Histoire de la commune

Le nom de cette commune, située au sud-est de Tours, apparaît pour la première fois en 790 dans un diplôme de Charlemagne qui cite une « Villa quae dicitur Talsiniacus », c’est-à-dire « une propriété agricole appelé Talsiniacus (domaine de Talesinus) ».

Vue générale (sept. 2017)Vue générale (sept. 2017)

Des vestiges néolithiques ont été trouvés à Malicorne (au sud-est du bourg), où il y avait également deux dolmens, détruits en 1893, qui étaient nommés Les Palets-de-Gargantua, et près duquel passait une voie gallo-romaine (voir ci-après).

La Gaudinière, mortier-meule (dessin de G. Cordier)
La Gaudinière, mortier-meule (dessin de G. Cordier)

Une hache polie a été découverte en 1973 dans le bourg et un mortier-meule fabriqué à partir d’un galet de granite rose a été trouvé à La Gaudinière, au nord-est du bourg (voir Gérard Cordier*, in RACF 30, 1991).

Le toponyme La Haute-Borne, au nord du bourg et à l’est de la D 82 (voir ci-après) indique sans doute la présence d’un mégalithe disparu et deux grandes lames néolithiques y ont été recueillies par le propriétaire du terrain.

D’importants vestiges de villae gallo-romaines ont été vus d’avion par Jacques Dubois (voir BSAT 38, 1976 et 41, 1987).

Aubigny (sept. 2017)Aubigny (sept. 2017)

Près d’Aubigny, (au nord), toponyme cité en 774 sous la forme Albiniacus ou « domaine d’Albinus », où il reste de vieux bâtiments, qui se mirent dans une mare, au lieu-dit La Place, a été vue une structure ramassée autour d’une cour carrée, avec d’un côté une habitation, peut-être à galerie et, d’un autre côté, un bâtiment plus simple ; une petite structure carrée se trouve au milieu du mur d’un 3ème côté. Au sol, Jacques Dubois a ramassé des fragments de tuiles à rebord.

 

Aubigny (J Dubois BSAT 41, 1987)
Aubigny (J Dubois BSAT 41, 1987)
La Place (J Dubois BSAT 38, 1976)
La Place (J Dubois BSAT 38, 1976)

Près des Loges (au sud-ouest), au lieu-dit Les Grands-Champs, a été vu un grand établissement rectangulaire, avec bâtiments sur cour ainsi que 3 constructions plus simples aux alentours. Dès 1896 (voir BSAT 10, 1895/96) on y a trouvé des fragments de briques ou de tuiles, de poteries et d’une grande meule, dont un morceau peut être vu au Musée du Grand Pressigny, ainsi que des monnaies. Louis Bousrez pensait alors que c’était « l’emplacement d’une agglomération assez considérable ».

Fragment de la meule des Grands-Champs (MGP)
Fragment de la meule des Grands-Champs (MGP)

Près de Villiers, (au nord-est), toponyme venant de villaris ou « domaine agricole annexe », au lieu-dit Les Terres-Crevées, a été vue une grande construction avec 2 cours et des bâtiments d’habitation ; au sol, Jacques Dubois a ramassé des fragments de tuiles et de poteries communes ou sigillées ; il a aussi vu, à 500 m. de là, un grand carré de 15 à 20 m. de côté, qui était peut-être une nécropole réservée aux membres de la famille des propriétaires de cette villa.

Villers Les Terres Crevées (J Dubois BSAT 38, 1976)
Villers Les Terres Crevées (J Dubois BSAT 38, 1976)

Enfin, près de Toizay (au nord-est), toponyme venant de Totiacus ou « domaine de Totius », hameau dépendant aujourd’hui de Courçay mais qui fit partie de Tauxigny jusqu’en 1833, au lieu-dit La Lande, qui jouxte la limite actuelle entre Tauxigny et Courçay, a été vue une cour rectangulaire avec une construction incluse dans un côté de cette cour. Au sol, Jacques Dubois a trouvé des fragments de tuiles et de poteries.

Toizay (J. Dubois BSAT 38, 1976)
Toizay (J. Dubois BSAT 38, 1976)

La voie gallo-romaine qui allait de La Celle-Saint-Avant à Amboise, reprise par la D 82, entrait sur le territoire de la commune actuelle, près de Malicorne (voir ci-dessus) et elle suivait ensuite pendant plusieurs kilomètres la frontière entre Tauxigny et Dolus-le-Sec.

Carte J Dubois (BSAT 38, 1976)
Carte J Dubois (BSAT 38, 1976)

Une autre voie ancienne, reprise par une route qui entre sur la commune à Aubigny (voir ci-dessus), passe à La Place ; elle est ensuite continuée par un chemin qui traverse la D 82, passe près de La Haute Borne (voir ci-dessus), puis entre Villiers et Toizay (voir ci-dessus), quitte la commune au lieu-dit La Haute Brosse pour entrer sur la commune actuelle de Courçay. C’est « le vieux chemin de Loches », plus direct que les routes actuelles selon les anciens et datant de l’antiquité, selon Raymond Mauny.

Villiers (sept. 2017)Villiers (sept. 2017)

La villa gallo-romaine de Telesinus, devint par la suite, comme c’était souvent le cas, un bien ecclésiastique, puisqu’au 8ème siècle elle appartenait à l’abbaye Saint-Martin de Tours et qu’à la fin du 8ème siècle ce bien fut donné à l’abbaye de Cormery par Alcuin, abbé de Saint-Martin de Tours de 796 à sa mort en 804.

Après être entrée en possession de ce domaine, l’abbaye y installa au 10ème siècle un prieuré-cure et une première église. Le premier prieur connu est le bénédictin Jacques de Billy de Prunay (1535-1581), humaniste ayant traduit les textes grecs des pères de l’église mais aussi poète ; son disciple Jean Chaptard ou Chatard, né à Tours en 1567, lui succéda. En 1697, le prieur est Samuel de Ronsard, arrière-petit-neveu du poète, et en 1715 Olivier Victor Poitevin, docteur en Sorbonne.

Entrée de la commune, quand on vient de Cormery (sept. 2017)
Entrée de la commune, quand on vient de Cormery (sept. 2017)

Sous l’ancien régime, les fiefs de cette paroisse étaient les suivants :

Beauvais, cité en 1358 sous la forme Beauvoer.

La Brosse, toponyme indiquant des terres couvertes de bois, citée en 1212 sous la forme Brochia, appartenant en 1398 à « Odenet de la Broce, escuyer, faible et malade de goutte », en 1432 à « Jeanne de Bonnay, veufve de Plotart de La Broce », en 1484 à « Jean Du Fau, escuyer » (voir ci-après, page 7) .

La Couarde, toponyme indiquant une terre inculte, citée en 1639.

La Fuye, cité en 1639.

La Trévaudière (voir ci-après).

La Turmellière, citée en 1639.

Le Coudray (terrain planté de coudriers = noisetiers), cité en 1447 et en 1465.

Montouvrin, cité en 1663 sous la forme Montouvrain.

Pont-Long (voir ci-après)

Il existe plusieurs moulins sur l’Échandon :

Celui situé à la sortie du bourg était couplé avec la laiterie/fromagerie créée en 1898 par Auguste Paillaud (1866-1936), fondateur, des Grandes Laiteries de Touraine.

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Celui de Ligoret, cité dès le 18ème siècle, fut transformé en minoterie en 1879 et c’est maintenant le planétarium de l’observatoire ; il est surmonté par les vestiges d’un moulin à vent. Cet Observatoire Astronomique est ouvert chaque vendredi et dimanche. Voir www.astrotouraine.fr

Ligoret (sept. 2017)
Ligoret (sept. 2017)

En 1878, Prosper Boutet (1854-1884) construisit un four à chaux  à flanc de coteau sur la rive droite de l’Échandon, à proximité du bourg, au lieu-dit Pont Habert. Les pierres à chaux étaient entassées dans le four sur une voûte en calcaire. Le feu était allumé sous cette voûte et entretenu plusieurs jours, le temps nécessaire pour que le calcaire se transforme en chaux. Un escalier permettait au chaufournier des allées et venues entre le foyer et le dessus du four.

Observatoire astronomique
Observatoire astronomique

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