HISTOIRE

Le nom de Trogues apparaît pour la première fois en 1290, dans le pouillé de Tours, sous la forme Trogue puis au 14ème siècle sous la forme parochia de Trogis.

Le singulier peut laisser à penser que ce toponyme viendrait de Trogia villa ou domaine de Trogus, patronyme gaulois, connu par ailleurs (voir Trogue Pompée, par exemple) mais le pluriel indiquerait plutôt que le nom viendrait du latin traucum (trou) et signifierait alors « (je vais) aux Trous », faisant référence aux carrières de chaux, qui devaient déjà exister dans l’antiquité et qui feront la richesse de cette commune au 19ème siècle

Plan d’eau près de l’ancien Nantilly (avril 2013)

Une hache votive polie néolithique a été trouvée dans Le Cave de la Roche, qui se trouve à l’ouest de La Motte du Donjon, au nord-est du bourg (voir ci-après).

Au sud-est du bourg, en face du Bois Brûlé, on voit un tertre qui passe pour un ancien tumulus ou un ancien oppidum (place-forte) mais il semble trop naturel pour être un tumulus et bien petit pour être un oppidum.

Tertre en face de Bois Brûlé (avril 2013)

Une villa gallo-romaine existait à Lantigny, au sud-est du bourg, toponyme venant de Terra de Lentiniaco ou « Terre de Lentinius ». D’autres domaines devaient se trouver à Boizé, à l’est, venant de Bosiacus ou « domaine du gaulois Bosius » (voir page 11) et à Nantilly, toponyme qui n’existe plus mais qui apparaît sur la Carte de Cassini, au sud-est du bourg, venant de Nantiliacus ou « domaine de Nantillius ».

 Lantigny (avril 2013)
Lantigny (avril 2013)

Une agglomération gallo-romaine, dite des Grandes Varennes, a été découverte par Philippe Delauné, à cheval sur Trogues et Pouzay.

Fanum des Grandes Varennes (Photo Philippe Delauné)
Fanum des Grandes Varennes (Photo Philippe Delauné)

Différentes trouvailles gallo-romaines ont été faites lors de la construction de la voie ferrée Port Boulet/Port de Piles, au 19ème siècle, notamment des morceaux de statues, des têtes grimaçantes, des frises et rinceaux de feuillages ainsi qu’un four de potier.

Four de potier de Trogues (Gallia 13.2, 1955)
Four de potier de Trogues (Gallia 13.2, 1955)

Plusieurs voies gallo-romaines traversaient le territoire actuel de cette commune :

Carte Raymond Mauny avec annotations PMD
Carte Raymond Mauny avec annotations PMD

Venant de Pouzay, la voie allant de Poitiers à Tours suivait la limite entre Noyant-de-Touraine et Trogues, puis entre Saint-Épain et Trogues ; elle passait à La Motte-du-Donjon, où un château médiéval sera élevé plus tard ; un peu avant ce lieu, elle était rejointe par une voie secondaire venant de l’agglomération des Grandes Varennes (voir ci-dessus).

La Motte-du-Donjon (janvier 2011)
La Motte-du-Donjon (janvier 2011)

Après être passée aux Grandes Varennes, la voie qui longeait la rive droite de la Vienne, reprise par la D 109, traversait la commune d’est en ouest et continuait ensuite, sous le nom de Voie Communale des Rivages de la Vienne, vers Mougon.

Le toponyme Le Pas-de-Saint-Martin, au nord-est du bourg, à droite de la D 208 allant de Trogues à Saint-Épain est expliqué par le fait que, selon la tradition, le cheval de Saint Martin aurait heurté le sol de son sabot lors des pérégrinations de ce saint et aurait laissé son empreinte sur une pierre cependant, selon Gérard Cordier, le véritable Pas ne se trouverait pas là où il est indiqué mais sous le revêtement de la départementale.

Le Pas-de-Saint-Martin (avril 2013)
Le Pas-de-Saint-Martin (avril 2013)

Le premier seigneur connu fut Guillaume de la Mothe, cité en 1290, également seigneur de Sazilly (voir cette commune). Au 14ème siècle la châtellenie était la propriété de la famille Turpin de Crissé (voir Crissay-sur-Manse). Par l’intermédiaire de Claude Turpin de Crissé, René Voyer de Paulmy (1539-1586), son époux, devint seigneur de Trogues ; il fut également bailli de Touraine et gouverneur de Loches.

Les seigneurs suivants furent Louis Voyer, comte de Paulmy (1581-1651), fils de René Voyer puis François Voyer, fils de Louis Voyer, mort pendant le siège de Turin en 1640 puis un neveu de François Voyer : Jean Armand Voyer, gouverneur de Châtellerault, mort en 1674 après la bataille de Seneffe (voir Parçay-sur-Vienne) puis, son fils Séraphin Jean Armand de Voyer, mort à 15 ans en 1688, puis un petit-cousin de ce dernier :  Pierre Voyer d’Argenson, bailli de Touraine en 1643 puis gouverneur de la Nouvelle France de 1658 à 1661 et enfin la sœur de Séraphin Jean Armand :  Marie Françoise Céleste Voyer, dame de Paulmy et de La Celle-Saint-Avant (voir cette commune) qui épousa en 1689 Charles Yves Jacques Thibault du Plessis (1662-1729), comte de la Rivière et de Ploeuc, gouverneur de Saint-Brieuc, qui devint par son mariage marquis de Paulmy (voir généalogie).

Le dictionnaire de Carré de Busserolle cite ensuite comme seigneur, en 1765, Fortuné Guillon, marquis de Rochecot (1729-1790) puis sa fille : Marie Françoise Adélaïde Guillon de Rochecot et son époux Auguste Christophe Godde de Varennes.

Ancienne cheminée et clocher de l’église (juin 2013)

Deux fours à chaux furent construits en 1858 et trois autres en 1882 ainsi qu’un sixième en 1893 près du site de la Rolandière, où il y avait de vastes carrières de calcaire (voir ci-après) ; en 1901 on installa une machine à vapeur et on construisit une haute cheminée, qui est toujours debout malgré son air penché ; ces fours fonctionnèrent jusqu’en 1953.

 

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