C’est évidemment dans Le Lys dans la vallée (1835) que la Touraine est la plus présente.    

 

Itinéraire de Félix pour aller de Tours à Frapesle

Résumé : Félix de Vandenesse séjourne chez un ami de ses parents dans le château de Frapesle. Il aime Henriette de Mortsauf qui vit avec son vieux et grincheux mari dans le château de Clochegourde. Balzac décrit avec une précision médicale le caractère tyrannique de M. de Mortsauf. Mme de Mortsauf aime Félix tout en se refusant à lui par devoir et ce dernier a une liaison amoureuse avec lady Dudley. Maltraitée par son mari mais torturée aussi par le regret et la jalousie, Henriette de Mortsauf finit par mourir de tristesse.   

les lieux du Lys dans la vallée

Correspondance des personnages :   

Félix = Balzac, qui connaissait le baron Henri de Vendenesse, propriétaire à Parçay-Meslay   

Henriette de Mortsauf = Mme de Berny   

M. de Mortsauf = M. de Berny   

Lady Dudley = mélange de deux maîtresses de Balzac : lady Ellenborough et Sarah Lowell, comtesse Guidoboni-Visconti.   

Le château de Valesnes

 

Correspondance des lieux :   

Frapesle = château de Valesnes à Saché (à droite quand on va de Saché à Thilouze) qui appartenait également à M. de Margonne.   

Valesnes par Picart le Doux

Clochegourde : situé à l’emplacement du château de la Chevrière, en face de Frapesle, de l’autre côté de l’Indre mais assimilé très précisément par sa description avec le manoir de Vonnes (à droite quand on va de Saché à Pont-de-Ruan par la D84).   

Manoir de Vonnes par Picart le Doux

Au début du roman, le jeune Félix va de Tours à Frapesle : « Donc, un jeudi matin, je sortis de Tours par la barrière Saint-Eloy, je traversai les ponts Saint-Sauveur, j’arrivai dans Poncher en levant le nez à chaque maison et gagnai la route de Chinon. (…) Pour aller au château de Frapesle, les gens à pied ou à cheval abrègent la route en passant par les landes dites de Charlemagne, terres en friche, situées au sommet du plateau qui sépare le bassin du Cher et celui de l’Indre, et où mène un chemin de traverse que l’on prend à Champy. (…) Ce chemin, qui débouche sur la route de Chinon bien au-delà de Ballan, longe une plaine ondulée sans accidents remarquables, jusqu’au petit pays d’Artanne. »   

Manoir de Vonnes vu de la vallée (2010)
En fait, Félix suit le chemin que suivait Balzac pour aller (souvent à pieds) de Tours à Saché, en traversant le Cher sur le pont Saint-Sauveur, le petit Cher à Pont-Cher (aujourd’hui sur la commune de Joué-les-Tours) et l’Indre à Pont-de-Ruan.   
les landes de Charlemagne (2010)

Ce chemin n’est autre que l’ancienne voie gallo-romaine qui allait de Tours à Poitiers et qui passait effectivement par un lieu, situé aujourd »hui sur la commune de Ballan-Miré, appelé encore aujourd’hui les landes de Charlemagne et où la tradition situe l’une des batailles de Charles Martel, nommé aussi Carolus Magnus (Charles le grand), contre Abd al-Rahmân (voir Les batailles de Poitiers).

Manoir de Vonnes (2010)

Félix de Vandenesse recherche une femme qu’il a admirée lors des fêtes données en l’honneur du duc d’Angoulême (fils du futur Charles X)  dans l’hôtel Papion de Tours (à l’emplacement de l’actuel hôtel de ville) et il la trouve très rapidement près du château de Frapesle, dans le château de M et Mme de Mortsauf « Cette habitation [Clochegourde], qui fait un bel effet dans le paysage, est en réalité modeste. Elle a cinq fenêtres de face ; chacune de celles qui terminent la façade exposée au midi s’avance d’environ deux toises, artifice d’architecture qui simule deux pavillons et donne de la grâce au logis. (…) Les toits sont gracieusement contournés aux angles, décorés de mansardes à croisillons sculptés et de bouquets en plomb sur les pignons. (…) Vu de la vallée, le rez-de-chaussée semble être au premier étage ; mais, du côté de la cour, il est de plain-pied avec une large allée sablée donnant sur un boulingrin [parterre de gazon] animé par plusieurs corbeilles de fleurs. »  

  

6 ont commenté “Balzac

  • Delvet a écrit le :

    trés bel article mais ou avez vous trouvé toutes ces photos??

    Répondre
    • a écrit le :

      Merci pour votre commentaire. Les photos anciennes viennent : soit des archives municipales de Tours (pour la plupart), soit du musée Balzac de Saché ; les photos récentes sont de moi.
      PMD

  • a écrit le :

    Sur le monument de Tours, aujourd’hui disparu, vous lirez le billet « Le fantôme de Balzac », publié le 14 septembre 2010 dans le blog « Lire à Vouvray », que je fais pour la Bibliothèque municipale. Vous aurez une pensée émue (?) pour le sculpteur, Paul Fournier ; il est complètement oublié et il faut bien chercher pour voir son travail.
    BC

    Répondre
    • a écrit le :

      Merci pour votre message et pour l’information.
      J’ai lu sur un site internet qu’il y aurait, à Vouvray, une statue de « l’illustre Gaudissart » (!) mais je ne l’ai pas trouvée.
      Avez-vous des précisions à ce sujet ?
      PMD

  • Thierry Teinturier a écrit le :

    Balzac ce fut, durant les années de mon adolescence que je passais à Tours, l’histoire du naïf vicaire Birotteau, les rues autour de la cathédrale, la rue de la Scellerie où travaillait ma mère, où il y avait une herboristeriele jouxtant le n° 57, à l’angle, les bords de l’Indre, la poudrière, Vauhourdon où je piquais des têtes dans les méandres de la tranquille rivière, les moulins, Saché pas loin ; mais je n’ai pas souvenir d’avoir lu Le lys dans la vallée J’ai lu bien plus tard Eugénie Grandet, le seul roman (je suis assez peu lecteur de romans) que j’ai acheté plusieurs fois, le prêtant peut-être, l’égarant sûrement, tant il m’avait plu. Il y a une vingtaine d’années j’arrivais encore à réciter certains passages peignant la Grande Nanon,  »… elle avait au cou un collier de cuir dans les pointes ne la piquaient plus » ou quelque chose comme ça. Aïe ! j’ai tout oublié. Terrible portrait de la servante du père Grandet, si fidèle, si âpre à la tâche, si humaine dans ses  »monstruosités ». Balzac n’est pas toujours gentil, peut-être, mais si juste dans ses immenses peintures faits de mots. Si j’ai aimé l’histoire du colonel Chabert lue tard encore, celle du père Goriot aussi, je n’ai pas été plus loin après avoir eu du mal à entrer dans l’histoire du Cousin Pons, à moins que fût celle de la Cousine Bette, je ne sais plus. Je pense que j’aurais autant de plaisir à relire l’histoire d’Eugénie (en fait c’est une belle relation filiale d’une jeune femme avec son avare de père, la mère étant très effacée) que j’en ai eu dans ma jeunesse.

    Je me souviens de la librairie de la rue Descartes, située juste après l’entrée latérale de la basilique St Martin, où officiait une vieille libraire, propriétaire des lieux. Toute vêtue de noir, elle était la parfaite image, enfin pour moi, de la mère Gamard, sèche, ridée, peu accorte – mais certainement plus bienveillante quand même, du moins je l’espère après coup ! – telle que je l’imaginais; Cette librairie où un bon nombre des livres était entassé à la chinoise en centaines de colonnes mouvantes qu’on osait approcher de trop près de peur qu’il n’arriva une catastrophe, des colonnes s’élançant depuis le sol jusqu’à hauteur d’homme, était à la fois ténébreuse et fascinante. Un lieu balzacien…

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