Talvois

Ce toponyme apparaît pour la première fois, sous la forme Thalevaia, au 11ème siècle, dans la charte 173 du cartulaire de l’abbaye de Noyers, où il est dit que Gautier, clerc de Nouâtre, possédait des vignes à cet endroit. On le trouve ensuite en 1309 sous la forme Talavehia. Il existe aussi les formes Tallevois (1479), Tallivoys, Thalevoin, Taleveia, Talvoys. Notons enfin que les anciens disent Talois.

L’origine de ce toponyme est sans doute Talavia, qui a aussi donné les lieux, assez nombreux, nommés Touvoie ou Touvois et qui signifierait « endroit où le chemin a été supprimé ». Y a-t-il un rapport avec l’ancienne voie romaine Poitiers/Tours, qui passait à proximité ou avec le gué sur la Vienne, qui existait à cet endroit ?

Cadastre napoléonien
Cadastre napoléonien

C’était, au moyen-âge, un fief noble relevant de la seigneurie de Nouâtre. Le premier seigneur connu est Sylvain ou Silvain des Aubuis (né vers 1430), écuyer, qui est cité en 1471, à l’occasion du mariage de sa fille. Le seigneur de Nouâtre était alors Jean du Fou, chambellan de Louis XI, qui résidait dans son château de Plessis-les-Tours et qui vint à Nouâtre cette même année.

La famille des Aubuis était originaire de Bayeux. Un Guillaume des Aubuis est cité à la fin du 11ème siècle pour avoir édifié la forteresse de Longue Plaine à Sorigny. Leurs armoiries, « D’azur à 3 pots de 2 anses d’or », sont peintes, à côté d’une scène mortuaire, sur le mur nord (près de la chaire) de l’église de Nouâtre car cette famille fut donatrice de la fresque de Saint-Révérend, originaire lui aussi de Bayeux, dont la fontaine miraculeuse se trouve sur les terres de Talvois et certains historiens pensent que ce sont les Aubuis qui ont introduit et développé à Nouâtre le culte de Saint Révérend. On peut d’ailleurs noter que ces armoiries n’ont pas été martelées lors de la Révolution, contrairement à celles qui étaient sur la litre funèbre.

Silvain des Aubuis et son épouse Antoinette eurent deux enfants connus :

Jean II des Aubuis, (Jean Desaubuys) qui fonda dans l’église en 1506 en souvenir de ses parents une « chapelle », c’est-à-dire un bénéfice ecclésiastique auquel était affecté un revenu. Son épouse était Françoise Baudet, fille de Gabriel Baudet, seigneur de la Marche à Manthelan et de Catherine de Betz.

Jeanne des Aubuis (née vers 1459 et décédée vers 1521), qui épousa en août 1471, à Chinon, Pierre II Voyer, seigneur de Paulmy et de la Roche de Gennes (à Vou), bailli (gouverneur) de Touraine et ancêtre de la famille Voyer d’Argenson.

Après Jean II, le seigneur de Talvois fut son fils : Jean III des Aubuis, connu sous le nom de « Monsieur de Talvoys » et chargé en 1564 de veiller sur le château de Loches. Cette année 1564, au cours de laquelle, le roi Charles IX (âgé de 14 ans) et la Régente Catherine de Médicis firent un « tour de France » pour essayer de pacifier les esprits, suivait la première guerre de religion (1562-1563) qui avait vu des massacres de protestants à Tours et l’occupation par ces derniers des villes d’Orléans et de Poitiers.

Construction du 17ème siècle
Construction du 17ème siècle

À la fin du 16ème siècle, le fief passa, je ne sais comment, à Jacques de Messemé,  né en 1570, premier écuyer d’Henri de Lorraine, duc de Mayenne et neveu du duc de Guise ; les seigneurs suivants furent ses neveux : Émery de Messemé (cité en 1637) puis François de Messemé, seigneur de la Cour au Berruyer à Cheillé et gouverneur de Carcassonne, qui avait épousé en 1640 Cassandre Pierres.

Leur fille Nérée de Messemé (1652-1708), dame de Talvois, épousa en 1677 Charles Joseph Rochefort (1650-1686), comte de Luçay (aujourd’hui Luçay-le-Mâle, dans l’Indre) ; qui devint seigneur de Talvois. Après la mort prématurée de Charles Joseph de Rochefort, ce fut le fermier de Talvois, Nicolas Thion, sieur de la Houdrière, à Pouzay, qui fut le tuteur de ses enfants.

Ancienne entrée de la propriété
Ancienne entrée de la propriété

Le fief de Talvois fut alors acheté par un descendant de Pierre II Voyer : René II Voyer d’Argenson, propriétaire de château d’Argenson à Maillé, qui venait de faire construire une église à côté de son château et qui voulait « donner des paroissiens à son chapelain », comme l’écrit Froger de la Carlière, inspecteur général du prince Charles II de Rohan, seigneur de Nouâtre.

Mais, si l’on en croit le dictionnaire Carré de Busserolles, en 1689, le seigneur de Talvois était François des Lamberts, maître-chirurgien, également seigneur de Chenevelles et cité aussi, en 1684, comme « seigneur de la Génicotière », qui serait un fief de Nouâtre. Il s’agit, peut-être, d’un frère de Robert des Lamberts, qui, à la même époque, était curé de La Celle Saint-Avant.

Inscription de la fenêtre
Inscription de la fenêtre

Un premier château fortifié et entouré de douves est attesté au 15ème siècle.

Le bâtiment principal actuel, orienté nord-sud, présente sa façade au soleil levant. C’est une construction du 17ème siècle. Sur l’un des montants de la fenêtre droite de la mansarde, une pierre porte une inscription, gravée sans doute à l’époque de la reconstruction du château, où l’on peut lire : « Aujourd’hui mesme 1 juillet 1640 ».

Sur le mur extérieur de la propriété, du côté de la Vienne, on peut voir un magnifique train de bateaux. Cet endroit, en effet, se trouve près du chemin de halage qui permettait aux toues cabanées de remonter jusqu’à Châtellerault.

Graffiti du mur extérieur
Graffiti du mur extérieur

4 ont commenté “4. Lieux de Nouâtre

  • a écrit le :

    Bonjour
    J’habite dans ‘une ancienne ferme appelée improprement La Ferme du temple’….vous serez tres bienvenue chez nous, l’ancien donjon est maintenant un peu plus visible…je serais interesse a savoir s’il y a un nom ancien de notre ferme…j’ai vue quelques part que le nom de la rue vers Noyers s’appelle ‘rue du Temple’
    Cordialement
    Roger Dawes
    0247653238

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  • a écrit le :

    Non, je ne connais pas l’ancien nom de cette ferme, dont une partie a été construite sur l’ancien moulin banal de Nouâtre. Je ne connais pas non plus la « rue du Temple » ; il existe par contre la « rue du moulin du Temple » qui rappelle l’ancien moulin des Templiers, aujourd’hui ferme transformée en maison d’habitation située dans le prolongement de l’allée romaine.

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  • C. NICOLAS a écrit le :

    Est-il possible de visiter l’église de Noyers ?

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