Le nom de cette commune apparaît pour la première fois vers 590, sous la forme Alingavia, dans le livre X, ch. 31 de L’Histoire des Francs de Grégoire de Tours, qui précise que Saint Martin y détruisit un temple païen pour y édifier une église. Le toponyme n’est pas expliqué clairement et de nombreuses hypothèses, toutes le faisant venir du celtique ont été émises : soit Alingo (lieu près de la Loire), ou Adalingus (lieu avancé), ou encore  Alingavus signifiant « domaine des Lingons », un des premiers peuples celtiques, établi dans la région de Langres.

Carte de Cassini
Carte de Cassini

La région fut occupée dès le paléolithique, comme le montre notamment le site de la Roche-Cotard, découvert en 1912 par François d’Achon, propriétaire du château, situé à l’est du bourg, près de l’autoroute actuelle (A 85). Ce site a été signalé dès sa découverte par Louis Debreuil-Chambardel, voir La grotte moustérienne de la Roche-Cotard. (Indre-et-Loire), in Bulletins et Mémoires de la Société d’Anthropologie de Paris, 3. 1-2, 1912, puis étudié par Jean-Claude Marquet, voir notamment Organisation de l’espace et habitat moustérien de la Roche Cotard à Langeais (Indre-et-Loire) in Bulletin de la Société préhistorique de France, 87. 10-12, 1990.

François d'Achon devant l'entrée de la Roche Cotard (photo Mme d'Argent, fille de François d'Achon)
François d’Achon devant l’entrée de la Roche Cotard (photo Mme d’Argent, fille de François d’Achon)

Ce site remarquable, habité longtemps par les hommes de Néandertal, a fourni de très nombreux ossements d’animaux ainsi qu’une centaine de silex : coups de poing, haches ; racloirs, couteaux, pointes etc.

La Roche-Cotard (maquette du Musée du Grand-Pressigny)
La Roche-Cotard (maquette du Musée du Grand-Pressigny)

Mais la pièce la plus remarquable est un bloc de silex, découvert en 1977 et dénommé le « masque moustérien » (moustérien : – 200 000/- 40 000), qui est considéré par certains comme l’une des premières manifestations de l’art humain. Voir Jean-Claude Marquet : le « masque » moustérien de la Roche-Cotard, in Revue d’archéologie préhistorique, 12, 2000.

Le "masque" moustérien (photo PCIL)
Le « masque » moustérien (photo PCIL)

Des maquettes et des silex peuvent être vus au Musée du Grand Pressigny.

Bifaces et pointes de la Roche-Cotard (dessins Gilbert Bastien)
Bifaces et pointes de la Roche-Cotard (dessins Gilbert Bastien)

Les fouilles préventives faites par la DRAC au moment de la construction de l’autoroute A 85 ont permis la découverte aux Béziaux (près de la Roche Cotard) d’un site occupé dès le néolithique et devenu à l’époque gallo-romaine un grand domaine agricole avec sa pars urbana (partie habitée) et sa pars rustica (partie agricole) ; on y a trouvé plus de 2 000 tessons de céramiques communes et sigillées, certaines provenant de Lezoux ou de Pouillé, ainsi que des sépultures d’enfants ayant recueilli les restes de 17 ou 18 individus. Voir Fabrice Couvin et Philippe Blanchard : le site antique (1er/3ème s.) des Béziaux à Langeais, in RACF 42, 2003.

Photo aérienne du site des Béziaux (photo RACF)
Photo aérienne du site des Béziaux (photo RACF)

Christèle Hervé dans le Supplément à la RACF, 17, 1999 signale de nombreux vestiges gallo-romains : une nécropole aux Mistrais (lieu des martyrs) à 500 m. au nord de l’église, des traces de villae à l’emplacement du donjon, à Travaille-coquin (à 1 km au nord), à la Mulotière (à 1,5 km à l’est), à la Ville d’Ara ( ?) et aux Douves ( ?), indiqués comme étant à 3 km à l’ouest ainsi qu’au Cimetière romain ( ?), indiqué comme étant à 3,5 km à l’est.

Sépulture des Béziaux (photo RACF)
Sépulture des Béziaux (photo RACF)

Elle signale aussi une stèle représentant le dieu gaulois Sucellos entre 2 déesses, qui aurait été découverte en haut du pignon d’une maison et qui se trouve dans les collections de la SAT ainsi que 3 vases gallo-romains trouvés dans les fondations du château de la Châtaigneraie (à 1,5 km à l’ouest).

Stèle représentant Sucellos (photo PCIL)
Stèle représentant Sucellos (photo PCIL)

Des domaines agricoles se trouvaient aussi probablement à Charzay (au nord-ouest) ou « domaine de Carcus », à Chemilly (à l’est) ou « domaine de Camillus », à l’Épeigné (au nord-est), venant de Hispaniacus ou « domaine de l’Espagnol » et à Négron (au nord-ouest), venant de Nigracus ou « domaine du Noir ».

La grande voie gallo-romaine qui suivait la rive droite de la Loire passait sur le territoire de cette commune, où elle est sans doute reprise par la D 953, qui longe le pied du coteau.

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