Cette commune, située au sud-est de Tours et sur les deux rives de l’Indre, s’est d’abord appelée Bray ; ce toponyme apparaît pour la première fois au 6ème siècle, chez Grégoire de Tours, sous la forme Brixis, signifiant sans doute « (je vais) aux Vallées » et venant du latin bracus = boue, marais, vallée. Mais selon d’autres étymologistes, ce toponyme pourrait venir d’un mot gaulois signifiant « forêt humide ».

Reignac_Cassini
Reignac (carte de Cassini)

Deux sites néolithiques ont été découverts récemment :

Céramiques de La Haute-Prairie (INRAP)
Céramiques de La Haute-Prairie (INRAP)

À la Haute Prairie, au sud-est du bourg, sur la rive gauche de l’Indre, les archéologues de l’INRAP ont découvert au début de ce siècle, dans une soixantaine de fosses, du mobilier néolithique, notamment des céramiques caractéristiques de la « culture du Chambon » (début du 4ème millénaire avant notre ère), ainsi que des outils en silex turonien datant du néolithique final.

Poignard de La Haute-Prairie
Poignard de La Haute-Prairie

Au Grand Rochette, au sud-ouest du bourg, entre la voie ferrée et la D 953, près de la gare, le SADIL (Service Archéologique du Département d’Indre-et-Loire), lors de fouilles préventives, a mis à jour une enceinte néolithique avec deux accès couvrant une superficie de 2 hectares ainsi que de nombreux indices d’une occupation du site au néolithique moyen et final. Ce site fut réoccupé à l’âge du bronze puis à l’époque gallo-romaine.

Enceinte du Grand Rochette (photo Jacques Dubois)
Enceinte du Grand Rochette (photo Jacques Dubois)

Selon le site de la commune, la tradition populaire situe un village néolithique à l’est du bourg, au lieu-dit Les Roches Lunettes, au bord de l’étang de Ville-Pays. En tout cas « les innombrables éclats jonchant le sol, retrouvés lors des fouilles, montrent qu’il y avait là un important atelier de taille qui aurait duré longtemps. »

Dolmen de la Guignardière (site de la commune)
Dolmen de la Guignardière (site de la commune)

Du néolithique également date le dolmen de la Guignardière, situé à l’ouest du bourg, près de l’extrémité sud-ouest du parc du château et du ruisseau de la Guignardière. La table, de 4 m. sur 3, repose sur un pilier écroulé et sur un bloc de 1,80 m. de large sur 1 m. de haut, qui constituait le fond du dolmen ; 3 autres blocs, qui étaient aussi des supports, se trouvent à proximité ; il s’agissait donc d’un dolmen rectangulaire, composé d’une table posée sur 4 supports et un fond.

Dolmen de la Guignardière (Touraine Insolite)
Dolmen de la Guignardière (Touraine Insolite)

Le toponyme La Haute-Borne, au sud-ouest du bourg, indique peut-être l’existence d’un mégalithe néolithique disparu.

Selon Wikipedia, une pointe d’épée recueillie lors du creusement des fondations du pont ainsi que les traces de plusieurs enclos, situés sur le plateau et révélés par l’archéologie aérienne, montrent une occupation du site à l’âge du bronze.

Manoir de Villepays (Wikipedia)
Manoir de Villepays (Wikipedia)

Les vestiges gallo-romains sont particulièrement nombreux :

Des domaines agricoles existaient probablement à Batilly (sud du bourg), venant de Betuliacus ou « domaine de Betulius », à Mazère (au nord-ouest), venant de Maceriae, signifiant « murs en ruines », où Jacques Dubois a vu des traces de chemins et de fossés, à Trion (sud-ouest), venant de Trionem ou « propriété de Treus » et à Ville-Pays, venant de Villa Pagani : « domaine du paysan ou du païen », où l’on a trouvé un vase contenant 8 pièces d’or romaines.

Château de Reignac (février 2011)
Château de Reignac (février 2011)

Des travaux effectués au 19ème siècle dans les jardins du château ont mis à jour une tombe gallo-romaine, des vases cinéraires, des fioles à parfum ainsi que des vestiges de constructions.

Hipposandale de Reignac (photo Joël Thibaud)
Hipposandale de Reignac (photo Joël Thibaud)

Lors de la réfection, en 1860, du premier pont, datant du 17ème siècle, il fut découvert un vase gallo-romain contenant des pièces de monnaie, dont une de l’empereur Hadrien, des clefs et des hipposandales (ancêtres des fers-à-cheval), qui sont maintenant dans les collections de la SAT, ainsi, peut-être, que des vestiges d’un pont antique (voir ci-après).

Enfin, le Dictionnaire des Communes de Touraine indique, sans donner de précisions, ni sur les lieux, ni sur les dates, que l’on a trouvé dans la commune un bloc de 11 kg de monnaies romaines agglomérées, une épée à la poignée ornée de deux serpents enroulés et une pièce de monnaie en bronze à l’effigie de Lucilla Augusta, fille de Marc Aurèle.

Trois voies gallo-romaines traversaient le territoire de la commune actuelle.

D’est vers l’ouest, deux voies suivaient les rives de l’Indre : celle de la rive droite est bien marquée dans le paysage, sous le nom de rue du mail, qui, après le château, se continue par un chemin passant à côté du dolmen de la Guignardière. Celle de la rive gauche est, soit continuée par la D 17, venant d’Azay-sur-Indre et se dirigeant vers Cormery, soit par la D 943, beaucoup plus rectiligne, qui passe précisément au Grand Rochette.

 

Voie de la rive droite, entre Azay et Reignac (avril 2018)
Voie de la rive droite, entre Azay et Reignac (avril 2018)

Ces deux voies étaient croisées par une voie sud-nord, plus importante, qui allait de Poitiers à Amboise et qui deviendra plus tard la route ordinaire pour aller de Paris en Espagne. Cette voie est aujourd’hui reprise par la D 58, venant de Manthelan ; elle croise la D 943 au Grand Rochette puis franchit l’Indre, sans doute au moyen d’un gué, situé en aval du pont actuel ; mais selon certains archéologues (voir Julien Courtois in AAT, supplément 53 à RACF et Michel Provost in Carte archéologique de la Gaule, 37 l’Indre-et-Loire, 1988) il y aurait eu dès l’antiquité un pont de pierre avec un tablier en bois.

Voie de la rive droite, entre Reignac et Courçay (avril 2018)
Voie de la rive droite, entre Reignac et Courçay (avril 2018)

Une fois l’Indre franchie, la voie remontait sur la rive droite, passant par les lieu-dits Le Bray et Les Brays, qui maintiennent le souvenir de l’ancienne appellation de Reignac (Bray), puis par La Croix-Rouge, qui selon Pierre Audin (voir BSAT 58, 2012) serait une déformation de « carrouge », venant du latin quadrivium, signifiant « croisement de quatre voies », avant de se diriger vers Bléré.

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