L’ÉPOQUE GAULOISE ET GALLO-ROMAINE

L’Histoire commence, dans notre région, avec l’arrivée de la tribu gauloise des Turons, qui conquièrent un territoire correspondant grosso-modo à l’Indre-et-Loire. Une de leurs cinq places-fortes était l’oppidum des deux manses et ils avaient plusieurs fermes dans la mouvance de cet oppidum, dont une au lieu-dit les Arrentements (les Maisons Rouges), découverte récemment lors des travaux de la LGV.

Les photographies aériennes et les fouilles archéologiques ont montré qu’il y avait, à l’époque gallo-romaine (du 1er au 4ème siècles après JC),  dans la région de Nouâtre :

Plusieurs voies, dont la plus importante allait, dans notre région, de Limonum (Poitiers), oppidum gaulois des Pictons, urbanisé par les Romains au 1er siècle après JC jusqu’à Caesarodunum (Tours), ville fondée à la fin du 1er siècle avant JC ou au tout début du 1er siècle après JC par l’empereur Auguste à côté de l’oppidum des Turons, à Fondettes.

Plusieurs domaines agricoles (villae), dont l’immense domaine de Soulangé (sur la commune de Pouzay actuellement).

Une agglomération relativement grande avec un port, un gué, un temple, des habitations, une nécropole, un atelier de poteries, agglomération connue, au Moyen-Âge, sous le nom de Nogastrum.

LES VOIES GALLO-ROMAINES

La voie Limonum/Caesarodunum

Cette voie, qui partait de Bordeaux (Burdigala) et allait jusqu’au Mans (Vindunum) passait par Saintes (Mediolanum Santonum) avant d’arriver à Poitiers (Limonum). Elle continuait par Moussais-la-bataille (commune de Vouneuil-sur-Vienne) d’où partait une voie allant vers Cenabum (Orléans), la cité principale des Carnutes, puis par Naintré.

Sur les communes de Naintré et de Cenon-sur-Vienne se trouvent les ruines imposantes de Vetus Pictavis (le Vieux-Poitiers), cité importante, située  non loin du confluent de la Vienne et du Clain, sur lequel existait un gué, et dont le nom ancien : Briva (le Pont) est indiqué sur un menhir par une dédicace gauloise émanant d’un certain Frontu. Là demeurent les ruines d’un théâtre gallo-romain pouvant accueillir 10 000 spectateurs. Comme tous les grands sites placés près des frontières, il s’agissait sans doute d’un sanctuaire où différentes tribus gauloises pouvaient, sans risques, se rencontrer et faire du commerce.

La voie entrait sur le territoire des Turons à la sortie d’Ingrandes-sur-Vienne, dont le nom indique qu’il s’agissait d’une cité frontière entre deux peuples gaulois. On sait que les frontières du territoire des Turons perdurèrent au moyen-âge et lors de la translation du corps de Saint Léger, au 7ème siècle, Ansoald, évêque de Poitiers, vint accueillir à Ingrandes les reliques amenées par Bert ou Théodebert, évêque de Tours.

La voie passait ensuite par Dangé-Saint-Romain où il y avait un gué permettant de rejoindre la rive gauche de la Vienne et une voie allant vers Candes, via Marcilly-sur-Vienne. La voie principale, quant à elle, continuait vers le nord et arrivait sur le territoire de Port-de-Piles qui est encore dans le département de la Vienne mais qui se trouvait auparavant dans la province de Touraine.

C’est là, près d’une ferme fortifiée appelée le Quart, que la voie franchissait la Creuse au moyen d’un gué, peut-être indiqué par ces piles ou piliers, que l’on retrouve dans l’ancien nom de cette paroisse : « portus ad pilas ou portus pilarum », c’est-à-dire « le passage des piles ».

Après ce gué sur la Creuse, la voie principale obliquait au nord-ouest vers Nouâtre tandis qu’une dérivation partait au nord-est vers Amboise, où se dressait une des principales places-fortes des Turons. Cette voie principale existe toujours : c’est un large chemin bien tracé et bordé de fossés, qui passe près de la Pierre Fitte puis sur le territoire des Maisons Rouges, où il y avait vraisemblablement une tuilerie, comme l’indique l’ancien lieu-dit appelé La Varenne d’Embrée (du latin imbrex = tuile). Une partie de cette voie a été découverte récemment par le Service de l’Archéologie de département d’Indre-et-Loire (SADIL) à l’occasion des travaux de la LVG (voir photo ci-dessous).

Sur le territoire actuel de la commune de Nouâtre, la voie franchissait le Biez (connu aussi sous le nom de Réveillon) à la Grippe, puis continuait par les actuelles rues Allée Romaine, Guy de Nevers, Saint-Jean-du-Bois et rue de Talvois.

Elle se prolongeait ensuite en direction de Pouzay par le GR48, qui passe à côté de Talvois puis à côté de Chenevelles, maintenant à cheval sur les communes de Nouâtre et de Pouzay. Après Nouâtre, la voie, en partie perdue, passait entre Noyant-de-Touraine et Trogues, où on la retrouve au lieu-dit la Billette (toponyme indiquant une frontière entre deux villages) ; elle se dirigeait ensuite vers Brigogalum (Saint-Épain) en passant à la Motte du Donjon, où se trouvait un ancien château médiéval, puis au Louriou (peut-être du latin oratorium = oratoire) où un site gallo-romain a été repéré et elle arrivait à l’entrée actuelle de cette commune au lieu-dit la Boue, où un gué permettait de franchir la Manse, dont plusieurs bras convergent à cet endroit marécageux.

Les autres voies

 

Il y avait sur cette voie principale, dans ou à proximité de Nogastrum, plusieurs bifurcations permettant de rejoindre Lodunum (Loudun), Condate (Candes-Saint-Martin), Arciacum (Sainte-Maure de Touraine) et Caino (Chinon).

 

Les voies sur la rive gauche : Dans Nogastrum, sans doute au niveau de l’actuelle rue du Vieux Lavoir (anciennement Chemin Vicinal n° 12) une bifurcation conduisait, d’un côté, au gué sur la Vienne (voir ci-après) qui donnait la possibilité d’atteindre la rive gauche, où passait une voie qui, partant de Dangé-Saint-Romain, se dirigeait vers Condate, via Parciacum (Parçay-sur-Vienne) et Villa Tavenis (Tavant). De l’autre côté, partait une voie vers Malliacum (Maillé).

Sur cette rive gauche, nous sommes sur la commune actuelle de Marcilly-sur-Vienne, dont le nom vient, soit de Marcelliacum (domaine de Marcellius), soit de Marosigliacus (le Grand Marais). De là partaient deux voies : l’une en direction de Loudun, qui passait par Avrigny (commune de Ports) venant de Apriniacum (domaine du Sanglier) et une autre en direction de Saint-Jean de Sauves, où il y avait une importante agglomération gallo-romaine.

La voie vers Athée-sur-Cher : Un peu après Nogastrum, au niveau de Talvois, une voie se dirigeait vers la vallée du Cher, en passant par Arciacum (Sainte-Maure de Touraine), qui fut une agglomération importante à l’époque gauloise avec notamment des établissements agricoles, dont l’un, au lieu-dit Les Chauffeaux a été daté du 5ème siècle avant JC et une citadelle, au lieu-dit Les Poteries, connue sous le nom d’oppidum des deux Manses.

Cette voie est encore bien visible, en particulier, au lieu-dit Les Raudières, à côté du dolmen de Bommiers ainsi que devant la propriété de la Petite Baillolière, ancien fief dépendant du château d’Argenson, où plusieurs grosses pierres proviennent, selon le témoignage du propriétaire d’un lieu appelé les Trois Croix, au bord d’une petite route allant de Sainte-Maure à Maillé.

Selon une tradition locale, c’est à cet endroit que se serait déroulée la troisième et dernière « bataille de Poitiers », au cours de laquelle l’émir de Cordoue  Abd al-Rahman et une grande partie de ses troupes furent tués et enterrés ensuite sur les terres voisines du domaine de la Bommelière, où Mathurin Martin-Tiffeneau (maire de Sainte-Maure de 1847  à 1860) écrit avoir trouvé de très nombreux ossements ne pouvant avoir d’autre origine que celle des morts de cette bataille !

La voie vers Chinon : En continuant sur la voie Poitiers/Tours, on arrive à Chenevelles, où un embranchement, près duquel on peut voir, à côté d’un gros chêne, les restes d’un grand dolmen appelé la Pierre levée, offrait la possibilité d’aller vers Chinon en suivant la rive droite de la Vienne. Cette voie passait à côté d’une agglomération importante située au lieu-dit les Varennes (entre Pouzay et Trogues) puis à côté du domaine de Lantiniacum (Lantigny, commune de Trogues) avant d’arriver à Mougon, ancienne commune rattachée à Crouzilles en 1833.

Pendant longtemps, Mougon fut une agglomération importante et une église y fut édifiée dès le 5ème siècle. Là se trouvait, à l’époque gallo-romaine, un important centre de production de poteries et une quarantaine de fours y ont été découverts ; ils produisaient des statuettes, de la vaisselle et divers récipients de toute taille, dont des amphores servant à transporter sur la Vienne l’huile ou le vin.

En effet, certaines de ces amphores étaient des amphores vinaires ; on a retrouvé des morceaux de quatre de ces amphores, portant le nom de Sacrovir, qui était sans doute un fabricant de poteries, doublé d’un producteur de vin et nous avons là, peut-être, la première appellation d’un « vin de Chinon » !

Ceci nous prouve que notre région produisait du vin dès le 1er siècle après JC et, d’ailleurs, le nom ancien de Mougon : Mediconnum peut être mis en relation avec Medos, dieu celtique de l’ivresse.

 

LES DOMAINES

Dès l’époque des Turons, et sans doute avant, notre région était connue pour la richesse de ses terres agricoles.

Après la conquête de la Gaule, les romains développèrent la production agricole, en particulier celle du blé, destiné, en grande partie, à être exporté vers Rome pour nourrir les très nombreux habitants de cette ville. C’est ce qui explique l’existence, en Touraine, région où se trouvent fleuve et rivières, de plus de 700 domaines agricoles (villae rusticae), souvent très vastes et produisant du blé, transporté ensuite par voie d’eau.

Il existait, à proximité de Nogastrum, plusieurs de ces domaines, notamment à la Cossonnière, à la Croix d’Argenson et à Noyers mais le plus important se trouvait dans l’actuel hameau de Soulangé (commune de Pouzay).

Le domaine de Soulangé

 

Le hameau de Soulangé, dans la commune de Pouzay, est situé sur la rive droite de la Vienne, non loin du hameau de Chenevelles, qui est à cheval sur les communes de Pouzay et de Nouâtre.

Jusqu’à ces dernières années, ce lieu n’était connu que par une grande et belle habitation, appelée « la Grande Maison » ou « la Grande Cheminée », qui, en 1692, appartenait à François Thion, sieur des Rajeaux (Maillé) et procureur fiscal de la seigneurie de Roziers (Pouzay).

Le toponyme Soulangé est d’origine gallo-romaine ; il vient soit de Solemniacum, ou Domaine de Solemnius : (le Solennel), soit de Subalaniacum ou Domaine de la Source, et il y a effectivement une source, alimentant le Ruisseau de l’Âne Mort, qui faisait tourner le moulin de Chenevelles  et qui se trouve en dessous de l’actuelle Rue de la Fontaine.

Quoi qu’il en soit, l’origine du toponyme indique qu’il y avait là un domaine agricole, complètement inconnu, jusqu’au jour où, en mai 1976, dans un avion piloté par M. Babin, de l’aéroclub de Châtellerault, Alain Kermorvant, du laboratoire d’archéométrie de l’Université François Rabelais de Tours, accompagné de Philippe Delauné et bénéficiant d’une sécheresse exceptionnelle,  photographia sur la propriété de M. Daniel Bouin, près de ce hameau, les traces d’une très importante « villa » gallo-romaine.

Ce terme de « villa » désigne, en latin, un domaine foncier comprenant une « maison de maître » (pars urbana) souvent très luxueuse et construite à l’image des « villas romaines », avec mosaïques, colonnades, peintures, etc. et des bâtiments agricoles  (pars rustica) : habitations  destinées à abriter les esclaves et ceux qui les dirigeaient, écuries, étables, granges, etc.

Ces « villae » étaient en général implantées dans une vallée, sur un coteau ensoleillé, près d’une source, d’une rivière et d’une grande voie de communication. Cette « villa » de Soulangé répond à toutes ces conditions !

En 1982, avec le soutien de la B. P. et du camp militaire de Nouâtre, une prospection électrique fut réalisée sur une surface de 14 400 m² par Sami Abikhalil, Philippe Delauné et Alain Kermorvant. Des sondages archéologiques furent également faits en 1987 par une équipe dirigée par l’archéologue anglais Jason Wood.

De nombreuses photographies aériennes, faites notamment par Jacques Dubois, ont confirmé l’existence de bâtiments au bord de la Vienne ainsi que près de lieu-dit La Sablière. En 2002 des dépendances furent repérées au bord même de la Vienne.

Ces photographies et ces travaux ont permis d’avoir une idée très précise de cette « villa », considérée comme une des plus importantes de l’occident romain ; les bâtiments s’étendaient sur une superficie de 20 hectares ; la partie centrale mesurait 120 mètres sur 700 mètres (soit 8,4 hectares) et la pars urbana (partie concernée par la prospection électrique) mesurait 14 000 m². C’était une belle habitation avec un péristyle presque carré et, comme l’ont montré les sondages de Jason Wood, des enduits peints et des éléments architecturaux  de qualité.

Selon Alain Kermorvant, une colonne provenant de cette villa se trouve dans la salle capitulaire de l’abbaye Saint-Michel de Bois-Aubry à Luzé.

À l’époque mérovingienne, beaucoup de ces domaines gallo-romains devinrent des biens de l’église et il est quasi certain que cette villa ait appartenu à l’évêché de Tours.

Il est avéré en effet que l’historien Grégoire de Tours, évêque de Tours à la fin du 6ème siècle, prêta une « villa » au bord de la Vienne à son ami Venance Fortunat et l’on sait par ailleurs que l’évêché de Tours possédait quatre anciennes « villae » : trois au bord de la Loire mais une seule au bord de la Vienne.

Venatius Honorius Clementianus Fortunat (Saint Venance Fortunat), né vers 530 près de Trévise en Vénétie, vint vers 565 en Austrasie où il fut accueilli par le roi Sigebert I. Plus tard, à l’instigation de Radegonde, veuve de Clotaire I, il se fixa à Poitiers, où il fut ordonné prêtre en 576. En butte à l’hostilité de Mérovée, évêque de Poitiers, jaloux de sa renommée et de son influence, il se réfugia un certain temps auprès de Grégoire de Tours, avant de devenir à son tour évêque de Poitiers vers 600 ; il mourut vers 609.

Ce dernier en effet, dans deux de ses poèmes (Poésies VII, 19 et 20) parle d’un domaine que Grégoire de Tours lui a prêté, près d’une voie romaine, au bord de la Vienne. Il écrit notamment dans VII, 19 :

 «  (…) facta est conlatio doni

Qua Vigenna procax littore frangit aquas

Lapsibus et tumidis dum fertur nauta carinis

Jugera culta videt, quando celeuma canit. » 

C’est-à-dire : « (une propriété) m’a été confiée,  près de la Vienne brisant ses eaux sur le rivage qui s’éboule tandis que le marin avance, toutes voiles dehors, et contemple les champs cultivés en poussant  le cri des rameurs. »

Par ailleurs, un hameau de Pouzay s’appelle rue de Fortune et selon une note manuscrite de l’historien Pierre Leveel « Mgr Robert Fiot [vicaire général du diocèse de Tours], lisant sur la carte de la commune de Pouzay, le lieudit la rue de Fortune, au N.O du bourg, a fait le rapprochement entre Fortunat et ce hameau très curieusement appelé Rue de Fortuné (…) ».

Notons enfin qu’il est probable que le blé récolté sur ce domaine était embarqué grâce à l’existence d’un port, dont les traces ont été remarquées par Michel Geslin, ancien principal du collège de Nouâtre et actuel Président de l’association des Amis du Musée du Grand Pressigny.

L’AGGLOMÉRATION

Il est probable que le nom de cette agglomération ait été Nogastrum mais ce toponyme n’apparaît qu’en 925, à l’occasion d’un jugement de Dieu, qui se serait déroulé « dans le château appelé Nogastrum » ; ce dernier terme venant, soit de Nocastrum (le nouveau château), soit, plus probablement, de Nucastrum (le château des noyers).

Le gué

C’est vraisemblablement l’existence d’un gué sur la Vienne, assurant les communications entre la rive droite et la rive gauche, déjà assez largement peuplée à l’époque préhistorique, qui a donné naissance à l’agglomération de Nogastrum.

Ce gué se trouvait à l’extrémité de l’actuelle rue du Vieux Lavoir, quasiment à l’emplacement du pont actuel, comme l’a montré la découverte de pilotis, peut-être destinés à le consolider, et d’une hache de fer celtique lors de la construction du premier pont, dans les années 1930.

Le port et la Richardière

On peut aussi voir une confirmation de cette situation dans le fait, qu’au Moyen Âge, le château de Nouâtre et le château de la Motte (commune de Marcilly) furent édifiés de part et d’autre de ce gué pour protéger et faire payer ce passage stratégique.

En aval du gué, à un endroit que les cartes actuelles appellent toujours « le port de Nouâtre », bien qu’aujourd’hui il n’y ait plus là qu’une ou deux barques, un port accueillait les bateaux naviguant sur la Vienne. Ce port sera utilisé jusqu’au 19ème siècle par les toues cabanées assurant une liaison régulière entre Nantes et Châtellerault ainsi que par les toues sapines transportant les marchandises, en particulier la chaux extraite des carrières de Ports-sur-Vienne.

Ce port existait déjà à l’époque gauloise et peut-être avant, comme on peut le conjecturer de l’ancien nom de la Richardière, élevée juste au-dessus de ce port, qui était les Loges, toponyme provenant d’un ancien lautja, signifiant les cabanes et montrant qu’il y avait là un habitat antique abritant des pêcheurs.

À l’époque gallo-romaine, ces modestes habitations furent remplacées par une luxueuse « villa », qui possédait des thermes, dont une partie fut découverte lors de fouilles effectuées à la fin du 19ème siècle, qui ont aussi mis à jour des poteries et des moules permettant la confection de figurines par des potiers dont les fours devaient se trouver à proximité.

Beaucoup plus tard cette « villa » devint un manoir, qui fut « l’hébergement en la ville de Nouâtre » des gouverneurs du château.

 

Les habitations et la nécropole

Bien attestées aussi par les photographies aériennes et par les découvertes fortuites sont diverses habitations et une nécropole (ou « cité des morts »).

Les vestiges de ces habitations ont été vus, notamment à la Croix d’Argenson, aux Coutures et au Moulin du Temple, où il s’agissait peut-être de domaines agricoles ainsi qu’au Clos du Bourg (aujourd’hui Espace Coluche).

Là s’élevait un vaste bâtiment, peut-être une auberge destinée à accueillir les voyageurs empruntant la voie gallo-romaine, comme peut le faire supposer la découverte de très nombreux tessons de vaisselles noires à pâte fine trouvés lors du creusement des fondations du gymnase Marie-Amélie Le Fur.

La découverte d’objets votifs et de nombreuses poteries, dont certaines contenaient des cendres, a prouvé qu’il y avait, au lieu-dit Nardugeon, une importante nécropole, qui accueillait les inhumations et les restes des crémations.

Cette nécropole, comme de coutume, était située un peu en dehors de l’agglomération et à proximité de la voie gallo-romaine.

Dans un article du Bulletin des Amis du Vieux Chinon (VI.7), M. le comte de Rilly donne des précisions sur les objets découverts en 1954 par Messieurs René Arnault et Claude Houdier, qui faisaient alors construire leurs maisons dans ce quartier, objets qui lui furent ensuite donnés par l’intermédiaire de M. Jack Chazal.

Il s’agit notamment d’un petit vase biberon et d’une écuelle, conçus à des fins funéraires et votives pour la sépulture d’un bébé, d’un vase amphore de forme hellénique, ainsi que de deux petits vases, à figures féminines, destinés à accueillir des parfums ; tous ces objets étant fabriqués en terre blanche de l’Allier.

  1. le comte de Rilly conclut son article en écrivant : « D’après ces simples notes, on peut admettre que la Nouâtre gallo-romaine possédait vers le 3ème siècle (après JC) une nécropole de quelque importance, correspondant à une notable population en nombre et en qualité. »

 

Le temple (la Pierre du Faon)

Ce monument n’est attesté par aucun document mais j’en ai déduit son existence à partir du toponyme « la Pierre du Faon », qui n’a jamais été expliqué de façon satisfaisante.

En effet, ce toponyme se retrouve à Marcé-sur-Esves, près d’une ancienne voie, où se trouvent encore les vestiges d’un temple gallo-romain. Or, en latin, le temple se dit fanum. Il est donc possible qu’à l’origine ce toponyme était « la pierre du fan » et que, le mot « fan » n’étant plus compris, il ait été modifié pour devenir « la pierre du faon ».

À cela s’ajoute le fait, qu’au Moyen Âge, ce lieu était occupé par un petit château, à proximité duquel se trouvaient des chapelles appartenant à l’ordre religieux des Templiers et il est patent que, très souvent, les temples gallo-romains ont été remplacés par des églises ou des chapelles chrétiennes.

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