SACHÉ   

Entre 1824 et 1848 Balzac séjourna souvent dans le château de Saché, où il écrivit plusieurs romans, dans « cette petite chambre (…) où j’ai tant travaillé ! Je revois les beaux arbres que j’ai tant vus en cherchant mes idées, » (lettre à Mme Hanska, juin 1836).   

château de Saché (2010)

Cette vue est décrite plus précisément dans Le lys dans la vallée : « Je demeurai quelques jours dans ma chambre dont les fenêtres donnent sur ce vallon tranquille et solitaire dont je vous ai parlé. C’est un vaste pli de terrain bordé par des chênes deux fois centenaires, et où par les grandes pluies coule un torrent. »   

Saché : chambre de Balzac (2010)

Ce château appartenait à Jean de Margonne, un ami de ses parents qui avait été l’amant de Mme Balzac et était le père présumé d’Henri, le frère cadet d’Honoré, né en 1807. En mars 1833, Balzac écrit à Mme Hanska : « Saché est un débris de château sur l’Indre, dans une des plus délicieuses vallées de Touraine. Le propriétaire, un homme de 55 ans, m’a fait jadis sauter sur ses genoux, il a une femme intolérante et dévote, bossue, peu spirituelle. »   

Vue de la chambre de Balzac (2010)

Reconstruit au 16ème siècle à la place d’une forteresse moyenâgeuse, le château de Saché appartint à la famille de Rousselé, dont l’un des membres : Marguerite de Rousselé (1608-1628) fut, dit-on, un exemple de vertu ; surnommée La Bienheureuse, elle fut inhumée dans l’église de Saché.   

château de Saché (2010)

Modifié au 17ème et au 18ème siècles, le château fut mis au goût du 19ème siècle par Jean de Margonne. La famille Métadier acheta le château en 1920 et, en 1951, Paul Métadier en fit un musée, qui appartient au conseil général d’Indre-et-Loire depuis 1958.   

église de Saché et mobile de Calder (2010)

Ce musée Balzac (37190 Saché) est très intéressant et je vous invite vivement à le visiter.   

Tél. 02 47 26 86 50   

courriel : museebalzac@cg37.fr   

site : www.musee-balzac.fr  

Saché accueillit aussi l’écrivain Jules Mary, surnommé le Balzac du pauvre, qui résida au château de la Chevrière.     

 

château de la Chevrière

Le sculpteur Alexander Calder s’installa à la Gouacherie en 1956 et y résida jusqu’en 1976.   

 

Saché. La Gouacherie (2010)

À son instigation, l’écrivain Yves Elléouët, qui avait épousé la fille d’André Breton, s’installa également à Saché en 1966 et y mourut en 1975. Leur fille habite toujours cette maison (rue des Marteaux).   

Saché. Maison d’Yves Elléouët (2010)

 

 

 

6 ont commenté “Balzac

  • Delvet a écrit le :

    trés bel article mais ou avez vous trouvé toutes ces photos??

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    • a écrit le :

      Merci pour votre commentaire. Les photos anciennes viennent : soit des archives municipales de Tours (pour la plupart), soit du musée Balzac de Saché ; les photos récentes sont de moi.
      PMD

  • a écrit le :

    Sur le monument de Tours, aujourd’hui disparu, vous lirez le billet « Le fantôme de Balzac », publié le 14 septembre 2010 dans le blog « Lire à Vouvray », que je fais pour la Bibliothèque municipale. Vous aurez une pensée émue (?) pour le sculpteur, Paul Fournier ; il est complètement oublié et il faut bien chercher pour voir son travail.
    BC

    Répondre
    • a écrit le :

      Merci pour votre message et pour l’information.
      J’ai lu sur un site internet qu’il y aurait, à Vouvray, une statue de « l’illustre Gaudissart » (!) mais je ne l’ai pas trouvée.
      Avez-vous des précisions à ce sujet ?
      PMD

  • Thierry Teinturier a écrit le :

    Balzac ce fut, durant les années de mon adolescence que je passais à Tours, l’histoire du naïf vicaire Birotteau, les rues autour de la cathédrale, la rue de la Scellerie où travaillait ma mère, où il y avait une herboristeriele jouxtant le n° 57, à l’angle, les bords de l’Indre, la poudrière, Vauhourdon où je piquais des têtes dans les méandres de la tranquille rivière, les moulins, Saché pas loin ; mais je n’ai pas souvenir d’avoir lu Le lys dans la vallée J’ai lu bien plus tard Eugénie Grandet, le seul roman (je suis assez peu lecteur de romans) que j’ai acheté plusieurs fois, le prêtant peut-être, l’égarant sûrement, tant il m’avait plu. Il y a une vingtaine d’années j’arrivais encore à réciter certains passages peignant la Grande Nanon,  »… elle avait au cou un collier de cuir dans les pointes ne la piquaient plus » ou quelque chose comme ça. Aïe ! j’ai tout oublié. Terrible portrait de la servante du père Grandet, si fidèle, si âpre à la tâche, si humaine dans ses  »monstruosités ». Balzac n’est pas toujours gentil, peut-être, mais si juste dans ses immenses peintures faits de mots. Si j’ai aimé l’histoire du colonel Chabert lue tard encore, celle du père Goriot aussi, je n’ai pas été plus loin après avoir eu du mal à entrer dans l’histoire du Cousin Pons, à moins que fût celle de la Cousine Bette, je ne sais plus. Je pense que j’aurais autant de plaisir à relire l’histoire d’Eugénie (en fait c’est une belle relation filiale d’une jeune femme avec son avare de père, la mère étant très effacée) que j’en ai eu dans ma jeunesse.

    Je me souviens de la librairie de la rue Descartes, située juste après l’entrée latérale de la basilique St Martin, où officiait une vieille libraire, propriétaire des lieux. Toute vêtue de noir, elle était la parfaite image, enfin pour moi, de la mère Gamard, sèche, ridée, peu accorte – mais certainement plus bienveillante quand même, du moins je l’espère après coup ! – telle que je l’imaginais; Cette librairie où un bon nombre des livres était entassé à la chinoise en centaines de colonnes mouvantes qu’on osait approcher de trop près de peur qu’il n’arriva une catastrophe, des colonnes s’élançant depuis le sol jusqu’à hauteur d’homme, était à la fois ténébreuse et fascinante. Un lieu balzacien…

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