TOPONYMES

B = dans le bourg, MR = aux Maisons Rouges, N = à Noyers. CN = dans le cadastre napoléonien (1827)

Argenson : la Croix d’Argenson (B), les pacages d’Argenson (B) : Argenson était un fief dépendant de la seigneurie de Nouâtre mais le château d’Argenson est maintenant sur la commune de Maillé. L’historien Philippe Delauné, de Ports, a photographié, par avion, à la Croix d’Argenson, une villa ou ferme gallo-romaine, avec deux tours d’angle. Le terme « pacage » est synonyme de « pâturage ».

Arrentements (les) (MR) : terme venant de l’ancien verbe arrenter, signifiant « louer contre une rente ». Les travaux de l’autoroute A10 ont mis à jour des soubassements gallo-romains et ceux de la LGV des vestiges d’une ferme gauloise.

Auboeufs (les) (N) : terme d’origine gauloise, synonyme d’aubuis (les deux mots se prononçant de la même façon dans le patois de Touraine), désignant une terre blanche et argileuse.

Barres Fortes (les)  (B et CN) : le terme « barres » signifie barrières.

Beaulieu : les boires de Beaulieu (entre B et N), la pièce de Beaulieu (N) : ce toponyme se trouve dans plusieurs chartes du cartulaire de l’abbaye de Noyers, notamment dans  la charte 154 (de 1088), qui parle « des vignes de Beaulieu ».

Bec des deux eaux (le) (MR) : ce toponyme est indiqué sur le cadastre napoléonien, sur les communes de Nouâtre et de Ports ; il est cependant traditionnellement situé à Ports ; le terme « bec » (du latin beccus) peut désigner « une langue de terre au confluent de deux rivières ». Le toponyme Becciacus, signifiant « domaine du bec » apparaît dans la charte 279 (de 1100) du cartulaire de Noyers, à qui il appartient alors. Ce lieu est aussi appelé Grouin et ce terme apparaît dans les chartes 479 (de 1134) et 562 (de 1149), où il est dit qu’Hugues de Sainte-Maure y construisit un « nouveau château ». Au 15ème siècle, la « seigneurie de Grouin » appartient aux seigneurs de Ports mais dépend de la paroisse de Pussigny.

Le Bec des deux eaux (photo B. Clément)
Le Bec des deux eaux (photo B. Clément)

Boire : la grande Boire (N), les Boires de Beaulieu (N), les petites Boires (B) : le terme « boire » vient du latin borra, signifiant « creux plein d’eau » ; il peut s’appliquer à un ancien bras de cours d’eau, une mare, une tranchée dans un pré, un trou servant d’abreuvoir, etc.

Bois aux moines (le) (N) : En 1372, Isabelle de Craon, dame de Sainte Maure et de Nouâtre, permit aux religieux de Noyers de transférer au Bois aux Moines leurs fourches patibulaires, qui étaient auparavant « près des murs de la ville de Nouâtre », à condition que l’abbé lui offrît chaque année un chapeau de fleurs.

Boudingueterie (la) (MR) : lieu appartenant à Boudinguet, désignant un homme fluet et de petite taille. Ce lieu est appelé les Folies sur le cadastre napoléonien.

Bourg (le) : le centre de la commune, par référence aux hameaux, que sont Chenevelles, les Maisons Rouges, Noyers et Talvois.

Bournais (les) (entre B et N) : terme désignant une terre glaise, lourde et compacte.

Bré (le) (MR et CN) : du latin bracus, désignant un terrain marécageux.

Bruères (les) (MR) : bruère est une forme régionale de bruyère.

Cabeau d’Ormeau (le) (MR, CN) : de l’ancien français « cap » au sens de tête ; une ferme, à Noyers, s’appelle le Puits d’Ormeau.

Camp de Nouâtre : ce toponyme fait référence, évidemment, au camp militaire, installé en 1918, en remplacement d’un camp de prisonniers installé en 1916, et devenu en 2017 la 14ème BSMAT.

Le camp militaire, occupé par les allemands (carte postale de Philippe Gautron)
Le camp militaire, occupé par les allemands (carte postale de Philippe Gautron)

Champ : le grand champ (MR), les champs de l’alouette (entre B et N) : le terme « alouette » peut désigner l’oiseau mais peut aussi venir du latin « alodium » désignant une terre exempt de droits féodaux.

Chaumes (les) (B) : d’origine préceltique, ce terme désigne des terrains vagues servant de pâturage ; les Chaumes sont cités en 1663 dans l’inventaire des rentes de l’abbaye de Noyers. Des ormeaux y furent plantés et en 1790 un de ces arbres fut choisi comme « arbre de la Liberté » mais peu après tous les ormeaux des Chaumes furent coupés et vendus pour les besoins de la marine nationale. Au 19ème siècle, la municipalité fit niveler l’endroit et y aménagea une promenade ; depuis cette époque les Chaumes abritent les festivités publiques ; une halle y fut construite dans les années 2000 avec les indemnités versées à la commune pour l’arasement du barrage du Bec des deux eaux.

Les Chaumes vers 1930 (carte postale de Philippe Gautron)
Les Chaumes vers 1930 (carte postale de Philippe Gautron)

Chenayes (les) (MR) autre forme de chênaie : lieu planté de chênes.

Chenevelles : du latin cannabella, signifiant « champ de chanvre ». Ce toponyme apparaît, sous la forme Canavellae, dans 17 chartes du cartulaire de Noyers, notamment dans la charte 195 (de 1090), qui parle du « moulin de Chenevelles » (sur le ruisseau de l’Âne-mort) et dans les chartes 521 et 526 (de 1140), qui indiquent qu’il y avait là un prieuré dépendant de l’abbaye de Noyers. Notons aussi que la charte 527 (de 1140) situe à Chenevelles « le pré de la Pierre » ; il s’agit bien sûr du dolmen la Pierre levée (Pouzay). En effet, par la suite, comme l’indique un texte de 1610, Chenevelles dépendra de la paroisse de Pouzay. En 1689, le fief de Chenevelles appartenait à François des Lamberts, chirurgien, qui possédait aussi le fief de Talvois. Par une Ordonnance royale de 1829, Pouzay cèda à Nouâtre « 20 hectares des Chenevelles ».

Ancien moulin de Chenevelles (décembre 2009)
Ancien moulin de Chenevelles (décembre 2009)

Chillou (le gros) (N) : le terme « chillou » est synonyme, dans la région de « caillou » et l’expression « le gros chillou » désigne un dolmen ou un menhir ; ce lieu de Noyers, où il y avait probablement un dolmen, qui a disparu, se trouve à proximité de l’ancienne voie gallo-romaine Poitiers/Tours. Voir photo, au toponyme la Grille.

Cimetière (le) (B) : dans ce lieu, situé à l’ouest de la rue du Moulin du Temple, fut implanté, entre 1816 et 1914,  le cimetière de Nouâtre, qui fut ensuite transféré au Clos de la bonde, car l’eau envahissait parfois les tombes.

Clos : le Clos (N), le Clos Barreau (MR), le Clos de la bonde (B), le Clos du bourg (B) : le terme « clos » désigne souvent, en Touraine, un terrain planté de vignes et entouré de haies ou de murs ; quant au terme « bonde », du gaulois « bunda », il s’applique au trou d’un tonneau, au bouchon servant à fermer ce trou ou à toute ouverture servant à vider de l’eau. Le Clos du bourg (aujourd’hui Espace Coluche) appartenait à la municipalité et servit de cimetière, sous le nom de « grand cimetière » de 1631 à 1816, en remplacement du « vieil cimetière », qui était autour de l’église.

Espace Coluche et gymnase (sept. 2013)
Espace Coluche et gymnase (sept. 2013)

Cognée (la) (N) : le terme « cognée » désigne une hache en forme de coin, utilisée par les bûcherons et les charpentiers.

Cossonnière (la) (B) : terre appartenant à Cosson ; à Nouâtre, la Cossonnière est une ferme, qui, à la fin du 19ème siècle, appartenait à Cyprien Fuseau, maire de Nouâtre de 1888 à 1908. Le terme « cosson » désigne, par ailleurs, une espèce de coléoptères vivant sous l’écorce des arbres, un genre de charançon, qui attaque les pois, les fèves ou le blé ainsi que le nouveau sarment de vigne, qui pousse après la taille.

Couardière (la) (N) : terre appartenant à Couard.

Coutures (les) (B) : du latin « cultura », signifiant « terre cultivée ». La charte 85 (de 1081) parle d’une vigne, appelée « cultura palestelli », que l’on peut traduire par « la terre du marchand de peaux » mais qui se trouvait à Noyers alors que les Coutures sont dans le bourg ; on y a trouvé des vestiges de constructions gallo-romaines lors de l’aménagement du lotissement qui porte ce nom.

Cristallières (les) (B) : terres de Cristallier, près du Moulin du Temple. Le 31 mai 2004, Jacques Dubois y a photographié, par avion, une petite structure agricole, au bord de la Vienne.

Les Cristallières (photo Jacques Dubois, annotations PMD)
Les Cristallières (photo Jacques Dubois, annotations PMD)

Croix : la Croix Boucault (MR), la Croix d’Argenson (B), la Croix de Pierre (N) : le terme « croix » désigne une vraie croix mais aussi un carrefour, où une croix était souvent élevée. La parcelle appelée la Croix Boucault se trouve à cheval sur les Maisons Rouges et sur La Celle-Saint-Avant. Quant à la Croix de Pierre, à Noyers, elle existe toujours mais elle est maintenant en métal.

La Croix de pierre (sept. 2013)
La Croix de pierre (sept. 2013)

Davières (les) (MR) : terres de Daviau.

Écluses (les) (B) : le terme « écluse », du latin exclusa, signifiant « eau séparée » (par un barrage) désigne, au moyen-âge un barrage, fait de pieux et de pierres, percé d’une ou plusieurs bouches fermées par des filets permettant de recueillir les poissons ; ces écluses, sur la Vienne ou sur le Biez/Réveillon, sont très présentes dans le cartulaire de l’abbaye de Noyers, car les moines étaient évidemment de gros consommateurs de poissons. Ces ouvrages étaient très coûteux et avaient souvent plusieurs propriétaires ; ceux de la région appartenaient à la famille des seigneurs de Nouâtre et à l’abbaye.

Essarts : les Essarts (MR et N), les petits Essarts : le terme « essart » désigne une terre défrichée pour être cultivée.

Ferrandière (la) (MR) : terre de Ferrand ; c’était, au 16ème siècle, un fief près de la Vienne, appelé la Ferraudière (terre de Ferraud) et relevant des seigneurs de Nouâtre.

Folies (les) (MR et CN) : ce toponyme indique, dès le 13ème siècle, une maison de campagne ; ce lieu n’apparaît que dans le cadastre napoléonien et est nommé la Boudingueterie sur le cadastre actuel.

Fondrière (la) (MR) : ce terme indique un affaissement de terrain, souvent envahi d’eau et marécageux. Les vestiges d’une ferme carolingienne y ont été découverts lors de la construction de la ligne LGV Tours/Bordeaux.

Fontaine : la Fontaine blanche (MR), la Fontaine pouilleuse (MR), la Fontaine Saint-Jean (MR), la Fontaine Saint-Révérend (B) : le terme « fontaine » désigne, dans la région, une source. Le site de la Fontaine blanche se trouve près de la Vienne, entre Noyers et les Maisons rouges ; en 1686, on y découvrit une mine que l’on crut d’or ; l’affaire fit grand bruit et Louis XIV en confia le fermage au baron de Pointis, un corsaire bien connu, qui avait des propriétés dans la région mais on s’aperçut qu’il s’agissait d’une mine de cuivre, pauvre en or, et l’exploitation ne fut pas faite. La Fontaine pouilleuse est l’ancien nom de la Fontaine Saint-Jean, citée dans la charte 85 (de 1081) du cartulaire de Noyers ; celle-ci est située à la limite entre les Maisons Rouges et La Celle Saint-Avant. Sur la très célèbre Fontaine Saint-Révérend, voir http://www.litteratur.fr/nouatre/lieux-de-nouatre/13/

saint révérend (à utiliser)

Fosse : la Fosse aux loups (MR), la Fosse d’Ansert (MR), la Fosse Jouanne (B et CN)) : le terme « fosse » désigne, dans la région, une mare ou un petit étang. Le toponyme la Fosse aux loups est assez répandu dans la région (il y en a une trentaine) et indique la présence importante de cet animal redouté. Le dictionnaire Carré de Busserolles situe la Fosse d’Ansert « près du chemin de Noyers à Port-de-Piles », aujourd’hui sur CR 8, où se trouve la Pierre Fitte, menhir couché. La Fosse Jouanne, sur le cadastre napoléonien, fait partie du Camp de Nouâtre, sur le cadastre actuel.

Ganeresse (la) (N) : terre de Ganereau.

Gâteau (le) (B, CD 109) : ce terme désigne sans doute la pâtisserie mais Gâteau est aussi un patronyme depuis le 14ème siècle.

Genicotière (la) ( ?) : le dictionnaire Carré de Busserolles, indique, dans la paroisse de Nouâtre « le lieu de Genicotière », ancien fief, qui, en 1684, appartenait à François des Lamberts, chirurgien, seigneur de Chenevelles et de Talvois. Ce toponyme signifie « lieu appartenant à Génicot », variante de Janicot.

Grelets (les) (B) : grelet est synonyme de « grillon » dans la région.

Grenouillère(s) la et les (MR) : endroit où vivent des grenouilles.

Grippe (la) (N) : ce toponyme est peut-être en rapport avec l’ancien français « gripe » pouvant signifier un lieu où poussent des plantes qui agrippent. Le 31 mai 2004, Jacques Dubois y a photographié par avion « un ensemble de petits enclos caractéristiques d’une nécropole protohistorique » (période qui s’étend entre -6000 et -700). Notons que cet endroit se trouve le long de la voie gallo-romaine Poitiers/Tours.

La Grippe ((Photo Jacques Dubois ; annotations PMD)
La Grippe ((Photo Jacques Dubois ; annotations PMD)

Guigniers (les) (B) : ce terme désigne un cerisier sauvage.

Île de Ports (l’) (MR) : ce toponyme apparaît en 1139 dans la charte 512 du cartulaire de Noyers pour désigner une île sur la Vienne, en face de Ports ; l’île a disparu mais a laissé son nom au lieu situé sur la rive.

Jean du bois (le) (B, CD 109) : ce toponyme désigne un lieu boisé,  nommé le Jean de Bois sur le cadastre napoléonien.

Justice (la) (B) : ce toponyme désigne selon toute vraisemblance le lieu où le seigneur de Nouâtre avait ses fourches patibulaires, autrement dit son gibet.

Loutières (les et les grandes) (MR) : ces deux lieux désignent des terres appartenant à Loutier ou à Loutil.

Maison neuve (la) (N et MR, CN) : ce toponyme, très fréquent, s’applique à un lieu où une maison a été construite près d’une autre maison, plus ancienne, comme c’est le cas à Noyers mais il peut aussi désigner un terrain défriché comme aux Maisons Rouges.

La Maison neuve, à Noyers (juin 2010)
La Maison neuve, à Noyers (juin 2010)

Maisons rouges (les) : voir http://www.litteratur.fr/nouatre/lieux-de-nouatre/17/

Les Maisons Rouges (juin 2010)
Les Maisons Rouges (juin 2010)

Mont : le Mont Jacques (MR), le Mont Pertuis (B, CD 109) : le Mont Jacques ou  le Mont Jacque sur le cadastre napoléonien, est peut-être une référence au pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle, qui est évoqué dans la charte 437 (de 1120) du cartulaire de Noyers, où il est dit que Pétronille, épouse de Pierre de Tebert, veut aller à Saint-Jacques ; la via turonensis, qui empruntait l’ancienne voie gallo-romaine allant vers Poitiers, passait par l’abbaye de Noyers. Quant au terme « pertuis », il signifiait en ancien français « un trou » ou « un passage ».

Morineaux (les) (MR) : terres de Morin.

Moulin du Temple (le) (B) : ce moulin était situé sur le ruisseau qui porte son nom, à proximité de l’ancienne voie gallo-romaine Poitiers/Tours ; la métairie et le moulin du Temple appartenaient aux Templiers de Nouâtre (voir rues du bourg), dont la commanderie se trouvait près de la Pierre du Faon (voir ce toponyme) ; des photographies aériennes et des fouilles préventives ont mis en évidence une occupation de ce secteur du 1er au 3ème siècle après J.C.

Le Moulin du Temple (déc. 2009)
Le Moulin du Temple (déc. 2009)

Nardugeon (le) (B) : nom de personne. Ce lieu est situé en bordure de l’ancienne voie gallo-romaine Poitiers/Tours et il y avait là, à l’époque gallo-romaine, une grande nécropole montrant l’importance de l’agglomération de Nogastrum. De nombreuses et belles poteries, malheureusement disparues pour la plupart, y ont été découvertes.

Place du Nardugeon (août 2015)
Place du Nardugeon (août 2015)

Nouâtre : l’agglomération a porté les noms suivants : Noviastrum (1032), Noestrum (1076), Nuchastrum (1080), Nuestrum (1091), Nugastrum (1107), Noastre (13ème s.), Nouâtre (17ème s.). Cependant le plus ancien nom semble être Nogastrum, qui apparaît dans un texte du 10ème siècle et qui est interprété de deux façons : le château des noyers sauvages ou le nouveau château.

Noyers : ce toponyme est évidemment à mettre en rapport avec l’arbre du même nom, encore très présent dans le village ; on sait qu’il y eut là, dès le début du 11ème siècle, une importante abbaye. Noyers fut une commune après la Révolution, qui fut réunie à la commune de Nouâtre en 1832. Voir http://www.noyers-nouatre.fr/

Pains perdus (les) (MR) : ce toponyme, assez fréquent, s’applique à un domaine ou à une terre qui font perdre de l’argent à son propriétaire. Aujourd’hui aire de repos de l’autoroute A 10 !

Parc (le) (B) : au moyen-âge, ce terme désigne notamment un bois clos de murs, où l’on garde les bêtes pour la chasse.

Passoir (le) (N) : lieu aménagé pour laisser passer. Ce toponyme est aussi l’hydronyme d’un petit ruisseau qui prend sa source aux Ormeaux (commune de La Celle-Saint-Avant) et qui se jette dans le Biez/Réveillon, près de la Grippe, à Noyers.

Patureaux (les) (MR) : synonyme de « pâturage ».

Peu (le) (MR) : en principe, le terme « peu » est synonyme de « puy » et désigne une colline plus ou moins importante mais, comme ici ce toponyme s’applique à un terrain absolument plat il est possible qu’il désigne « une terre qui rapporte peu ».

Pièce : la pièce de Beaulieu (N), la grande pièce de la Maison neuve (MR), la pièce du port (MR) : le terme « pièce », du gaulois « cettia » désigne une propriété cultivable, personnelle et non partagée.

Pierre du Faon (la) : voir http://www.litteratur.fr/nouatre/lieux-de-nouatre/18/

(carte postale Philippe Gautron)
(carte postale Philippe Gautron)

Planche : la planche à Massé (B, CN) et la Planchette (N, CN) : surfaces cultivables, plus longues que larges. La planche à Massé a été englobée dans le Camp de Nouâtre.

Plissons (les) (N) : terres de Plisson.

Pointe : la grande pointe (MR, CN), la pointe du passoir (MR) : propriété en forme de triangle.

Pont Salmon (le) : cette parcelle, située près de la route de Sainte-Maure, est maintenant englobée dans le Camp de Nouâtre ; il y avait là, comme l’indique le toponyme, un pont, qui fut l’objet, au 19ème siècle, de soucis et de soins constants de la part de la Municipalité car il nécessitait souvent des réparations. Le fossé sur lequel passait ce pont a été comblé lors de l’aménagement du camp militaire.

Port de Nouâtre (le) (B) : ce port sur la Vienne, situé en dessous de la Richardière (voir ci-après), est attesté depuis l’époque gallo-romaine et fut utilisé jusqu’au début du 20ème siècle. Au 19ème siècle il était fréquenté par des toues cabanées (transportant des passagers) et des toues sapines (pour les marchandises) ainsi que par une ligne fluviale régulière, allant de Nantes à Châtellerault ; il fut ensuite utilisé par les pêcheurs, nombreux jusque dans les années 1950. Il est maintenant complètement abandonné.

Ancien port de Nouâtre (octobre 2010)
Ancien port de Nouâtre (octobre 2010)

Pouant (le) (N) : le nom de ce lieu, situé près de la Quintaine (voir ci-après) est à mettre en relation, soit avec l’ancien verbe « pouer » signifiant « tailler la vigne », soit avec « villa potenta » signifiant « le domaine puissant », qui est aussi l’étymologie de la commune de Pouant, dans la Vienne. Si cette seconde étymologie était la bonne, cela indiquerait qu’il y avait là une importante villa gallo-romaine.

Prés : les grands prés (entre B et N), les prés français (B), sur les prés de Noyers (entre B et N), les vignes du pré (N, CN) : je n’ai pas d’explication sûre pour les prés français ; il s’agit peut-être, en fait, des « près (de) François », les deux mots se prononçant de la même façon au 17ème siècle.

Puits d’Ormeau (le) (N) : je n’ai pas non plus d’explication claire pour cet autre lieu-dit ; il s’agit, soit du « puits de l’ormeau », soit « le puits appartenant à Ormeau », le nom de l’arbre étant aussi un nom propre depuis le 14ème siècle. Il y avait là, derrière la ferme portant ce nom, un ancien puits, maintenant bouché. Voir aussi le Cabeau d’Ormeau sur le cadastre napoléonien.

Quintaine (la) (N) : ce lieu fait référence à un jeu d’adresse très ancien qui se pratiquait sous diverses formes selon les régions, mais souvent à cheval avec une lance dirigée vers une cible. À Noyers la quintaine était courue le jour de la Pentecôte par les nouveaux mariés de la paroisse depuis la Pentecôte précédente. Un poteau de 8 ou 9 pieds de haut était planté dans un pré, on accrochait à son sommet une couronne de fleurs et chaque jeune marié, montant sur un cheval de l’abbaye devait abattre trois fois de suite la couronne avec une lance de bois. Quant aux veufs remariés, ils étaient poursuivis par les hommes mariés à coup de balles appelées « esteuf« . Les femmes de coureurs de quintaine ou d’esteuf devaient un baiser au Seigneur ou aux officiers qui les représentaient. Elles devaient aussi chanter une chanson, faire une ronde dans le pré autour du poteau puis offrir une collation de lait, fromage et salade, les femmes des remariés aux femmes des mariés et celles-ci aux jeunes filles. Explications tirées du site http://www.noyers-nouatre.fr/

La Quintaine (sept 2013)
La Quintaine (sept 2013)

Renardières (les) (entre B et N) : terres appartenant à Renard.

Richardière (la) (B) : ce toponyme, très fréquent (il y en a plus d’une vingtaine dans le seul département de l’Indre-et-Loire) et signifiant « la propriété de Richard » est cité dès le 14ème siècle. Au 15ème siècle, la propriété appartenait à Pierre IV de la Jaillle, seigneur de la Mothe-Yvon, Draché, La Tour Saint-Gelin et Crouzilles, qui rend aveu, dans le château de Nouâtre, pour « la place de son hostel et hébergement en la ville de Nouâtre, jouxte le chemin par lequel l’on va de Sainte-Maure au port et son port sur la Vienne au-dit Nouastre ». Au 17ème siècle, son descendant : René VII de la Jaille, seigneur de Marcilly, la Garde (Marcilly), Thou (Yzeures) et autres lieux, né vers 1582, acheta pour 4 000 livres la charge de sénéchal (gouverneur) de Nouâtre, avec résidence dans « la maison de Nouâtre ». Au 18ème siècle, les de la Jaille y firent construire un très bel hôtel particulier, qui existe toujours. Après la Révolution, la propriété fut vendue comme bien national et elle appartenait, à la fin du 19ème siècle à la famille Pagé, qui y découvrit des vestiges importants d’une grande villa gallo-romaine, avec des thermes privés, ainsi que de nombreux fragments de poteries et de moules, montrant qu’il existait sans doute des fours de potiers à cet endroit. D’autres poteries et une petite nécropole du 3ème siècle après JC y ont été trouvées dans les années 1960. Il est donc très vraisemblable que ce site, placé en hauteur juste au-dessus du port de Nouâtre, ait été un des premiers lieux d’habitation de l’agglomération qui deviendra Nouâtre.

La Richardière (photo PCIL)
La Richardière (photo PCIL)

Rimbaudries (les) (MR) : terres appartenant à Raimbault, ; un dolmen, pratiquement disparu, y a été découvert.

Rivaudière (la) (MR) : voir http://www.litteratur.fr/nouatre/lieux-de-nouatre/16/

Carte du 19ème siècle
Carte du 19ème siècle

Rompées (les) (B) : ce toponyme signifie « terres défrichées ».

Sacristie (la) (N) ; domaine dont le revenu appartenait au sacristain de l’abbaye, près de la Croix de Pierre.

La Sacristie (juin 2010)
La Sacristie (juin 2010)

Taille : la taille (MR), la taille de la Croix d’Argenson (B, CD 109), la taille de la Croix Boucault (MR), la taille de Nouâtre (B), la taille du gars (MR), les tailles de Talvois (B) : le terme « taille » vient ici du verbe « tailler », au sens d’élaguer et désigne des terres défrichées.

Talvois (B) : ancien fief, appartenant au 15ème siècle à la famille des Aubuis, où il y avait un château, fortifié et entouré de douves. Voir http://www.litteratur.fr/nouatre/lieux-de-nouatre/23/

 

 

Talvois (sept 2009)
Talvois (sept 2009)

Varennes du ruisseau (les) (B)  : le terme « varenne » désigne des terrains sablonneux, difficilement cultivables mais où les animaux trouvent quelque pâture. Notons aussi qu’à proximité des Maisons Rouges, mais sur la commune de La Celle Saint-Avant, se trouve la Varenne d’embrée (du latin « imbrex » signifiant « tuile ») indiquant qu’il y avait là une tuilerie, à l’époque gallo-romaine.

Verniers (les) (N) : le terme « verne » est synonyme d’« aulne » (arbre).

Vivier (le) (MR) : un « vivier » est un endroit où l’on garde les poissons vivants.

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