Noyers. Cette même charte cite la présence d‘un prieuré de Noyers à Champvent ainsi que les moulins de Guarnay, d’Anchier de la Rajasse à Champvent et de Thuet.

Moulin de Champvent (juillet 2016)
Moulin de Champvent (juillet 2016)

La charte 384, de 1112, indique que les moines de Champvent ont construit à côté du prieuré une chapelle dédiée à Saint-Nicolas. Il n’y a plus trace de ces constructions mais par contre, il reste le moulin, construit ensuite sur le Mable.

Champvent faisait partie de la paroisse du Sablon qui fut supprimée par ordonnance de l’évêque de Poitiers en date du 27 mai 1638 et partagée entre les paroisses de Richelieu et de Braye-sous-Faye. Il y eut cependant à la Révolution une commune du Sablon qui n’avait ni chef-lieu, ni église et comprenait les hameaux de Champ-Vent, La Maison Neuve, Le Buisson Penot, La Pichardière et qui fut rattachée à la commune de Chaveignes par ordonnance royale du 13 août 1823.

Chaveignes, vue de Purzon (juillet 2016)
Chaveignes, vue de Purzon (juillet 2016)

Il semble bien que la seigneurie ait d’abord appartenu à la famille de Brizay et la charte 231, de 1094, du cartulaire de Noyers, cite un Payen de Brizay.

En 1434, le seigneur de Chaveignes est Nicolas Ribot, maître d’hôtel de la reine Marie d’Anjou, qui fonda en 1430 la chapelle du Pardon, à Chinon.

En 1477, Guillaume de Clermont, seigneur de Chaveignes et de MaulévrierLerné) vend Maulévrier à Jacques Odart, baron de Curçay, seigneur de Sammarçolles (dans la Vienne) et chambellan du roi Louis XI.

Moulin de Thuet (juillet 2016)
Moulin de Thuet (juillet 2016)

En 1631, la seigneurie de Chaveignes, qui appartenait alors à la famille Becdelièvre, fut incorporée au duché de Richelieu.

Au 19ème siècle, la commune de Chaveignes comptait neuf moulins dont huit sur la Veude : le moulin Pinsard, le moulin Blanc, (appelé moulin Gilbert au milieu du 18ème siècle), le moulin de Thuet (ancienne propriété du monastère de Noyers), les moulins de l’Anglée, de Chauvin, de Verrières, Achard, Aillon et le moulin de Champvent (sur le Mable). Il existait également alors trois tuileries.

Vue du point culminant (juillet 2016)
Vue du point culminant (juillet 2016)

Un beau panorama peut-être vu du  plateau de Purzon, qui culmine à 117 mètres.

2 ont commenté “Chaveignes

  • Thierry Teinturier a écrit le :

    Entre le nom de Chaveignes et celui de Chinon vous avez oublié Cheillé.. Mais vous ne pouvez pas présenter tous les villages de Touraine non plus.. C’est un sympathique village où régnait la tranquillité à cette époque. J’imagine que c’est la même chose aujourd’hui.

    Je traversais ce petit bourg à vélo ou à pieds, mon vélo à coté de moi, lorsque depuis Tours je partais les lundis matin pour rejoindre mes collègues ouvriers forestiers dans la forêt de Chinon. Je prenais une Micheline qui faisait la ligne d’Azay le Rideau, demandais au conducteur l’arrêt de Cheillé, puis m’engageais vers le village et la forêt. Ce fut une surprise de découvrir, à mon premier voyage, les ramures du chêne qui pousse dans le mur de l’église ! Je passais par la Croix ensuite, abordais le château de la Roche et entrais dans les bois. Le vendredi soir je prenais la Micheline à la gare de St Benoit, passant parfois près de l’abbaye de Turpenay, parfois m’y arrêtant si j’avais de l’avance, toujours admiratif de ses vieux murs.

    Je découvrais au fil des mois un minuscule chemin, très sinueux, dit de Jeanne d’Arc d’après les anciens forestiers, qui rejoignait St Benoit depuis Cheillé, vis d’anciennes mines de fer, une succession d’excavations plus ou moins profondes remontant aux temps gaulois me disait-on, des lieux confirmés plus tard par le service archéologique régional, puis découvris un jour le fort des Anglais dont, si ma mémoire est bonne, on pouvait voir quelques traces des anciens fossés, mais je ne suis pas sûr. Un fort dont vous parlez je crois dans l’un de vos articles à propos d’une voie antique qui traverse la forêt par le Sud.

    Quelle est son origine, fut-il construit par des troupes anglaise lors de la guerre de Cent ans ou est-il antique, je ne sais pas et je n’ai pas votre ouvrage près de moi.

    Dans la semaine, l’unique auberge de Villaines les Rochers était mon bivouac, ayant loué une chambre. J’avais une bonne côte à avaler avant d’atteindre la forêt, passant par la ferme de St Hubert la plupart du temps. Plus tard je trouvais un logement dans l’ancienne maison de l’argentier du roi Louis XI ( je crois) à Rigny Ussé, non loin du Château. L’argentier de Louis XI ? Je lorgnais parfois en direction de la vaste cheminée, hélas bouchée.. N’était-ce pas dans les cheminées qu’on cachait les louis d’or ?

    Depuis Rigny Ussé, je me rendais en forêt par le vieux bourg de Rigny. Là était l’ancien village gaulois, là se trouvait le gouffre perdu, la belle église où l’on pouvait pénétrer par une petite porte vermoulue. Elle est restaurée aujourd’hui.

    Rigny, Villaines, Cheillé, les beaux villages..

    Répondre
  • Thierry Teinturier a écrit le :

    L’église est restaurée et…la petite porte autrefois vermoulue elle aussi bien sûr ! Je conseille à qui ne la connait pas de venir admirer cette superbe église dont on peut lire une approche de sa vieille histoire sous la plume internet de Mme Elizabeth Zadora-Rio, une archéologue médiéviste. Je ne suis pas surpris d’apprendre qu’une première église fut édifiée aux temps charnières du passage des Mérovingiens aux Carolingiens.

    Pour la petite histoire qui me fait encore sourire, la première fois que j’y pénétrais, piqué par la curiosité je descendis d’énigmatiques marches situées là où devait être l’autel auparavant. Ce que j’avais pris pour une sombre crypte était un bassin empli d’eau. Descendu franco je fus quitte pour un très soudain bain de pieds ! La curiosité est un vilain défaut, je le sais bien pourtant…

    Il y avait donc une source sous le bâtiment et on peut imaginer qu’elle pouvait être sacralisée dans les temps gaulois. Peut-être..

    Je ne me rappelle pas y avoir vu des fresques. Elles ont été restaurées elles aussi lors du grand chantier archéologique qui fut mis en place après 1980. J’y retournerai, mais avec un guide puisque c’est possible avec l’association qui est à l’origine du sauvetage de l’église. Je reverrai la tranquille vallée de la Riniaco colonica comme se nommaient, paraît-il, ces lieux habités, aux temps carolingiens.

    Répondre

Laissez un commentaire

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong> 
requis