Cette commune, située sur la rive droite de la Loire, à l’est de Tours, a d’abord été la paroisse Notre-Dame de Vosnes, toponyme qui apparaît en 852 dans une charte de Charles II le Chauve sous la forme Vodanum, signifiant « propriété de Vodos (patronyme gaulois) » ou « lieu où se trouve un gué », du latin vadum = gué. Voir phare-rochecorbon.org

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Quant au nom de la commune, créée au moment de la Révolution, il vient de Rupes Corbonis (la Roche de Corbon), toponyme cité dès la fin du 10ème siècle.

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Le site fut occupé au néolithique, comme le montrent notamment les deux haches polies trouvées dans la Loire, en face de Saint-Georges (à l’ouest du bourg), et dessinées par Gérard Cordier, dans RACF 12. 3-4, 1973.

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N° 2 et 4 : haches de Rochecorbon (dessin G. Cordier)

L’oppidum de Château-Chevrier, situé au-dessus de Saint-Roch, à l’est du bourg, est l’une des cinq grandes places-fortes des Turons. C’était un éperon barré, d’une superficie de 15 hectares, entre la Loire et la Bédoire, dont le côté nord, où se trouvait l’entrée (aujourd’hui en face du château d’eau de la rue du Peu Boulin, qui prolonge la rue de Sens et qui reprend l’ancienne voie) était protégée par un rempart et un fossé, maintenant comblé.

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Carte de J.M. Laruaz

Le rempart, une levée de terre, haute de 4 à 5 m., longue de 300 m. et large de 20 m., recouvrant deux murs hauts de 2 m. et 1,5 m., distants de 7 m. a été édifié ou refait à la fin de l’indépendance gauloise, au 1er siècle avant JC.

Descente du rempart à l'intérieur de l'oppidum (mai 2011)
Descente du rempart à l’intérieur de l’oppidum (mai 2011)

Des fouilles, faites dans ce rempart en 1973 (voir Raymond Maugard, in RACF 12. 3-4, 1973) ont permis la découverte de vestiges datés d’une urne ovoïde, d’une terrine, de tessons d’urnes, de vases, de gobelets, de 5 monnaies gauloises et d’une monnaie romaine de 88 avant J.C.

Urne ovoïde (photo de R. Maugard)
Urne ovoïde (photo de R. Maugard)

À l’angle sud-est de l’oppidum, une plate-forme surélevée de 2 m. est considérée comme le castrum (fort).

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Deux voies gauloises ou gallo-romaines passaient sur le territoire de Vodanum :

La voie qui suivait la rive gauche de la Loire, arrivant de Vouvray, empruntait deux itinéraires : le premier longeait le fleuve et est repris aujourd’hui par les rues Sentier des Patys, Saint-Roch et  des Basses-Rivières ; mais ce dernier avait l’inconvénient d’être inondable en cas de crue ; le second montait donc sur le côteau et est continué aujourd’hui par les rues de Sens, du Peu-Boulin, où l’on pouvait accéder à l’oppidum, et du Moulin ; il rejoignait le premier rue des Basses-Rivières et continuait, par la rue de Beauregard, jusqu’à Saint-Georges, ancienne commune rattachée à Rochecorbon en 1808, où les restes d’un aqueduc, peut-être gallo-romain, ont été vus dans des caves du domaine Le Capitaine, avant d’arriver à Marmoutier, sur l’ancienne commune de Saint-Symphorien, rattachée à Tours en 1964.

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Une autre voie montait vers le nord en longeant l’oppidum par la droite ; elle est continuée maintenant par la rue Vauvert puis par un chemin suivant la limite entre Rochecorbon et Parçay-Meslay ; elle passait ensuite aux Souchots et à la Blanchetière, avant d’arriver sur la commune actuelle de Monnaie.

Des domaines agricoles gallo-romains existaient sans doute à Mosny (à l’ouest du bourg), venant de Mausonacus ou « domaine de Mausona (patronyme gaulois) », à Rosnay (au sud-ouest), venant de Rutenacus ou « domaine du Ruthène (peuple gaulois) », à Villesetier (au nord), venant de villa sextarii ou « domaine produisant un setier (de blé ou de vin) »,  et à Voligny (au nord également), venant de Voliniacus ou « domaine de Volinius ».

Église de Saint-Georges (mai 2014)
Église de Saint-Georges (mai 2014)

Dans un autre site gallo-romain, à Saint-Roch, sur les pentes d’un jardin de Vauvert, des fragments de tuiles et de céramiques sigillées ont été trouvés.

2 ont commenté “Rochecorbon*

  • a écrit le :

    Bonjour, merci pour votre travail dont vous nous faites bénéficier. Quelques points de votre article me permettent de compléter :
    – concernant le nom Vodanum, voyez mon étude https://phare-rochecorbon.org/2020/08/01/vodanum/comment-page-1/
    – le nom Villesétier était écrit au XIIIe siècle gaagneria de villa sextarii, la gagnerie (ferme) de ville sétier, une petite ferme d’une superficie d’un sétier (½ hectare)
    – le nom Voligny était écrit au XVIe Vau Lignier, la vallée où l’on cultivait du lin.
    – enfin la voie gauloise est plus probablement le tracé d’est en ouest en pied de coteau marqué par les rues Sentier des Patys, Rue Saint-Roch, Rue du Moulin (le fameux gué vadum), Rue des Basses-Rivières. Ce chemin est bien moins pentu que celui que vous indiquez, qui peut cependant être une alternative pendant les périodes de forte crue.

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