Ayant eu récemment le doux plaisir de me promener, en Eure-et-Loir dans les paisibles rues d’Illiers (devenu Illiers-Combray en 1971), de voir la maison de la tante Elisabeth (tante Léonie dans À la Recherche) qui abrite un musée Marcel Proust depuis 1972, de visiter l’église Saint Jacques (Saint Hilaire dans À la Recherche.) au vieux porche « noir grêlé comme une écumoire », de me promener, du côté de chez Swann, dans le Pré Catelan (le parc de Tansonville dans À la Recherche), j’ai eu envie de relire ce monument et d’en parler.

Mais que dire sur Proust qui n’ait pas encore été dit ???

Bien sûr, il est toujours possible de parler des personnages et de leurs modèles, notamment  de Charles Haas, qui inspira en grande partie de personnage de Swann. Ce Charles Haas (1833-1902), un des rares juifs à être admis au Jockey Club (club aristocratique où les conditions d’admission sont très strictes), fut (à son époque) un célèbre mondain, l’ami du Prince de Galles et de la Princesse Mathilde (nièce de Napoléon 1er) ainsi que l’amant de Sarah Bernhardt. Le narrateur de À la Recherche en parle plusieurs fois, notamment dans La Prisonnière, où il porte, sous les yeux admiratifs de la duchesse de Guermantes, un « tube doublé de cuir vert ».

Comme le souligne pertinemment le romancier Henri Raczymow dans Le cygne de Proust, les rapports complexes entre le narrateur, Swann et Charles Haas traduisent toute l’ambiguïté des relations entre Proust et sa judéité ; c’est ainsi que Haas (le lièvre), entièrement juif, devient, Swann (le cygne), à moitié juif seulement (comme Proust).

Mais je laisse à une ou à un autre le soin de commenter les arabesques flamboyantes du style enchanteur de Marcel Proust ainsi que ses notations psychologiques d’une finesse époustouflante, particulièrement dans le domaine de la jalousie.

 

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