Le nom de cette commune apparaît chez Grégoire de Tours, à la fin du 6ème siècle, sous les formes Loccis et vicus Loccae, venant de Lucca ou « terres de Luccos (patronyme gaulois) ». Il existait donc à cette époque une agglomération (vicus) qui a pris la suite d’une agglomération gallo-romaine et, sans doute, gauloise.

Hache de l'âge du bronze de Loches (AVC)
Hache de l’âge du bronze de Loches (AVC)

Le site fut occupé au paléolithique (silex taillés découverts au Bordage et à Fretay, au sud-est du bourg) et au néolithique (silex polis trouvés sur le promontoire du château, à Fosse-Coutoise, à la Blanchardière et à Mauvière, au sud-est, à Contray (nord-est), polissoir mobile à la Gaudinière, au sud-est). Des fragments d’une hache à ailerons de l’âge du bronze ont également été trouvés sur le promontoire du château.

Pilier aux dieux de l'Olympe
Pilier aux dieux de l’Olympe

L’agglomération gallo-romaine se trouvait au pied (à l’est) de l’éperon rocheux où se dressait le castrum, là où il y eut ensuite l’église Saint-Ours, remplaçant un temple sur les ruines duquel reposaient les fondations de cette église construite au 8ème siècle pour abriter les reliques de ce saint, comme l’a montré l’archéologue Charles Lelong : voir Recherches sur l’ancienne église Saint-Ours de Loches in Bulletin Monumental 132-3, 1974. Près de là, au sud et au bord de l’ancienne voie gallo-romaine suivant la rive gauche de l’Indre, à Vignemont, il y avait une nécropole dont de nombreux vestiges ont été découverts dans le cimetière de la chapelle. C’est de là aussi que provient un fragment de colonne dédiée aux dieux de l’Olympe, transformé en bénitier et se trouvant actuellement à l’entrée de la nouvelle église Saint-Ours, à côté du château.

Fondations de Saint-Ours (photo Charles Lelong)
Fondations de Saint-Ours (photo Charles Lelong)

En effet, contrairement à ce que l’on a cru longtemps, la citadelle de Foulques Nerra a pris la place d’une citadelle gauloise puis gallo-romaine comme l’ont montré les recherches de Pierre Papin, archéologue au service départemental 37, qui a trouvé des objets et une monnaie gauloise ainsi que des vestiges encore visibles du mur d’enceinte. Voir Bulletin Monumental 175-2, 2017. Référence électronique : http://journals.openedition.org/archeomed/7039. Il faut d’ailleurs noter que cet éperon fut occupé dès le néolithique, comme on l’a vu ci-dessus.

Vestiges du castrum ( juin-2018)
Vestiges du castrum dans le rempart ( juin 2018)

Des domaines agricoles gallo-romains existaient sans doute au Château d’Armaillé (ancienne sous-préfecture dans le bourg), venant d’Armaliacus ou « domaine d’Armalius), à Contray (au nord-est du bourg), venant de Cuntheriacus ou « domaine de Cuntheri (patronyme germanique) », où une villa a été découverte (voir ci-après), à Corbery (au nord-est), venant de Culberiacus ou « domaine de Culberius », où une clé antique en fer a été trouvée, à Fretay (au sud-ouest), venant de Frettiacus ou « domaine de Frettius », à Neuville (à l’ouest) ou Nova Villa (Nouveau Domaine) et à Rigny (au sud-ouest), venant de Reginiacus ou « domaine de Reginius (patronyme gaulois) ».

Fretay (photo Touraine Insolite)
Fretay (photo Touraine Insolite)

Deux voies gallo-romaines se croisaient, sans doute à Vignemont : celle qui suivait la rive gauche de l’Indre et une voie transversale, qui allait de Dangé-Saint-Romain à Thésée-la-Romaine ; cette dernière, après avoir franchi l’Indre, continuait vers Beaulieu-lès-Loches.

Plan Wikipedia
Plan Wikipedia

Une villa gallo-romaine, déjà signalée par Gustave de Cougny lors du Congrès archéologique qui s’est tenu à Loches en 1869, a été vue à plusieurs reprises par Jacques Dubois (cf. BSAT, 1975, 1976 et 1979) ; elle était alimentée en eau par un aqueduc (voir ci-après) et elle a livré des céramiques et des monnaies des 2ème et 3ème siècles. Un établissement rural gallo-romain a été découvert aux Rabines, dans la ZAC de Vauzelles (au nord-est du bourg) par Frédéric Champagne et Mathieu Carlier, archéologues à l’INRAP.

Villa de Contray (photo Jacques Dubois)
Villa de Contray (photo Jacques Dubois)

L’aqueduc de Contray : cet aqueduc du 1er siècle après JC captait les eaux de la source d’Orfonds, à Ferrière-sur-Beaulieu pour alimenter la villa , qui était située au nord-ouest des habitations modernes ; il avait une longueur de 1,5 km pour un dénivelé de 9 mètres ; il en reste quatre piles en petit appareil.

Loches-1110aa

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