HISTOIRE

Il est souvent dit que le nom de Sepmes viendrait de « septima ecclesia » indiquant la septième église édifiée en Touraine par Saint Gatien mais cette explication, qui ne figure que dans la charte 662 du Cartulaire de l’abbaye de Noyers ne repose sur aucun fondement et ne justifie pas le « s » de ce toponyme. On dit aussi, parfois, que le nom de Sepmes viendrait de « ad septimum milliarum » car effectivement Sepmes était, sur la voie gallo-romaine qui allait de Poitiers à Amboise, à 7 miles (10,5 km) de l’embranchement de La Celle Saint-Avant (voir cette commune) mais là aussi le « s » pose un problème.

En fait, cette paroisse n’apparaît que sous la forme plurielle Sepmae ou Septmas dans ce même cartulaire, forme venant du latin Septimas (terras) ou terres de Septimus.

Ancienne voie entre Marcé et Bossée (mars 2014)

La voie gallo-romaine partait de la bifurcation existant après le passage de la Creuse, la voie principale continuant vers Nouâtre et Tours, la voie secondaire vers la Celle-Saint-Avant, Marcé-sur-Esves (voir cette commune), Sepmes et Amboise ; elle passait à l’est de la Joumeraie (voir ci-après) et des Maisons Rouges, toponyme qui indique souvent une étape sur une voie gallo-romaine (voir le plan, page 3).

Les Maisons Rouges (décembre 2013)

Plusieurs domaines agricoles gallo-romains existaient sur le territoire de la commune, notamment à Brissac et à Montigny (voir les fiefs ci-après) et à la Thomassière, lieu-dit aux limites de Marcé, Draché (voir cette commune) et Sepmes, se trouve un puits de 14 m. de profondeur, avec deux galeries partant vers le nord-ouest et le sud-ouest, qui indiquent la présence d’un aqueduc souterrain, dont le tracé n’est pas bien connu.

Brissac (mars 2014)

Sepmes était une châtellenie relevant de Sainte-Maure (voir cette commune). Selon Carré de Busserolle, les premiers seigneurs connus, au 14ème siècle, furent Guillaume puis Gille de Baygnan. Ceci peut sembler étonnant car le premier Baygnan connu dans l’histoire est Oyel de Baygnan, seigneur écossais venu en France au 15ème  siècle pour aider Charles VII à lutter contre les anglais.

Cet Oyel de Baygnan était seigneur de la Grande Joumeraie (voir ci-après) et il épousa Jeanne de Barros, fille de Pierre de Barros, seigneur du Puy-de-Sepmes (voir ci-après) ; leurs descendants : Joachim de Baygnan puis Jean I de Baygnan, Jean II de Baygnan et Charles de Baygnan furent seigneurs de la Joumeraie et du Puy de Sepmes.

Seigneurs de Sepmes

La seigneurie passa ensuite par filiation ou mariage (voir généalogie ci-dessus) à la famille Isoré, qui possédait également la seigneurie de la Tour-Isoré à Sorigny, puis à la famille Guenand, dont Antoine Guenand, seigneur de la Celle-Guenand et gouverneur de Loches (cité en 1422), puis à la famille d’Aloigny, puis à la famille de Thaix, dont Jean de Thaix, gouverneur de Loches, grand-maître de l’artillerie sous François 1er, tué en 1553 lors du siège de Hesdin (Pas-de-Calais) et inhumé dans le chœur de l’église de Sepmes, puis à la famille Brossin de Méré, dont Louis 1er Brossin de Méré, gouverneur de Loches et de Beaulieu, mort en 1570 et inhumé dans l’église de Sepmes (voir Pouzay).

Au début du 17ème siècle la seigneurie appartenait à la famille de Rohan puis, au milieu du 18ème siècle à la famille Voyer d’Argenson ; en 1789, la dame de Sepmes était Marie Marc Aline Voyer d’Argenson, fille de Marc René et de Jeanne Marie Constance de Mailly d’Haucourt, épouse du comte Paul de Murat.

Le Bois Chevé (mars 2014)

Il existait, sur la paroisse de Sepmes, un grand nombre de fiefs, notamment Beauregard, cité dès 1486 ; Brissac, du gallo-romain Braccatiacus ou domaine de Braccatius (patronyme gaulois), cité dans les chartes 502, de 1136, 603, de 1176, 614, de 1180, et 621, de 1183, du cartulaire de Noyers (voir ci-dessus) ; Chassenay, venant soit du gaulois cassanos, signifiant chêne, soit du gallo-romain Casseniacus ou domaine de Cassenius ; Fresnay, cité dès 1417 ; La Grange Hoquet, citée en 1429 ; La Joumeraie (voir ci-après) ; La Melodière, citée en 1530 sous la forme la Melaudière ; La Pichonnière, qui apparaît sur la carte de Cassini ; Le Bois Chevé, cité en 1536 sous la forme Bonchevet ; Le Puy (voir ci-après) ; La Roche-Ploquin (voir ci-après) ; La Tour Sibylle (voir ci-après) ; Le Grand Relay (voir ci-après) ; Les Poiriers, cité en 1516 sous la forme Poiriers ; et Montigny, du gallo-romain Montaniacus ou domaine de Montanus (le Montagnard).

Montigny (mars 2014)

Il y avait à Sepmes deux chapelles dont l’une était dédiée à Saint Gratien ; elle était près du chemin de Sepmes à Loches et selon certains l’église actuelle a été construite à la place de cette chapelle, qui possédait le corps de Saint Gratien, tué dans la région selon la tradition ; en 1562, les protestants dévastèrent la paroisse mais le curé de Sepmes sauva les reliques et les fit transporter au château de Loches ; en 1564, l’archevêque de Tours (Victor le Bouthillier) partagea les reliques ; il en donna une moitié à l’église de Sepmes et l’autre moitié fut laissée en l’église de Loches. Il est certain que l’abbaye de Noyers possédait aussi des reliques de Saint Gratien mais leur provenance n’est pas connue.

Cinq foires se tenaient à Sepmes, dont l’une avait lieu le jour de la Saint Gratien, qui est le 13ème jour de décembre.

        

la Croix Saint-Jacques  la Croix Rouge et la Croix Cassée (mars 2014)

Plusieurs croix sont placées, selon la coutume, à des croisements entre d’anciens chemins, comme la croix Saint-Jacques au croisement de la route allant à Civray (voir cette commun) et de la route allant vers les Petit et Grand Relay (voir ci-après) ou la croix cassée au croisement de la route allant vers le Puisard (voir ci-après) et de la route allant vers les Maisons Rouges (voir ci-dessus) ou encore la croix rouge au croisement de la route allant vers la Roche Ploquin (voir ci-après) et d’un ancien chemin contournant Sepmes par le nord.

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