HISTOIRE

Manthelan est une ancienne agglomération gallo-romaine, dont le toponyme Mantalomagos (le marché de la route ou le marché de la balance) apparaît dès le 5ème siècle après JC.

Voie romaine entre Manthelan et Saint-Bauld (mars 2014)

La région fut occupée dès le néolithique comme le montrent le dolmen ruiné de la Roche, le cromlech (maintenant dispersé) de la Chauvelière (près de Laleu) et l’abri sous roche du Vigneau, découvert en 1898, où l’on trouva plusieurs squelettes, des débris de poteries, des silex taillés et une hache polie.

Voie entre Bossée et Manthelan (février 2011)

À l’époque gallo-romaine trois voies se croisaient à Manthelan :

La voie Poitiers/Amboise via Sepmes et Bossée (voir ces communes), dont le tracé, après Manthelan est mal connu ; elle est peut-être continuée par la D8, appelée le chemin de Paris à Bordeaux au 17ème siècle ou par la route allant vers Saint-Bauld qui passe près de dolmen de la Roche et qui franchit l’Échandon au Moulin du pré où il y avait un gué.

La voie Loches/Chinon, qui passait près du menhir de la Haute-Borne (commune de Chanceaux-près-Loches) près de la D760.

La voie Tournon-Saint-Pierre/Esvres-sur-Indre via Ligueil (voir cette commune), peut-être continuée par le chemin pavé de Louis XI.

Chemin pavé de Louis XI (mars 2014)

Il existait aussi au moins quatre domaines agricoles gallo-romains :

  • Aubigny, de Albiniacus ou domaine du Blanc (voir les fiefs ci-après).
  • Azay, toponyme qui apparaît sur le cadastre de 1827 (Terres d’Azay et Gits d’Azay), de Avitiacus ou domaine de l’Aïeul.
  • Fretay de Frittiacus ou domaine de Frittius, fief existant dans le bourg de Manthelan selon des documents du 17ème siècle (voir les fiefs ci-après). 
  • Morignan, de Morinianus ou propriété de Maurinus (le Maure), toponyme qui apparaît dès 931 (voir le Breuil ci après).
  • Les traces d’une villa ont aussi été vues par Jacques Dubois, grâce à la photographie aérienne, au lieu-dit Monfoué.
Monfoué (photo J. Dubois)

La première église fut fondée au 5ème siècle par l’évêque de Tours Volusien.

Le nom de cette paroisse apparaît plusieurs fois dans le cartulaire de l’abbaye de Noyers :

  • La charte 103 de 1083 cite « Hugues, clerc de Manthelan ».
  • Dans la charte 149 de 1087, il est dit que Ribotel de La Haye donne à Noyers « autant de terre que deux bœufs peuvent en cultiver » sur Manthelan.
  • Selon la charte 304 de 1102, Ulger de Breis (paroisse qui s’est ensuite appelée Bray puis Fau puis Reignac) a donné à Noyers « tout ce qu’il avait dans les églises (?) de Manthelan »
  • La charte 319 de 1104 indique que Jean, seigneur de Montbazon, a donné à Noyers « tout ce que les moines possédaient de l’héritage de son père … à Manthelan »
  • Enfin la charte 345 de 1106, dit que Raoul de Segoin de Montbazon a donné à Noyers « sa part de la sépulture de Manthelan »  et cite, parmi les témoins, Tethger de Manthelan.
Aubigny (mars 2014)

Au moyen-âge, il y avait de nombreux fiefs, dont :

  • Aubigny, qui, à une époque, fut une paroisse, dont la dame était en 1639 Bonne Dalonneau, veuve de Robin de Grateloup, également dame de la Rable (Manthelan) et de la Croix de la Chaume à Dolus-le-Sec.
  • Besnier, qui apparaît au 18ème siècle sous la forme Benier sur la carte de Cassini.
  • Fretay, fief dépendant de la commanderie des templiers de Fretay (paroisse de Loches).
  • La Davière ou fief de La borderie de la Davière.
  • La Marche, appelée aussi  fief de La Giberdière ou de La Guiberdière ou de La Guilbardière, au 16ème siècle (voir ci-après).
  • La Sabardière, citée en 1771.
  • La Thibaudière, dont le revenu annuel était de 18 livres en 1639.
  • Laleu, qui apparaît sous la forme L’Alleu sur la carte de Cassini.
  • Launay ou fief de Launay Lorin en 1691 et fief de Launay Locquin en 1771.
  • Le Boucheau, qui apparaît sous la forme le Bouchot sur la carte de Cassini.
  • Le Breuil, cité dans un aveu de 1514 (voir ci-après).
  • Le Grand-Clos ou fief du Cloux de Chinart appartenant au 17ème siècle au prieur de la Chartreuse de Loches.
  • Le Petit-Clos ou fief du Petit Clos de Moline.
  • Le Vigneau, cité dès le 12ème siècle (voir ci-dessus).

Manthelan constituait une châtellenie relevant de Fau (Reignac)

Le premier seigneur connu est François du Fau, dont la fille : Claude du Fau épousa en 1509 René de Menou, seigneur de Boussay (près de Preuilly-sur-Claise), mort en 1546, échanson de la reine Claude de France, épouse de François 1er.

Blason des Menou

La seigneurie resta dans la famille de Menou jusqu’en 1627, où les seigneurs sont Bertrand de Grateloup, seigneur du Fau et de Sennevières puis son fils Gabriel de Grateloup, gouverneur de Loches.

À partir de 1760 le fief appartient à François Balthazar Dangé d’Orsay puis à René François Constance Dangé d’Orsay (voir Bournan).

Trois moulins fonctionnaient  sur le Quincampoix : Râzines, Recelin et le moulin du Pré.

En 1782 : il y eut 199 morts à Manthelan, dont 126 entre le 24 octobre et le 31 décembre !

En 1791, le curé de Manthelan : Jean-Mandé Sigogne (1763-1844) né à Beaulieu-les-Loches, émigra au Canada et fut remplacé par un curé constitutionnel.

En 1887, une tuilerie fut ouverte au Vigneau ; elle fabriquait des tuiles, des briques et de la chaux naturelle ; elle fonctionna jusqu’en 1955 et c’est maintenant une exploitation agricole.

Ancienne tuilerie du Vigneau (mars 2014)

Le carnaval de Manthelan, qui attire encore beaucoup de monde aujourd’hui, fut créé en 1869 par Augustin Branger, dit Pipelet et Théodore Fontaine, dit Cocodache (voir ci-après le café Branger). Voir videos ici.

Carnaval 1913
Carnaval 1927
Carnaval 1929
Carnaval 1930
Carnaval 2012
Carnaval 2014

 

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