Histoire

Le nom de cette commune apparaît pour la première fois en 1123 sous la forme Cravant dans le cartulaire de l’abbaye de Bourgeuil, puis en 1127 sous la forme Crevent dans la charte 458 du cartulaire de l’abbaye de Noyers ; selon certains ce toponyme viendrait du celtique et signifierait endroit pierreux mais selon d’autres il viendrait du patronyme gallo-romain Creventius.

 

PATRIMOINE DÉCOUVERT

La région de Cravant a été étudiée par de nombreux historiens et archéologues, parmi lesquels on peut citer :

Hache polie trouvée près du Moulin à tan

Gustave de Cougny, auteur de Chinon et ses environs (1898)

Fernand de Saint-Exupéry, grand-père d’Antoine de Saint-Exupéry, qui séjourna longtemps à Sonnay dans les années 1900 et qui publia de nombreux articles, parus dans les Bulletins de la Société Archéologique de Touraine.

Et surtout Jean-Mary Couderc, auteur de La Touraine insolite (1989) et de plusieurs articles parus dans le Bulletin des Amis du Vieux Chinon (8.4, 1980) et dans les Bulletins de la Société Archéologique de Touraine (39, 1981 et 40, 1982).

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Ces auteurs signalent notamment des silex taillés du paléolithique, des burins et des nucléus du mésolithique, des alignements de pierres, des couteaux, des ciseaux et des haches du néolithique, des enceintes protohistoriques.

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Cependant c’est principalement à l’époque gallo-romaine que cette région fut largement occupée.

carte JM Couderc ; annotations PMD
carte JM Couderc ; annotations PMD

Gérard Cordier et Thomas Boucher, dans un ouvrage intitulé Préhistoire, protohistoire et gallo-romain dans les collections des Amis du Vieux Chinon (2006), indiquent 43 sites gallo-romains répertoriés sur le territoire actuel de la commune de Cravant et Jean-Mary Couderc a fouillé méthodiquement une vingtaine de ces sites.

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Ces fouilles ont principalement mis à jour de très nombreux fragments de tuiles, de céramique commune et sigillée, de verrerie, des éléments de métiers à tisser, des pièces de monnaies romaines ainsi que des traces indéniables des habitats, dans lesquels résidaient les personnes qui exploitaient le minerai de fer de la région.

fibule zoomorphe (AVC)
fibule zoomorphe (AVC)

Quant aux collections du Musée du Vieux Chinon (aujourd’hui le Carroi), elles contiennent trois fibules, dont une, du 1er siècle après JC, en forme de poisson, trouvée près de la Varenne, au sud du bourg, des fragments d’applique, un manche de clef en cuivre et une lampe à huile, du 5ème siècle après JC, d’inspiration chrétienne, provenant de Tunisie et découverte à la Bellonnière, au sud du bourg.

lampe à huile de la Bellonnière (AVC)
lampe à huile de la Bellonnière (AVC)

À cette époque, trois voies traversaient le territoire de cette commune :

une voie allant de Loudun à Tours (dite via vetuta ou ancienne voie), qui traversait la Vienne au gué de la Motte, en face de Rivière, à la limite entre Cravant et Chinon,  

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une voie qui suivait la rive droite de la Vienne,

Ancienne voie suivant la rive gauche de la Vienne, entre Panzoult et Cravant (mars 2011)
Ancienne voie suivant la rive gauche de la Vienne, entre Panzoult et Cravant (mars 2011)

et une voie secondaire allant de Chinon à Sainte-Catherine-de-Fierbois.

Ancienne voie (GR 48) à Cravant (mai 2013)
Ancienne voie (GR 48) au Moulin à tan (mai 2013)

Des domaines agricoles existaient certainement à Givré (ouest du bourg), venant de Gabriacus ou « domaine de Gabrius » (patronyme gaulois = la Chèvre), à la Croix-Beugny (sud-ouest du bourg), venant de Buniacus ou « domaine de Bunius » (patronyme gaulois = le Navet) ; à le Morillés et les Morillés (sud-ouest du bourg), venant de Mauriliacus ou « domaine de Maurillius » ; à Narçay (ouest du bourg), venant de Nartiacus ou « domaine de Nartius » ; à Poizay (fief cité en 1639), venant de Posiacus ou « domaine de Posius » et à Sonnay (ouest du bourg), venant de Sunniacus ou « domaine de Sunna » (patronyme gaulois = le Soleil), considéré par certain comme un ancien oppidum gaulois. Voir après pour tous ces lieux.

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Le premier seigneur connu est Geoffroy, dit Foucaud, cité en 1045 ; les seigneurs suivants furent Raoul de Cravant (cité en 1089), Geoffroy le Roux époux de Jeanne, fille de Péloquin, seigneur de L’Isle-Bouchard (voir cette commune), cité en 1134, puis Pierre Achard, seigneur de Pommiers (près de Chinon), qui participa à la bataille de Bouvines en 1214 et qui était le fils de Pierre Achard, gouverneur de Poitiers.

En 1224, la seigneurie passa à Guillaume II de Marmande[1] (1195-1257), dont les descendants furent également seigneurs de Chezelles (voir cette commune avec une généalogie). Parmi les descendants de Guillaume II de Marmande, on peut noter Jean III de Sancerre (1334-1402), qui fut chambellan de Charles VI ainsi que sa fille : Marguerite de Sancerre (1355-1418), qui eut quatre époux ; le dernier Jacques de Montberon, se rallia au duc de Bourgogne Jean sans peur, qui le nomma maréchal de France en 1418.

Après la mort de Marguerite de Sancerre, la seigneurie de Cravant échut à un de ses cousins Jean de Maillé (mort en 1426) puis au fils de ce dernier : Moreau de Maillé, tué en 1424 à la bataille de Verneuil (Normandie) puis au fils de Moreau de Maillé : Jacques de Maillé, époux de Blanche Bellier, dame de Chezelles (voir cette commune). La seigneurie passa ensuite à René de Mauléon (ou Montléon), époux de Guillemine de Maillé, fille des précédents, puis à leur fils Louis de Mauléon qui eut trois filles : Jeanne, qui épousa Guy de Pierres en 1565 (voir Anché 12), Marie, épouse de Christophe de Chezelles et Simone, épouse de Pierre de Guyneuf, seigneur de la Tesserie (voir ci-après), cité en 1595 comme ayant vendu une maison à Jean Le Nain, secrétaire du roi en 1597 et membre du Parlement de Paris en 1604, à qui appartint ensuite la seigneurie de Cravant.

Au 17ème siècle, la seigneurie de Cravant fut achetée par Marie de Bourbon (1605-1627), épouse de Gaston d’Orléans (1608-1660), frère de Louis XIII. Leur fille, appelée la Grande Mademoiselle (1627-1693) légua la seigneurie à son cousin Philippe d’Orléans (1640-1701), frère de Louis XIV et père de Philippe II d’Orléans (1674-1723), qui fut Régent après la mort de Louis XIV en 1715.

En 1750, Louis d’Orléans (1703-1752), fils de Philippe II d’Orléans, vendit la seigneurie à Alexis Barjot de Roncé (1695-1763), seigneur de Crouzilles et de Panzoult (voir ces communes).

Gué entre Cravant (le Puy) et Sazilly (mai 2013)

Le 11 décembre 1814, une louve enragée se jeta sur les villageois sortant de la messe, les mordant cruellement au visage ; il y eut 21 victimes dont la plupart moururent de la rage.

Entre 1831 et 1919 un bac fonctionna entre Cravant (le Puy) et Sazilly (voir cette commune).

En 1863, une nouvelle église fut construite dans le nouveau bourg qui s’était établi près de la grand-route Chinon-Sainte-Maure (D 21 actuellement) ; à la même époque quatre lavoirs furent aménagés : un au vieux bourg, un à la fontaine Saint-Martin (près du moulin à tan), un au nouveau bourg, et un dernier à Narçay (voir ci-après).

En 1874 un atelier de salpêtre, utilisé pour fabriquer de la poudre à canon, ainsi qu’un moulin à tan (voir ci-après), furent installés sur le ruisseau de Saint-Mexme, entre le vieux bourg et le nouveau bourg. En 1933, à la demande des PTT, Cravant devint Cravant-les-Coteaux.

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