ÉLÉMENTS BIOGRAPHIQUES
Balzac par Sicard

Honoré de Balzac est né à Tours le 1er prairial an VII (20 mai 1799), au 25 rue de l’Armée d’Italie, dans une maison qui se  trouva ensuite située 39 rue Nationale mais qui fut détruite en juin 1940.  (seconde maison à gauche sur la photo ci-dessous).     

Par la suite sa famille s’installa près de là, au 29 de la même rue, devenue rue de l’Indre-et-Loire (puis 53 rue Nationale).   

Son père Bernard-François Balssa (1746-1829) avait épousé en 1797 Anne-Charlotte Sallambier (1778-1854), qui avait 32 ans de moins que lui ; il était, au moment de la naissance d’Honoré, intendant général de le 22ème division. Il fut aussi administrateur de l’Hospice général de Tours et adjoint au maire de la ville.    

Balzac père

Le jeune Honoré est tout-de-suite mis en nourrice chez la femme d’un gendarme à Saint-Cyr-sur-Loire (voir Sténie) puis il est placé pendant la journée, de 1804 à 1807, dans la pension Le Guay, qui était 71 rue de la Scellerie. Il évoque cette pension dans Le lys dans la vallée, qui est en partie une œuvre autobiographique : « Moi, chétif et malingre, à cinq ans, je fus envoyé comme externe dans une pension de la ville, conduit le matin et ramené le soir par le valet de chambre de mon père. Je partais en emportant un panier peu fourni, tandis que mes camarades apportaient d’abondantes provisions. Ce contraste entre mon dénuement et leur richesse engendra mille souffrances. »  

la pension Le Guay, rue de la scellerie

Il y eut comme condisciple Jules Sonolet, petit-fils du lieutenant-colonel Jacques Sonolet qui avait acheté en 1791 l’abbaye de Noyers (commune de Nouâtre), ce qui explique sans doute pourquoi Balzac cite cette abbaye parmi les biens du « père Grandet ». Cette pension a été aujourd’hui remplacée par l’hôtel moderne, 57 rue de la scellerie.    

Tours 57 rue de la scellerie

Il fut ensuite envoyé au collège des Oratoriens à Vendôme, où il resta de 1807 à 1813 sans aller une seule fois en vacances (voir Louis Lambert). Ses sœurs  pour leur part, fréquentèrent l’institution Vauquer, située 7 rue des Cerisiers dans un hôtel du 16ème  siècle qui deviendra la pension Vauquer dans Le Père Goriot. En 1813 ses parents quittèrent Tours pour Paris et Balzac les suivit mais il revint souvent à Tours et en Touraine.  

Tours : 7 rue des Cerisiers

En 1822 il devient l’amant de Laure de Berny, qui a 22 ans de plus que lui ; en juin 1830 il séjourne avec elle à La Grenadière à Saint-Cyr-sur-Loire. Il évoque cette demeure dans une nouvelle portant le titre de cette propriété et publiée en 1832 :  «De là, les yeux embrassent d’abord la rive gauche de la Loire depuis Amboise ; la fertile plaine où s’élèvent Tours, ses faubourgs, ses fabriques, le Plessis ; puis une partie de la rive droite qui, depuis Vouvray jusqu’à Saint-Symphorien, décrit un demi-cercle de rochers pleins de joyeux vignobles. La vue n’est bornée que par les riches coteaux du Cher, horizon bleuâtre, chargé de parcs et de châteaux. »    

La Grenadière par Fernand Chauveau (1942)

Une autre description du même panorama se trouve au début de La femme de trente ans : « À gauche, la Loire apparaît dans toute sa magnificence. (…) Çà et là, des îles verdoyantes se succèdent dans l’étendue des eaux, comme les chatons d’un collier. (…) Dans le lointain, l’œil ne rencontre d’autres bornes que les collines du Cher, dont les cimes dessinaient en ce moment des lignes lumineuses sur le transparent azur du ciel. (…) Tours semble, comme Venise, sortir du sein des eaux. Les campaniles de sa vieille cathédrale s’élancent dans les airs (…). Le postillon (…) mena rapidement les deux voyageurs sur la partie de la levée que bordent les rochers suspendus au sein desquels mûrissent les vins de Vouvray, d’où s’élancent tant de jolies maisons, où apparaissent dans le lointain les ruines de cette si célèbre abbaye de Marmoutiers, la retraite de saint Martin. »

Vue de Tours en 1834 par J. L. Tirpenne

Une description un peu semblable, faite du pont de Tours cette fois, se trouvait déjà au début de Sténie, un des premiers romans de Balzac mais qu’il n’acheva pas ; on y trouve aussi « le petit village de Saint-Cyr où demeurait ma nourrice »  

Vue de Tours en 1850

Mme de Berny meurt en 1836 à 59 ans mais la comtesse Évelyne Hanska était entrée dans la vie de Balzac en  1832. Après bien des péripéties, il réussit à l’épouser mais il meurt peu après, le 18 août 1850, dans son hôtel de la rue Fortunée (aujourd’hui rue Balzac).    

Balzac en 1842 (daguerréotype de Nadar)

6 ont commenté “Balzac

  • Delvet a écrit le :

    trés bel article mais ou avez vous trouvé toutes ces photos??

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    • a écrit le :

      Merci pour votre commentaire. Les photos anciennes viennent : soit des archives municipales de Tours (pour la plupart), soit du musée Balzac de Saché ; les photos récentes sont de moi.
      PMD

  • a écrit le :

    Sur le monument de Tours, aujourd’hui disparu, vous lirez le billet « Le fantôme de Balzac », publié le 14 septembre 2010 dans le blog « Lire à Vouvray », que je fais pour la Bibliothèque municipale. Vous aurez une pensée émue (?) pour le sculpteur, Paul Fournier ; il est complètement oublié et il faut bien chercher pour voir son travail.
    BC

    Répondre
    • a écrit le :

      Merci pour votre message et pour l’information.
      J’ai lu sur un site internet qu’il y aurait, à Vouvray, une statue de « l’illustre Gaudissart » (!) mais je ne l’ai pas trouvée.
      Avez-vous des précisions à ce sujet ?
      PMD

  • Thierry Teinturier a écrit le :

    Balzac ce fut, durant les années de mon adolescence que je passais à Tours, l’histoire du naïf vicaire Birotteau, les rues autour de la cathédrale, la rue de la Scellerie où travaillait ma mère, où il y avait une herboristeriele jouxtant le n° 57, à l’angle, les bords de l’Indre, la poudrière, Vauhourdon où je piquais des têtes dans les méandres de la tranquille rivière, les moulins, Saché pas loin ; mais je n’ai pas souvenir d’avoir lu Le lys dans la vallée J’ai lu bien plus tard Eugénie Grandet, le seul roman (je suis assez peu lecteur de romans) que j’ai acheté plusieurs fois, le prêtant peut-être, l’égarant sûrement, tant il m’avait plu. Il y a une vingtaine d’années j’arrivais encore à réciter certains passages peignant la Grande Nanon,  »… elle avait au cou un collier de cuir dans les pointes ne la piquaient plus » ou quelque chose comme ça. Aïe ! j’ai tout oublié. Terrible portrait de la servante du père Grandet, si fidèle, si âpre à la tâche, si humaine dans ses  »monstruosités ». Balzac n’est pas toujours gentil, peut-être, mais si juste dans ses immenses peintures faits de mots. Si j’ai aimé l’histoire du colonel Chabert lue tard encore, celle du père Goriot aussi, je n’ai pas été plus loin après avoir eu du mal à entrer dans l’histoire du Cousin Pons, à moins que fût celle de la Cousine Bette, je ne sais plus. Je pense que j’aurais autant de plaisir à relire l’histoire d’Eugénie (en fait c’est une belle relation filiale d’une jeune femme avec son avare de père, la mère étant très effacée) que j’en ai eu dans ma jeunesse.

    Je me souviens de la librairie de la rue Descartes, située juste après l’entrée latérale de la basilique St Martin, où officiait une vieille libraire, propriétaire des lieux. Toute vêtue de noir, elle était la parfaite image, enfin pour moi, de la mère Gamard, sèche, ridée, peu accorte – mais certainement plus bienveillante quand même, du moins je l’espère après coup ! – telle que je l’imaginais; Cette librairie où un bon nombre des livres était entassé à la chinoise en centaines de colonnes mouvantes qu’on osait approcher de trop près de peur qu’il n’arriva une catastrophe, des colonnes s’élançant depuis le sol jusqu’à hauteur d’homme, était à la fois ténébreuse et fascinante. Un lieu balzacien…

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