Le nom de cette commune apparaît pour la première fois en 1141, dans le cartulaire de l’abbaye de Turpenay (Saint-Benoît-la-Forêt) sous la forme Challeium, que l’on fait venir habituellement du gallo-romain Calliacus ou « domaine du Beau » mais, selon le site de la commune, ce toponyme viendrait du pré-gaulois Citaliacum signifiant « endroit caillouteux ».

chc3aane-de-cheillc3a9-carte-postale-ancienne-3

PATRIMOINE À VOIR

 

De l’époque gallo-romaine :

La Rémonière : cette propriété privée, où il y a des chambres d’hôtes peut éventuellement être visitée en contactant les propriétaires, Mesdames Chantal et Carole PÉCAS au 02 47 45 45 69 ou au 02 47 45 24 88.

la Rémonière (mai 2011)
la Rémonière (mai 2011)

La première mention de ce fief apparaît en 1639 sous la forme Romonnière, puis en 1710 sous la forme Remonnière mais il se peut que la première forme ait été Romainière. Sur ce site, voir l’article du baron Henry Auvray (1878-1947) : Azay-le-Rideau gallo-romain, in Bulletin de la Société Archéologique de Touraine, 29, 1944.

La Rémonière (août 2011)
La Rémonière (août 2011)

Les premières découvertes remontent aux années 1799/1800 avec la découverte du tombeau d’une femme dénommée Secunda ; des fouilles faites ensuite ont mis à jour des ruines importantes de ce qui était, soit un très grand domaine, soit même une agglomération secondaire, avec un temple, un théâtre et des thermes. Le plan du temple et des bâtiments annexes a été établi par le baron Auvray et publié par l’historien Michel Provost dans la Carte archéologique de l’Indre-et-Loire (Académie des Inscriptions et Belles Lettres, 1988).

La Rémonière (plan H. Auvray)
La Rémonière (plan H. Auvray)

Le château lui-même a été construit sur un bâtiment gallo-romain, comme le montre la base, édifiée en opus vittatum (forme de parement antique fait de petits moellons rectangulaires, disposés en assises régulières alternées).

La Rémonière (août 2011)
La Rémonière (août 2011)

Ces fouilles ont mis à jour de nombreuses trouvailles, notamment :

            Un objet en ambre qui est une allégorie représentant Amour conduisant un bouc tirant un char à quatre roues dans lequel figurent deux personnages, interprétés comme Vieillesse et Volupté.

Amour conduisant un char (photo H. Auvray)
Amour conduisant un char (photo H. Auvray)

            Une bague sceau avec une allégorie représentant Diane, dont la tête est surmontée d’un croissant, tenant un fouet et conduisant un char tiré par deux taureaux.

Bague-sceau (photo H. Auvray)
Bague-sceau (photo H. Auvray)

            L’inscription suivante SECVNDA C.NERONIS FECIT SIBI ET CONIVGI ET FILIO SVIS signifiant Secunda, épouse de Caius Neron, a fait (ce monument) pour elle-même, pour son époux et pour son fils (et) les siens.

Inscription (photo H. Auvray)
Inscription (photo H. Auvray)

            Trois colonnes monolithes, qui sont maintenant dans le vestibule du château mais que le baron Auvray considère comme étant de l’époque romane.

Intérieur de la Rémonière
Intérieur de la Rémonière (carte postale)

PATRIMOINE DÉCOUVERT

Gérard Cordier, dans un article intitulé Quelques lumières sur le très vieux passé de Cheillé, paru dans Le Bulletin des Amis du Vieux Chinon, 9.2, 1998, fait l’inventaire de toutes les trouvailles faites à Cheillé, notamment par Jacques Maurice, qui fut instituteur dans cette commune de 1933 à 1948.

Notons que la plupart des trouvailles sont situées dans un cercle d’un km de diamètre, à l’est du bourg où l’on trouve les lieu-dits suivants, indiqués sur la carte IGN : le Vaujoin, la Poterie, Maison Rouge, Baigneux-le-Haut, le Maupas, ainsi que les lieudits, non indiqués : la Grande Marion et la Côte des Cercueils. Certains veulent voir dans ces endroits le site primitif de Cheillé.

Du paléolithique :

Deux bifaces ont été recueillis à 300 mètres du château de la Cour au Berruyer (au sud du bourg), indiquant peut-être les vestiges d’un campement de cette époque et un autre biface, a été trouvé à la Touche, (la Chapelle Saint-Blaise).

biface, hache polie et hache à talon (dessin G. Cordier)
biface, hache polie et hache à talon (dessin G. Cordier)

Du néolithique :

On a découvert : un polissoir, dans les matériaux de démolition de vieux murs du château de la Cour au Berruyer, une moitié d’herminette (hachette pour travailler le bois) polie en silex blond, une petite hache polie en dolérite (roche éruptive dense, dure et massive), près du cimetière du bourg, deux haches polies et des silex taillés, en 1950, à la Grande Marion (près de Vaujoin).

polissoir du château de la Cour (dessin G. Cordier)
polissoir du château de la Cour (dessin G. Cordier)

Par ailleurs, plusieurs toponymes indiquent des mégalithes possibles : Pierre Rouge (dans la forêt au sud du bourg), la Borne (à le Chesnier, au sud-ouest de la Chapelle Saint-Blaise) la Roche (au sud-ouest du bourg), la Pierre qui tourne (vers les Vallées, au sud du bourg, où il y a de très nombreuses habitations troglodytiques).

De l’âge du bronze : on a découvert, en 1896, au lieu-dit la Côte des Cercueils (voir ci-dessus), une hache à talon, de type breton, mal formée suite à un fort décalage transversal des valves du moule.

De l’époque gauloise :

Trois pièces de monnaie du type TYRONNOS/TRICOS  ont été découvertes dans la région de Maison Rouge (voir ci-dessus).

Le fort des anglais (photo JM Couderc)

Par ailleurs, Jean-Mary Couderc signale dans les Bulletins de la Société Archéologique de Touraine, 40, 1982 et 1984, deux enceintes gauloises repérées dans la forêt de Chinon, la première au Fort des anglais (au sud de la Chapelle Saint-Blaise) est légèrement trapézoïdale avec des fossés de 4 à 5 m. de large, dont les terres ont été rejetées à l’extérieur et à l’intérieur pour former talus et avec une entrée unique à travers le rempart ouest ; la seconde au Maupas (au sud de Baigneux-le-Haut) forme un rectangle de 90 m. sur 75 m. avec une entrée dans la partie centrale, à l’ouest et une petite porte sur le côté sud ; pendant longtemps, ces enceintes ont été interprétées comme des forts anglais du 15ème siècle !

Le Maupas (dessin JM Coudrerc)
Le Maupas (dessin JM Coudrerc)

De l’époque gallo-romaine : 

Toujours dans la région de Maison Rouge (voir ci-dessus) : on a trouvé très nombreux tessons de tuiles et de poteries communes, fines et sigillées ainsi qu’un brûle-parfum, fermé par un couvercle à charnière, orné d’un guerrier casqué portant un bouclier.

brûle-parfum (dessin du fils de J. Maurice)
brûle-parfum (dessin du fils de J. Maurice)

À la Grande Marion (près de Vaujoin) : 4 gros blocs rectangulaires, encadrés par 4 murs, constituent sans doute les vestiges d’un pressoir à vin du 2ème siècle après JC. Ce pressoir a été reconstitué par Jacques Maurice et offert au Musée des vins de Touraine, à Tours, malheureusement fermé depuis 2013. Voir l’article de J. Maurice : Une hypothèse sur les pierres de Cheillé, in Bulletin des Amis du Vieux Chinon, 5.3, 1948.

Pressoir (dessin J. Maurice)
Pressoir (dessin J. Maurice)

À la Grande Marion également : on a découvert un fond de vase avec l’inscription GEMENIA indiquant qu’il s’agit d’une œuvre du potier Gemenius, actif à Lezoux au 2ème siècle après JC ainsi que deux pièces de monnaie, une d’Hadrien (empereur de 117 à 138) et une autre de Marc-Aurèle (empereur de 161 à 180).

Selon Jean-Mary Couderc, des domaines agricoles existaient à la Côte des Cercleux (voir ci-dessus), où des murs et une structure rectangulaire ont été découverts dans les vignes ainsi qu’à la Poterie (à l’est du bourg), où l’on a trouvé du matériel romain et deux enceintes à fossés. Référence électronique Jean-Mary Couderc : Le Chinonais », ADLFI. Archéologie de la France – Informations [En ligne], Centre.

Un autre domaine existait peut-être à Javesnon (au sud de la Chapelle Saint-Blaise) venant de Javenonem ou « propriété de Javenus ».

Deux voies gallo-romaines  traversaient le territoire de Cheillé : celle qui suivait la rive gauche de l’Indre, qui passait non loin de la Rémonière, et une voie qui allait de Chinon à Tours, dite Via Vetuta (l’ancienne voie) et continuée, à l’extrême-sud de la commune actuelle et à la limite avec Villaines-les-Rochers (voir cette commune), par une route, qui passe à Javesnon. Ces deux voies se croisaient au Gué droit (commune de Saché).

Laissez un commentaire

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong> 
requis