LE CENTRE-VILLE

Le château primitif fut reconstruit au 14ème siècle par la famille de Craon qui possédait alors la seigneurie de Sainte-Maure suite au mariage d’Isabelle de Sainte-Maure (morte en 1310) avec Amaury III de Craon (1280-1333) puis agrandi par Aymar de la Rochefoucauld (mort en 1455), fils de Guy VIII de la Rochefoucauld et de Marguerite de Craon. En 1660, il hébergea Louis XIV, de retour de Saint-Jean-de-Luz, où il était allé épouser Marie-Thérèse d’Autriche, fille du roi d’Espagne Philippe IV.

  

Il reste des vestiges importants de ce château, notamment une porte fortifiée du 14ème siècle et le logis seigneurial du 15ème siècle, qui servit de caserne après la Révolution et qui abrita une école communale de garçons de 1848 à 1968 ; on pouvait y visiter jusqu’à l’année dernière un petit musée qui est actuellement en cours de rénovation.

L’église Saint-Blaise puis église Sainte-Maure et Sainte-Britte, fut construite au 12ème siècle à la place d’une chapelle qui aurait été édifiée au 5ème siècle pour abriter les reliques de sainte Maure et de sainte Britte ainsi que le relate Grégoire de Tours ; à l’état de ruines à la fin du 18ème siècle, elle fut en grande partie reconstruite entre 1864 et 1869 par l’architecte Gustave Guérin (voir Pouzay) qui a cependant gardé l’abside et le chœur à voûtes angevines du 12ème siècle. Jusqu’à la Révolution, il y eut dans l’église un mausolée abritant les restes de Renée du Fou, Dame de Sainte-Maure, fille de Jean du Fou et de Jeanne de la Rochefoucauld ainsi que ceux de ses deux maris successifs, Louis III de Rohan (mort en 1498) et Guillaume de La Marck (mort en 1516).

   

Sous l’église se trouve une crypte qui est malheureusement fermée au public et qui serait une partie du château primitif ; elle abrite de nombreux vestiges et de belles statues, notamment une piéta du 17ème siècle et une statue de saint Blaise, qui vient d’être restaurée par les Amis du Patrimoine de Sainte-Maure. Dans la nef méridionale (à gauche en entrant), un puits dit « des Vierges » était aménagé dans le mur extérieur ; sa margelle est visible, au niveau du parking, dans une sorte d’enfeu en arc brisé.

Dans le centre-ville on peut voir la mairie et les halles.

L’hôtel de ville actuel  a été construit en 1866 sur l’emplacement de l’ancienne mairie installée en 1766 dans « la maison du sieur Guiet ». Notons que le docteur Adrien Barbot, pétainiste et collaborateur, maire nommé en 1943, fut révoqué en septembre 1944.

 

Devant la mairie on peut voir Le fruit de l’imagination : une belle œuvre de Charlie Boquet, jeune ferronnier d’art qui a pris la suite de son père à Sainte-Catherine-de-Fierbois (voir cette commune) ; c’est lui aussi qui, avec son père, a conçu et réalisé le mobilier urbain de la commune.

 

En face de l’hôtel de ville, se trouvent les grandes Halles, qui furent,dit-on, construites au milieu du 15ème siècle. Notons cependant que sur le montant d’une porte on voit un graffiti, représentant les armes de Jérusalem, qui pourrait rappeler la croisade d’un seigneur de Sainte-Maure et qui, dans ce cas, reculerait considérablement la date de construction.

Graffiti des Halles (2013)

Quoiqu’il en soit, ces Halles furent largement restaurées en 1672 ; elles avaient deux grandes portes armoriées, qui ont été mutilées pendant la Révolution. Sur la porte méridionale, à l’opposé de la mairie, on pouvait lire « En l’an 1672, la très illustre Anne de Rohan, princesse de Guémené, a restauré avec une magnificence remarquable ce lieu public qui avait été ruiné de fond en comble par la vieillesse et de défaut de réparations. C. Estevou, chevalier de la Mérandière, directeur de la ville et du château, en a été l’architecte.» ; la porte occidentale, quant à elle, sur la place, portait l’inscription suivante « La très illustre Anne de Rohan, princesse de Guémené, en vue des mauvaises saisons, a construit en entier les Halles et les a décorées de sculptures en l’an 1672. C. Estevou, chevalier de la Mérandière, gouverneur de la ville, en a dirigé les travaux. »

    

Ces halles, qui sont toujours utilisées le vendredi, jour du marché, ont été modifiées au 19ème siècle avec la destruction du grenier à sel pour donner plus de clarté à l’intérieur et l’ouverture d’autres portes, dont la porte monumentale en face de la mairie, ainsi que dans les années 1960 avec l’aménagement de la partie centrale en salle des fêtes.

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