La Touraine et la ville de Tours sont très souvent présents dans l’œuvre de Balzac.  

Cette statue de Balzac se trouvait place Jean Jaurès à Tours ; elle fut fondue par les Allemands au cours de la seconde guerre mondiale

L’histoire de Maître Cornélius (1831) est située à Tours, au 15ème siècle : « Là commençait une rue nommée depuis lors de la Scéellerie, en mémoire des sceaux qui y furent longtemps. Elle joignait le vieux Tours au bourg de Châteauneuf, où se trouvait la célèbre abbaye de Saint-Martin (…). On rencontre, parmi les personnages de cette nouvelle, « Jean Dufou, sire de Montbazon (…) et, de plus, grand échanson de France. » Il s’agit, bien sûr de Jean du Fou, qui fut aussi seigneur de Sainte-Maure et de Nouâtre.  

Tours. Saint-Gatien en 1836

Toute l’action de la nouvelle intitulée Le curé de Tours (publié en 1832) se passe dans et autour de la cathédrale Saint-Gatien et de son célèbre cloître de la Psalette ; la maison où réside l’abbé Birotteau est prise dans les contreforts de la cathédrale et correspond à l’hôtel particulier situé au n°8 rue de la psalette. 

Tours. 8 rue de la psalette
Tours. 8 rue de la psalette

Il y avait, quand Balzac était enfant, une Mlle Gamard qui avait un abonnement pour une chaise de la cathédrale, comme Mme Balzac et c’est probablement elle qui a donné son nom à la propriétaire acariâtre qui héberge l’abbé Birotteau.   

Tours. Cloître de la Psalette

L’illustre Gaudissart (1833) se passe en grande partie à Vouvray (où Balzac avait envisagé d’acheter le château de Moncontour en 1846) ; on y trouve « quelques renseignements sur l’esprit public de la Touraine (…). L’esprit conteur, rusé, goguenard, épigrammatique dont, à chaque page, est empreinte l’œuvre de Rabelais, exprime fidèlement l’esprit tourangeau (…).  La ville de Vouvray a élevé une statue à ce personnage !

Vouvray monument a l’Illustre Gaudissart (Tourainissime)

Les contes drolatiques, (qui devaient être cent mais qui ne sont que trente), placés sous le patronage de « nostre digne compatriote, esternel honneur de Tourayne, Françoys Rabelays », est, nous dit Balzac dans le prologue « le produict des heures rieuses de bons vieulx moynes, et dont estoyent maintz vestiges espars en notre païs comme à la Grenadière lez Sainct-Cyr, au bourg de Sacché lez Azay-le-Ridel, à Marmoutiers, Veretz, la Roche-Corbon. » On est, avec Le péché vesniel dans les environs de Vouvray, au Plessis-les-Tours (commune de La Riche) dans Les joyeulsetez du roy Loyis le unziesme, à Amboise avec Dezespérance d’amour ; on y rencontre La pucelle de Thilhouze (et le château de Valesnes),  Le curé d’Azay-le-rideau  le (…) glorieulx abbez de Turpenay ; de nombreux lieux de Tours sont évoqués : l’hôtel des Trois Barbeaux dans Les trois clers de sainct-Nicholas,  la rue des Trois Pucelles (actuellement rue Briçonnet) dans Comment feut basti le chasteau d’Azay, le « pont qui menne à la cattedrale de Tours » dans Comment la belle fille de Portillon quinaulda son juge.  

Château de Plessis-les-Tours (Tourainissime)

6 ont commenté “Balzac

  • Delvet a écrit le :

    trés bel article mais ou avez vous trouvé toutes ces photos??

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    • a écrit le :

      Merci pour votre commentaire. Les photos anciennes viennent : soit des archives municipales de Tours (pour la plupart), soit du musée Balzac de Saché ; les photos récentes sont de moi.
      PMD

  • a écrit le :

    Sur le monument de Tours, aujourd’hui disparu, vous lirez le billet « Le fantôme de Balzac », publié le 14 septembre 2010 dans le blog « Lire à Vouvray », que je fais pour la Bibliothèque municipale. Vous aurez une pensée émue (?) pour le sculpteur, Paul Fournier ; il est complètement oublié et il faut bien chercher pour voir son travail.
    BC

    Répondre
    • a écrit le :

      Merci pour votre message et pour l’information.
      J’ai lu sur un site internet qu’il y aurait, à Vouvray, une statue de « l’illustre Gaudissart » (!) mais je ne l’ai pas trouvée.
      Avez-vous des précisions à ce sujet ?
      PMD

  • Thierry Teinturier a écrit le :

    Balzac ce fut, durant les années de mon adolescence que je passais à Tours, l’histoire du naïf vicaire Birotteau, les rues autour de la cathédrale, la rue de la Scellerie où travaillait ma mère, où il y avait une herboristeriele jouxtant le n° 57, à l’angle, les bords de l’Indre, la poudrière, Vauhourdon où je piquais des têtes dans les méandres de la tranquille rivière, les moulins, Saché pas loin ; mais je n’ai pas souvenir d’avoir lu Le lys dans la vallée J’ai lu bien plus tard Eugénie Grandet, le seul roman (je suis assez peu lecteur de romans) que j’ai acheté plusieurs fois, le prêtant peut-être, l’égarant sûrement, tant il m’avait plu. Il y a une vingtaine d’années j’arrivais encore à réciter certains passages peignant la Grande Nanon,  »… elle avait au cou un collier de cuir dans les pointes ne la piquaient plus » ou quelque chose comme ça. Aïe ! j’ai tout oublié. Terrible portrait de la servante du père Grandet, si fidèle, si âpre à la tâche, si humaine dans ses  »monstruosités ». Balzac n’est pas toujours gentil, peut-être, mais si juste dans ses immenses peintures faits de mots. Si j’ai aimé l’histoire du colonel Chabert lue tard encore, celle du père Goriot aussi, je n’ai pas été plus loin après avoir eu du mal à entrer dans l’histoire du Cousin Pons, à moins que fût celle de la Cousine Bette, je ne sais plus. Je pense que j’aurais autant de plaisir à relire l’histoire d’Eugénie (en fait c’est une belle relation filiale d’une jeune femme avec son avare de père, la mère étant très effacée) que j’en ai eu dans ma jeunesse.

    Je me souviens de la librairie de la rue Descartes, située juste après l’entrée latérale de la basilique St Martin, où officiait une vieille libraire, propriétaire des lieux. Toute vêtue de noir, elle était la parfaite image, enfin pour moi, de la mère Gamard, sèche, ridée, peu accorte – mais certainement plus bienveillante quand même, du moins je l’espère après coup ! – telle que je l’imaginais; Cette librairie où un bon nombre des livres était entassé à la chinoise en centaines de colonnes mouvantes qu’on osait approcher de trop près de peur qu’il n’arriva une catastrophe, des colonnes s’élançant depuis le sol jusqu’à hauteur d’homme, était à la fois ténébreuse et fascinante. Un lieu balzacien…

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