HISTOIRE

Le nom de cette commune vient du latin crucicula, signifiant petite croix ou plutôt, ici, petit croisement, sans doute entre la route allant à L’Île-Bouchard (voir cette commune) et la route allant à Crissay-sur-Manse (voir cette commune). Ce nom apparaît pour la première fois en 775 (Diplôme de Charlemagne) puis en 845 (Actes de Charles II le Chauve) ; il figure aussi plusieurs fois dans le cartulaire de l’abbaye de Noyers, notamment dans la charte 40 (de 1065), dans laquelle Odile de la Motte, épouse d’Yvon de Tavant (voir cette commune) revendique la propriété de l’église de Crouzilles. Au début du 12ème siècle, cette église est attribuée à l’abbaye de Beaulieu par l’archevêque de Tours Adolphe[1], comme le signalent les chartes 357 et 358 (de 1107) du cartulaire de Noyers.

Le territoire de Crouzilles, situé au confluent de la Manse et de la Vienne, a été occupé : 

burin paléolithique des Tuilats (AVC)
burin paléolithique des Tuilats (AVC)

Au  paléolithique : voir le burin découvert aux Tuilats (sud-est du bourg),

hache polie de Crouzilles (MGP)
hache polie de Crouzilles (MGP)

 Au néolithique : voir les haches polies du Musée du Grand Pressigny. Le quartier du dolmen Saint-Lazare, autrefois sur Crouzilles, fait partie de L’Île-Bouchard depuis 1976.

pendant de harnais de la Maison Neuve (AVC)
pendant de harnais de la Maison Neuve (AVC)

Et à l’époque gallo-romaine : voir le pendant de harnais du 1er siècle après JC provenant de la Maison Neuve (nord-est du bourg) et l’applique en forme de pelte trouvée à la Boussaye (nord-ouest du bourg), où existait un domaine agricole ; ce toponyme venant de Bauciacus ou « domaine de la Vieille » ( voir ci-après).

applique en forme de pelte (AVC)
applique en forme de pelte (AVC)

D’autres domaines agricoles gallo-romains existaient  aux Louines (ce toponyme apparaissant sur le cadastre de 1831), venant de Lutonia villa ou « domaine de Lutonius », à Manne, venant de mansus ou « domaine en location » (voir ci-après) et Villiers, venant de villaris ou « domaine rural » (voir ci-après).

Le territoire de cette commune était traversé par la voie qui suivait la rive droite de la Vienne, qui passait par Mougon.

Ancien château de Crouzilles (mai 2013)

Une nécropole du haut-moyen âge, avec 14 sarcophages mérovingiens, a été découverte dans les jardins de l’ancien presbytère.

Le premier seigneur connu est Aimery de Tavant, fils d’Yvon de Tavant, cité en 1213 et descendant de l’époux d’Odile de la Motte, cité dans le cartulaire de Noyers (voir ci-dessus).

En 1472, le fief appartenait à Jean IV de la Jaille, petit-fils de Jean III de la Jaille, maître d’hôtel de Charles V, descendant d’un de la Jaille-Yvon, prétendant être issu lui-aussi du premier Yvon de Tavant. Il appartint ensuite à Aymar de la Jaille (cité en 1478), puis à son fils Charles, tué à la bataille de Pavie en 1525, et à sa fille Françoise, épouse de François d’Allemagne, citée en 1527 ; il passa ensuite à l’un de leur cousin, René IV de la Jaille, cité en 1551 et 1557 (voir Crissay et La Tour Saint-Gelin 9).

À la fin du 16ème siècle, le seigneur était René de Bernesay, dont la fille, Françoise épousa en 1535 Louis de Betz, seigneur du Relay à Sepmes (voir cette commune) et de la Harteloire à Ambillou, dont l’arrière-petit-fils, René II de Betz (cité comme seigneur en 1613), fut tué en 1621 au siège de Mautauban, alors aux mains des protestants ; en 1647, René III de Betz (fils du précédent) vendit la seigneurie à « Léonor Barjot, prêtre de l’oratoire » ; il s’agit probablement de Léonor II Barjot de Roncée, qui était devenu prêtre après le décès de son épouse Léonore Voyer d’Argenson. (sur la famille Barjot de Roncée, voir Panzoult 2)

La seigneurie appartint ensuite à : René I Barjot de Roncé, fils de Léonor II et époux de Charlotte de Maillé  puis à son fils, René II Barjot de Roncée, cité en 1690, puis au fils de ce dernier, Alexis Barjot de Roncée, cité en 1754 et elle resta dans cette famille jusqu’à la Révolution. (sur la famille de Maillé, voir Chezelles 8)

Un autre fief important de cette paroisse était celui du Puy-Bâcle (voir ci-après) dont le premier seigneur connu est Jean I le Bascle (cité en 1346), qui participa à la bataille de Crécy et mourut en 1364 à la bataille de Cocherel ; la seigneurie resta jusqu’au 17ème siècle dans cette famille, dans laquelle on trouve Hugues le Bascle, maître d’hôtel de Charles VII vers 1458 et François le Bascle, maître d’hôtel de Charles VIII et gouverneur de L’Île-Bouchard (voir cette commune) en 1492 (voir généalogie ci-dessous). Le fief avait un revenu annuel de 50 livres en 1639.


Famille Le Bascle d’Argenteuil

 

Jean I le Bascle (mort en 1364 à la bataille de Cocherel), seigneur du Puy-Bascle arrière-petit-fils de Guillaume le Bascle (mort après 1240), grand sénéchal de Guyenne), fut le père de Jean II.

Jean II le Bascle épousa Charlotte Angélique d’Argenteuil et fut le père de Jean III.

Jean III le Bascle d’Argenteuil fut le père d’Hugues le Bascle et de François le Bascle, maître d’hôtel de Charles VIII en 1492, gouverneur de L’Île-Bouchard, qui épousa Marguerite d’Argy.

Hugues le Bascle, maître d’hôtel de Charles VII vers 1458, fut le père d’Antoine le Bascle et de Renée le Bascle, qui épousa en 1584 Celse de Mondion.

Antoine le Bascle, mort en 1552, fut le père d’Antoine II et le grand-père de François le Bascle.

François le Bascle fut l’arrière-grand-père de François II le Bascle.

François II le Bascle (mort en 1720) fut le père de Jean Louis le Bascle (1692-1753), gouverneur de Troyes en 1716, et le grand-père de Jean Louis Nicolas.

Jean Louis Nicolas le Bascle (né en 1714), gouverneur de Troyes en 1745, fut le père de Jean Louis Marie.

Jean Louis Marie le Bascle, (né en 1749 et mort en Allemagne en 1793), seigneur de Crouzilles, épousa en 1779  Marie Joséphine Barjot de Roncé (née en 1759) et fut le père de Blanche Joséphine le Bascle (1787-1851), première dame d’honneur de la duchesse de Berry, qui laissa de très intéressants Mémoires.

Blanche-Joséphine Le Bascle d'Argenteuil
Blanche-Joséphine Le Bascle d’Argenteuil

L’histoire contemporaine de Crouzilles est marquée par la famille de Quinemont[2] : en 1736, Jean-Jacques Ours, 1er marquis de Quinemont (né en 1715), seigneur de Varennes,  épousa Marie-Jeanne Odart (voir Parçay et Rilly), dame de Paviers et de Mougon ; leur petit-fils, Auguste Charles Louis (1780-1839), 3ème marquis de Quinemont, fut maire de Mougon de 1812 à 1830, puis, après le rattachement de cette commune à celle de Crouzilles, en 1833, maire de Crouzilles de cette date à 1837. Son fils, Arthur Marie Pierre (1808-1883), 4ème marquis de Quinemont, fut maire de Crouzilles de 1837 à 1849, député et sénateur. Le fils de ce dernier, Abel Charles Marie Tristan (1845-1921), 5ème marquis de Quinemont, colonel de cavalerie, mourut sans enfant ; son neveu, Léopold Dupuy de Semur (1876-1947), hérita du château de Crouzilles et y installa une école privée.

En 1844, l’usine de Paviers, alors très polluante, s’implanta à Crouzilles pour fabriquer de la chaux hydraulique ; progressivement cette usine se modernisa et se spécialisa dans la fabrication de mortiers industriels en exploitant le calcaire turonien dans 90 km de galeries souterraines ; c’est aujourd’hui  une usine de Parexlanko.

De nombreuses péniches, circulant sur la Vienne avec des voiles ou tirées par un remorqueur à aubes nommé le Mineur, amenaient du charbon aux fours à chaux installés le long de la vallée et transportaient la chaux de ces fours au retour.

La Tuilerie (mai 2013)

Trois ateliers de potiers fonctionnèrent, dans le quartier de la Tuilerie, jusqu’en 1906 ; ils fabriquaient  notamment des plats, des casseroles, des chauffe-pieds et des réchauds à charbon de bois, appelés « cagnards » ; il y avait également une tuilerie-briqueterie, qui a fonctionné jusqu’en 1956. Une huilerie produisant de l’huile de noix exista de 1864 à 1924 ; le rendement était de 2 à 3 litres d’huile pour 5 kg de cerneaux.

Jusqu’en 1976, le quartier Saint-Lazare de L’Île-Bouchard (voir cette commune) faisait partie de la commune de Crouzilles ; il y avait dans ce quartier, comme le nom l’indique, une léproserie, établissement religieux dont le bénéfice exista jusqu’au 17ème siècle.

6 ont commenté “Crouzilles

  • philippe fombeur a écrit le :

    article très intéressant ,ainsi que tous ceux sur le bouchardais ,mais qui étes -vous ?qui remerciez untel et untel.

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  • voisin jean claude a écrit le :

    bonjour mr DANQUIGNY? vous ne me connaissez pas, je suis un cycliste qui côtoie BERNARD à ce titre je me permets de vous importuner, il n’y est pour rien. Je vois que vous avez fait un ouvrage sur CROUZILLES si c’est possible j’aimerai en acquérir un, je fais partie du conseil municipal ,nous créons un stite internet , et suis perso chargé d’en faire l’histoire avec un H, si ça peut aider !…..Suis venu sur votre site par hasard , je fais partie des membres du musée d ILE BOUCHARD et avons appris que vous aviez fait un ouvrage sur la ligne chemin de fer PORT DE PILES- PORT BOULET, BERNARD m’a dit que tout était épuisé, dommage pour nous.merci de me répondre
    cordialement
    jc voisin

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  • caranove brigitte a écrit le :

    merci de me contacter sur les descendants directs de Blanche Josephine Le Bascle d’Argenteuil, Duchesse de Maillé, les mémoires publiées par Xavier de la Fourniere sont très romancées et issues des archives de Jacquelin de Maillé, Mes recherches portent sur la branche de l’autre fils

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  • Florence GIRE a écrit le :

    Bonjour
    Auriez vous des phitos aeriennes de Mougon date des annees 1980-1990 ?
    Merci
    Bien cordialement

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