HISTOIRE

Le nom de cette commune, située au sud-est de Sainte-Maure-de-Touraine, apparaît sous les formes Scemae, Sepmae et Septmae dans les chartes 72 (de 1078), 118 (de 1084) et 298 (de 1101) du Cartulaire de l’abbaye de Noyers. Selon la charte 662 (non datée) de ce même cartulaire ce toponyme viendrait de « septima ecclesia » indiquant ainsi la septième église édifiée en Touraine par Saint Gatien mais cette explication ne repose sur aucun fondement et ne justifie pas le « s » de ce toponyme.

On dit aussi, parfois, que le nom de Sepmes viendrait de « ad septimum milliarum » car effectivement Sepmes était à 7 miles (10,5 km) de l’embranchement de La Celle Saint-Avant, sur la voie allant de Port-de-Piles à Amboise (voir ci-après), mais là aussi le « s » pose un problème.

En fait, il est pratiquement certain que ce toponyme vient du latin Septimas (terras) ou « domaines de Septimus ».

 

Brissac (mars 2014)

D’autres domaines gallo-romains existaient à Brissac (à l’ouest du bourg), toponyme qui apparaît en 1136 dans la charte 502 du Cartulaire de Noyers, sous la forme Terra quae dicitur Brisehaste ou « domaine appelé Brisehaste », toponyme venant de Braccatiacus ou « domaine de Braccius (patronyme gaulois) » ainsi qu’à Montigny (au sud-est), venant de Montiniacus ou « domaine du Montagnard ». Ces deux domaines deviendront des fiefs au moyen-âge.

Montigny (mars 2020)
Montigny (mars 2020)

À la Thomassière (au sud-ouest du bourg, à la limite avec Marcé-sur-Esves), on a découvert un puits de 14 m. de profondeur, avec deux galeries partant vers le nord-ouest et le sud-ouest, qui indiquent la présence d’un aqueduc souterrain, dont le tracé n’est pas bien connu.

La Thomassière, à droite, ancienne  pompe sur le trajet de l'auqeduc (octobre 2020)
La Thomassière, à droite, ancienne pompe sur le trajet de l’aqueduc (octobre 2020)

La voie gallo-romaine, venant de La Celle-Saint-Avant, devenue ensuite un chemin de Saint-Jacques, est reprise par la D 336, qui se trouve à l’est de La Thomassière, et qui, à l’est du bourg, est continuée par un chemin qui passe près de La Saulaie.

Ancienne voie près de La Saulaie (octobre 2020)
Ancienne voie près de La Saulaie (octobre 2020)

Elle est ensuite reprise par la D 99a, puis, après avoir traversé la D 59, par un autre chemin, visible à l’est des Maisons Rouges, chemin qui sert de frontière, sur 3 km, entre les communes de Bossée et de Bournan, et qui remonte ensuite à l’ouest de Manthelan pour gagner l’étang du Louroux et Reignac-sur-Indre.

Plan E. Millet (BAVC 6.4, 1959-60)
Plan E. Millet (BAVC 6.4, 1959-60)

Cet Oyel de Baygnan était seigneur de la Grande Joumeraie (voir ci-après) et il épousa Jeanne de Barros, fille de Pierre de Barros, seigneur du Puy-de-Sepmes (voir ci-après) ; leurs descendants : Joachim de Baygnan puis Jean I de Baygnan, Jean II de Baygnan et Charles de Baygnan furent seigneurs de la Joumeraie et du Puy de Sepmes.

Seigneurs de Sepmes

La seigneurie passa ensuite par filiation ou mariage (voir généalogie ci-dessus) à la famille Isoré, qui possédait également la seigneurie de la Tour-Isoré à Sorigny, puis à la famille Guenand, dont Antoine Guenand, seigneur de la Celle-Guenand et gouverneur de Loches (cité en 1422), puis à la famille d’Aloigny, puis à la famille de Thaix, dont Jean de Thaix, gouverneur de Loches, grand-maître de l’artillerie sous François 1er, tué en 1553 lors du siège de Hesdin (Pas-de-Calais) et inhumé dans le chœur de l’église de Sepmes, puis à la famille Brossin de Méré, dont Louis 1er Brossin de Méré, gouverneur de Loches et de Beaulieu, mort en 1570 et inhumé dans l’église de Sepmes (voir Pouzay).

Au début du 17ème siècle la seigneurie appartenait à la famille de Rohan puis, au milieu du 18ème siècle à la famille Voyer d’Argenson ; en 1789, la dame de Sepmes était Marie Marc Aline Voyer d’Argenson, fille de Marc René et de Jeanne Marie Constance de Mailly d’Haucourt, épouse du comte Paul de Murat.

Le Bois Chevé (mars 2014)

Il existait, sur la paroisse de Sepmes, un grand nombre de fiefs, notamment Beauregard, cité dès 1486 ; Brissac (voir ci-dessus) ; Chassenay, venant soit du gaulois cassanos, signifiant chêne, soit du gallo-romain Casseniacus ou domaine de Cassenius ; Fresnay, cité dès 1417 ; La Grange Hoquet, citée en 1429 ; La Joumeraie (voir ci-après) ; La Melodière, citée en 1530 sous la forme la Melaudière ; La Pichonnière, qui apparaît sur la carte de Cassini ; Le Bois Chevé, cité en 1536 sous la forme Bonchevet ; Le Puy (voir ci-après) ; La Roche-Ploquin (voir ci-après) ; La Tour Sibylle (voir ci-après) ; Le Grand Relay (voir ci-après) ; Les Poiriers, cité en 1516 sous la forme Poiriers ; et Montigny (voir ci-dessus).

Montigny (mars 2014)

Il y avait à Sepmes deux chapelles dont l’une était dédiée à Saint Gratien ; elle était près du chemin de Sepmes à Loches et selon certains l’église actuelle a été construite à la place de cette chapelle, qui possédait le corps de Saint Gratien, tué dans la région selon la tradition ; en 1562, les protestants dévastèrent la paroisse mais le curé de Sepmes sauva les reliques et les fit transporter au château de Loches ; en 1564, l’archevêque de Tours (Victor le Bouthillier) partagea les reliques ; il en donna une moitié à l’église de Sepmes et l’autre moitié fut laissée en l’église de Loches. Il est certain que l’abbaye de Noyers possédait aussi des reliques de Saint Gratien mais leur provenance n’est pas connue.

Cinq foires se tenaient à Sepmes, dont l’une avait lieu le jour de la Saint Gratien, qui est le 13ème jour de décembre.

        

la Croix Saint-Jacques  la Croix Rouge et la Croix Cassée (mars 2014)

Plusieurs croix sont placées, selon la coutume, à des croisements entre d’anciens chemins, comme la croix Saint-Jacques au croisement de la route allant à Civray (voir cette commun) et de la route allant vers les Petit et Grand Relay (voir ci-après) ou la croix cassée au croisement de la route allant vers le Puisard (voir ci-après) et de la route allant vers les Maisons Rouges (voir ci-dessus) ou encore la croix rouge au croisement de la route allant vers la Roche Ploquin (voir ci-après) et d’un ancien chemin contournant Sepmes par le nord.

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