HISTOIRE

Le nom de Trogues apparaît pour la première fois en 1290, dans le pouillé de Tours, sous la forme Trogue puis au 14ème siècle sous la forme parochia de Trogis.

Le singulier peut laisser à penser que ce toponyme viendrait de Trogia villa ou domaine de Trogus, patronyme gaulois, connu par ailleurs (voir Trogue Pompée, par exemple) mais le pluriel indiquerait plutôt que le nom viendrait du latin traucis, signifiant « aux trous » et faisant peut-être référence aux carrières de pierre à chaux hydraulique, qui feront la fortune de cette commune au 19ème siècle.

Plan d’eau près de l’ancien Nantilly (avril 2013)

Quoiqu’il en soit, le territoire de cette commune, comme celui de toutes les communes du Bouchardais a été occupé à l’époque gallo-romaine comme le montrent les toponymes de Boizé (voir ci-après) et de Lantigny, qui indiquent qu’il y eut là des domaines agricoles gaulois qui devinrent par la suite des fiefs nobles. Lantigny, qui vient du gallo-romain Lentiniacus ou domaine de Lentinius est cité pour la première fois en 1050 dans la charte 533 de Geoffroy de Fuel, seigneur de L’Île-Bouchard (voir cette commune) sous la forme Terra de Lentiniaco. Il y avait sans doute aussi un domaine à Nantilly, du gallo-romain Nantiliacus ou domaine de Nantillius, lieu-dit qui n’existe plus mais qui apparaît au 18ème siècle sur la Carte de Cassini  et qui se trouvait près de l’actuel Parc des Allais.

Deux voies gallo-romaines traversaient le territoire de Trogues : la voie allant de Poitiers à Tours, qui passait à la Motte du donjon, où il y avait sans doute un ancien château médiéval et la voie allant de Nouâtre à Chinon par la rive droite de la Vienne, qui passait, juste avant Trogues, aux Grandes Varennes (voir Pouzay), où l’on a découvert une agglomération gallo-romaine relativement importante.

En face du Bois Brûlé, on voit un tertre qui passe pour un ancien tumulus ou un ancien oppidum (place-forte) mais il semble trop naturel pour être un tumulus et bien petit pour être un oppidum.

Tertre en face de Bois Brûlé (avril 2013)

Selon la tradition, Saint Martin laissa sa marque au lieu-dit le Pas de Saint-Martin, à la limite de la commune, sur la route de Saint-Épain (voir cette commune), où, dit-on, on pouvait voir une pierre sur laquelle était la trace d’un sabot de cheval.

Le premier seigneur connu fut Guillaume de la Mothe, cité en 1290, également seigneur de Sazilly (voir cette commune). Au 14ème siècle la châtellenie était la propriété de la famille Turpin de Crissé (voir Crissay-sur-Manse). Par l’intermédiaire de Claude Turpin de Crissé, René Voyer de Paulmy (1539-1586), son époux, devint seigneur de Trogues ; il fut également bailli de Touraine et gouverneur de Loches.

Les seigneurs suivants furent Louis Voyer, comte de Paulmy (1581-1651), fils de René Voyer puis François Voyer, fils de Louis Voyer, mort pendant le siège de Turin en 1640 puis un neveu de François Voyer : Jean Armand Voyer, gouverneur de Châtellerault, mort en 1674 après la bataille de Seneffe (voir Parçay-sur-Vienne) puis, son fils Séraphin Jean Armand de Voyer, mort à 15 ans en 1688, puis un petit-cousin de ce dernier :  Pierre Voyer d’Argenson, bailli de Touraine en 1643 puis gouverneur de la Nouvelle France de 1658 à 1661 et enfin la sœur de Séraphin Jean Armand :  Marie Françoise Céleste Voyer, dame de Paulmy et de La Celle-Saint-Avant (voir cette commune) qui épousa en 1689 Charles Yves Jacques Thibault du Plessis (1662-1729), comte de la Rivière et de Ploeuc, gouverneur de Saint-Brieuc, qui devint par son mariage marquis de Paulmy (voir généalogie).

Le dictionnaire de Carré de Busserolle cite ensuite comme seigneur, en 1765, Fortuné Guillon, marquis de Rochecot (1729-1790) puis sa fille : Marie Françoise Adélaïde Guillon de Rochecot et son époux Auguste Christophe Godde de Varennes.

Ancienne cheminée et clocher de l’église (juin 2013)

Deux fours à chaux furent construits en 1858 et trois autres en 1882 ainsi qu’un sixième en 1893 près du site de la Rolandière, où il y avait de vastes carrières de calcaire (voir ci-après) ; en 1901 on installa une machine à vapeur et on construisit une haute cheminée, qui est toujours debout malgré son air penché ; ces fours fonctionnèrent jusqu’en 1953.

 

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