Sur les conseils d’un ami (qui me veut du bien), j’ai lu Pierre Michon que je ne connaissais pas.

Pierre Michon

Je fais cet aveu avec un peu de honte car j’ai découvert un auteur majeur (un « auteur majuscule » écrit Thierry Bayle dans le Magazine littéraire), sans doute un de ceux qui resteront dans les mémoires et dans les littératures (je pense quelquefois, avec un sourire ironique, à la difficulté de la tâche des futurs Lagarde et Michard)

J’ai donc acheté les trois seuls livres de Pierre Michon, qui étaient disponibles chez ma libraire : Vies minuscules, sa première œuvre, parue en 1984 chez Gallimard ; Rimbaud le fils (Gallimard 1991) et La Grande Beune (Verdier 1996).

Ces livres ont deux points communs importants : le sujet et le style. Je reformule mon propos : Ces livres ont tout en commun : le sujet et le style.

On a pu dire que l’œuvre de Pierre Michon est : « une autobiographie du genre humain ». Pierre Michon en effet nous raconte les vies d’ hommes illustres (Rimbaud) mais aussi d’illustres inconnus (Vies minuscules), comme celle de ce vieux malade (le père Foucault) qui ne veut pas aller se faire soigner à Paris parce qu’il est illettré ou encore celle de cet humble arrière-grand-oncle de sa grand-mère (Antoine Peluchet) qui « emporta au loin son nom et l’y perdit ».

Pierre Michon n’aime pas créer des personnages et cite souvent dans ses interviews une phrase d’un théologien du 14ème siècle : Guillaume d’Occam qui prétend que « Entia non sunt multiplicanda praeter necessitatem » (Les êtres ne doivent pas être multipliés au-delà de ce qui est nécessaire) mais tous ses écrits sont des re-créations dans lesquelles il s’implique largement, ce qui fait que son œuvre est aussi (surtout ?) une autobiographie en miettes indirectes.

Mais c’est essentiellement par la musicalité de son style que Pierre Michon « s’ancre directement dans les fibres du cœur » de ses lecteurs comme il le dit lui-même et sa prose fait souvent songer aux poèmes en prose de Baudelaire ou de Mallarmé (que Pierre Michon connaît bien et qu’il cite souvent).

C’est dire que ses livres ne se lisent pas vite ni facilement ; c’est dire aussi que ses livres sont inoubliables.

 

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