Histoire de la Commune

 

Ce toponyme, venant du gallo-romain Surinacum ou domaine de Surinus, n’est pas attesté avant le 11ème siècle, époque où le roi Robert le Pieux confirme l’existence d’une paroisse, mais la région fut évidemment occupée à l’époque gallo-romaine, comme le montrent le toponyme de la commune et les toponymes suivants, qui indiquent l’implantation d’une villa rustica ou domaine agricole : Cesnay, de Ceternicum ou domaine de Ceternus, Cretinay, de Christiniacum ou domaine de Christinus, Lassy, de Lasciacum ou domaine de Lascius (patronyme gaulois), Nétilly, de Netiliacum ou domaine de Netelius, Nouis, de Novientum ou agglomération nouvelle (à l’époque gauloise).

Cesnay (avril 2017)

On peut aussi noter la présence d’une ancienne voie romaine secondaire allant de Tours à Poitiers via Sainte-Catherine, Sainte-Maure et Nouâtre, voie qui existera jusqu’au moyen-âge voie et qui deviendra ensuite la via turonensis du chemin de Saint-Jacques ; cette dernière (GR 655) ne peut plus actuellement utiliser ce chemin, qui a disparu à plusieurs endroits ou qui traverse des propriétés privées mais la croix qui marquait l’entrée de ce chemin existe toujours dans la rue des écoles.

02 via turonensis

Deux fiefs importants existaient au moyen-âge : la Prévôté (ou Château Gaillard), appartenant au chapitre de la cathédrale de Tours et la Tour de Sorigny, relevant du seigneur de La Haye (Descartes). Il y avait aussi une aumônerie, qui dépendait, au 13ème siècle, des seigneurs de Montbazon mais qui était déjà en ruines en 1583.

 

Ce fief de la Tour de Sorigny, qui consistait en grange (le Vigneau), vignes, terrages, cens et rentes ; appartenait, au moins depuis le 14ème siècle à la famille Ysoré et il prit alors le nom de la Tour d’Ysoré ; le membre le plus connu de cette famille fut Jean Ysoré, compagnon de Jean II le Meingre, dit Boucicaut, chambellan du roi Charles VI, tué à la bataille de Verneuil en 1424. Le fief appartint ensuite aux seigneurs de Thais (voir ci-après). Vendu comme bien national après la Révolution, le château, situé au sud, à droite peu après la sortie de la commune, disparut progressivement et la dernière tour fut démolie vers 1910. Sur la famille Isoré voir Saint-Bauld et Sepmes). 

06 la Tour d'Isoré

Les autres fiefs étaient l’Armerie et Beauchène (cités en 1543), la Bourde et la Métiverie (cités en 1639), la Primaudière (cité en 1523), les Ruaux (cité en 1358) Longue Plaine, Montison et Thais (présentés ci-après).

03 relais de poste

Au 18ème siècle, la grande route d’Espagne passait par Sorigny et le relais de poste existe toujours en face de la place de la mairie sous le nom de la Maréchalerie (53 rue Nationale). À ce sujet l’Almanach Tourangeau de 2009 raconte l’anecdote suivante, qui, à défaut d’être vraisemblable, est amusante ! « En ce début d’année 1809, un certain Bruzeau était employé comme domestique, depuis quelques temps déjà, au relais de poste de Sorigny, sur la grand-route d’Espagne, entre Tours et Sainte-Maure. Dans la soirée du 22 janvier, notre homme se trouvait occupé à jardiner tranquillement à l’arrière du bâtiment quand une calèche se présenta pour changer de chevaux. Un passager, d’assez petite taille, habillé simplement, en sortit et, pressé de satisfaire un besoin naturel, se précipita vers le jardin. Une fois soulagé, l’inconnu s’approcha de Bruzeau et entama la conversation :

-Et bien, mon brave, que pensez-vous de l’Empereur ? questionna le voyageur.

Bruzeau, totalement absorbé par son travail, ne se retourna même pas et répondit avec une belle franchise

-L’enpereur ! Parlons-en ! Il ferait mieux de ne pas faire tuer nos jeunes gens dans ses guerres inutiles ! Et puis, le prix du blé est si élevé que c’est pitoyable de voir dans quelle misère sont tombés tant de pauvres gens !

L’inconnu ne répondit pas et se contenta d’esquisser un vague sourire. Avant de partir, il glissa une pièce d’argent dans la main de Bruzeau qui ne prit » même pas la peine de le remercier.

Et la calèche reprit sa route, emportant son étrange passager.

Aussitôt, le maître de poste qui, de loin, avait suivi la scène entre son domestique et le voyageur, se précipita tout affolé vers Bruzeau :

– Malheureux, s’écria-t-il, tu es perdu : Sais-tu que tu viens de parler à Napoléon ?

C’était comme si, d’un seul coup, le ciel venait de tomber sur la tête du pauvre Bruzeau : aucun doute, il allait payer chèrement ses propos !

Dès lors, il s’attendit à être arrêté et jeté en prison. Pourtant, les jours passèrent sans qu’aucun gendarme ne se présente. Bruzeau commença à reprendre espoir…Et quand, les semaines suivantes, le prix du blé se mit à baisser, le domestique du relais poste de Sorigny crut que c’était grâce à lui. Il était persuadé que l’empereur avait écouté ses paroles. Toute sa vie, il garda cette certitude et, jusqu’à son dernier souffle, il ne cessa de chanter les louanges du grand Napoléon. »

04 monument aux morts

Sur cette même place se trouve le Monument aux morts de 1914-1918, œuvre du sculpteur Marcel Gaumont (1880-1962), grand prix de Rome en 1908, né à Sorigny selon le site de la commune, mais, en réalité, né à Tours, dans une famille de Sorigny.

07 CCVI

Au n° 11 rue de Louans, une maison du 19ème siècle, dont la façade très décorée, est maintenant le siège de la Communauté de communes du Val de l’Indre.

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