La Mabilière

Ce fief est cité pour la première fois en 1438, lorsque Jean V du Bueil, comte de Sancerre, amiral de France en 1450, mort en 1477, seigneur de Faye-la-Vineuse accorda à son vassal Jehan Poret (né vers 1410) le droit de fortifier la Mabilière.

Ces fortifications existaient encore en 1639 alors que la Mabilière appartenait à Hector Pierres, seigneur de Narsay (voir ci-après).

Par la suite, le roi Charles VII accorda à Jehan Poret des lettres de rémission pour le meurtre de Casin Lenfant, originaire de Picardie, homme violent qui l’avait menacé à plusieurs reprises.

La Mabilière. Photo André Montoux (1984)
La Mabilière. Photo André Montoux (1984)

Deux de ses frères : Thévenin et Louis Poret avaient été tués en 1423 lors de la catastrophique bataille de Cravant (dans l’Yonne), qui, pendant la Guerre de Cent ans, se termina par l’écrasante victoire des armées bourguignonne et anglaise sur l’armée du roi de France.

À la fin du 15ème siècle, le fief de la Mabilière passa à la famille Butan puis de Butan, descendant de Michel II Butan, seigneur de Preugny et de la Mabilière.

Son arrière-petit-fils : Pierre II de Butan (mort en 1599), seigneur de la Mabilière et de Preugny, épousa Louise de Saint-Jouin. Leur fille Gabrielle (morte en 1610) épousa en 1599 Josias de Pierres. Devenue veuve, Louise de Saint-Jouin épousa Guy de Pierres, père de Josias (voir ci-après).

Jean de Butan, fils de Pierre II, seigneur de la Mabilière et de Preugny, épousa en 1610 Suzanne de Lescure.  Leur fille, prénommée comme sa tante, Gabrielle de Butan (morte en 1673) épousa en 1639 Isaac de Gébert, fils de Jean de Gébert, seigneur de Noyant (voir Anché 12 et Ligueil 9).

La Mabilière. Mars 2016
La Mabilière. Mars 2016

Guy de Pierres avait épousé en premières noces Jeanne de Montléon (morte en 1599), fille de Louis de Montléon, seigneur de Narçay (voir Cravant).

Leur fils Josias de Pierres, veuf de la première Gabrielle de Butan, épousa en 1610 Nérée Courault. La famille de Pierres était adepte de la religion réformée, ce qui explique sans doute l’inscription des Commandements de Dieu sur la cheminée de la grande salle de la Mabilière.

De son premier mariage, Josias de Pierres eut Hector de Pierres, seigneur de Narçay et de la Mabilière.

De son second mariage, il eut Josias II de Pierres, Daniel de Pierres, seigneur de Narçay et Cassandre de Pierres qui épousa François de Messemé, seigneur de Talvois (voir Nouâtre).

Josias II de Pierres eut une fille Anne Suzanne de Pierres (1664-1731), qui abjura le protestantisme peu avant son mariage, en 1680, avec Isaac II de Gebert, fils d’Isaac de Gebert et de la seconde Gabrielle de Butan (voir Noyant-de-Touraine).

Daniel de Pierres eut deux fils : Daniel II de Pierres qui épousa en 1662 Marie Agnès Drouin, fille de François Drouin, seigneur de l’Olive et de Noiré à Chinon, ainsi que Gédéon de Pierres épousa en damoiselle Claude de Beauvau, fille de Louis de Beauvau, seigneur de Courcoué.

Isaac II de Gébert (1647-1694) épousa, comme nous l’avons vu, Anne Suzanne de Pierres et leur fils Isaac Prosper de Gébert (1692-1765) épousa Marie Elisabeth de Gréaulme, fille aînée de Pierre Paul de Gréaulme, seigneur de Pont (Razines).

Leur fils : Pierre Isaïe de Gébert, né en 1728, eut deux filles : Thérèse Antoinette Armande de Gébert, épouse de Louis Joseph de Mangin d’Hermantin et Perrine Rosalie Jeanne Marthe de Gébert, épouse de François Louis de Mauvise. Les deux sœurs se partagèrent puis vendirent les biens de leurs parents.

Cheminée et Décalogue. Photo André Montoux (1984)
Cheminée et Décalogue. Photo André Montoux (1984)

Après avoir été vendue brièvement, en 1728, à François de La Fouchardière, La Mabilière fut revendue à Charles Drouin, seigneur de Courcoué (voir histoire).

Ce Charles Drouin eut un fils, Louis Charles Drouin (1753-1837), qui fut maire de Parçay de 1807 à 1812 ; sans enfant, celui-ci légua ses biens à son neveu Charles Drouin (1786-1844), fils de son frère Guillaume.

Cet autre Charles Drouin, conseiller d’arrondissement de Chinon, mourut en 1844 à la Bellonière à Cravant. Il avait épousé Marie-Madeleine Voisine de la Fresnaye (dont descend le chanteur canadien Roch Voisine), décédée en 1848 ; tous les deux sont enterrés à Cravant. Ils eurent une fille unique Julie Drouin (morte en 1885), qui avait épousé, en 1834, Jacques Louis de Fadate (mort en 1888). Ils eurent deux enfants, l’aîné Edmond Jacques de Fadate-de-Saint-Georges et Raoul Jacques Patrice de Fadate-de-Saint-Georges, qui furent tous les deux propriétaires de la Mabilière.

Edmond Jacques de Fadate-de-Saint-Georges naquit à la Bellonnière en 1835.

Raoul Jacques Patrice de Fadate-de-Saint-Georges, né à Tours en 1838, possédait également le château de Cornançay, à Épineuil-le-Fleuriel  (dans le Cher), qui a inspiré le « domaine mystérieux » du Grand Meaulnes. Il décéda en 1893 et laissa  pour seul héritier Louis Marie Charles Jacques, vicomte de Fadate-de-Saint-Georges (né en 1869), qui, en 1895, vendit la Mabilière à Louis Fabre.

Les petits-enfants de Louis Fabre vendirent la Mabilière, en 1972, à madame Kuhl-Lumeau. Celle-ci, fille de Maître Lumeau, notaire à Chinon, était mariée à un ressortissant allemand. Ils laissèrent la Mabilière à l’abandon pendant sept longues années. Désertée, ouverte à tous vents, les bâtiments squattés furent rachetés et restaurés en 1979 par les actuels propriétaires.

Voici une description de la Mabilière, faite par André Montoux dans Vieux Logis de Touraine :  » C’est un ancien château qui relevait jadis de la baronnie de Faye-la-Vineuse, et qui, en 1639, possédait trois tours crénelées. On accède à la cour au midi par une entrée charretière entre deux piliers dont l’un à côté de la porte piétonne est consolidé par un contrefort ».

Dans la cour à l’ouest, une dépendance s’appuie sur un pan de mur incurvé portant au sommet quatre rangées de six boulins avec cordon d’appui à la base, fragment d’un colombier cylindrique encore visible en 1945. De l’extérieur, elle a encore l’apparence de ce qu’elle fut à l’époque : l’une des trois tours qui fortifiaient la Mabilière, celle-ci s’étant écroulée en 1956 lors du mariage d’une fille Fabre.

Ancienne tour de la Mabilière. Mars 2016
Ancienne tour de la Mabilière. Mars 2016

Dans une autre servitude, on remarquera un four à pain ayant curieusement deux bouches donnant chacune dans un bâtiment différent. »

À l’intérieur, une vaste salle est chauffée par une imposante cheminée du 17ème siècle. Son trumeau quadrangulaire entouré de moulures en bas-relief, porte en lettres d’or sur fond noir et sur deux colonnes en lettres capitales : « LES DIX COMMANDEMENS DE LA LOI DE DIEV EXODE XX ». Le septième commandement relatif à la luxure  s’énonce ainsi : « TU NE PAILLARDERAS POINT ». L’inscription se termine par : « LE SOMMAIRE DE TOVTE LA LOI. MATTHIEV ».

 

Décalogue de la Mabilière
Le Décalogue de la Mabilière

4 ont commenté “Courcoué

  • TEMPÉ Philippe a écrit le :

    Ma Grand-mère, Yamina Collet, fille de Jeanne, Marie-Louise Brisson, elle même fille de Marie Le Brun de la Messardière, possédait un tableau représentant une partie de la généalogie de la famille de Cabaret.
    Il y avait sur ce tableau le texte suivant : Dieu est mon seul appui. Je n’ai recours qu’a lui. Je ne parle de lui à la volée. …… …… Tous ceux qui ont dit le contre ont manty.
    Ce tableau a disparu de chez mon frère après un déménagement à Bordeaux. Qui en est le détenteur actuel ? Il l’a peut-être acquis, de bonne foi, chez un antiquaire ou dans une brocante ? J’aimerai savoir. Si vous savez, merci de me renseigner.
    Nota : Par ma mère, je suis un arrière-arrière petit-fils de Marie Lebrun de La Messardière.
    Philippe Tempé.

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  • Pelletier Francis a écrit le :

    Jacques de Baignan et Françoise Goulard son deux de mes ancêtres. Leurs fils Pierre est aussi un de mes ancêtres, mais ensuite il faut s’intéresser à ses enfants de premier lit avec Catherine de Ballisam ( leur fille Lucrèce de Baignan) pour continuer ma ligne généalogique. L’ascendance des « De Baignan » remonte à la nuit des temps généalogiques et on y trouve du beau monde, et du moins beau. J’ai plus de mal à « remonter » la lignée « De Baigneux » et Goulard. Si vous avez des infos, elles m’intéressent. Sinon, merci pour ce court article qui évoque leur mémoire.

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