L’adversaire d’Emmanuel Carrère

Il est bien connu que, dans une œuvre littéraire, l’important n’est pas ce que l’on dit mais comment on le dit.

Emmanuel Carrère en 2012

Pourtant L’adversaire semble d’abord passionnant par son sujet : l’histoire invraisemblable (et donc forcément vraie) de cet homme qui a mené une double vie pendant quinze ans, avant de tuer ses parents, sa femme et ses deux enfants. Cet homme, c’est évidemment Jean-Claude Romand, qui est aujourd’hui quelque part en prison et qui, en principe, sera libre en 2012.

Jean-Claude Romand

Mais cette histoire pourrait être racontée en quelques pages et la plus intéressant est dans doute l’implication personnelle d’ Emmanuel Carrère qui mêle sa propre vie à celle de Romand et qui garde devant les faits les plus horribles une froideur qui aurait pu, à la limite, le faire passer pour complice aux yeux d’un juge un peu sourcilleux.

Nicole Garcia

Ce roman (adapté au cinéma par Nicole Garcia en 2002) laisse une impression de malaise et on ne peut s’empêcher de penser que,  avec une sorte de voyeurisme malsain, on partage la complicité de l’auteur. Plusieurs personnes m’ont confié avoir eu aussi cette impression de gêne (que pour ma part je n’ai pas ressentie) en lisant le dernier livre d’Emmanuel Carrère : Un roman russe.

Hélène Carrère-d’Encausse

Il est vrai qu’en lisant cet auteur on est souvent amener à se demander si c’est de la fiction complète, de l’autobiographie plus ou moins fictive ou du reportage pur et simple. On comprend bien alors que son académicienne de mère voit d’un mauvais œil les écrits de son fils ; mais comme c’est lui qui le dit, il n’est pas sûr que cela soit vrai !

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