Le nom de cette commune apparaît pour la première fois au 10ème siècle dans une charte de Théotolon (archevêque de Tours), sous la forme Oximensis villa, indiquant qu’il y avait là un domaine agricole ayant vraisemblablement pris la place d’un domaine gallo-romain, comme cela est généralement le cas. Quant à l’adjectif Oximensis, venant de Oxima, il peut, soit renvoyer aux Osismes, peuple gaulois occupant l’actuel département du Finistère, soit au gaulois Uxisama signifiant « lieu très haut » ou « la Très haute », déesse gauloise adorée sur les hauteurs, ce qui, dans ce cas, laisserait supposer qu’un oppidum gaulois aurait succédé au site paléolithique magdalénien (- 17000/-11 000) de la Motte d’Huismes, qui culmine à 117 m. (voir ci-après).

La Villaumaire (sept 2009)
La Villaumaire (sept 2009)

Les domaines agricoles gallo-romains étaient particulièrement nombreux dans cette région arrosée par plusieurs cours d’eau, dont la Loire, l’Indre et la Vienne. On peut citer, pour ce qui est de l’ancienne commune d’Huismes, Benais (au sud-est du bourg), venant de Benniacus, ou « domaine de Benno (patronyme germanique), Cuzé (au nord-est), venant de Cusiacus ou « domaine de Cusius »,  la Villaumaire (au sud-est), venant de Villa Majoris signifiant d’abord « le Grand Domaine » puis « le Domaine du Maire  (magistrat ecclésiastique qui rendait la justice dans la région et qui portait le titre de Maire.)», le Cambrai (au nord-est), venant de Cameriacus ou « domaine du Crabe », le Laré (au nord-ouest), venant de Larriacus, ou « domaine de Larus (patronyme gaulois), Mouzilly (au sud-est), venant de Musilliacus, ou « domaine de Musillius »  et Rassay (au sud-est), venant de Recciacus ou « domaine de Reccius ».

Mouzilly (sept 2019)
Mouzilly (sept 2019)

Sans compter les vestiges de villas gallo-romaines découverts aux Grandes Garantes (au sud-est) et à l’Étui (au sud, près du centre) ainsi que les probables domaines se trouvant à Beaulieu et aux Fontaines d’Ozon, où des trouvailles gallo-romaines furent faites.

PATRIMOINE À VOIR

La Motte d’Huismes domine le paysage au-dessus de Cuzé (au nord-est du bourg) et culmine à 117 m. Déjà signalée en 1922 par Louis Dubreuil-Chambardel dans le Bulletin de la Société Anthropologique, 7.3, 1922 et explorée dans les années 1957/58 par Gérard Cordier, cette station paléolithique a fourni un important matériel lithique de cette époque (voir ci-après). Maintenant appelé les Perrés, ce lieu impressionnant se trouve entre la Route des Perrés (anciennement chemin vicinal n°6 de Huismes à Ussé) et un chemin venant du Puyengelier (anciennement chemin rural n°16 du Puyengelier à la Croix Rouge).

Les Perrés (sept 2019)
Les Perrés (sept 2019)

La voie gallo-romaine allant de Chinon au Mans sortait de Chinon par l’actuelle Route des Puys, qui se transforme en chemin après la Jobarde et qui redevient une route (D 301) à l’Épinay (sud-ouest du bourg), où elle entrait sur le territoire de Huismes. Après le Carroi Godreau, on arrive à une bifurcation : d’un côté,  la D 301, à gauche, conduit à la Perrée (commune d’Avoine), où il est encore possible de franchir l’Indre pour arriver au bord de la Loire et d’un autre côté, une route, à droite, conduit à Ribot puis franchit le Douay (pont de la Chaumine) et la Riasse avant d’arriver dans le bourg.

Ancienne voie après la route des puys (sept. 2019)
Ancienne voie après la route des puys (sept. 2019)

Après le bourg, la Route des Perrés (anciennement chemin vicinal n°6 de Huismes à Ussé), arrive au Vivier (nord-est du bourg), où plusieurs chemins permettent d’atteindre l’Île Saint-Martin, entre l’Indre et la Loire, hameau qui, au Moyen-âge, relevait de la paroisse de Restigné (sur la rive gauche de la Loire), ce qui laisse à penser qu’il y avait là un gué permettant de rejoindre cette rive gauche, où la voie continuait vers le nord.

Bifurcation avant Ribot (sept 2019)
Bifurcation après le Carroi Godreau (sept 2019)

Des habitats troglodytiques, situés près de la Motte d’Huismes et probablement occupés depuis la préhistoire, peuvent être vus, au nord-est du bourg, au Puy Angelier et au Peuil (du latin podium, signifiant petit sommet), hameau qui fait partie de Cuzé et où un chemin rejoint l’ancien chemin vicinal n°6 de Huismes à Ussé.

Habitations troglodytiques du Peuil (sept. 2019)
Habitations troglodytiques du Peuil (sept. 2019)

À l’écomusée du Véron, à Savigny-en-Véron, on peut voir un grattoir provenant de la Motte d’Huismes, un biface en forme de feuille de laurier provenant des Fontaines d’Ozon (au sud-est du bourg) et des pièces de bouclier provenant de la tombe de Beaulieu (sud-est).

Pointe de sagaie (solutréen) provenant de Huismes, les Fontaines d'Ozon (écomusée du Véron)
Pointe de sagaie (solutréen) provenant de Huismes, les Fontaines d’Ozon (écomusée du Véron)

PATRIMOINE DÉCOUVERT

La Société archéologique de Touraine possède un biface en forme de feuille de laurier, caractéristique du Solutréen (deuxième moitié du paléolithique supérieur, – 20 000/-17 000), considéré comme une pointe de sagaie et découvert aux Fontaines d’Ozon, au sud-est du bourg.

Grattoir magdalénien provenant de Huismes, la Motte(écomusée du Véron)
Grattoir magdalénien provenant de Huismes, la Motte(écomusée du Véron)

Sur la Motte d’Huismes, Gérard Cordier (voir La station magdalénienne de la Motte d’Huismes, dans Bulletin des Amis du Vieux-Chinon, 6.2, 1957-58) a découvert un important matériel (burins, grattoirs, percuteurs, bifaces) datant du Magdalénien (-17 000/-12 000), dernière période du paléolithique.

Burins provenant de la Motte d'Huismes (dessin G. Cordier)
Burins provenant de la Motte d’Huismes (dessin G. Cordier)

À Beaulieu, au sud-est du bourg, Thomas Boucher et Jean-Philippe Chimier ont découvert la tombe d’un aristocrate gallo-romain (1er siècle après J.C.) : les cendres du défunt étaient conservées dans deux umbo de bouclier, l’un utilisé comme urne funéraire et l’autre comme couvercle ; un goulot de flacon de verre avait été inséré dans l’ensemble avant la fermeture et des fragments d’amphores à vin, provenant d’Espagne, volontairement brisées, se trouvaient dans la sépulture, indiquant des rites de libation ; un denier d’Auguste s’y trouvait également.

Pièces de bouclier provenant de la tombe de Beaulieu(écomusée du Véron)
Pièces de bouclier provenant de la tombe de Beaulieu (écomusée du Véron)

Une importante villa avec une céramique sigillée, du marbre gris d’Anjou et un lion en pierre, a été découverte à l’Étui (dans le bourg, au sud du centre actuel) par Pierre Acier, fondateur de l’écomusée du Véron (voir Mémoires de la Société Archéologique de Touraine, 9, 1983).

Percuteur provenant de la Motte d'Huismes (photo PCIL)
Percuteur provenant de la Motte d’Huismes (photo PCIL)

Le Musée des Amis du Vieux Chinon conserve une fibule provenant de la villa gallo-romaine des Grandes Garantes (au sud-est du bourg) et un pendant de harnais provenant du Clos Ribault (au nord-ouest du bourg).

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