La Richardière et la Vienne

Ce lieu s’appelait au 12ème siècle les Loges, du francique lautja, signifiant les Cabanes. Le nom de la Richardière apparaît à la fin du 14ème siècle ; c’était alors un fief noble qui sera vendu à la Révolution, comme bien national.

La Richardière (PCIL)

Une villa gallo-romaine avec des thermes se trouvait à cet endroit, comme l’ont montré les fouilles faites au 19ème siècle, qui ont aussi permis de découvrir de nombreux fragments de poteries rouges et noires. C’est là aussi qu’il y avait l’ancien port de Nogastrum.

Le perré de Nouâtre et la maison du passeur (déc. 2009)

Près de là se trouvait un bac qui fonctionna jusqu’à la mise en service d’un pont en 1932. On voit encore, du côté de Nouâtre, le perré ou chaussée empierrée qui permettait aux véhicules de rejoindre ce bac et, du côté de Marcilly, la maison du passeur, du 15ème  siècle. Les derniers passeurs furent M. Bourreau de Marcilly, surnommé le père Ratapoil, qui tenait buvette et vendait ses poissons dans cette maison, puis MM. Bernon et Bouchet de Nouâtre.

Les deux ponts de Nouâtre (photo Philippe Gautron)

Pendant des siècles, la Vienne fut utilisée pour transporter êtres humains et marchandises ; Les bateaux utilisés étaient généralement des toues cabanées (pour les passagers) ou des toues sapines (pour les marchandises). L’abbé Bourderioux, raconte dans Naufrage sur la Vienne (BAVC 6.8) qu’une toue sapine allant de Châtellerault à Saumur fut prise dans une tempête devant la tuilerie de Port-sur-Vienne et fit naufrage après avoir été jetée « contre le rocher bordant la rivière du côté de Noyers ». Pierre-Émery Forest (voir Gens de Nouâtre) alors notaire royal au grenier à sel de Sainte-Maure mais résidant à Nouâtre, fit un constat avec, pour témoins, Jacques Chantelou, lieutenant de gabelle à Noyers et René Bredier, tailleur de pierre à Nouâtre.

Les transports s’effectuaient aux hautes eaux, en hiver et cessèrent, au début du 20ème siècle, le jour où un chaland resta ensablé pendant 6 mois dans la région de Crouzilles.

Entre 1929 et 1932, un premier pont, aux arches caractéristiques, fut construit entre Nouâtre et Marcilly pour remplacer le bac, que les lourds chargements ne pouvaient pas emprunter ; devenu vétuste ce pont a été remplacé par un autre, plus moderne, entre 2005 et 2007 puis a été « déconstruit » , avec beaucoup de précautions, cependant, pour protéger la grande mulette (margaritifera auricularia), une grande moule perlière qui ne se trouve plus que dans la Charente et dans la Vienne.

De nombreuses cartes postales gardent un souvenir pittoresque de ce bac, resté présent dans la mémoire des habitants de Marcilly et de Nouâtre. En 1802, Les tarifs étaient les suivants : 7 centimes pour une personne et 10 centimes pour un cheval lorsque la Vienne était basse, 15 centimes pour une personne et 20 centimes pour un cheval lorsque la rivière était haute.

Le travail de passeur n’était pas sans danger et en 1879 la veuve Burgault demanda un secours à la mairie car son mari, adjudicataire du « passage d’eau de Nouâtre », s’était noyé en janvier 1878. Les passagers, eux-aussi, courraient des risques et en 1929, le jeune Roger Potrel se noya, étant tombé dans la Vienne, en embarquant avec son vélo ; sa mère Eugénie Guitton attaqua le passeur Fouquet, qui, malgré la nuit, n’avait pas de lanterne.

4 ont commenté “4. Lieux de Nouâtre

  • a écrit le :

    Bonjour
    J’habite dans ‘une ancienne ferme appelée improprement La Ferme du temple’….vous serez tres bienvenue chez nous, l’ancien donjon est maintenant un peu plus visible…je serais interesse a savoir s’il y a un nom ancien de notre ferme…j’ai vue quelques part que le nom de la rue vers Noyers s’appelle ‘rue du Temple’
    Cordialement
    Roger Dawes
    0247653238

    Répondre
  • a écrit le :

    Non, je ne connais pas l’ancien nom de cette ferme, dont une partie a été construite sur l’ancien moulin banal de Nouâtre. Je ne connais pas non plus la « rue du Temple » ; il existe par contre la « rue du moulin du Temple » qui rappelle l’ancien moulin des Templiers, aujourd’hui ferme transformée en maison d’habitation située dans le prolongement de l’allée romaine.

    Répondre
  • C. NICOLAS a écrit le :

    Est-il possible de visiter l’église de Noyers ?

    Répondre

Laissez un commentaire

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong> 
requis