HISTOIRE 

Ce lieu était, à l’époque gallo-romaine, occupé par une vaste forêt sauvage (ferus bocus = fierbois) traversée par une voie allant de Loches à Chinon et croisant une autre voie allant de Nouâtre à Athée-sur-Cher au lieu-dit la Croix de Barres.

 

Il y aurait eu là ensuite, au moyen-âge, un ermitage puis une chapelle consacrée à sainte Catherine selon un manuscrit du 15ème siècle, qui relate les 234 miracles de sainte-Catherine et qui raconte que le «pèlerinage de Madame sainte Catherine appelé Fierbois, en la paroisse de Sainte-Maure, au diocèse de Tours » fut fondé en 1375 dans les circonstances suivantes « un prud’homme appelé Jean Godefroy, habitant audit lieu de Fierbois, était alors en telle maladie qu’il fut sept ans sans pouvoir s’aider de membres qu’il eut… Or il revint à ce bonhomme que, naguère, il y avait eu une chapelle de Madame Sainte Catherine en un lieu qui était plein de grands bois, de buissons et de ronces. Et il n’y avait aucun qui put y avoir accès. Il lui vint une idée pieuse et lui fut avis que, s’il faisait une neuvaine en ce lieu, son état s’amenderait. Et il fit tant que, par ses valets, à force de cognées et instruments de fer, il fit faire une sente par laquelle il fut porté audit lieu. Et tantôt qu’il fut devant ladite chapelle, avant que sa neuvaine fût achevée, il vit bien et clair, et fut sain et guéri de tous ses membres

 

Sainte Catherine d’Alexandrie, qui alliait la force et la sagesse,  fut très populaire en France, notamment au cours de la guerre dite de cent ans, pendant laquelle, considérée comme la protectrice des Valois contre les Plantagenêt, elle fut une des « voix » de Jeanne d’Arc. Son sanctuaire de Fierbois, le seul qui ne se trouvait pas dans une partie du royaume contrôlée par les Anglais, devint un but important de pèlerinage comme le montre l’aumônerie (voir ci-après) édifiée vers 1400 pour recevoir les pèlerins par Jean II le Meingre, dit Boucicaut, avec l’accord de Jean de Craon, seigneur de Sainte-Maure, de Nouâtre et de Montbazon. Ce Jean II Le Meingre, surnommé Boucicaut, qui fut maréchal de France comme son père Jean I Le Meingre, également surnommé Boucicaut, était originaire de Touraine. Fait prisonnier à la bataille d’Azincourt en 1415, il fut emmené en Angleterre, où il mourut en 1421 ; il fut enterré dans la chapelle des Le Meingre, qui était dans l’abbatiale Saint-Martin de Tours.

 

C’est dans cette aumônerie qu’aurait été hébergée Jeanne d’Arc lorsqu’elle séjourna à Sainte-Catherine en 1429 avant de se rendre à Chinon pour rencontrer le futur Charles VII ; c’est aussi à Sainte-Catherine qu’elle aurait envoyé quelqu’un pour récupérer une épée comme il est dit dans les minutes de son procès «Tandis que j’étais à Tours, j’envoyai chercher une épée qui se trouvait dans l’église Sainte-Catherine-de-Fierbois derrière l’autel.

— Comment saviez-vous que cette épée fût là ?

— Cette épée était en terre, toute rouillée et la garde était ornée de cinq croix. Je sus qu’elle se trouvait là par mes voix, et l’homme qui l’alla chercher ne l’avait jamais vue. J’écrivis aux ecclésiastiques dudit lieu qu’ils voulussent bien m’envoyer cette épée, et ils me l’envoyèrent. Elle n’était pas trop enfoncée en terre, derrière l’autel comme il me semble. Aussitôt après que l’épée eût été trouvée, les ecclésiastiques dudit lieu la frottèrent, et aussitôt la rouille tomba sans difficulté. Ce fut l’armurier de Tours qui l’alla chercher. Les prêtres de Fierbois me firent don d’un fourreau, et les habitants de Tours d’un autre. On fit donc faire deux fourreaux, l’un de velours vermeil, et l’autre de drap d’or. Et moi j’en fis faire un troisième de cuir solide

 

Cette épée, ajoute la légende, aurait été celle que Charles Martel aurait déposé après la « bataille de Poitiers ». On sait que cette bataille de Poitiers ou bataille de Tours ou bataille du Pavé des Martyrs (en arabe), opposa en 732 les troupes  des Omeyyades dirigées  par Abd-er-Rahman, gouverneur de l’Andalousie, aux troupes des Francs, dirigées par  le maire du palais Charles Martel, et aux troupes du duc d’Aquitaine Eudes. Mais, selon des traditions locales (dont il est impossible d’établir l’exactitude), il y eut en fait trois batailles : voir Les batailles de Poitiers.

À la fin du 15ème siècle, Hélie de Bourdeilles, envoyé de Charles VII au procès réhabilitant Jeanne d’Arc puis archevêque de Tours, fit construire l’église actuelle (voir ci-après) à la place de la chapelle primitive, incendiée en 1440. En 1545, Louis de Rohan, seigneur de Sainte-Maure, fut autorisé à clore le bourg de Sainte-Catherine de murailles et de fossés pour protéger l’église et les reliques qu’elle recélait. Cependant, malgré les revendications des habitants, la paroisse dépendait toujours de Sainte-Maure et Sainte-Catherine ne devint une paroisse autonome qu’en 1704.

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