Histoire

Le nom de Panzoult apparaît pour la première fois, sous la forme Pensost, en 1089 dans la charte 181 du cartulaire de Noyers, qui indique que Gautier de L’Île donna aux moines de Noyers « trois ouches de terre en face de Tavant entre Panzoult et la Vienne » ; peut-être s’agit du lieu encore appelé aujourd’hui La Grange aux Moines (voir ci-après). Cette commune est aussi citée au 13ème siècle sous la forme Pensolt, qui pourrait venir du celtique Ban-Soul, signifiant « lieu des chaumières ».

La grange aux moines (juin 2013)

Du matériel paléolithique a été découvert à Roncé (à l’est du bourg).

Des haches néolithiques, dont une trouvée à La Fontaine du Té (nord-est), sont visibles au Musée du Grand-Pressigny.

Poignard de Panzoult (collection des AVC)
Poignard de Panzoult (collection des AVC)

Un poignard néolithique, provenant du Marchais Blanc (au nord-est du bourg, à la limite avec la commune d’Avon-les-Roches) est présent dans les collections du Musée des Amis du Vieux Chinon (aujourd’hui le Carroi-Musée).

Disque perforé de Panzoult  (dessin Gérard Cordier)
Disque perforé de Panzoult (dessin Gérard Cordier)

Au Pied Moussu (au nord), ont été récoltés une petite hache polie en silex et un disque perforé en silex, dont le diamètre est de 16,4 cm. Il fait partie des 36 disques de ce type trouvés à ce jour, presque tous entre la Loire et la Seine. Les archéologues ne sont pas d’accord sur la destination de ces objets : arme ? outil ? contrepoids ? objet d’apparat ou de culte ? Voir Gérard Cordier in BSPF 94.1 1997.

Le toponyme La Haute Borne (au nord-est) indique peut-être la présence à cet endroit d’un mégalithe disparu.

Hache à douille de Panzoult
Hache à douille de Panzoult

Une hache à douille de l’âge du bronze, venant également de La Fontaine du Té (nord-est), fait partie des collections des Amis du Vieux Chinon et peut être vue à l’écomusée du Véron (Savigny-en-Véron).

hache de l'âge du bronze (dessin JC Richard)
hache de l’âge du bronze (dessin James C. Richard)

Des enclos et une enceinte trapézoïdale protohistoriques ont été photographiés d’avion à Chézelet (sud-ouest), aux Égratigneaux (sud-ouest) et près de La Fontaine Blanche (nord-est) ; ce dernier enclos était accompagné d’une fosse circulaire.

De nombreux vestiges montrent que la région fut largement occupée à l’époque gallo-romaine :

Dans le centre même de la commune, près de la mairie, plusieurs habitations prouvent qu’il y avait là, au 1er siècle après JC, une agglomération secondaire couvrant 25 hectares, avec un temple et une nécropole. Voir Jean-Philippe Chimier : archives-ouvertes.fr/halshs-00949449.

Selon le Dictionnaire des Communes de Touraine, un autre temple a été vu d’avion près du Marais mais cet ouvrage ne précise pas s’il s’agit du Grand Marais (au sud-ouest) ou du Petit Marais (au sud).

Une grande villa gallo-romaine se trouvait à Saint-Hubert (nord-est) et Jean-Mary Couderc y a vu d’avion une structure carrée de 60 m. de côté, avec des murs et une zone dallée au centre ; il y a aussi trouvé un des pièces de monnaies de Trajan et d’Antonin-le-Pieux.

Coulaines (juin 2013)
Coulaines (juin 2013)

 D’autres domaines existaient sans doute à Coulaine (nord-est), venant de Colonica ou « ferme confiée à un colon » (voir ci-après), au Croulay (nord-ouest), venant de Cruciliacus ou « domaine de Crucilius), près duquel il y avait un atelier de taille de meules (voir ci-après), et à Étilly (nord-est), venant de Stulliacus ou « domaine de Stallius ».

Le Croulay (sept. 2009)
Le Croulay (sept. 2009)

La collection des Amis du Vieux Chinon contient une fibule en forme d’oméga du 1er s. après JC, provenant du lieu-dit La Sans Fin (sud-ouest) et une fusaïole gallo-romaine provenant de la Grange aux Moines (sud-ouest).

Fibule de Panzoult (AVC)
Fibule de Panzoult (AVC)

Deux voies gallo-romaines passaient sur le territoire de cette commune :

La voie qui suivait la rive droite de la Vienne reliait Nouâtre à Chinon via Pouzay-Trogues, Mougon et Panzoult, où l’on ne sait pas exactement où elle passait, peut-être entre la D 8, qui longe la Vienne et la D 21, plus au nord ; dans ce secteur en effet on trouve Les Terres Rouges, Le Petit Marais, Les Égratigneaux et Chezelet mais il est aussi possible que cette voie soit reprise par la D 21, qui traverse le centre du bourg, où se trouvait l’agglomération gallo-romaine que nous avons signalée plus haut.

La via vetuta près de Saint-Hubert (juillet 2011)
La via vetuta près de Saint-Hubert (juillet 2011)

Près de Saint-Hubert (voir ci-dessus) on peut encore voir une portion de la via  vetuta (l’ancien chemin), qui sortait de Chinon par l’actuelle rue du Collège (voir voie 7.1), passait ensuite à Grammont puis dans la forêt, où Jean-Marie Couderc a vu une « ruette (petite rue) pavée » un peu avant le Carroi de la Jarrie. Peu après, le site de La Fosse Sèche (commune de Saint-Benoît-la-Forêt), occupé de 50 à 200 après J.C., a livré des monnaies ainsi que des fragments de céramiques et de verreries. À Saint-Hubert, cette voie rejoignait la via turonensis (le chemin de Tours, à ne pas confondre avec le chemin de Compostelle qui porte le même nom), portion d’une voie qui allait de Poitiers à Azay-le-Rideau, via Ligré et Cravant.

Plan des carrières de Panzoult

Panzoult abrita aussi des ateliers de taille de sarcophages à l’époque mérovingienne comme en témoignent les nombreuses carrières découvertes à Vilseau (au-dessus du château) et surtout dans la vallée du Ruau du Bottereau, où se trouve l’ancien château de Coulaine (voir ci-après).

Carrière de Vilseau en 1983

Les premiers seigneurs connus sont Jean Mérion, cité en 1501 et Joachim Mérion, cité en 1507 ; le fief, qui avait un revenu annuel de 50 livres en 1639, venait d’être incorporé aux biens de Léonard Barjot de Roncée (voir Cravant et Crouzilles), fils de Claude Barjot (mort en 1592) et d’Anne d’Availloles, dame de Roncée puis il resta dans cette famille jusqu’à la Révolution (voir généalogie)

À la Révolution la seigneurie fut saisie à Jean-Louis Le Bascle d’Argenteuil, considéré comme émigré (alors qu’en réalité il s’était caché en France) et fut vendue comme bien national pour 70 000 livres à Jean Desbordes Guertier de Chinon.

3 ont commenté “Panzoult

  • GOUSSET Guy a écrit le :

    Bonjour,

    Veuillez noter le nouveau numéro de téléphone des Arpenteurs Panzoultais : 02-47-95-27-24

    Merci.

    Le Président

    Répondre
  • Philippe DURAND a écrit le :

    Bonjour,

    Très bel article sur le village de Panzoult qui sera certainement mon prochain but de visite pour la fête des vignerons. Merci de me préciser votre date pour 2014.

    A noter que je descend des familles suivantes mariées à Panzoult:
    ROSSARD x en 1645 à COSSON, en 1681 à BRIAU, en 1706 à REVERS, en 1731 à GUILLERET (de l’Ile Bouchard)
    en 1767 à CHAUVEAU, dont une fille x DESVIGNES (de St Epain)

    Courtoisement

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  • Ludovic PACHET a écrit le :

    Bonjour,
    Pour compléter, le manoir du petit Croulay, le couvent, et l’ensemble de la chapelle de la Madeleine ne sont pas accessibles car à l’intérieur d’une propriété de chasse privée.
    Cordialement

    Répondre

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