Certaines vies, certains destins m’ont toujours fait rêver. C’est le cas de celui de Flora Tristan, née en 1803, fille d’un officier péruvien et d’une bourgeoise parisienne, petite fille de Pio Tristán, ancien vice-roi du Pérou, militante féministe et socialiste utopique, infatigable propagandiste du Saint Simonisme et de l’Union ouvrière (titre d’un de ses livres qu’elle allait, sans grand succès, proposer aux patrons et aux prêtres).

Flora Tristan

C’est aussi le cas de celui de Paul Gauguin, mort seul et presque aveugle aux îles Marquises en 1903, ex-agent de change et peintre génial.

Paul Gauguin en 1891

Mario Vargas Llosa, né au Pérou en 1936, auteur, entre autres livres, de La Tante Julia et le scribouillard et de La Fête au bouc sur la dictature et l’assassinat de Trujillo, candidat libéral aux élections présidentielles péruviennes en 1990, a eu la bonne idée de réunir ces deux destins dans Le paradis -un peu plus loin (Gallimard, 2003) (1977) : roman semi autobiographique.

Il faut dire que Paul Gauguin était le fils d’Aline Chazal, fille de Flora Tristan et d’André Chazal, que les amis de sa mère marièrent au journaliste républicain Clovis Gauguin à la mort de Flora.

Vargas Llosa s’adresse alternativement et d’une façon directement très familière  à ses deux personnages : Florita l’Andalouse et Koké le Maori, unis non seulement par les liens du sang mais aussi par ma même soif d’absolu et par le même désir de liberté, ce qui, évidemment, ne peut que conduire à une mort tragique.

Bien sûr, le paradis est toujours un peu plus loin mais comme l’a dit Vargas Llosa, lui-même (Le Monde de l’éducation) : « Il n’y a rien de mieux qu’un roman pour faire comprendre que la réalité est mal faite ».

 

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