HISTOIRE

Le nom de cette commune, considérée comme un des plus beaux villages de France, apparaît pour la première fois en 850, dans le cartulaire de Cormery, sous la forme Chryseio. Il est possible mais non certain, que ce toponyme vienne du gallo-romain Crisciacus ou « domaine de Crixus » patronyme gaulois ; c’était peut-être le propriétaire de la villa qui a été repérée par Jacques Dubois à 450 mètres à l’ouest de l’église, au lieu-dit le Grand Moulin (au sud du bourg, près de la Manse).

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Les collections du Musée du Vieux Chinon (aujourd’hui le Carroi) contiennent une agrafe de harnais, du 1er siècle après JC et un manche de clef gallo-romaine, provenant de cet endroit.

agrafe de harnais provenant du Grand Moulin (AVC)
agrafe de harnais provenant du Grand Moulin (AVC)

Il se dit, sans aucune preuve, me semble-t-il, que la chapelle romane, antérieure à l’église actuelle, aurait été construite sur les fondations d’une chapelle gallo-romaine dépendant de cette villa, dont le propriétaire se serait converti au 4ème siècle.

manche de clef provenant du Grand Moulin (AVC)
manche de clef provenant du Grand Moulin (AVC)

La voie gallo-romaine qui allait de Chinon à Sainte-Catherine-de-Fierbois suivait probablement le cours de la Manse et passait près de cette villa.

Crissay apparaît deux fois dans le cartulaire de l’abbaye de Noyers : la charte 112, de 1084, parle notamment d’un certain Aldierus de Crissay et de son fils Oggisius, qui fut tué par Hugues Dindeau (voir Avon-les-Roches), comme le précise la charte 168 de 1088.

L’église et le château (mai 2013)

Les premiers seigneurs connus sont Bouchard de L’Isle, cité en 1084 puis le chevalier Jacques Turpin, cité en 1120 (voir généalogie ci-dessous) ; le fief resta entre les mains de la famille Turpin jusqu’au 17ème siècle ; on peut citer parmi les membres de cette famille Lancelot Turpin de Crissé (1368-1414), chambellan de Charles V puis de Charles VI, époux de Denise de Montmorency, fille de Charles de Montmorency (1325-1381), Maréchal de France, ainsi que leurs fils : Antoine Turpin de Crissé (1400-1472), chambellan de Charles VI puis de Charles VII et  Jacques Turpin de Crissé, chambellan de Louis XI. Le fils de ce dernier : Jacques II Turpin de Crissé fut l’époux de Catherine du Bellay, cousine germaine de Joachim du Bellay (voir église).


Famille Turpin de Crissé

Lancelot Turpin de Crissé (1368-1414), descendant de Jacques Turpin (cité en 1120) épousa Denise de Montmorency, fille de Charles de Montmorency. Ils eurent deux fils : Antoine Turpin de Crissay (1400-1472) et Jacques Turpin de Crissé.

Le fils de ce dernier : Jacques II Turpin de Crissé épousa Catherine du Bellay, cousine germaine de Joachim du Bellay, et leur fils Charles Turpin de Crissé fut le père de Charles II Turpin de Crissé et de Claude Turpin de Crissé, qui épousa René de Voyer de Paulmy (1539-1586).

Charles II Turpin de Crissé (né vers 1545) épousa Éléonore de Crevant (née vers 1550), descendante de Jean II de Crevant et de Catherine de la Jaille (morte en 1528), dame de la Mothe sous Nouastre (voir Marcilly-sur-Vienne), et fut le père de Charles III Turpin de Crissé.


En 1632, la seigneurie de Crissay fut saisie à Charles III Turpin de Crissé et adjugée à Michel d’Évrard, gouverneur de Chinon, époux de Louise de la Baume-le-Blanc et protégé de Richelieu ; après la mort de son mari, celle-ci épousa François de Beauvau (né en 1624), grand-maître des eaux et forêts de Chinon, et la seigneurie passa ensuite à leur fils Gabriel Henri de Beauvau (1655-1738), seigneur de Montgauger à Saint-Épain (voir cette commune) et des Roches-Tranchelion à Avon-les-Roches (voir cette commune et voir généalogie). À la mort de ce dernier, la seigneurie échut à Hubert de Choiseul, époux de Louise Henriette de Beauvau (1690-1737), fille du précédent, puis à leur fils César Gabriel de Choiseul-Praslin (1712-1785), qui fut ministre des affaires étrangères puis ministre de la marine de Louis XV et qui était le cousin d’Étienne François de Choiseul, Premier Ministre de Louis XV entre 1758 et 1770. Le dernier seigneur de Crissay fut Renaud César Louis de Choiseul-Praslin (1735-1791), fils du précédent, qui fut député de la noblesse aux États Généraux de 1789.


Famille de Beauvau

Cette famille descend de René de Beauvau, qui, en 1226, accompagna Charles d’Anjou, fils du roi Louis VIII, à la conquête du royaume de Naples et devint son connétable.

Son fils Macé I de Beauvau eut deux fils : Mathieu I de Beauvau et Jean II de Beauvau.

Le fils de ce dernier : Jean III de Beauvau, gouverneur de Tarente, eut deux fils, lui aussi, : Pierre I de Beauvau et Bertrand de Beauvau (1382-1474), chambellan du roi Charles VII et père d’Isabeau de Beauvau, qui épousa Pierre de la Jaille (mort en 1483) ainsi que de Guyonne de Beauvau (morte en 1516), qui épousa René de Montmorency-Laval.

Pierre I de Beauvau (mort en 1435), chambellan de Louis II d’Anjou, seigneur de Champigny-sur-Veude, eut deux fils : Louis I de Beauvau (1404-1462), seigneur du Rivau, chambellan du roi René d’Anjou, et Jean IV de Beauvau (1422-1503), chambellan du roi Louis XI et à l’origine de la famille de Beauvau-Craon.

Louis I de Beauvau eut deux filles : Isabelle de Beauvau (1430-1474) épousa en 1454 Jean VIII de Bourbon (1428-1477), comte de Vendôme et ancêtre du roi Henri IV, et Alix de Beauvau, qui épousa son lointain cousin René de Beauvau (mort en 1516), fils d’un autre Pierre de Beauvau (mort en 1456), qui fit construire le château du Rivau à Lémeré.

Leur fils Antoine de Beauvau (mort en 1569), seigneur du Rivau, épousa, en 1526, Jacqueline de la Mothe (morte en 1569) et leur fils : Gabriel de Beauvau eut deux fils : Jacques de Beauvau (mort en 1594), seigneur du Rivau, et Louis I de Beauvau, seigneur de Rivarenenes.

Jacques de Beauvau eut une fille : Françoise de Beauvau, qui épousa, en 1609, Jean I de la Baume le Blanc (mort en 1647), seigneur de la Vallière et un fils Jacques II de Beauvau.

Jacques II de Beauvau, seigneur du Rivau, qui fut le père de Jacques III de Beauvau et d’une autre Françoise de Beauvau, qui épousa Jacques de Voyer de Paulmy.

Jacques III de Beauvau (mort en 1702) fut le père Pierre Madeleine de Beauvau (1663-1734), marquis du Rivau et directeur général de la cavalerie, qui épousa sa cousine Marie-Thérèse de Beauvau (voir ci-après)

Louis I de Beauvau, seigneurs de Rivarennes, fut le père de Louis II de Beauvau (mort en 1641) qui épousa Charlotte de Fergon, fille de Martin de Fergon, seigneur de Courcoué, et le grand-père de François de Beauvau (né en 1624), qui épousa, en 1646, sa cousine Louise de la Baume le Blanc (née en 1621), fille de Jean I de la Baume le Blanc et de la première Françoise de Beauvau (fille de Jacques II).

Leur fils Gabriel Henri de Beauvau (1655-1738) fut marquis de Montgauger, seigneur de Crissay-sur-Manse, des Roches-Tranchelion, à Avon-les-Roches et de Courcoué. Il eut deux filles : Marie-Thérèse de Beauvau et Louise Henriette de Beauvau.

Marie Thérèse de Beauvau épousa en 1711 son lointain cousin Pierre Madeleine de Beauvau (voir ci-dessus) et leur fille Marie Anne Élisabeth de Beauvau (née en 1712) vendit Courcoué à Charles Drouin, en 1749.

Louise Henriette de Beauvau (1690-1737) épousa, en 1711, Hubert de Choiseul et leur fils César Gabriel de Choiseul (1712-1785), duc de Praslin, fut ministre de Louis XV.

Le fils de ce dernier : Renaud César de Choiseul-Praslin (1735-1791), épousa, en 1754, Guyonne Marguerite de Durfort (1737-1806), arrière-petite-fille de Guy Aldonce de Durfort (1630-1702), seigneur des Roches-Tranchelion, à Avon-les-Roches.


 

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