Le nom de cette commune apparaît pour la première fois en 915, dans une charte de l’abbaye Saint-Julien de Tours, sous la forme Terra Sancti Medardi ou « Terre de Saint Médard ». La paroisse porta ensuite les noms suivants : parrochia Sancti Medardi de Pila (1247), Sanctus Marcius (1272), Sainct Mars de la Pile (1482), Sainct Médard de la Pile de Cinq Mars (1494), Saint Médard de Cinq Mars de la Pile (1688), La Ville de Cinq Mars (1694), Cinq Marcqs de la Pile (1722).

Cinq-Mars-la-Pile (photographie aérienne de Jacques Dubois)
Cinq-Mars-la-Pile (photographie aérienne de Jacques Dubois)

PATRIMOINE À VOIR

La pile : ce monument remarquable, haut exactement de 100 pieds romains (29,40 m.), et construit en moellons, avec un parement de douze panneaux de briques polychromes, tournés vers la Loire, dans la partie supérieure, a suscité de très nombreuses interprétations !

Aquarelle de F.R. de Gaignières (1699)
Aquarelle de F.R. de Gaignières (1699)

L’étude la plus récente est celle d’Emmanuel Marot, intitulée : La pile gallo-romaine de CinqMars-la-Pile (Indre-et-Loire) : réexamen du dossier à la lumière des récentes découvertes et publiée dans Revue archéologique du centre de la France, Tome 47, 2008.

(référence électronique http://cdn1_3.reseaudescommunes.fr/cities/592/documents/e4p1ry7nryxne.pdf.

La Pile (août 2011)
La Pile (août 2011)

Voici la conclusion de cette étude : « Malgré l’absence de preuves matérielles in situ, la pile de Cinq-Mars doit résolument être vue comme un édifice à vocation funéraire, hypothèse qu’on avance également pour la terrasse monumentale plus au nord (mausolée ?) et pour la statue découverte (captif au sein d’un groupe statuaire ?). Mais là n’est pas sa seule destination : en effet, elle s’intègre à ce que l’on propose de considérer comme un même ensemble architectural construit pour affirmer plus largement l’honorabilité d’une famille. C’est tout d’abord un lieu de mémoire où un cercle familial honore un aïeul vénérable dont on glorifie ce qu’on croit être un haut fait militaire au service de Rome. C’est aussi, évidemment, une mise en scène monumentale pour afficher une puissance économique et sociale et, enfin, pour revendiquer une culture romaine. En conséquence, il s’agit d’une œuvre destinée à être vue et lue et qui attesterait, pour la première fois dans la cité turonne, la présence d’une élite, au passé militaire certainement très glorieux, pour la seconde moitié, voire la fin du IIe s. et la première moitié du IIIe s. après J.-C. Autour de ces différents éléments, il demeure encore beaucoup d’incertitudes. Certaines, d’ordre chronologique, fonctionnel, voire architectural, demeureront et sont la conséquence de l’érosion qui a affecté le site. D’autres devront, à court terme, être levées : en ce sens, on souhaite désormais que les spécialistes de la statuaire antique s’emparent de cette découverte et qu’ils valident l’une ou l’autre des hypothèses d’identification, qu’il s’agisse d’un Jupiter-Sabazios ou, comme on le privilégie, d’un captif oriental. Au terme de cette étude, le problème ne paraît plus être tant celui de la pile que, désormais, celui de son environnement, du ou des personnages derrière cet édifice : qui, si ce n’est un très haut personnage, peut s’afficher de la sorte ? Le futur des recherches archéologiques sur ce dossier devra donc également être mené dans ce sens, en tentant par exemple de localiser précisément, et, espérons-le de fouiller, l’habitat en relation avec la pile. »

La statue du captif barbare (Dace ou Parthe)
La statue du captif barbare (Dace ou Parthe). Actuellement au Musée du Grand Pressigny

PATRIMOINE DÉCOUVERT

De l’époque gauloise :

Des pièces de monnaies gauloises ont été découvertes au lieu-dit les Quarts, juste au-dessus de la Pile.

Octave Bobeau (1857-1937) mentionne, d’une part la découverte de monnaies gauloises et de constructions rondes en pierre sèche, d’autre part des maçonneries, des tuiles à rebord et de la céramique, au lieu-dit Les Masures (au nord du bourg).

De l’époque gallo-romaine :

Des pièces de monnaies de Marc-Aurèle ont été trouvées au pied de la pile et d’autres, de Postumus, sous le château, où se trouve également des vestiges de constructions gallo-romaines.

D’autres vestiges (tuiles, restes de maçonnerie, céramiques, sépultures, etc.) laissant supposer l’existence de domaines ont été vus à l’Audrière (ouest du bourg), aux Hautes-Babinières (nord de la Pile), aux Blais (nord-ouest du bourg) et aux Mesnils (ouest du bourg). Un autre domaine se trouvait vraisemblablement à Chemilly (ouest du bourg, à la limite avec Langeais), venant de Camilliacus ou « domaine de Camilius ».

La Table de Peutinger
La Table de Peutinger

La grande voie qui reliait, en longeant la rive droite de la Loire, Orléans (Cenabum), une des deux capitales des Carnutes et Angers (Juliomagos), la capitale des Andécaves, via Caesarodunum, est sans doute reprise aujourd’hui par le Chemin bas de la Pile, nommé la Levée dans une aquarelle de 1699 faite par François Roger de Gaignières.

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