LE BOURG et LA SEIGNEURIE

En venant de Sainte-Maure ou de Tours, on rejoint l’ancienne route d’Espagne, qui entrait dans la ville par la porte nord.

Rue Balthazar Besnard (carte postale)
Rue Balthazar Besnard (sept. 2014)

On voit d’abord, au début de la rue Balthazar Besnard, sur la droite l’ancienne auberge de la Croix-Blanche installée dans une maison du 15ème ou 16ème siècle.

Ancienne auberge de la Croix-Blanche (sept. 2014)

Puis en avançant dans la rue, le tablier moderne d’un pont construit en 1700 pour faciliter le passage, qui auparavant se faisait à gué, du cortège accompagnant Philippe de Bourbon, duc d’Anjou, petit-fils de Louis XIV, roi d’Espagne de 1700 à 1746. Ce vieux pont peut encore être vu en dessous du tablier moderne.

Le vieux pont (carte postale)
Le vieux pont (sept. 2014)

On arrive ensuite dans le centre, où se trouve l’église Saint-Martin, construite au 12ème siècle (mur nord-est de la nef), 14ème (mur sud) et 15ème siècle (chœur). La façade, le clocher et les deux chapelles latérales datent de la fin du 19ème siècle.

Église Saint-Martin (sept. 2014)

Le maître-autel avec un tabernacle décoré et un retable, du 17ème siècle est classé.

Retable du maître-autel (sept. 2014)

À gauche de l’église, le porche dit des Templiers est doute l’entrée datant du 16ème siècle de la maison des Quinemont, seigneurs de Varennes (voir aussi Crouzilles). La tradition locale voit dans les deux pierres à motifs d’étoiles trouées, qui encadrent l’entrée, la représentation de chaînes de prisonniers.

Porche des Templiers (sept. 2014)

La Seigneurie abritait le baron-doyen lorsque celui-ci venait à Ligueil.

La Seigneurie (photo A. Montoux)

Quand on est sur la place Gambetta, on voit deux grands corps de logis aux pignons aigus, qui à l’origine n’étaient éclairés que par une grande fenêtre à meneaux dont on voit la trace et qui datent du 15ème siècle.

La Seigneurie (sept. 2014)

À gauche un grand pavillon carré est sans doute le reste du donjon d’un château primitif, détruit en 1356 par John Chandos, sénéchal du Poitou et général d’Édouard Plantagenêt, dit le Prince Noir. Une ancienne fenêtre, à deux panneaux, a été transformée en porte, ce qui a entraîné la construction d’un petit perron « aux marches abruptes et inesthétiques » selon André Montoux (voir Bibliographie).

Ancienne église Saint-Laurent (sept. 2014)

Un peu plus à gauche, au fond d’une cour, au début de la rue Reunière, se trouvent les vestiges du bras sud du transept de l’église Saint-Laurent (12ème siècle) construite à l’intérieur d’un monastère datant du haut moyen-âge. En 1562, sa nef fut incendiée par les Protestants. Le chœur avait été conservé pour les messes. A la Révolution, le clocher et une partie du chœur furent détruits.

La Seigneurie (sept. 2014)

À droite, deux tours arasées encadrent la façade est ; la tour cylindrique possède une petite salle basse, avec des graffitis indiquant qu’elle a peut-être servi de prison ; l’autre tour, polygonale, abrite un escalier à vis conduisant aux combles dont la charpente en carène de navire inversée est sans doute un reste de l’état primitif ; la porte de chêne, encadrée de trois moulures, est probablement un remontage d’éléments originaux sur un bâti moderne ; elle est surmontée de grosses pierres, qui attestent de la présence de sculptures ; c’était à l’origine la porte d’entrée de la demeure.

Les combles de la Seigneurie (photo A. Montoux)

Après la Révolution, la propriété, décrétée bien national, fut achetée par Antoine Laurent Voyer, qui avait été fermier-général de la baronnie de 1775 à 1789. La ville l’acheta à son tour en 1921 pour en faire la mairie.

La Chancellerie : cette maison forte faisait partie des constructions qui défendaient la porte sud de la ville, d’où son nom primitif de Petit Châtelet ; Le nom actuel vient du fait que cette demeure appartint au 17ème et au 18ème siècles à des familles de procureurs de la baronnie (dont en particulier la famille Martineau).

La Chancellerie (photo A. Montoux)

 Il ne subsiste du bâtiment d’origine que l’ancien châtelet (à gauche), en petits moellons, éclairé par des fenêtres étroites à deux panneaux ; l’ensemble fut modifié au 16ème siècle et la partie droite a conservé une tour polygonale abritant un large escalier à vis.

La Chancellerie (sept. 2014)

Le bâtiment fut de nouveau modifié au 19ème siècle, lorsque la ville l’acheta pour y installer une école de filles.

La maison Saint-Louis (rue Veneau) date du 15ème siècle. Le nom de cette maison, très dégradée, viendrait de fresques qui représentaient la vie de Blanche de Castille et de son fils Louis IX. Elle appartenait vers 1674 à Pierre de Madaillan, seigneur des Ajoncs et à son épouse Claude du Val, demeurant à Balesmes.

Maison Saint-Louis (carte postale ?)

Maisons de notables

Maison de la famille de Pierres : placette de la République : maison du 16ème siècle, en briques et pierres (voir Épigny, ci-après).

Maison de la famille Pierres (sept. 2014)

Maison Rougé : rue Aristide Briand : maison du 19ème siècle, construite à l’emplacement d’un logis du 17ème siècle, appartenant à Claude Salis, bailli de la baronnie. Cette maison fut construite par les parents de Jacques-Marie Rougé, né à Ligueil en 1873, mort en 1956, conservateur-adjoint de la bibliothèque municipale de Tours, conservateur du musée du Folklore de Loches, qu’il fonda en 1914 et du musée préhistorique du Grand-Pressigny, écrivain régional ; dans son livre Voyage en Touraine inconnue (1928), il recense les richesses architecturales ou naturelles de l’Indre-et-Loire (voir bibliographie).

Maison Rougé (sept. 2014)

Maison Coursault : en face de la place du Général Leclerc, construite au 19ème siècle par l’architecte Collet, dans un style évoquant l’antiquité et le classicisme.

Maison Coursault (sept. 2014)

Lavoirs

Des sept lavoirs qui existent  à Ligueil, on peut voir notamment celui en bois situé devant  la maison de retraite Balthazar Besnard, construit en 1875 et celui de la rue Reunière, qui fut le premier lavoir public de Ligueil.

Lavoir de la rue Reunière (sept. 2014)

Cimetière : plusieurs fois déplacé, le cimetière a été installé au 20ème siècle au bout de l’avenue Léon Bion mais plusieurs tombes anciennes y ont été déplacées, notamment celles de membres de la famille de Pierres ; il y a aussi un monument aux morts, réalisé par le sculpteur Georges Delpérier (1865-1936), qui réalisa de nombreuses œuvres dans la région, notamment le monument aux morts de Manthelan (voir cette commune).

Monument aux morts (sept. 2014)

6 ont commenté “Ligueil

  • Schoenstein a écrit le :

    Bonjour
    Attention, il y a une petite confusion : la loge de vigne qui servit de poste de garde n’est pas celle que vous montrez (à cet endroit, il y avait un petit bâtiment construit exprès par les Allemands ; le monument commémoratif que vous montrez est installé à son emplacement) mais elle se trouve au lieu-dit Noizay, un peu plus loin, où a été installé un autre petit monument commémoratif identique. Cette loge utilisée par les Allemands garde deux traces de cet usage : un sol en béton et un petit mat métallique pour le téléphone ou le télégraphe.
    Bien cordialement
    F. Schoenstein, association pour la sauvegarde du cadre ligolien.

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  • R.Salard a écrit le :

    Bonjour,

    La légende de la photo concernant Cercay est erronée.
    Cette photo est celle du lieu-dit La Valinière (ou Vaslinière), situé entre La Garde et Cercay (Cercay est juste après)

    R.Salard

    Répondre
  • a écrit le :

    Bonjour,

    Bravo et merci pour ce très instructif historique de la ville et ses alentours.
    Je viens de mettre en ligne sur un site perso une bonne quantité de cartes postales anciennes de Ligueil scannées en haute définition, si cela peut vous être utile n’hésitez pas à piocher dedans :-)
    http://ligueil.mezei.fr/CPA/

    Cordialement,
    Stéphane

    Répondre

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