HISTOIRE

Le nom de Ports apparaît pour la première fois en 862, sous la forme « Portus », signifiant « port ou passage », dans les actes de Charles II le Chauve, en tant que fief dépendant de l’abbaye Saint-Martin de Tours. Cette commune, qui comprend également le hameau Vieux-Ports et qui est généralement appelée Ports-sur-Vienne, est située sur la rive gauche de la Vienne, près du Bec-des-deux-eaux, confluent de cette rivière avec la Creuse. 

C’est là qu’en 1946 on découvrit par hasard une fosse parementée de dalles verticales et contenant une dizaine de débris de squelettes humains, accompagnés de poteries et d’armes en silex, datés de – 3 670 et de – 2 910. On pense que c’était la sépulture d’un camp fortifié se trouvant à Sauvage (voir Pussigny). L’important mobilier découvert dans cette fosse se trouve au musée préhistorique du Grand-Pressigny.

     

Deux domaines agricoles gallo-romains se trouvaient aussi sur cette commune :

Avrigny, à cheval entre Ports et Marcilly, au bord d’une ancienne voie qui allait de Nouâtre à Saint-Jean-de-Sauves, au sud de Loudun, et qui passait par Bois-Aubry (commune de Luzé), où l’on peut voir les beaux restes d’une grande abbaye. Ce domaine est cité plusieurs fois dans le cartulaire de l’abbaye de Noyers sous la forme Avigniacum, venant du gallo-romain Apriacum ou « domaine d’Aprinius (le Sanglier) » ; Il y avait là, au 11ème siècle, une « terre » qui appartenait à Girard Deo Gratias et qui fut échangé contre des vignes avec l’abbaye de Noyers, comme l’indique la charte 88 bis, de 1081 ; par la suite « l’alleu d’Avrigny » fut donné à cette même abbaye par Ameline, épouse d’un « noble nommé Jean Le Français, vivant à Nouâtre » (charte 334). Plus tard un « soldat, nommé Aimery Daver », partant pour la 2ème croisade (1147-1149), ainsi que Goslen de Blô, confirmèrent le don fait à l’abbaye de « la dîme d’Avrigny » (charte 553). Le fief d’Avrigny resta en possession de l’abbaye de Noyers, jusqu’en 1791, année où il fut saisi et vendu comme bien national.

Grisay, à cheval entre Ports et Pussigny, du gallo-romaine Gresiacum ou domaine de Gresius, où il y eut ensuite un moulin au bord de la Veude de Ponçay ; cette terre est citée dès 1060 dans la charte 19 du cartulaire de Noyers.

Selon le dictionnaire de Carré de Busserolle, on découvrit en 1862 dans le presbytère de Ports, deux fragments de colonnes paraissant remonter à l’époque gallo-romaine et Pierre Souty, historien local habitant Ports, ajoute, dans un article paru en 1942 dans le Bulletin des Amis du Vieux Chinon qu’il a vu ces fragments, maintenant disparus (peut-être pas pour tout le monde !), dans le jardin du presbytère.

Pendant longtemps l’activité principale de Ports a été la fabrication de la chaux, dont le processus est connu depuis l’époque romaine ; Le calcaire était extrait dans de longues galeries creusées dans le coteau situé entre Marcilly et Ports puis enfourné en couches alternées avec du bois ou du charbon ; à l’intérieur des fours la température montait à plus de 800 degrés et la calcination pouvait durer de trois à cinq jours.

Après refroidissement la chaux était broyée en poudre et mise dans des sacs que des charrettes transportaient jusqu’au port, situé à Vieux-Ports ; les sacs étaient alors chargés sur des bateaux ou transférés par le bac situé entre Vieux-Ports et Noyers pour être amenés jusqu’à la gare SNCF de Port-de-Piles.

Les premiers fours furent construits au 18ème siècle et il y eut jusqu’à 10 fours entre Ports et Marcilly ; une grande usine avec 7 fours fut installée en 1868 en dessous du coteau, presque en face de l’abbaye de Noyers mais le 11 août 1880 l’écroulement de ce coteau détruisit complètement l’usine ; cette catastrophe, qui fit 25 morts et 8 blessés, entraîna la faillite de l’usine et, par contrecoup, celle du bac de Noyers.

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Illustration de la catastrophe

En 1924 un barrage fut construit sur la Vienne, en aval du Bec-des-deux-eaux, au lieu-dit les Maisons Rouges, à cheval entre Ports et Nouâtre, pour les besoins des Papeteries de la Haye-Descartes (aujourd’hui Descartes). Ce barrage, qui passa sous le contrôle de l’EDF en 1946, comprenait une digue de 70 mètres de long et une petite usine hydro-électrique ; un plan d’eau permettant les sports nautiques fut aussi aménagé en amont du barrage ; campings, hôtels et restaurants s’installèrent et firent les beaux jours de la commune.

Mais « l’effacement » de ce barrage, décidé en 1994 dans le cadre du plan Loire grandeur nature, fut réalisé en 1998, malgré l’opposition des élus locaux qui y voyaient une perte de ressources fiscales importantes ; cette destruction, qui, selon beaucoup, ne s’imposait pas, a peut-être eu un impact positif sur le développement des poissons migrateurs (aloses, lamproies, saumons) mais a eu un impact très négatif sur le tourisme du secteur.

La municipalité de Ports-sur-Vienne a retrouvé récemment, sur les bords de la rivière, une maquette de ce barrage et envisage de faire de ce lieu une escale sur la Vienne.

5 ont commenté “Ports-sur-Vienne

  • Friedolin Reske a écrit le :

    J’ai fait la connaissance de l’Atelier de la Martinerie en 1959. Les trois amies (elles ne sont pas soeurs) avaient montée leur atelier dans le petit hameau de Luzillé en Touraine. Un peu plus tard elles s’installèrent dans la Vieille Prieuré de Villeloin-Coulanger, propriété du comte de Montrésor. Voyant qu’elles avaient soigneusement refait la bâtisse, le comte augmentait le loyer. Fin des années soixante mes amies achetaient le château de Hauteclaire. Alors ce n’est pas en 1956!

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  • Philippe Dien-Jahan a écrit le :

    Bonjour Monsieur,
    Pourriez vous m’indiquer la personne qui pourrai me donner des informations sur les familles suivantes.
    Jahan de la Ronde.
    Jahan du Ronday.
    Jahan du Fourneau
    Jahan de Signy
    Jahan de Belleville
    Jahan d’Embourné
    Bien à vous.
    Philippe Dien-Jahan

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    • a écrit le :

      Les familles Jahan sont malheureusement très nombreuses dans la région et pour ma part je n’ai que quelques informations sur les Jahan de L’Estang. Je regrette de ne pouvoir vous donner plus d’informations.

  • Ponsard, Patrice a écrit le :

    Sauf erreur de ma part, le dernier comte de Montrésor était Claude de Bourdeilles, frondeur notoire, parent avec Brantôme, périgourdin, et décédé en 1683..

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